19.05.2009

Le combat pour l'égalité des chances oscille entre fantasme et réalité

Pour Mohamed Moulay, président du collectif tourangeau Diversité 37, qui milite contre les discriminations, les mesures annoncées par le commissaire à l'égalité des chances Yazid Sabeg risquent de "diviser". L'association préfère "l'égalité entre les citoyens" aux quotas et aux statistiques ethniques.

Pourquoi vous-opposez vous aux statistiques ethniques?

Le problème des statistiques ethniques, c'est qu'on montre du doigt une catégorie de population sur des critères d'origine, de couleur de peau. J'estime, comme Yazid Sabeg, que les minorités souffrent, mais imposer des quotas, c'est déjà faire une différence entre Français de souche ou issus de l'immigration. On a entendu parler d'égalité des chances, aujourd'hui il est question de diversité. Mais au final, rien ne se passe.

Vous optez donc pour l'égalitarisme. Ne pensez-vous pas qu'il faut agir plus fortement, en pratiquant la discrimination positive?

Au contraire, ces solutions vont renforcer les stéréotypes. Par exemple, le Français de souche pensera que son collègue issu de l'immigration a été recruté sur sa couleur de peau et non sur sa compétence.

A l'inverse, le Français d'origine étrangère demandera un privilège, car il saura qu'il existe des quotas. A mon avis, ce genre de situation va créer des jalousies, des discriminations et renforcer les clichés. Il faut revenir aux principes de la République, c'est à dire Liberté, égalité, fraternité.

En pratique, comment cela se traduit-il?

Il faut lutter contre les ghettos et donc revoir la politique de la ville. Le plan Espoir Banlieues, je n'y crois pas, il va renforcer le cantonnement des populations dans les cités. La discrimination géographique existe partout, quand on cherche un emploi ou un appartement... Il faut mettre le paquet sur la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) pour que les plaintes aboutissent. Quitte à augmenter ses moyens... Mais la justice française a d'autres chats à fouetter. Globalement, les classes populaires ne sont pas prêtes à voir des Français issus de l'immigration prendre la place d'un Français de souche.

Comment changer les mentalités?

J'aimerais que les hommes politiques, les artistes, la télévision et les grands médias adressent ensemble un signal fort pour venir à bout des clichés ethniques ou racistes. Nous devons miser sur la jeunesse, qui n'a pas connu la France colonialiste, la guerre d'Algérie. A mon sens, pour les plus de 40 ans, c'est difficile. Les Français issus de l'immigration doivent se sentir des Français à part entière. 

04.05.2009

Clermont-Ferrand: le troisième meeting socialiste placé sous le signe de l'unité

Martine Aubry, en meeting à Clermont-Ferrand lundi soir, a été devancée à la tribune par le président du conseil général de Corrèze, François Hollande, venu en voisin, qui a placé ce troisième meeting dans le cadre des élections européennes sous le signe de la "double unité: unité des socialistes français et des socialistes européens".

L'ancien premier secrétaire du Parti socialiste a fait mouche devant le millier de militants et sympathisants socialistes réunis dans un gymnase du centre-ville de Clermont-Ferrand en évoquant "la grande famille socialiste". "Nous avons des listes de socialistes européens. Ce n'est pas simple parce que certains sont à gauche, d'autres le sont moins, mais ils sont tous socialistes. C'est ce qui doit faire notre fierté. Ils ont fait l'unité à 27. Ils ont fait l'essentiel, ils se sont regroupés, il se sont donnés une identité. Si bien qu'aujourd'hui, ce n'est pas une campagne de Viennois ou de Cantalous, mais nous avons une campagne socialiste européenne."

A cette unité et à ces listes formées par le PS, François Hollande a ironisé sur l'absence de listes de l'UMP "peut-être parce que c'est notre hyperprésident qui fera lui-même les listes".

Martine Aubry, qui était venue dès l'après-midi à Clermont-Ferrand soutenir la tête de liste de la circonscription Centre-Auvergne-Limousin Henri Weber, a enchaîné sur le fait que "dans notre pays, on n'a pas l'impression que la campagne européenne a commencé". "Qu'est-ce qu'on attend? Que Nicolas Sarkozy dise à l'UMP qu'ils pouvaient y aller. Mais il n'y a pas intérêt. Il n'a pas intérêt à ce qu'on parle de ses échecs: justice, médias, opposition. Echec sur toute la ligne."

"Et puis où sont leurs candidats?", s'est encore interrogée la première secrétaire du Parti Socialiste. "Nous, on a beaucoup de nos problèmes dans le Centre (faisant allusion ainsi au député européen sortant Henri Weber parachuté en Centre-Auvergne Limousin, ndlr), mais ils sont finalement arrangés car nous sommes socialistes et nous savons que nous avons la responsabilité envers les Français d'être unis."

Martine Aubry a encore évoqué le programme présenté par le PS, "un texte qui n'est pas un texte mou de consensus mou où tout le monde fait semblant d'être d'accord. Celui-là a été voté à l'unanimité moins une voix. Qui l'eût dit voilà encore six mois?", a encore glissé Martine Aubry.

01.05.2009

Avis négatif du comité d'entreprise de Caterpillar

Avis négatif du comité d'entreprise de Caterpillar sur le volet économique du plan social

Le comité d'entreprise (CE) de Caterpillar-France a émis un avis négatif sur le volet économique du plan social qui prévoit la suppression de 733 emplois sur les deux sites français du groupe américain spécialisé dans la construction d'engin de chantiers, a-t-on appris vendredi auprès des élus. Lire la suite l'article

"Nous ne sommes pas d'accord avec les réponses de la direction pour justifier les 733 licenciements", a précisé Nicolas Benoit, un élu qui a participé au CE de jeudi soir.

La direction de Caterpillar n'a pas obligation de suivre l'avis du CE. Elle peut poursuivre son plan social et la consultation des instances représentative du personnel. L'ultime réunion du CE destinée à valider définitivement le plan social et consacrée aux aspects sociaux et aux mesures d'accompagnement est fixée au 11 mai a précisé Pierre Piccarreta, délégué syndical CGT.

Lors de cette réunion du CE, élus et direction ont convenu d'organiser une consultation des 2.551 salariés des deux usines françaises situées à Grenoble et Echirolles (Isère) sur un projet d'aménagement du temps de travail, permettant de réduire de 733 à 600 le nombre de licenciement. Cette consultation aura lieu le 06 mai.

Saisie par la direction de Caterpillar, suite au blocage des négociations, le juge des référés du tribunal de grande instance de Grenoble avait donné lundi une quinzaine de jours aux deux parties pour organiser au moins deux réunions du comité d'entreprise

30.04.2009

1er Mai: Martine Aubry s'attend à une "grande mobilisation"

La Première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry s'attend à "une grande mobilisation" vendredi à l'occasion des défilés du 1er Mai, "car la France s'enfonce dans la récession et les difficultés".

"Le pays gronde", estime Mme Aubry dans un entretien publié vendredi dans "Le Parisien/Aujourd'hui en France", citant les "3.000 licenciements par jour depuis le début de l'année", "la baisse du pouvoir d'achat des salariés et des retraités", et "la colère de tous ceux qui se sentent humiliés par des mesures injustes dans les hôpitaux, les universités, la recherche et l'ensemble du secteur public".

Par ailleurs, alors que Ségolène Royal manifestera vendredi aux côtés des salariés d'Heuliez à Niort (Deux-Sèvres), Martine Aubry affirme que les socialistes sont "unis pour relancer l'économie, contre le bouclier fiscal, pour donner un nouveau sens à l'Europe". "Je me réjouis que tous les dirigeants socialistes soient, dans leur région ou à Paris, ensemble dans les manifestations", déclare-t-elle.

29.01.2009

Aubry: Sarkozy "a peut-être écouté, mais il n'a pas entendu"

Sarkozy "a peut-être écouté, mais il n'a pas entendu" les manifestants, a estimé jeudi Martine Aubry en réaction à l'invitation lancée par le chef de l'Etat aux organisations syndicales pour le mois de février.

"Cette réunion était déjà prévue: c'était la réunion pour l'agenda des réformes", a répondu la Première secrétaire du PS lors de l'émission "A vous de juger" sur France-2. "Si ce n'est que cela, cela veut dire que le président a peut-être écouté, mais il n'a pas entendu".

A l'issue d'une journée nationale de grèves et de manifestations qui a vu entre 1 et 2,5 millions de personnes défiler dans la rue, le président Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi soir qu'il va recevoir les organisations syndicales et patronales en février "afin de convenir du programme de réformes à conduire en 2009 et des méthodes pour le mener à bien".

La Première secrétaire du PS, qui a participé à la manifestation parisienne, a "entendu un manifestant qui disait: 'pas de bla-bla, du pouvoir d'achat'". "J'espère qu'il (Nicolas Sarkozy) ira plus loin et qu'il prendra en compte cette énorme manifestation qui a eu lieu aujourd'hui, où les Français ont dit ce qu'ils avaient sur le coeur", a-t-elle poursuivi. "Qu'ils soient dans le privé dans le public, jeunes ou plus âgés, ils ont tous dit la même chose: 'on veut vivre mieux, des salaires et des retraites décents, on veut qu'on relance l'économie. Il y a des solutions à la crise. M. le président changez de politique".

Martine Aubry a justifié le retour du PS dans les manifestations. "Le PS avait un peu perdu son âme quand il n'était pas auprès des Français qui souffrent. On a compris que l'important était de remettre en avant nos valeurs", a-t-elle dit.

16.01.2009

Le Sénat augmente la redevance

Les sénateurs, qui ont entériné jeudi après-midi la disparition progressive de la publicité sur les chaînes de France Télévisions, ont en revanche continué à défier le gouvernement en portant, contre son avis, la redevance de 116 à 120 euros en 2010.

Cette hausse, qui avait été proposée par les centristes Michel Mercier et Hervé Maurey, doit contribuer à combler le manque à gagner créé par la disparition de la publicité après 20h.

Le gouvernement avait émis un avis "défavorable" suivant en cela le Premier ministre François Fillon, qui avait publiquement demandé aux sénateurs mardi soir de ne pas augmenter la redevance.

Les sénateurs centristes, dont le vote est nécessaire au gouvernement, puisque l'UMP ne détient plus la majorité absolue au Sénat, réclament une augmentation de la redevance. Ils demandent aussi une réduction des taxes sur les télévisions privées et les opérateurs de téléphonie mobile instituées pour compenser la suppression de la publicité.

L'opposition a de son côté exprimé son rejet total de la réforme voulue par Nicolas Sarkozy, qui devrait décider de la nomination et de la révocation des dirigeants de l'audiovisuel public.

Plus tôt jeudi, le gouvernement avait donné son accord au fait que le montant de la redevance, qui sera revue annuellement en fonction de l'inflation, soit arrondi à l'euro supérieur. Cette mesure pourrait rapporter jusqu'à 20 millions d'euros.

Les sénateurs ont aussi défié le gouvernement en adoptant l'extension du paiement de la redevance aux ordinateurs -dans la limite d'une redevance par foyer- alors que le gouvernement avait demandé le retrait de l'amendement.

Le gouvernement n'a pas non plus été suivi sur la disparition de la publicité sur les antennes de RFO, que le Sénat a retoqué.

Selon le ministre chargé des relations avec le Parlement Roger Karoutchi, le débat au Sénat devrait se terminer vendredi soir. Députés et sénateurs seront réunis la semaine prochaine pour une commission mixte paritaire chargée de trancher le différend.

06.01.2009

une majorité de Français envisagent de réduire leurs dépenses en 2009

Plus des deux tiers des Français (69%) disent envisager de réduire en 2009 les dépenses de leur foyer, selon un sondage Ifop publié dans le Journal du dimanche. A l'inverse, 31% des personnes interrogées ne prévoient pas de revoir leurs dépenses à la baisse.

Les produits de haute technologie (informatique, écrans plasma...), les sorties au restaurant et les voyages seraient les premiers postes concernés par une réduction du budget des dépenses: ces trois postes sont respectivement cités par 52%, 48% et 44% des sondés.

A l'opposé, l'alimentation (19%), la téléphonie (34%) et l'habillement (37%) seraient les postes les moins touchés par une restriction des dépenses.

- Sondage réalisé du 4 au 5 décembre auprès d'un échantillon de 1.010 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas

19.08.2008

Michel Sapin: "Le plan de rigueur est déjà là"

L'ancien ministre socialiste de l'Economie Michel Sapin estime dans un entretien au journal "La Croix" daté de lundi que "le plan de rigueur est déjà là" et que le gouvernement doit annuler le paquet fiscal de 15 milliards d'euros pour relancer l'économie française.

"Le plan de rigueur est déjà là!", juge le secrétaire national du PS à l'économie, citant la suppression des postes et la limitation des augmentations de salaire dans la Fonction publique ainsi que la limitation des dotations aux collectivités locales.

"La France n'a plus aucune capacité de réaction pour gérer cette crise", lance Michel Sapin, qui reconnaît toutefois qu'"au sens strict, il n'y a pas encore de récession", ce qui signifierait deux trimestres consécutifs de croissance négative.

Confronté aux indicateurs économiques qui virent au rouge -croissance en baisse de 0,3%, inflation élevée, déficits commerciaux record, consommation en berne-, le Premier ministre François Fillon réunit les ministres chargés de l'économie lundi après-midi, avant le conseil des ministres de rentrée jeudi à l'Elysée.

Si la crise est internationale, "il y a en France une responsabilité propre (au président) Nicolas Sarkozy et au gouvernement", accuse Michel Sapin, leur reprochant d'avoir "fait preuve d'aveuglement", à la suite de quoi "notre pays se retrouve aujourd'hui plus faible que ses voisins face aux turbulences qu'il traverse".

"La politique économique du gouvernement n'a fait qu'aggraver la situation", explique l'ancien ministre socialiste (1992-1993), pour qui le gouvernement a "affaibli les finances publiques l'été dernier en faisant voter le paquet fiscal" de 15 milliards d'euros par an" pour "une efficacité marginale" selon lui.

Face à cette situation, le secrétaire national du PS à l'économie propose de "soutenir sans délai le pouvoir d'achat des Français, spécialement les plus modestes" par "l'augmentation, dès la fin août, de l'allocation de rentrée scolaire et l'instauration du chèque-transport", et par l'augmentation de "la compétitivité des entreprises" qui paieraient moins d'impôts si elles investissent dans l'innovation, la recherche ou la formation du personnel.

Pour Michel Sapin, "il faut en finir avec les allégements massifs de charges sociales", qui devraient être "conditionnées à la conclusion positive de négociations salariales". Il suggère aussi de consacrer "une part de l'épargne populaire (au) financement des PME" (petites et moyennes entreprises). "Ces mesures seraient financées par l'annulation totale du paquet fiscal", l'une des mesures phare de la politique économique de Nicolas Sarkozy.

07.08.2008

Deux manifestantes interpellées à Pékin; trois militants pro-démocratie expulsés de Hong Kong

PEKIN - Au moins deux Chinoises ont été interpellées et conduites au poste de police tôt jeudi matin pour avoir manifesté contre l'expulsion de leurs maisons près de la place Tiananmen en prélude aux Jeux olympiques, alors que les autorités de Pékin poursuivaient leurs efforts pour empêcher les divers militants d'utiliser les Jeux olympiques comme tribune.

Par ailleurs, un parlementaire de Hong Kong a annoncé l'expulion de trois militants d'une organisation basée aux Etats-Unis et luttant pour la démocratie en Chine après leur avoir refusé l'accès au territoire qui acceuille les épreuves d'équitation durant les Jeux.

02.07.2008

François Hollande: "il faudra remercier tous ceux qui auront pu contribuer à cette libération, quels qu'ils soient"

Le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a exprimé mercredi soir son "soulagement" à l'annonce de la libération d'Ingrid Betancourt par les autorités colombiennes.

"Il faudra remercier tous ceux qui auront pu contribuer à cette libération, quels qu'ils soient, ils ont oeuvré pour soulager une famille et donner enfin un espoir à une femme qui a été meurtrie depuis tant d'années par cette captivité", a déclaré M. Hollande, interrogé sur RTL.

"Je suis très heureux, très fier que tous ces combattants de la liberté qui se sont mobilisés pendant toutes ces années soient enfin récompensés", a-t-il ajouté.

"Pour la France aussi, c'est un beau moment parce qu'il y avait eu une très grande ferveur, une très grande mobilisation des citoyens. Savoir que tout ça n'a pas été inutile, que ça a pu peser, donne confiance dans l'engagement", a dit le patron du PS.

Interrogé pour savoir s'il s'agissait d'un succès personnel pour le président Nicolas Sarkozy, M. Hollande a répondu: "Je ne pense pas qu'il faille mettre de la politique intérieure dans cette libération. Tant mieux s'il a pu être utile".

"Ca a été une mobilisation générale à la fois des citoyens, des responsables au plus haut niveau de l'Etat en France, en Colombie et partout dans le monde", a-t-il ajouté.

"Je ne sais pas exactement quel a été le rôle ces derniers jours de la France et de Nicolas Sarkozy. Mais, s'il a pu être décisif, s'il a pu contribuer à cette libération, je serai le premier à m'en réjouir, à m'en féliciter", a-t-il reconnu avant d'ajouter que "cette libération profite d'abord à Ingrid Betancourt et sa famille".

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