31.05.2009

Le 7 juin, Il s’agit de donner à l’Europe une autre orientation que l’orientation libérale

Le député socialiste des Landes Henri Emmanuelli a appelé  ceux qui avaient voté "non" au référendum sur le traité constitutionnel européen le 29 mai 2005 à voter aux européennes du 7 juin "contre les listes de l’UMP" et "pour le Parti socialiste".

"J’ai un souvenir ému pour ce 29 mai, je considère que le peuple français a bien voté en votant non, parce qu’il refusait l’orientation libérale de l’Europe", a déclaré M. Emmanuelli à l’AFP. Il avait été l’un des ténors du +non+ de gauche alors que le parti avait été profondément divisé à ce sujet.

"Aujourd’hui, je souhaite qu’en souvenir de l’anniversaire du référendum du 29 mai, ceux qui ont voté +non+ aillent voter contre les listes de l’UMP et votent pour le Parti socialiste", a ajouté l’ancien ministre.

Alors que la campagne du PS en vue des élections européennes semble stagner, sur fond de forte abstention prévue selon les sondages, M. Emmanuelli a appelé les électeurs à "comprendre que la couleur politique du Parlement européen fera l’orientation politique de l’Europe".

Au PS, "le référendum est derrière nous", "on a surmonté cette différence". Avec le projet du PS pour les européennes, "on est plutôt dans l’orientation du non que dans la philosophie du oui", a-t-il assuré.

"Il s’agit de donner à l’Europe une autre orientation que l’orientation libérale" et cela "se traduit par des propositions sur l’harmonisation sociale et fiscale, pour un salaire minimum européen, ce qu’on regrettait de ne pas avoir dans le traité".

Et Sarkozy tuera tous les affreux…

En cette 108e semaine de Sarkofrance, le président a décidé de nous protéger des méchants. Ceux des cités comme ceux du reste du monde. Ça devrait nous rassurer. Mais curieusement, c'est le contraire.



(TheAlieness GiselaGiardino²³-flickr-cc)
Le scrutin approche, les sondages ne sont pas trop mauvais. Il faut motiver l'électeur de droite déboussolé par 9 mois de vulgate sociale pour cause de crise. Nicolas Sarkozy ressort son joker, la lutte contre l'insécurité. Projet de loi LOPPSI 2, fouille des cartables à l'école, base navale face à l'Iran, gros mots contre la Corée du Nord, le président nous protège des vilains du monde et des voyous de l'intérieur. Qu'importe si nous fêtons sa 108 ème semaine de présence à l'Elysée et sa 7ème année, quasiment sans interruption, à la tête des forces de l'ordre.


Surveillance généralisée...
Quand la crise menace en France, on joue avec les vieilles recettes: Nicolas Sarkozy instrumentalise la sécurité, tant sur le plan intérieur qu'à l'étranger. En début de semaine, il est allé inaugurer «sa» nouvelle base militaire aux Emirats Arabes Unis, la première ainsi construite à l'étranger depuis 50 ans. Il en avait annoncé l'installation il y a 18 mois. Quel intérêt la France a donc à mobiliser de tels efforts de défense sur le détroit d'Ormuz, à quelques encablures navales de l'Iran ? C'est un virage stratégique inquiétant qui semble surtout satisfaire les rêves de grandeur du Monarque français. Nicolas Sarkozy veut que la France reste une «puissance globale» dans le monde. Grand bien lui fasse. On croyait qu'il fallait parler Europe ces temps-ci. Ces ambitions auraient pu être une occasion de promouvoir la défense européenne, à quelques jours d'un scrutin qui ennuie tout le monde. Mais non, Sarkozy prend la posture, trop grande pour lui,  d'un Général de Gaulle. Il hérite plutôt de celle d'un petit George W Bush pour expliquer que l'Iran n'a qu'à bien se tenir: désormais, la France est présente là-bas aussi.

Sécurité toujours, mais intérieure cette fois-ci, le sujet des violences à l'école a mobilisé la Sarkofrance ces derniers jours : Xavier Darcos avait parlé de faire «fouiller les élèves », une proposition refusée par la ministre de l'Intérieur samedi dernier. Un opportun sondage d'OpinionWay lui donne raiso n, affichant 64% de Français interrogés «favorables à la fouille». Mercredi, Michèle Alliot-Marie présentait en Conseil des ministres son projet de loi LOPPSI 2, un éventail de mesures sécuritaires comme jamais la France n'en a connu. Jeudi, Nicolas Sarkozy s'est fendu d'un beau discours sur le même thème, devant 700 personnes invitées dans un salon de l'Elysée. Sous le fatras des annonces présidentielles, on pouvait distinguer l'ébauche d'un système de surveillance totalitaire: autorisation de ficher les victimes dans les procédures de recherche des causes de mort et disparition; abaissement du seuil de peines (concernant les crimes et délits punis de plus de 5 ans de prison) pour le fichage automatisé des données personnelles collectées pendant les enquêtes judiciaires; protection des agents de renseignements et de leur anonymats contre d'éventuelles procédures judiciaires; autorisation des captations à distance de données informatiques à l'insu des personnes visées dans des affaires de criminalité organisée.

La question de l'installation de mouchards électroniques, sur décision d'un juge d'instruction, est sensible quand on se rappelle que Nicolas Sarkozy veut supprimer... le juge d'instruction. La réforme proposée est presque un aboutissement, qui placera les décisions de justice, notamment sur les affaires sensibles, intégralement sous la coupe du Garde des Sceaux (via les procureurs). Le gouvernement nous explique qu'il ne veut que «pirater les voyous ».

Surveillance des réseaux et des citoyens, fichage sans contrôle, mise sous tutelle de la justice, la mise en place d'un système totalitaire est-elle en oeuvre ?

Reste que ces annonces sont avant tout électorales. Un conseiller de Michèle Alliot-Marie expliquait cette semaine que «L'Elysée vient de se rappeler soudainement que le projet est dans nos tiroirs depuis deux ans.» D'ailleurs, le projet LOPPSI 2 ne sera étudié au Parlement... qu'en septembre ! L'UMP a du mal à remplir les salles de ses meetings. Elle tente même de remettre l'immigration sur le devant de la scène. Insécurité et immigration, la belle équation d'une droite en panne d'idées et de succès !
Nicolas Sarkozy n'est surtout pas content de la polémique naissante sur son échec en matière de délinquance. Mercredi dernier, il a enguirlandé sa ministre de l'intérieur : «l'insécurité, c'est un sujet qui m'appartient, qui fait partie de ma marque identitaire.» Nous voilà prévenus ! Et pourtant les chiffres parlent d'eux-même s. A chaque nouveau tragique faits divers, les médias et l'opposition rappellent que les violences aux personnes n'ont cessé de progresser depuis 2002. La sécurité joue comme un boomerang qui revient le frapper en pleine face sept ans plus tard. Nicolas Sarkozy s'inquiète, il a raison. L'insécurité l'insécurise électoralement.


... et insécurité sociale permanente

Le président français est moins disert sur l'insécurité sociale. Il y avait pourtant de quoi dire: le chômage explose, le RSA entre en vigueur, le prêt de main d'oeuvre est assoupli, et l'ignoble Lefebvre propose de légaliser le travail pendant les congés maladie et maternité.

Vendredi, le pôle emploi a en effet confirmé l'aggravation du chômage en avril, pour le 12ème mois consécutif: + 58 500 demandeurs d'emploi de catégorie A.  En ajoutant les chômeurs ayant travaillé occasionnellement dans le mois, le nombre de demandeurs d'emploi s'établit à 3,571 millions.  On dépassera les 4 millions en décembre. Le déficit de l'UNEDIC se creuserait à 1,3 milliards d'euros cette année, puis 4,5 milliards l'an prochain. Côté déficit, celui des comptes sociaux devrait dépasser les 20 milliards d'euros en  2009. On attend déjà le plan d'économies arriver. En particulier, l'Etat doit encore trouver 357 milliards d'euros pour financer la retraite des fonctionnaires, sur un total de 1050 milliards d'euros. D'après le Figaro, il réfléchit à de nouvelles pistes de «réformes». Le président de la Commission des Finances au Sénat, Jean Arthuis, a demandé au Ministère des Finances d'évaluer la suppression de l'ISF et du bouclier fiscal, et la création d'une cinquième tranche d'impôt sur le revenu. Le sénateur a réaffirmé son opposition au «tabou sarkozyen» relatif au bouclier fiscal: «Il paraît. Mais on ne peut pas vivre indéfiniment dans la terreur, dans les tabous des interdits fiscaux. Quand on pleure sur les emplois perdus, sur la crise sociale, on ne peut pas ne pas agir. (...) Le bouclier fiscal pose problème». Pas sûr que le chef de l'Etat apprécie la démarche...

En début de semaine, pendant que le monarque visitait les Emirats Arabes Unis, les députés UMP s'agitaient sur le code du travail. Certains ont fait voter la généralisation du «prêt de main d'oeuvre», initialement réservé aux agences de mannequins, à l'intérim et aux organismes sportifs. Prochainement, toute entreprise pourra y recourir, du moment qu'il n'y a pas de but lucratif. Ces prêts permettront surtout de contourner les droits des salariés, puisque rien ne garantit que les salariés «prêtés» (isolément ou dans un groupement) le même statut que ceux des l’entreprise qui les reçoient. Ils permettront aussi à certaines entreprises de bénéficier d'exonérations de charges, sur les heures supplémentaires notamment, auxquelles elles n'auraient pas eu droit sinon.  Frédéric Lefebvre a ajouté sa pierre au débat. Il s'est servi de ce projet pour proposer d'autoriser le travail ... pendant les congés maladie, maternité voire parentaux, grâce au télétravail. Son argument ? Quand on est malade ou enceinte, on peut disposer toutes ses facultés mentales. Evidemment, les indemnités éventuelles de congés auraient alors été réduites à due proportion du «temps de travail récupéré». Mal à l'aise, son camp l'a lâché en rase campagne.

Coïncidence, la direction des études des ministères du Travail et de l'Emploi (Dares) publiait cette semaine une étude sur les horaires de travail des salariés français : seuls 37% des salariés français ont des horaires de travail «normaux». Les autres, soit près des deux tiers, doivent jongler avec des horaires « atypiques », que ce soit de nuit, le week-end, à temps partiel ou avec des périodes imprévisibles ou décalées. Près d'un salarié sur 5 cumule «plusieurs contraintes horaires, comme les semaines irrégulières, l'absence de repos hebdomadaire de 48 heures ou les créneaux fixés par l'entreprise sans possibilité de modification.» Frédéric Lefebvre connaît-il seulement la réalité sociale du pays passées les frontières de son département des Haut-de-Seine ?

Lundi, le Revenu de Solidarité Active entre en vigueur. Voici l'arbre social de Sarkofrance qui cache la forêt des mauvaises réformes. La presse multiplie les témoignages de ces pauvres gens soulagés de passer de 400 à 600 euros par mois. Quelques 3,1 millions de foyers sont concernés, soit 6,8 millions de personnes. Martin Hirsch, auteur de cette réforme, espère en sortir 700 000 de la pauvreté (dont le seuil de revenu est fixé à 880 euros par mois). Certains sceptiques objectent que le RSA stimulera surtout les emplois précaires et à temps partiel. On nous explique discrètement que le RSA coûtera 9,8 milliards d'euros par an «en régime de croisière». Or son financement, controversé, par une nouvelle taxe sur les revenus du capital des classes moyennes ne rapportera que 1,5 milliards d'euros... Cherchez l'erreur.
A chacun donc sa sécurité. Quand les Français pensent à leur emploi, luttent contre leur précarité, s'indignent des abus des plus grands, le chef de l'Etat préfère l'habituel vacarme électoral sur les voyous et la menace extérieure et les distractions «bling bling» qu'il affiche complaisamment aux yeux de tous. Ainsi, il s'est félicité d'avoir 112 000 «supporters» sur le réseau social Facebook. Il se dit également ravi que sa video «surprise» le montrant dans un salon de l'Elysée avec Carla Bruni et 6 lectrices de Femme Actuelle ait été vue un million de fois.
Nicolas reste Narcisse. Qu'il se rassure, son actualité «people» attire bien les foules. Une nouvelle photo de Carla Bruni dénudée vient d'ailleurs d'être mise aux enchères...

Sarkozy c'est l'échec

Cinq salariés racontent la crise de l'intérim

Dans la petite agence Manpower de Saint-Junien, près de Limoges, les missions d'intérim se font rares. "Au début de l'année, explique le directeur, Eric Moulinard, c'était la cata, on était à moins 47 % d'activité." Autour de ce petit bourg de 11 000 habitants, l'emploi, c'est d'abord l'emballage. "Quand le carton va mal, c'est qu'on n'emballe plus parce que rien ne sort des entreprises", résume M. Moulinard.

Laetitia Bissirieix, 28 ans, subit le reflux. "Ces derniers mois, on m'a proposé des missions plus courtes, il y a des licenciements partout", dit-elle. Surtout, "on est sous pression, il y a plus de concurrence entre intérimaires". Le temps où Laetitia pouvait refuser des propositions d'embauches, des contrats à durée indéterminée (CDI), est bien fini.

Du même âge qu'elle, Eddy Coulebaud avait choisi l'intérim pour une certaine liberté. "Mais, explique le jeune homme, il faut aimer l'inconnu, être prêt à changer, ne pas être très difficile." Eddy, qui voyait les missions se succéder sans souci dans la cartonnerie, la manutention, a peur. "Je me suis fixé, j'ai une petite Manon de 15 mois, j'ai acheté une maison et si une entreprise me propose un CDI, je prends, confie-t-il. Et je ne suis pas le seul, beaucoup d'intérimaires cherchent "le contrat"."

PRENDRE "TOUT CE QUI PASSE"

Pour faire attendre les "fidèles" de l'agence, explique son directeur, "on compense le recul d'activité en prenant tout ce qui passe, ce qu'on ne faisait pas avant. Si vous m'appeliez pour avoir deux personnes pour quatre heures de déménagement, je vous disais que je n'avais personne. Aujourd'hui, je les trouve".

Pour Eric Moulinard cependant, le plus dur reste à venir. Si l'activité peut redémarrer très vite, de même qu'elle s'est effondrée en quelques semaines, septembre et octobre vont être très difficiles. "Ceux qui touchent les allocations chômage ne nous ont pas encore mis la pression, dit-il. Mais, à la rentrée, ce sera différent."

En plein coeur de Limoges, la directrice d'une des agences Manpower confirme. "On n'a aucune visibilité, beaucoup de nos intérimaires se sont inscrits à Pôle emploi et laissent passer un peu de temps avant de rechercher des missions", raconte Stéphanie Le Moal. Dans le même temps, certains secteurs connaissent des difficultés de recrutement. Dans la vitrine, quelques affichettes restent accrochées : "recherche frigoriste, boucher, infirmière, chaudronnier, pâtissier confirmé...".

Karine Dupuy, 32 ans, soudeuse, n'a jamais eu de problème pour travailler. Jusqu'à aujourd'hui. "Les seules missions que l'on me propose sont loin d'ici, mais avec ma fille, je ne peux pas bouger, explique-t-elle. Si c'était pour un CDI, je le ferai, mais pas pour une mission de deux mois."

Eric Deglane qui, à 25 ans, est retourné vivre chez ses parents, rêve lui aussi de CDI. "Mais, il n'y a rien, dit-il. Alors, je prends n'importe quoi, des missions d'une journée, un déménagement, des mises en rayon sur une demi-journée."

Claudie Lebreton aussi est prête à faire de gros efforts. Spécialisée dans le secrétariat, cette jeune femme de 26 ans patiente des mois avant de pouvoir travailler quinze jours. Avant, c'était l'inverse : quelques jours d'attente pour des contrats de plusieurs mois. "Les boîtes préfèrent assurer les remplacements en interne plutôt que de recourir à l'intérim", assure-t-elle.

Ce reflux massif laisse aussi des traces dans les agences. "On a arrêté nos CDD, fermé une antenne dans la région et organisé des mobilités internes pour ne pas avoir à licencier, explique le responsable régional, Christian Michelet. A chaque crise, on anticipait le ralentissement et le redémarrage, dit-il. Je crains que celle-ci ne laisse plus d'entreprises KO et n'ait plus de conséquences sur le long terme."

Ecoles

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Sécurité : Aubry dénonce la "démagogie lénifiante" de Sarkozy

Le président emploie "des mots faussement durs" alors que sa politique a conduit à "un échec en matière de sécurité qui s'associe à l'échec économique et social", déclare la première secrétaire du PS.

Il faut "arrêter de changer les textes avec une démagogie lénifiante" a estimé Martine Aubry, en référence aux mesures annoncées par Nicolas Sarkozy contre la violence.
La première secrétaire du Parti socialiste reproche au président d'avoir fait jusqu'à maintenant "surtout beaucoup d'annonces sans beaucoup de résultats".
A dix jours des élections européennes, le chef de l'Etat "essaie une fois de plus de replacer le débat politique sur le terrain de la sécurité mais les Français savent bien ce qu'est la réalité aujourd'hui", a déclaré Martine Aubry sur RTL en dénonçant la baisse des effectifs d'enseignants dans l'Education et dans la police.

"Beaucoup d'annonces sans beaucoup de résultats"


Nicolas Sarkozy a employé jeudi "des mots faussement durs" alors que sa politique a conduit à "un échec en matière de sécurité qui s'associe à l'échec économique et social", a-t-elle ajouté.
"A qui fera-t-on croire qu'un enseignant aujourd'hui ne peut pas ouvrir un sac d'école (...) Ils le font quand il y a une nécessité", a-t-elle affirmé au sujet de la mesure permettant aux responsables d'établissements de fouiller les élèves.
"Il faut arrêter de changer les textes avec une démagogie lénifiante", a-t-elle poursuivi alors que "la vraie difficulté pour les enfants aujourd'hui c'est d'apprendre dans de bonnes conditions, pour les enseignants c'est d'être accompagnés de surveillants, d'éducateurs formés, de pouvoir appeler la police quand nécessaire".
Nicolas Sarkozy "affiche son échec en matière de sécurité dans un domaine où jusqu'à présent on a fait surtout beaucoup d'annonces sans beaucoup de résultats", a accusé la maire de Lille.
"Nous, nous pensons que la sécurité est un droit fondamental, que chaque acte d'incivilité ou de délinquance doit être sanctionné", a-t-elle souligné.

Lefebvre contre-attaque


"Ce que l'on ne peut que regretter, c'est l'opposition stalinienne qu'incarne Martine Aubry sur la sécurité, comme sur tant d'autres sujets", a tout de suite contre-attaqué dans un communiqué le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre.
"L'aveuglement du parti socialiste, qui nous refait le coup du sentiment d'insécurité à la Jospin que nous aurions inventé à la veille des élections, montre qu'il est décidément incorrigible", a-t-il affirmé.
Selon lui, "c'est justement parce que la politique de lutte contre l'insécurité depuis 2002 a fait reculer la délinquance de 16%, mais que des formes de délinquance encore plus violentes se développent, que la responsabilité du politique est de réagir".

30.05.2009

Sécurité: leurres du bilan

Nicolas Sarkozy martèle à nouveau son credo sécuritaire. Lors de son déplacement à Nice chez Christian Estrosi qu’il a chargé de rédiger une proposition de loi sur les bandes. A Orléans le 14 janvier 2009, le chef de l’Etat, qui dressait son bilan dans ce domaine se targuait d’avoir fait baisser la délinquance générale de 13,5 % depuis son arrivée au ministère de l’Intérieur en 2002. A en croire Nicolas Sarkozy, c’est donc sa politique de fermeté et de «culture du résultat», ses instructions aux services de police et ses textes de loi qui ont fini par payer et ont endigué la criminalité. Le nombre global de crimes et délits constatés (mélange de vols, viols, coups, etc.) dans le pays a chuté, c’est un fait indéniable. Mais selon Sébastian Roché, directeur de recherches au CNRS sur la délinquance, «la France suit la même tendance que tous les autres pays européens, et ce quelles que soient les politiques mises en place». Analyse de sept années de la politique de Sarkozy en matière de sécurité.

1) Chute de 22,2 % des atteintes aux biens

A y regarder de plus près, c’est la masse des vols en tous genres et dégradations qui a reculé. Ces «atteintes aux biens» qui représentent les trois quarts des infractions enregistrées en France ont en effet chuté de 22,2 % en cinq ans (entre 2003 et 2008). A eux seuls, les vols d’automobiles ont quasiment diminué de moitié (-43,2 %) ces cinq dernières années. Si Nicolas Sarkozy l’attribue à l’efficacité de la police, Sébastian Roché impute ce «changement aux efforts des industriels qui protègent mieux leurs produits avec des systèmes d’alarme, de surveillance, d’immobilisation ou de neutralisation qu’il s’agisse des voitures, des téléphones mobiles ou des cartes de crédit.» En revanche, les vols avec une arme à feu, notamment contre des commerces, montent en flèche depuis un an, de 23 %.

2) Montée de 14% des violences aux personnes

Les services de police échouent dans leur mission de «protection des personnes». La violence augmente dangereusement et les victimes se multiplient. Les «atteintes volontaires à l’intégrité physique» ont augmenté de 14 % depuis 2003. Et l’action de Nicolas Sarkozy, qui impute cette hausse en partie aux violences intra-familiales, n’a pas permis d’enrayer ce phénomène amorcé avant son arrivée aux commandes. Si le taux national de violences contre les personnes se situe à 7,3 % pour 1 000 habitants, la Seine-Saint-Denis enregistre le taux le plus élevé du pays avec 18,7 %. Or, les réponses policières paraissent inadaptées puisque 61 % des agents affectés dans ce département sensible ont moins de 30 ans et peu d’expérience.

3) Politique du chiffre

Sarkozy a impulsé une «culture du résultat» dans la police et décrété une «tolérance zéro», à savoir sanctionner toute infraction, même le plus petit délit. Ainsi, les policiers multiplient les contrôles de routine dits «opérations de sécurisation» et ne doivent rien laisser passer. Ils traquent même les fumeurs de joints trouvés en possession d’un gramme de cannabis. Policiers et gendarmes ont ainsi constaté 41,8 % d’infractions à la législation sur les stupéfiants (ILS) supplémentaires en cinq ans. Ce sont surtout les usagers de cannabis qui font grossir ce chiffre, même si de véritables réseaux de trafiquants sont démantelés par la PJ et les 33 Groupes d’interventions régionaux (GIR) institués par Sarkozy.

Les quotas de clandestins à expulser du territoire fixés sous son impulsion ont poussé les services à interpeller de plus en plus de sans-papiers. Les infractions à la législation sur les étrangers (ILE) ont augmenté de 68,2 % depuis 2003. Ces infractions sans victimes et sans plaintes, révélées par la seule action des services, présentent l’avantage pour l’Intérieur d’être aussitôt constatées, aussitôt résolues, et donc de faire monter le taux d’élucidation des affaires que Sarkozy se targue d’avoir fait grimper de «25 % en 2002 à un niveau jamais atteint de 37 %». Les syndicats de police dénoncent cette «politique du chiffre» et les contrôles qui creusent le fossé entre police et population, surtout les jeunes de banlieue.

4) Assertions politico-médiatiques

L’explosion de violences urbaines de l’automne 2005 survenues après la mort de deux mineurs poursuivis par la police dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois entache sérieusement le bilan sécurité de Sarkozy qui imputait à l’époque ces émeutes à des «caïds» protégeant leur business : «Nous ne tolérons plus les cités interdites où les trafics mafieux règnent en maîtres.» Or, sur le terrain, les policiers ont plutôt débusqué de petits «capuchés» de moindre envergure, incendiaires de voitures ou lanceurs de pierres. De plus, une étude des Renseignements généraux a démontré qu’il ne s’agissait «pas de bandes organisées». De la même manière, Nicolas Sarkozy a fait de la surenchère sur le profil des émeutiers placés en garde à vue. Il a prétendu à l’Assemblée nationale le 16 novembre 2005 que «75 à 80 % des interpellés pour ces faits de violence urbaine étaient connus pour de nombreux méfaits et avaient d’ailleurs des antécédents judiciaires. C’étaient déjà des délinquants». Or, ces assertions ont été démenties par les procureurs, à commencer par celui de Bobigny qui a jugé la majorité des auteurs de violences urbaines : «Le passé pénal de certains majeurs âgés de 18 à 22 ans n’était pas important. Il y avait très peu de gros délinquants.» Un juge des enfants relevait que «la très grande majorité des mineurs était des primo-délinquants et quand ils étaient connus, c’était au titre de l’enfance en danger».

5) Démonstrations de force

Dès son arrivée place Beauvau, Sarkozy a tué dans l’œuf la «police de proximité» mise en place par la gauche, et a utilisé la police d’ordre que représentent les CRS en petites patrouilles, appellées «compagnies de sécurisation» pour quadriller les quartiers sensibles. Les coups de filet dans les cités ont été médiatisés à outrance comme les interpellations aux Tarterêts à Corbeil-Essonne (Essonne) en septembre 2006 après le tabassage de deux CRS, puis aux Mureaux (Yvelines) le mois suivant, pour rechercher les agresseurs d’une patrouille. Mais l’opération musclée dans le quartier des Musiciens avec 100 policiers casqués, portes enfoncées, habitants braqués et interpellations tout azimut, s’est soldée par un fiasco. Un seul suspect finalement arrêté à l’issue de cette opération-spectacle vilipendée par le maire de la commune, François Garay : «J’ignore si c’est Sarkozy [qui l’a organisée] et je m’en fous. Mais ça, c’est de la télé-réalité. Ce n’est pas digne d’une République laïque». A l’en croire, la situation dans les banlieues depuis les émeutes se «gère au fil du rasoir» : «On rame et en trois minutes d’images au 20 heures, ils vont détruire tous mes efforts.» En revanche, un autre coup de filet à Villiers-le-Bel (Val d’Oise) en février 2008 mais plus ciblé a permis de retrouver 17 émeutiers suspectés de coups de feu qui avaient blessé 75 policiers.

6) Arsenal de lois souvent inapplicables

Réprimer le racolage passif des prostituées, les délits commis en bandes organisées, accroître les peines pour les récidivistes et bientôt punir le port des cagoules dans les manifs, Nicolas Sarkozy a dégainé treize lois liées à la sécurité depuis 2002 que les policiers ont parfois du mal à appliquer, comme le texte sur les rassemblements dans les halls d’immeubles. Quant au délit de racolage passif, inventé par Sarkozy, il visait à mieux démanteler les réseaux de proxénètes. Mais à l’usage, ce sont surtout les prostituées qui trinquent. Les tapineuses ont été éloignées vers des périphéries dangereuses.

En mai 2006, avant de présenter son projet de loi de prévention de la délinquance, Sarkozy avait résumé sa philosophie en la matière lors d’un déplacement à Evry : «La sanction est une forme d’éducation», avait dit le ministre de l’Intérieur de l’époque dans un discours, intitulé «Une nouvelle politique pour les quartiers sensibles», déjà très programmatique à un an de la présidentielle. La loi promulgée en mars 2007 a placé les maires au centre de la politique de prévention et durcit les sanctions contre les mineurs. Mais deux ans plus tard, le Conseil national des villes (CNV) conclut à «l’absence quasi systématique de mise en œuvre» de cette loi.

Composé notamment d’élus de communes en difficultés de toutes étiquettes politiques, le CNV dresse un constat accablant dans son avis rendu le mois dernier : «La loi n’a pas été précédée d’une large consultation, qui aurait permis de capitaliser l’expérience acquise par les collectivités territoriales et l’Etat sur l’ensemble du territoire depuis parfois vingt années d’expérience ; d’identifier les évolutions de la délinquance et des actions nouvelles à définir ; d’identifier les lacunes de prise en charge auxquelles il faut remédier». Le CNV tire aussi la sonnette d’alarme sur des sujets soulevés lors de ses auditions dans les communes : la déscolarisation des ados ; les liens entre les violences subies par les enfants et l’échec scolaire ; les difficultés des bailleurs concernant l’occupation des halls d’immeubles, des caves…

La droite européenne, c'est ça aussi

Duhamel soutient Bayrou... comme la corde le pendu!

Pour Alain Duhamel, de toute façon, Bayrou ou pas, la politique doit rester l'univers exclusif des partis sérieux qui peuvent gouverner. Donc Bayrou est à la mode. Mais ça ne durera pas. Explication

Tout le monde l'a sans doute oublié, mais François Bayrou a coûté cher à ALain Duhamel durant la campagne présidentiuelle de 2007 : une confidence trop lâchée dans un amphi sur son intention de voter Bayrou avait conduit France 2 à suspendre - un peu stupidement d'ailleurs - le journaliste. Deux ans plus tard, il revient sur le cas Bayrou... d'une autre façon.
 Sacré Alain Duhamel. S’il n’existait pas, Nicolas Sarkozy devrait l’inventer. Il y a dans sa chronique matinale — parfaitement indépendante, ce n’est pas la question — une implacable logique, quelque soit le sujet : en politique, pour Alain Duhamel, il y a « les gens sérieux » et les autres, les rigolos, ceux qui n’hésitent pas à recourir à la rhétorique populiste pour faire des voix. L’horizon indépassable de la société politique rêvée par Duhamel consiste à préserver à toute force une représentation simplifiée de la politique: en gros, les gens doivent choisir entre la droite et la gauche de gouvernement. Tout le reste, de Le Pen à Besancenot en passant par Dupont Aignan (je ne me rappelle pas qu’il lui ait consacré une seule chronique), Villepin, Mélenchon, Bayrou, bien sûr, et même Ségolène Royal (1), tous les autres relèvent de la même rhétorique populiste ou passéiste.

Démonstration avec la chronique matinale de ce jour :
« Je crois que François Bayrou est, jusqu'à présent en tout cas, le principal bénéficiaire de la campagne européenne.»
Ah bon ? Tout le monde croyait que l'UMP caracolait en tête et que c'était la seule nouvelle de la campagne...

Le handicap de Sarkozy ? Sa Cour bien sûr :

« Du côté de l'UMP, on sait très bien que l'inspirateur de la campagne, c'est Nicolas Sarkozy. On voit bien que les messagers de la campagne, que les ambassadeurs de la campagne, sont théoriquement Michel Barnier et Rachida Dati. »

Tandis que Bayrou lui, est libre ...

«Du côté du MoDem, il y a François Bayrou, point final.»

Et puis, il est filou le Bayrou
:
« ...comme il n'avait plus de lieutenant, il fallait bien qu'il improvise, mais il a habillé élégamment sa pauvreté.  Et puis il a eu l'astuce de publier un livre terrible, un livre à charge, un pamphlet contre Nicolas Sarkozy, pile au bon moment pour être invité partout. »

Et en plus, c'est un tricheur :

« Il mène une campagne présidentielle. D'ailleurs tout le monde l'a très bien compris. La seule chose qui l'intéresse, c'est l'élection présidentielle. Pour lui, la campagne européenne, ça n'est qu'un moyen. »

Mais il ne l'emportera pas au paradis :

« Pour le reste, il faut dire qu'il n'a pas le choix, parce qu'en dehors de l'élection présidentielle, il n'a aucun moyen de progresser. Il n'a pas de parti, il n'a pas d'élus, il n'a pas de groupe à l'Assemblée, il n'a qu'un demi-groupe au Sénat, il n'a plus de lieutenant. »

D'ailleurs
,  « il est en train de manger son pain blanc, et disons qu'il le dévore à belles dents. »

CQFD. Croyez-en l'expérience d'un vieux briscard de la vie politique, un centriste, qu'il s'appelle Bayrou, Lecanuet ou ... Duhamel (pas Alain, l'autre, le chef du centre qui a succédé à Lecanuet), ils finissent toujours par manger dans la gamelle de la droite ou de la gauche...

En chroniqueur consciencieux, Duhamel évoque Mélenchon, ignoré par les médias mais pas par les sondages :

En dehors de François Bayrou, qui profite cette campagne ?

« Pour avoir gagné en notoriété et en influence, je crois que c'est Jean-Luc Melenchon qui était socialiste, qui a été un bon ministre social-démocrate de Lionel Jospin, qui maintenant est le compagnon de route du Parti communiste. Disons que c'est un tribun à l'ancienne, sentimental, éloquent, il aurait réussi admirablement au début de la 3ème République, c'est une sorte de Gambetta de l'Essonne.»

Un « Gambetta de l'Essonne ».... Il sera content l'impétrant, il n'aura pas froid cet hiver. Au fait, Duhamel il est quoi lui, un Albert Londres du jardin du Luxembourg ?

Chômage!! ):

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