03.07.2009
L'emprunt national, une opération plus "politique que financière"
Pierre-Cyrille Hautcœur, professeur à l'Ecole d'économie de Paris, a répondu dans un chat aux questions des internautes du Monde.fr sur le grand emprunt national, annoncé pour début 2010. Il regrette un "effet de manche politique", qui risque de pénaliser les contribuables, au profit des 5 ou 10 % de la population qui ont les moyens de souscrire.
Eddie: Les précédents historiques en France ont montré que les grands emprunts ont été très coûteux pour l'Etat, notamment l'emprunt Giscard. Pourquoi donc y recourir maintenant ?
Pierre-Cyrille Hautcœur : Les emprunts auprès du public (l'emprunt Pinay, Giscard ou Balladur), sont habituellement plus coûteux que les emprunts auprès des marchés financiers. Dans les cas des emprunts Pinay et Balladur, il y avait des avantages fiscaux. Pour les emprunts Pinay et Giscard, il y avait une indexation sur l'or. Ce sont les raisons pour lesquelles ils ont été très coûteux.
Dans tous les cas, les coûts de réalisation de l'emprunt (en particulier la mobilisation des réseaux bancaires) font qu'il est nécessairement plus cher pour l'Etat que le recours aux marchés financiers. Le recours à l'emprunt se justifiait autrefois, quand les marchés financiers étaient peu développés, à l'époque de Pinay ou même encore de Giscard. Mais aujourd'hui, l'Etat peut emprunter des montants très élevés sur les marchés à un coût très faible.
fantomas: Cet emprunt n'est-il pas en réalité une augmentation d'impôts qui ne dit pas son nom ?
Non, ce n'est pas du tout une augmentation des impôts. C'est, comme tout emprunt, un report sur le futur du financement d'un certain nombre de dépenses. Cela va profiter à ceux qui bénéficieront des dépenses, et éventuellement aux souscripteurs si les conditions sont suffisamment favorables a posteriori, une fois que tout sera remboursé.
Rachid: Quel avantage y a t-il à emprunter aux Français plutôt qu'aux investisseurs institutionnels traditionnels ?
Il y a un avantage politique : si l'emprunt est un succès, le gouvernement pourra affirmer le soutien de la population à sa politique économique ; en revanche, cela peut coûter cher aux contribuables, car le gouvernement va faire en sorte que cela réussisse.
Marie-Claire: Cet emprunt ne représente-t-il pas, pour les petits épargnants, l'opportunité de voir leurs économies mieux rémunérées que sur le Livret A ?
Il ne faut pas voir cela comme un substitut à un livret de caisse d'épargne. Il est possible que la rémunération soit plus intéressante, mais il ne faut pas s'y tromper : le Livret A, c'est de l'épargne disponible à tout moment, alors qu'un emprunt, c'est une épargne qui est immobilisée longtemps.
Macaron: Est-ce une bonne idée de continuer à creuser la dette ?
La question n'est pas de savoir si la dette, c'est bien ou mal en soi. La question est : que va-t-on en faire ? De manière conjoncturelle, on peut considérer qu'un soutien de la demande, dans la tradition de l'économie keynésienne, est souhaitable, et à ce moment-là, l'Etat peut faire des dépenses publiques dans ce but. Mais l'on peut espérer que ce soit très conjoncturel, car si la reprise économique est en cours, dans un an il faudra plutôt réduire le déficit budgétaire. D'autant qu'il va déjà être très important cette année.
Jean-Michel_Lucas: Quelles sont les pratiques contemporaines en termes d'emprunt d'Etat face aux crises, et quelles en sont les conséquences pratiques sur les économies ?
Les Etats, en général, recourent à l'emprunt auprès des marchés financiers. Le type d'emprunt national tel qu'on envisage de l'organiser en France a à peu près disparu dans les pays développés, parce que c'est une pratique plus politique que financière, et très coûteuse. Les conséquences sur l'économie de l'endettement public, en général, consistent surtout à reporter une partie du financement sur les générations futures, et donc de reporter des transferts entre les contribuables, qui devront payer plus d'impôts. Les rentiers, eux, recevront les intérêts sur cette dette.
L'histoire montre que l'on peut avoir un niveau de dette publique très élevé. Même si généralement les très forts endettements ont été le résultat de guerres, et que l'on a rarement atteint des déficits publics aussi importants en période de paix.
Eddie: Cet emprunt d'Etat peut-il avoir un effet inflationniste ? Qu'en pense la Banque centrale européenne (BCE) ?
L'emprunt d'Etat n'a pas plus d'effet inflationniste que n'importe quel autre endettement d'Etat. Tant que la conjoncture économique reste très mauvaise, une grande partie des économistes et des institutions comme la BCE toléreront des déficits importants, et donc des endettements importants. Mais la contrepartie, c'est que dès l'amélioration de la conjoncture, ces déficits devront être très rapidement réduits, sous peine, effectivement, de créer une inquiétude sur la soutenabilité de la dette publique.
Evidemment, en théorie, si l'Etat réalisait uniquement des investissements très productifs, il n'y aurait pas de raison de l'empêcher de s'endetter davantage. Mais on considère en général que l'Etat n'est pas le mieux placé pour savoir quels sont les investissements les plus productifs, à l'exception de quelques-uns. Et qu'il y a des risques de dérive politique dans leur emploi. Dans un pays comme la France, qui a déjà un budget assez substantiel, on peut penser que le budget existant permet de réaliser les investissements nécessaires, en particulier dans l'éducation ou la recherche, qui sont du domaine de la puissance publique.
Erreipg_1: Connaissez-vous le taux et la durée de vie de cet emprunt ? A quoi sont destinés les fonds générés par celui-ci ?
Les taux seront fixés au dernier moment, parce qu'ils dépendent de l'évolution des taux sur le marché. Il y aura sans doute des discussions préalables sur les autres caractéristiques de l'emprunt : la durée, l'indexation éventuelle, ou les conditions du remboursement. Quant à l'utilisation de l'emprunt, on peut dire que cet emprunt aura une affectation particulière, mais les finances publiques sont indivisibles, et donc en réalité, l'emprunt, comme les autres ressources de l'Etat, contribuera à financer l'ensemble des dépenses publiques.
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Travail du dimanche : une tromperie organisée
En réponse à la grave crise économique qui sévit actuellement, la droite a comme seule réponse des reculs sans précédent sur le droit du travail. La nouvelle proposition de loi sur le travail du dimanche en est un exemple flagrant. Le texte débattu la semaine prochaine est loin de présenter des concessions par rapport au texte précédent. Derrière la communication, la vérité du texte présenté est la généralisation du travail dominical dans le commerce. Plus de 5000 communes touristiques seront touchées. Ce sont toutes les grandes villes de France, les villes moyennes et les petites villes qui sont frappées de plein fouet par la proposition de loi.
A rebours des discours lénifiants de la majorité, pour l’extrême majorité des salariés, il n’y aura ni volontariat ni contrepartie au travail dominical qui leur sera imposé sous peine de sanction, jusqu’au licenciement.
La mise en avant du volontariat pour quelques zones qui se comptent sur les doigts d’une main relève de la tromperie. Quel demandeur d’emploi exprimera son refus de travailler le dimanche au moment de l’entretien d’embauche ? Le texte ne prévoit en outre aucun droit de retour automatique à un poste sans travail dominical. La majorité crée ainsi le volontariat obligatoire !
Le Parti socialiste s’oppose avec force à ce recul social extrêmement préoccupant pour les droits des salariés. Il s’y oppose pour les mêmes raisons que lors des débats sur le premier texte présenté en décembre 2008. Les critiques restent les mêmes. Pour le Parti socialiste, le travail du dimanche est :
- inefficace sur le plan économique
- dangereux pour les salariés
- néfaste pour la vie sociale
18:20 Publié dans Information Section | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy
Frédéric Mitterrand veut que Hadopi 2 "passe rapidement"
"Le processus ne s'arrêtera pas à cette première étape", a déclaré le nouveau ministre de la Culture à l'Assemblée. Il compte ensuite lancer une "vaste concertation" sur la rémunération des auteurs.

Frédéric Mitterrand à l'Assemblée nationale (AFP)
"Auteur, réalisateur, producteur moi-même de cinéma et de télévision, je sais ce dont je parle et j'attache la plus grande importance à ce que cette loi passe rapidement", a déclaré le ministre dans l'hémicycle, alors que le groupe PS à l'Assemblée lui a adressé une lettre demandant un moratoire sur le texte.
Une concertation sur la rémunération des créateurs
Et de souligner que "le processus ne s'arrêtera pas à cette première étape. Arrêter le pillage des oeuvres était un préalable. Je veux maintenant m'attaquer à la définition des nouvelles conditions de la rémunération des créateurs", a-t-il répondu à la députée UMP Françoise Guégot (Seine-Maritime).
"J'ai proposé au président de la République et au Premier ministre de lancer très rapidement une vaste concertation avec tous les acteurs de la culture", a annoncé le nouveau ministre de la Culture.
"La tâche qui nous attend tous est aussi importante que celle qui avait été accomplie en 1985 avec la grande loi qui avait refondé le droit d'auteur", a affirmé le neveu de l'ancien président François Mitterrand.
Appel au soutien de l'opposition
Le projet de loi, surnommé "Hadopi 2", sera débattu le 8 juillet en séance publique au Sénat. Il constitue la réponse du gouvernement à la décision du Conseil constitutionnel du 10 juin de censurer la mesure la plus controversée du texte, à savoir celle de confier la mission de couper l'accès internet à la haute autorité administrative Hadopi.
Le texte "prévoit que la suspension de l'abonnement à internet - qui est une sanction pédagogique car elle est bien adaptée aux comportements auxquels nous voulons mettre fin - sera prononcée par le juge", a d'ailleurs réaffirmé Frédéric Mitterrand.
"C'est très exactement ce qu'avait réclamé l'opposition pendant les débats à l'Assemblée nationale et j'espère donc compter sur son soutien", a-t-il ajouté à l'adresse des députés de l'opposition.
Quant à la comparaison avec le permis de conduire, le ministre de la Culture la juge "parfaitement valable". "Il s'agit seulement de repérer les chauffards d'internet et d'apporter les sanctions appropriées à leur comportement", a-t-il estimé.
Le PS demande un moratoire
Dans une lettre adressée mercredi à Frédéric Mitterrand, le groupe PS à l'Assemblée lui a demandé un moratoire sur la loi Hadopi. Les députés socialistes ont également fait savoir qu'ils souhaitaient rencontrer le nouveau ministre de la Culture dans les prochains jours.
Dans cette lettre, signée par le chef des députés PS Jean-Marc Ayrault et l'élu de Paris Patrick Bloche, les socialistes demandent au ministre "de proposer un moratoire sur le projet Hadopi 2 et d'organiser une large consultation sur le financement de la culture à l'ère numérique".
Ils proposent une "contribution créative qui, moyennant une redevance mensuelle de quelques euros, permettrait d'apporter plusieurs centaines de millions d'euros au financement de la création", rappellent-ils également.
"Nous souhaitons pouvoir en parler directement avec vous lors d'un entretien dans les prochains jours", ajoutent-t-ils
12:30 Publié dans vu dans le Nouvel Obs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy
Baisse de la TVA

09:25 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy
6 Français sur 10 pensent que la situation va empirer
6 personnes interrogées sur 10, pensent que la situation continue à se dégrader, contre 33% qui pensent qu'elle ne se dégrade plus mais ne s'améliore pas encore. L'action du gouvernement vis-à-vis de la crise est jugée sévèrement, les Français lui attribuant une note de 3,9 sur 10.

Six Français sur dix estiment que la situation économique va encore empirer et un sur deux se sent personnellement touché par la crise.
(c) Reuters
Pour 58% des personnes interrogées, la situation continue à se dégrader, contre 33% qui pensent qu'elle ne se dégrade plus mais ne s'améliore pas encore. Seulement 4% estiment que la situation commence à s'améliorer.
Un Français sur deux se déclare très ou assez personnellement touché par la crise, 15% d'entre eux affirmant l'être "très fortement".
Le gouvernement sévèrement noté
Par ailleurs, 94% considèrent que l'économie française est fortement ou très fortement touchée par la crise (96% pour l'économie mondiale), contre 6% qui pensent qu'elle l'est faiblement ou très faiblement (4% pour l'économie mondiale).
La perspective d'une fin de crise reste assez éloignée pour une majorité de sondés. Une amélioration interviendra au plus tôt en 2010 pour 46% des Français, en 2011 pour 16% et 2012 pour 7%. La situation sera meilleure dès 2009 pour 12% des Français seulement.
Les Français jugent sévèrement l'action du gouvernement vis-à-vis de la crise selon ce sondage, lui attribuant en moyenne une note de 3,9 sur 10.
Parmi les postes de dépenses que les Français ont réduit avec la crise, 52% des personnes interrogées citent les sorties (restaurant, cinéma, concerts), 47% l'habillement et 47% les voyages et les vacances.
- Ce sondage a été réalisé du 20 au 27 mai sur un échantillon de 1.000 personnes, représentatif de la population de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.
07:35 Publié dans vu dans le Nouvel Obs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy





