18.08.2008
Deux athlètes privés de visa pour avoir critiqué le rôle de la Chine au Darfour
Les athlètes américains Joey Cheek et Steve Boyle, qui avaient critiqué l'implication chinoise dans la guerre du Darfour, ont vu leurs visas pour la Chine révoqués. Le Tibet n'est pas le seul sujet qui gène Pékin.
Quand le visa pour la Chine du patineur de vitesse Joey Cheek a été révoqué, le comité national olympique américain s'est fendu d'un sobre commentaire : «l'affaire ne concerne que le gouvernement et M. Cheek en tant que citoyen.» Triste retournement de veste pour l'organisation qui en avait fait, en 2006, le sportif américain de l'année ! Etudiant à la prestigieuse université de Printeton, âgé de 29 ans, ce jeune athlète a reçu le bronze sur 1000 m aux JO de Salt Lake City en 2002 et, en 2006 à Turin, l'argent sur la même distance et l'or sur 500 m. La prime de 40.000 $ du Comité olympique pour les deux médailles remportées aux derniers jeux d'hiver, il l'a intégralement reversée à l'ONG Right to Play, chargée collecter des dons de sportifs au profit d'enfants défavorisés. Invitant ses collègues sportifs à faire de même, Joey Cheek initia le projet Team Darfur : un groupe d'athlètes de toutes nationalités usant de leur statut pour sensibiliser l'opinion publique à la catastrophe humanitaire soudanaise. Une action dont le point d'orgue aurait dû être les Jeux olympiques où Cheek comptait dénoncer les responsabilités chinoises dans la guerre civile.
Contrôles supplémentaires et pressions pour les membres de Team Darfur
Malheureusement pour lui, le 6 août, la veille de prendre l'avion qui devait lui permettre d'assister à la cérémonie d'ouverture, Joey Cheek a vu son visa pour la Chine révoqué, bientôt suivi de celui du décathlète Steve Boyle, également membre de Team Darfur non sélectionné pour les épreuves. Aucune raison n'a été fournie pour motiver cette décision mais certains signes ne trompent : Joey Cheek révélait ainsi au Chicago Tribune que les autorités chinoises avaient laissé entendre à certains sportifs que leur appartenance à Team Darfur leur vaudrait des contrôles supplémentaires aux Jeux. La Belgique, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni auraient, selon lui, relayé vers leurs athlètes les pressions de la Chine pour éviter des mots déplacés sur le Darfour, aidés dans cette mission par le CIO.
Malheureusement pour lui, le 6 août, la veille de prendre l'avion qui devait lui permettre d'assister à la cérémonie d'ouverture, Joey Cheek a vu son visa pour la Chine révoqué, bientôt suivi de celui du décathlète Steve Boyle, également membre de Team Darfur non sélectionné pour les épreuves. Aucune raison n'a été fournie pour motiver cette décision mais certains signes ne trompent : Joey Cheek révélait ainsi au Chicago Tribune que les autorités chinoises avaient laissé entendre à certains sportifs que leur appartenance à Team Darfur leur vaudrait des contrôles supplémentaires aux Jeux. La Belgique, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni auraient, selon lui, relayé vers leurs athlètes les pressions de la Chine pour éviter des mots déplacés sur le Darfour, aidés dans cette mission par le CIO.
Loin de se dégonfler, Joey Cheek a joué la carte médiatique : sillonnant les télévisions, du très populaire Stephen Colbert sur Comedy Central (voir vidéo ci-dessus) à la très sérieuse station CBS, Cheek a également multiplié les interviews aux journaux américains, nationaux comme locaux, pour dénoncer une vraie censure chinoise. L'implication de Pékin a pourtant été récemment prouvée par la BBC qui a filmé au Soudan des véhicules de transports livrant notamment des batteries anti-aériennes chinoises aux rebelles, alimentant ainsi le conflit.
La couverture extensive de l'actualité chinoise en France à la veille des JO n'a pourtant guère évoqué le rôle de ce pays dans la crise du Darfour. L'oppression du Tibet, plus facile à mettre en image et à comprendre, a occulté toute autre responsabilité du régime de Pékin. Aucune sanction de ce type n'a pourtant frappé les athlètes qui avaient professé leur solidarité tibétaine. Le fondateur de Team Darfur n'est pas près de voir la Cité interdite.
La couverture extensive de l'actualité chinoise en France à la veille des JO n'a pourtant guère évoqué le rôle de ce pays dans la crise du Darfour. L'oppression du Tibet, plus facile à mettre en image et à comprendre, a occulté toute autre responsabilité du régime de Pékin. Aucune sanction de ce type n'a pourtant frappé les athlètes qui avaient professé leur solidarité tibétaine. Le fondateur de Team Darfur n'est pas près de voir la Cité interdite.
19:46 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy, politique, 91







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