30.06.2009

Dette : la rustine de l’emprunt

Après le Pinay 1952, le Giscard 1973, et le Balladur 1993, voici le Sarkozy 2010. La concertation pour «fixer ensemble les priorités» que devrait financer cet emprunt annoncé par le président de la République lundi dernier devant le Congrès de Versailles, a démarré hier avec un «séminaire gouvernemental» organisé par François Fillon à l’hôtel Matignon.

Arguments. Tous les ministres étaient présents, sauf celui des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, retenu en Grèce par une réunion de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Le Premier ministre, puis le ministre du Budget, Eric Woerth, ont rappelé la règle du jeu : cet emprunt ne doit pas servir à régler les fins de mois de l’Etat. Il doit être consacré «aux dépenses d’avenir».

Problème : la définition reste encore un peu large. L’ensemble du budget de l’Education nationale par exemple, prépare l’avenir. Aussi Fillon s’est-il employé hier à calmer l’ardeur de certains de ses ministres, notamment les plus chevronnés, qui se sont empressés d’expliquer que toute leur action ou presque entrait dans ce cadre.

Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie et du Développement durable, n’a pas eu de mal à convaincre, surtout après la poussée écologiste aux européennes, que ce qui encourageait la «croissance verte» répondait aux critères. Sa collègue chargée de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, avait aussi de bons arguments pour que «l’Université de demain» figure aussi au programme. Et la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, y a inscrit l’amélioration de la compétitivité industrielle et les nouvelles technologies.

La tâche était plus difficile pour la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, qui dès vendredi plaidait pour que la rénovation des prisons figure parmi les «dépenses d’avenir». «Nous ne retiendrons que les dépenses d’investissement structurantes pour le développement économique d’après-crise», rappelait-on hier à Matignon.

Inconnue. La concertation se poursuivra mercredi, quand Sarkozy recevra les partenaires sociaux, et elle continuera en septembre et en octobre avec les parlementaires et les partenaires sociaux. L’emprunt lui-même sera lancé en 2010 a indiqué hier Fillon, précisant que ce n’était pas «un deuxième plan de relance». Son montant reste la grande inconnue. «Ce serait prendre les choses à l’envers que d’en fixer le montant avant d’avoir identifié ce que nous mettons dedans», expliquait-on à Matignon, où l’on refuse de confirmer ou d’infirmer le chiffre de 80 à 100 milliards d’euros évoqué la semaine dernière.

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