16.06.2009

Le PS hésitant sur le boycott ou non du Congrès de Versailles

"Rien n'est exclu, je consulte", déclare Jean-Marc Ayrault, à propos de la participation ou non des députés socialistes au Congrès du 22 juin, devant lequel Nicolas Sarkozy doit venir s'exprimer. Une décision doit être prise ce jour.

(Reuters)

 

(Reuters)

 

Faut-il participer ou non au Congrès de Versailles le 22 juin, devant lequel Nicolas Sarkozy va s'exprimer ? La question se pose toujours, lundi 15 juin, pour les députés socialistes. "Rien n'est exclu" concernant la présence ou l'absence des députés PS, a déclaré Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale.
D'après lui, le groupe PS annoncera sa décision mardi en fin de matinée, après sa réunion hebdomadaire à l'Assemblée. "Beaucoup de gens sont partagés. Rien n'est définitif. Je consulte".

Les responsables consultés


"Ce qui nous intéresse, c'est d'être le plus utiles. Il faut qu'on ait l'occasion de défendre nos propres positions", a-t-il poursuivi à une semaine de la première intervention d'un chef de l'Etat devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles.
L'article 18 de la Constitution prévoit, depuis la révision de juillet 2008, que le chef de l'Etat "peut prendre la parole devant le Parlement réuni à cet effet en Congrès" et que "sa déclaration peut donner lieu, hors sa présence, à un débat qui ne fait l'objet d'aucun vote".
La première secrétaire du PS Martine Aubry, le président du groupe PS au Sénat Jean-Pierre Bel et les autres présidents des groupes de l'opposition font partie des responsables consultés par Jean-Marc Ayrault.

Vallini contre "la politique de la chaise vide"


Le député PS André Vallini a d'ores et déjà estimé lundi qu'il était opposé "à la politique de la chaise vide", et que les parlementaires socialistes devaient assister au Congrès.
"A titre personnel, je pense qu'il faut y aller. Même si j'étais l'un des plus farouches opposants à la venue du président de la République devant le Parlement, cette disposition a été votée, c'est la loi constitutionnelle, elle s'applique", a-t-il déclaré.
Selon le député de l'Isère, la gauche "ne doit pas faire la politique de la chaise vide".
"Cessons de nous comporter en mauvais perdants", a-t-il ajouté tout en "continuant à penser que ce droit d'expression du chef de l'Etat n'est pas opportun". "Il n'y a pas d'engagement de la responsabilité du président de la République, dont la prise de parole ne s'accompagne ni d'un débat en sa présence, ni d'un vote", a-t-il précisé.

"Il faut être compris"


Les parlementaires "se concertent", a indiqué de son côté le président du groupe PS au Sénat, Jean-Pierre Bel. Un seul souci : que leur décision soit "comprise" par les Français.
"Nous sommes dans une phase de réflexion qui est absolument indispensable car, quelle que soit notre décision, il faut qu'elle soit comprise par les Français", a souligné Jean-Pierre Bel.
"On ne peut pas dire que les conditions dans lesquelles le Parlement est réuni -le matin pour voter un règlement, qui sera ensuite soumis au Conseil constitutionnel entre 12h00 et 13h00 afin de permettre l'après-midi au président de la République de s'exprimer- montre un grand respect du Parlement", a-t-il ajouté.
"Mais notre souci dans un contexte difficile pour les Français est que nous soyons tournés vers eux plutôt que sur nous-mêmes et qu'ils comprennent notre attitude", a-t-il souligné.

"Une mauvaise blague", pour Copé


Cet éventuel boycott fait ironiser à droite. Jean-François Copé, patron des députés UMP, a plaisanté sur le sujet, estimant qu'il s'agissait d'une "mauvaise blague".
"Je ne peux pas croire que les socialistes ne viendront pas. C'est un mauvais canular, une mauvaise blague. Le président de la République va venir présenter ses orientations aux parlementaires. On ne peut pas imaginer que l'opposition ne soit pas là", a-t-il déclaré.
"Cela ferait drôle de figure qu'il n'y ait pas d'orateur de l'opposition pour répondre au président de la République", a-t-il ajouté.

Décision mardi pour le PC


Du côté du parti communiste, rien n'est encore décidé non plus. La présidente du groupe CRC-SPG (PCF et Parti de gauche) au Sénat, Nicole Borvo Cohen-Seat, a déclaré que son groupe "n'a pas envie d'apporter sa caution" à l'intervention de Nicolas Sarkozy.
Tout en précisant que la décision de boycotter le Congrès "n'est pas prise" et qu'elle sera décidée mardi en réunion de groupe, la sénatrice a souligné que "ce qui se dégage, c'est qu'ils n'ont pas envie d'apporter leur caution à cette opération médiatique".
"Nous avons toujours dénoncé le fait que le président de la République s'exprime devant le Parlement, car nous jugeons que c'est contraire au principe de la séparation des pouvoirs", a-t-elle ajouté.
"Cela dit, la nouvelle Constitution a été votée et elle s'applique, mais le président de la République aurait pu parler à une autre occasion", a-t-elle souligné.

Les Verts appellent au boycott


Pour Nicole Borvo, "il a choisi de le faire juste après les européennes pour faire une opération médiatique, pour dire 'les européennes nous ont légitimés' et aggraver encore sa politique".
"Il suffit de voir les premières déclarations après les élections sur les retraites ou la protection sociale" et "de voir qu'il n'y a en revanche aucune réponse au pouvoir d'achat, aux difficultés des ménages modestes. Tout cela, nous ne pouvons le cautionner", a-t-elle assuré.
Samedi, les Verts avaient voté à une large majorité pour un boycott du Congrès et avaient appelé à en faire autant les opposants à la révision constitutionnelle ayant permis au président de s'exprimer devant le parlement.

Commentaires

N'Y ALLEZ PAS !

A Monsieur le Président du Groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche,
A Mesdames et Messieurs les Membres du Groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche


Nous vous demandons solennellement de boycotter le congrès de Versailles.

Nous étions à gauche, tous unanimes contre cette modification à l'américaine de la Constitution.
Et vous avec nous, vous qui nous représentiez, vous avez -à une exception près que nous n'oublions pas- combattu cette modification de la Constitution qui viole la séparation des pouvoirs et amoindrit encore un peu plus les pouvoirs du Parlement.

Assister au Congrès de Versailles, et écouter Nicolas Sarkozy, ce serait lui apporter votre caution, donc la nôtre. Et cette caution, nous ne la lui donnons pas.

C'est une opération médiatique, un "sarkoshow" supplémentaire destiné à humilier les parlementaires de l'opposition et donc à humilier le peuple de gauche, le peuple opposé à Sarkozy et à ses réformes injustes. Son discours pouvait être prononcé ailleurs, nul n'était besoin de le réunir le Congrès.

Il n'assistera à aucun débat, si tant est que vous engagez un débat.

Si vous acceptez de vous y rendre, vous vous décrédibilisez.

De plus, Nicolas Sarkozy tente de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, en voulant faire croire que le peuple lui a apporté son soutien du fait de ses résultats aux européennes, alors que seulement 11% des électeurs français ont voté pour ses listes.

Nous ne lui apportons pas son soutien. Mais nous avons santionné aussi le PS très durement. C'était pour vous faire réagir.

Aller à Versailles démontrerait que la sanction n'a pas été bénéfique et que vous n'avez pas compris. Nous ne voulons pas une opposition molle, faite de trop de compromis sur le dos du peuple de gauche qui est ainsi trahi, mais une opposition que l'adversaire va craindre, ce qui n'st plus le cas aujourd'hui.

Tout ceci est organisé dans le but de nous faire supporter plus de réformes injustes et incohérentes, et on voit que le terrain est préparé depuis quelques semaines (arrêts maladie, travail du dimanche...) et que ces derniers jours, cela s'emballe (retraites...).

Une fois de plus, c'est la manipulation médiatique qui prend le dessus. Ne vous laissez pas entraîner sur ce terrain.

Jouez enfin, en bloc, votre plein et entier rôle d'opposant puisque les verts veulent déjà boycotter la séance, et nous espérons aussi le Groupe Gauche démocrate et républicaine dans son ensemble.

Aller à Versailles, c'est trahir les français comme ils l'ont déjà été sur le traité de Lisbonne et comme vous l'avez ressenti, les français ne l'ont pas oublié aux Européennes...

Vous députés, vous ne souffrez pas de la vie que nous a créée ce despote. Alors mettez-vous un peu à notre place 5mn et dites-vous que vous serez à Versailles dans la situation des bourgeois de Calais, la corde au cou et les clefs de la République offertes à Sarkozy.

Si vous vous rendez à Versailles, plus rien ne l'arrêtera et vous en serez responsables.

Vous savez que ce n'est qu'une manoeuvre politique de plus, et vous la réduirez à la valeur d'un meeting UMP en ne vous y rendant pas.

Tous les électeurs opposés à Sarkozy -suivez les forums de discussion, écoutez les gens à la radio- ont parfaitement compris la manipulation, tout comme vous tous parlementaires évidemment, alors n'y allez pas, et ce, sans vous culpabiliser parce que ce serait méprise la "loi constitutionnelle" (André Vallini). Il y a un devoir de désobéissance et lorsque cette loi modificative a été faite, Sarkozy a méprisé l'opposition.

Cette loi ne vous enlève pas votre fonction d'opposant et au point où en est rendu notre pays, dans l'état où il se trouve, vu l'état où il veut l'amener, vous n'avez pas le droit de laisser faire plus longtemps :

DRESSEZ-VOUS DEVANT LUI, MONTREZ QUE VOUS NE LE CRAIGNEZ PAS.

Quand comprendrez-vous que c'est cela que nous attendons tous ?

Pourquoi croyez-vous que sont survenus dans le pays tant de violences irréfléchies (notamment dans les affaires de délocalisations, telles que les prise d'otages) ?

Parce que le peuple est désespéré de ne voir aucune opposition digne de ce nom, et de voir quatre ou cinq politiques minables qui ne pensent qu'à s'entredéchirer pour savoir qui sera le prochain calife ! Il n'y a pas de chef véritable au PS, tout le monde ne pense qu'à son petit bureau rue de Solférino.

Alors réagissez enfin. Sinon le PS va mourir, vous avez et nous serons en révolte.

Comprenez que c'est ce que le peuple attend depuis longtemps : que vous contestiez tous en bloc, sans voix dissonnante (J.Lang, M.Vals... qui ne peuvent s'empêcher d'admirer publiquement celui qui est censé être leur adversaire) car elles n'ont pas manqué au PS, au-delà des traitres Besson, Kouchner, Bockel, Jouyet, Allègre, etc. traîtres que vous avez beacuoup trop ménagé jusqu'ici.

ET VIVE LE BOYCOTT.

Merci de votre attention.

Ecrit par : Citoyen | 17.06.2009

La politique de la chaise vide est elle la seule manifestation possible de notre opposition? A titre perso, bien que nous soyions d'accord avec vous sur l'analyse des problèmes de notre sté, il est clair qu'il est de la responsabilité de nos élus d'etre présents pour s'opposer a la dictature du président.

Ecrit par : Greg | 17.06.2009

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