18.05.2007
Sarkozy, toujours flou sur son patrimoine
Décidément, Nicolas Sarkozy peine à faire toute la lumière sur son patrimoine. Pendant la campagne, il avait été accroché par la presse (dont Marianne), qui ne s'expliquait pas pourquoi le couple Sarkozy n'avait payé l'impôt sur la fortune qu'à partir de 2006. Réponse de son entourage : « à cause de la prestation compensatoire due à sa première épouse ». Et c'est tout. Circulez, il n'y a rien à voir, et surtout à comprendre. Et promesse était faite d'en dévoiler davantage en cas d'élection. Le président élu a bien publié sa déclaration de patrimoine au Journal officiel. Mais les questions demeurent. Il admet environ 2,1 millions d'euros : assurance-vie (2 millions), un peu de cash (près de 100 000 €), une Austin (15 000 €).. Plus un tiers du cabinet d'avocat Arnaud Claude-Nicolas Sarkozy, non chiffré. Il faut donc s'en remettre aux déclarations de Claude Guéant, selon laquelle la part de Nicolas Sarkozy vaudrait 350 000 euros. Soit près de 2,5 millions d'euros de patrimoine. Il faudra bien qu'un jour le président de la République explique à ses concitoyens comment il a pu, en trois ans, passer d'un capital total inférieur à 760 000 euros à sa fortune actuel.
Curieux aussi : pas de bijoux, ni pour madame, ni pour monsieur, malgré un début de collection de belles montres dont la Rolex Daytona à plusieurs milliers d'euros aperçue au débat télévisé. Plus d'appartement, cédé en 2006. Ni de meubles, la facture des travaux à l'origine de la polémique sur le prix d'achat dudit appartement étant pourtant chez un garde meuble, dixit toujours Claude Guéant…. Et pas de trace de la fameuse collection de timbres héritée de son grand-père.
En revanche, Nicolas Sarkozy innove : il considère qu'une « caution » pour un prêt de 7 millions de francs (sic) contracté par le cabinet d'avocat est un « passif », et semble donc déduire cette somme de la valeur de ses biens. Une opération qu'aimeraient bien pouvoir effectuer tous les parents-cautions pour le logement de leurs enfants ! Il serait intéressant de savoir si le fisc a retenu l'argument pour le calcul de l'ISF ! Car la caution n'est pas exercée, et de loin, car la société Arnaud Claude –Nicolas Sarkozy se porte bien, merci. Elle a versé 1,2 million d'euros de dividendes à ses actionnaires et a payé à Nicolas Sarkozy 350 000 euros pour lui racheter sa clientèle en 2002.
Si l'on ajoute que bien des questions posées par Le Canard Enchaîné sur les conditions d'achat de l'appartement de l'Ile de la Jatte à Neuilly, demeurent elles aussi obscures, on peut dire que le règne républicain de Nicolas Sarkozy ne débute pas dans la transparence totale. Mais maintenant qu'il est à l'Elysée, qui s'en soucie ?
08:45 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 2007, royal, parti socialiste, ps, présidentielle, sarkozy, hamon






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