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18.01.2008
Sarkozy rend-t-il les journalistes dingos ?
Conférence présidentielle, carlabrunite, céciliate aigüe, désintérêt pour les sujets qui fâchent, indifférence pour la crise du Monde, le journalisme est à la ramasse...
Vous n'aimez pas les journalistes ? Depuis le début de l'année, vous devez être content : jamais cette profession n'a enregistré autant de défaites en un laps de temps aussi court.
Première défaite, la conférence de presse présidentielle, où Nicolas Sarkozy est entré dans le Livre des records de la presse française : jamais autant de journalistes (628) ne s'étaient rendus à une conférence de presse à l'Elysée ! Bravo les gars, l'ego de notre cher Président va s'en trouvé bien réconforté… Et sur place mes amis, quelle impertinence, quelle pugnacité à insister sur les sujets qui fâchent, quelle solidarité lorsque le président a cherché à humilier le rédacteur en chef de Libération ou Christine Clerc qui a osé parler de pouvoir d'achat (quelle vulgarité). Dire qu'on aura droit à deux ou trois autres shows de ce genre, voilà qui va sûrement redorer le blason du métier, c'est sûr !
Deuxième défaite, la façon dont des dizaines de journalistes se sont lancés dans une investigation permanente sur le supposé mariage de Nicolas Sarkozy. L'une des papesses parisiennes du people en était toute chavirée. D'ordinaire, ce sont les reporters de Voici, Gala ou Closer qui la contactent. A présent, la voici courtisée par l'AFP, Le Monde et le Financial Time. Formid', non ?
Troisième défaite, la fièvre éditoriale sur Cécilia Sarkozy. Trois livres publiés le même jour sur l'ex-femme du président. Lorsqu'elle l'était, épouse du président, les journalistes français n'étaient même pas foutus de publier une biographie gentille sur elle. Valérie Domain, qui s'y était risquée, avait déclenché un tsunami, son éditeur était menacé de goulag fiscal et elle-même confrontée à la triste menace de perdre son appartement sous les amendes « d'un procès de la mort ». Maintenant que Cécilia est « une femme libre » comme l'a écrit un jour Laurent Joffrin, les journalistes se bousculent pour lui cracher à la gueule, quitte à lui dédicacer leur ouvrage. L'exploit sportif ne méritait peut-être pas des mots aussi durs que ceux publiés dans ces colonnes, et l'on apprend tout de même quelque chose dans le livre d'Anna Bitton. Mais nous sommes très, très loin du métier de journaliste. Ou plutôt cet ouvrage est le signe de ce que le journalisme à la Giesbert, qui a su ménager Chirac avant de l'assassiner à la fin de son deuxième mandat, a gagné : fort avec les faibles, faible avec les forts. Le XXI° siècle devait être celui de la spiritualité ; pour l'heure, il est celui du cynisme.
Quatrième défaite, la glissade du Monde. Le deuxième quotidien national français est à la ramasse. Il risque, sauf réflexe salvateur, de basculer dans l'escarcelle du groupe Lagardère, présidé par un ex-frère du président qui aimerait bien le redevenir. Cette info-là, il est vrai complexe et pénible à décortiquer tant le groupe Le Monde est devenu opaque, n'intéresse plus personne. Le Monde ? Il ne mérite plus d'être indépendant, m'a dit un journaliste que pourtant j'estime.
Bon, c'est un cauchemar ou on passe direct à 2009 ?
Première défaite, la conférence de presse présidentielle, où Nicolas Sarkozy est entré dans le Livre des records de la presse française : jamais autant de journalistes (628) ne s'étaient rendus à une conférence de presse à l'Elysée ! Bravo les gars, l'ego de notre cher Président va s'en trouvé bien réconforté… Et sur place mes amis, quelle impertinence, quelle pugnacité à insister sur les sujets qui fâchent, quelle solidarité lorsque le président a cherché à humilier le rédacteur en chef de Libération ou Christine Clerc qui a osé parler de pouvoir d'achat (quelle vulgarité). Dire qu'on aura droit à deux ou trois autres shows de ce genre, voilà qui va sûrement redorer le blason du métier, c'est sûr !
Deuxième défaite, la façon dont des dizaines de journalistes se sont lancés dans une investigation permanente sur le supposé mariage de Nicolas Sarkozy. L'une des papesses parisiennes du people en était toute chavirée. D'ordinaire, ce sont les reporters de Voici, Gala ou Closer qui la contactent. A présent, la voici courtisée par l'AFP, Le Monde et le Financial Time. Formid', non ?
Troisième défaite, la fièvre éditoriale sur Cécilia Sarkozy. Trois livres publiés le même jour sur l'ex-femme du président. Lorsqu'elle l'était, épouse du président, les journalistes français n'étaient même pas foutus de publier une biographie gentille sur elle. Valérie Domain, qui s'y était risquée, avait déclenché un tsunami, son éditeur était menacé de goulag fiscal et elle-même confrontée à la triste menace de perdre son appartement sous les amendes « d'un procès de la mort ». Maintenant que Cécilia est « une femme libre » comme l'a écrit un jour Laurent Joffrin, les journalistes se bousculent pour lui cracher à la gueule, quitte à lui dédicacer leur ouvrage. L'exploit sportif ne méritait peut-être pas des mots aussi durs que ceux publiés dans ces colonnes, et l'on apprend tout de même quelque chose dans le livre d'Anna Bitton. Mais nous sommes très, très loin du métier de journaliste. Ou plutôt cet ouvrage est le signe de ce que le journalisme à la Giesbert, qui a su ménager Chirac avant de l'assassiner à la fin de son deuxième mandat, a gagné : fort avec les faibles, faible avec les forts. Le XXI° siècle devait être celui de la spiritualité ; pour l'heure, il est celui du cynisme.
Quatrième défaite, la glissade du Monde. Le deuxième quotidien national français est à la ramasse. Il risque, sauf réflexe salvateur, de basculer dans l'escarcelle du groupe Lagardère, présidé par un ex-frère du président qui aimerait bien le redevenir. Cette info-là, il est vrai complexe et pénible à décortiquer tant le groupe Le Monde est devenu opaque, n'intéresse plus personne. Le Monde ? Il ne mérite plus d'être indépendant, m'a dit un journaliste que pourtant j'estime.
Bon, c'est un cauchemar ou on passe direct à 2009 ?
20:55 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, hamon, ps, refondation, sarkozy, politique, 91








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