12.07.2009

Vacances et pouvoir d'achat

Retour sur le pouvoir d'achat, thème central de la campagne de N. Sarkozy, avant les vacances estivales. Un constat perdure, le pouvoir d'achat des français est en baisse depuis plusieurs années. Benoît Hamon, porte parole et Régis Juanico, député socialiste, analysent la situation.

Aubry appelle à un rassemblement de la gauche

La première secrétaire du PS s'adresse aux leaders des partis de gauche, les exhortant à une "démarche de rassemblement (…) sans préalable". "C'est toujours en étant unis que nous avons connus nos plus belles victoires", juge-t-elle.

Martine Aubry

 

Martine Aubry

(c) Reuters

 

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, appelle les partis de gauche à une "nouvelle démarche de rassemblement" à gauche "sans préalable" et dès les régionales, jugeant que c'est en étant "unie" que la gauche a connu ses "plus belles victoires".
Cette lettre envoyée mardi et rendue publique vendredi 10 juillet a été adressée à Daniel Cohn-Bendit et Cécile Duflot (Europe-Ecologie), Marie-George Buffet (PCF), Jean Luc Mélenchon (Parti de gauche), Jean-Michel Baylet (PRG) et Jean-Pierre Chevènement (MRC), à l'exception du NPA.

Projet commun pour 2012


Martine Aubry écrit que "notre objectif est de participer à l'élaboration d'un projet commun de la gauche en 2012" et de "mettre en œuvre une stratégie politique électorale commune pour l'emporter".
Selon la patronne du PS qui parle de "maison commune", "nous devons, d'une seule voix, convaincre les Français que nous incarnons, ensemble, une alternative solide et durable", aspirant à une "société post-productiviste".
Jugeant que "c'est toujours en étant unis que nous avons connus nos plus belles victoires", elle souhaite que le rassemblement s'engage "dès les élections régionales", un "enjeu majeur pour la gauche".

Dans chaque région


Le PS est "prêt à travailler dans chaque région avec l'ensemble des partis de gauche et les écologistes, sur un projet commun et une réflexion commune sur notre stratégie électorale", écrit-elle.
Cette "nouvelle démarche de rassemblement" à gauche est abordée "sans préalable", les formes étant "à inventer collectivement", poursuit-elle, proposant notamment des "initiatives communes" sur l'emploi ou le climat en vue du sommet de Copenhague.

Nouvel échec


Pour Martine Aubry, le résultat des européennes est un "nouvel échec pour les forces de progrès" même si elles obtiennent "plus de voix que la droite". "Si certains partis de gauche se détachent à telle ou telle élection, nous sommes incapables de transformer notre force collective en alternative politique à la droite".
Aux européennes, Europe-Ecologie (16,28%) a fait jeu égal avec le PS (16,48%). Derrière, le Front de gauche PCF-PG (6%) a dépassé le NPA d'Olivier Besancenot (4,9%) à qui la lettre n'a pas été adressée.

Trois salariés licenciés pour avoir refusé de travailler le dimanche

Trois employés de caisse d'un magasin Dia d'Oyonnax ont été licenciés pour "insubordination" et "non respect des horaires planifiés". Ils avaient refusé de travailler le dimanche, invoquant des raisons familiales.

Les salariés licenciés veulent porter plainte aux Prud'hommes (Sipa)

Les salariés licenciés veulent porter plainte aux Prud'hommes (Sipa)

Trois employés de caisse d'un magasin d'un magasin Dia (ex-ED) situé à Oyonnax, dans l’Ain, ont été licenciés après avoir refusé de travailler le dimanche, apprend-on par France 2, alors que l'examen du texte sur le travail dominical se poursuit vendredi 10 juillet. Motif avancé : insubordination et non respect des horaires planifiés.
Ces salariés avaient refusé de travailler le dimanche à deux reprises, invoquant des raisons familiales. Le magasin avance, lui, la convention collective, qui autorise les magasins d'alimentation à ouvrir un dimanche sur trois. Et rappelle que les salariés travaillant le dimanche sont payés 20% de plus.
Interrogée par Libération, Etelvina Fernandes, l'une des employées de caisse licenciées, parle d'une prime de 5,03 euros. " Je leur ai dit que je ne pouvais pas. Ma vie de famille pour 5 euros ?", déclare-t-elle au quotidien.
Les trois salariés ont l'intention de porter plainte aux Prud'hommes pour entrave à la vie familiale.

G 8

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Hadopi : Où s’arrêtera la surveillance ?

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Pablo Defendini

Les agents assermentés de l’Hadopi pourront-ils accuser deux internautes pour avoir échangé, via mail, un fichier protégé par le droit d’auteur ? Et donc pourront-ils surveiller ce type d’échange ? La question est d’importance, et soulève les limites du contrôle et de la surveillance des communications sur Internet par la haute autorité administrative, ceci à la demande des ayants-droit.

Lors de la publication du projet de loi relatif « à la protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur Internet », on soulignait que l’article 3 prévoit de punir les infractions de contrefaçon commises « au moyen d’un service de communication au public en ligne ou de communications électroniques ». Or dans le Code des postes et communications électroniques, les « communications électroniques » sont décrites comme « les émissions, transmissions ou réceptions de signes, de signaux, d’écrits, d’images ou de sons, par voie électromagnétique ». En clair, cela peut concerner des échanges par mail, mais aussi par Skype ou MSN.

Cette idée a déjà avancée par l’UMP Franck Riester dans le projet de loi Création et Internet. Mais, finalement Christine Albanel et Riester lui-même avaient donné un avis favorable aux amendements demandant sa suppression. Mais comme une mauvaise télénovela, la série Hadopi se répéte, l’idée est réapparue dans le nouveau texte adopté hier au Sénat. Et les sénateurs communistes de déposer un amendement, le 17, pour demander sa suppression, estimant que « cette disposition constitue une atteinte à la vie privée ».

La sénatrice Brigitte Gonthier-Maurin (PC) a expliqué « que dans la mesure où les échanges de mails ont le statut de correspondance privée, comme la jurisprudence l’a établi, cet élargissement constitue une atteinte à la vie privée, atteinte interdite par l’article 9 du code civil français et l’article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ». Le sénateur UMP Michel Thiollière, faisant référence à la loi Davdsi, a répondu que « dans sa décision du 27 juillet 2006, le Conseil constitutionnel a considéré qu’il ne pouvait y avoir de rupture d’égalité injustifiée entre les auteurs d’atteintes à la propriété intellectuelle selon que ces atteintes seraient commises au moyen d’un logiciel de pair à pair ou un autre moyen de communication en ligne. ». En clair, que selon cette décision il serait contraire au principe d’égalité qu’un échange via les réseaux p2p soit sanctionné par une (simple) contravention, alors que les autres supports relèveraient eux du délit de contrefaçon.

Le débat reprendra d’ici dix jours à l’Assemblée nationale. Ce matin, le député UMP Lionel Tardy a en effet annoncé qu’il déposera un amendement visant à son tour à faire supprimer l’expression de « communication électronique ». L’exposé des motifs de l’amendement, rapporté par PC Inpact, explique : « Ce texte vise les violations du droit d’auteur opérées par le biais des services de communications électroniques, c’est-à-dire par la messagerie. Cela implique, pour les détecter, d’ouvrir des correspondances privées, ce qui serait assurément inconstitutionnel. » Face à Lionel Tardy, ce matin, sur BFM, le rapporteur Franck Riester a répliqué que le téléchargement illégal ne se pratiquant pas uniquement par p2p : « on doit regarder sur Internet toutes ces techniques-là ».

11.07.2009

Phénomène de "déclassement" : l'ascenseur social français en panne

22 à 25% des trentenaires et quadragénaires se situent plus bas dans l'échelle sociale que leurs parents, et les plus diplômés ne décrochent pas systématiquement un poste de cadre.

Les sociologues l'avaient annoncé, le Centre d'analyse stratégique a confirmé : les jeunes ont de plus en plus de difficultés à grimper sur l'échelle sociale (Reuters)

 

Les sociologues l'avaient annoncé, le Centre d'analyse stratégique a confirmé : les jeunes ont de plus en plus de difficultés à grimper sur l'échelle sociale (Reuters)

 

Sociologues et chercheurs l'annonçaient depuis longtemps, le rapport du Centre d'analyse stratégique (CAS) rendu, jeudi 8 juillet, leur a donné raison.
En France, l'ascenseur social, garant du progrès social et donc de l'égalité, est tombé en panne. Le rapport, remis à la secrétaire d'Etat à la prospective Nathalie Kosciusko-Morizet, a confirmé la tendance au déclassement dans la société française.
Aujourd'hui, de 22 à 25% des trentenaires et des quadragénaires se situent plus bas dans l'échelle sociale que ne l'étaient leurs parents, contre environ 18% au début des années 1980, selon le sociologue Camille Peugny, auteur de "Le déclassement" (Grasset, 2009).

L'ascenseur monte moins vite


Le déclassement "est un phénomène en progression" note l'organisme d'experts placé sous la tutelle de Matignon, même si la part des promus socialement est globalement deux fois plus élevée dans la société française que celle des déclassés. Ainsi, selon le rapport citant des chiffres issus des enquêtes emploi de l'Insee, les "mobiles ascendants" représentaient 38,7% des 30-59 ans en 2003 et 37,7% en 1983 alors que les "mobiles descendants" ou "déclassés" représentaient 21,9% des 30-59 ans en 2003 et 18,6% en 1983. L'ascenseur monte moins vite qu'il ne descend depuis les années 1990.
Le CAS explore d'autres façons de quantifier le déclassement, au delà du maintien de la position sociale des parents: logement, surendettement, qualité de l'emploi...

"Les héritiers"


En outre, depuis le début des années 1980, l'accès aux positions supérieures est devenu "plus inégal" et les enfants de cadres sont avantagés, ce qu'annonçait déjà le sociologue Pierre Bourdieu en 1964 dans son ouvrage "Les héritiers". Les enfants de milieu modeste subissent davantage le phénomène de déclassement, comme le montrent notamment les études du Cereq (Centre d'études et de recherches sur les qualifications) citées dans le rapport.
Par ailleurs, les diplômés ne sont plus épargnés. A la fin des années 1960, 70% des bacheliers accédaient à un emploi de cadre ou de profession intermédiaire, contre seulement 22% aujourd'hui. Depuis 2002, la part des postes non qualifiés dans l'emploi des diplômes du supérieur long a fortement augmenté, les élèves issus des grandes écoles restent les plus susceptibles d'occuper un emploi de cadre.

Marini: le taux du Grand Emprunt sera limité à 2,5%

Dans un rapport préparatoire au budget 2010, Philippe Marini, rapporteur du Budget au Sénat, a indiqué que le taux du Grand Emprunt ne devrait pas dépasser 2,5%. C'est la première fois qu'un chiffre est lancé.



Marini: le taux du Grand Emprunt sera limité à 2,5%
C’est finalement la seule question qui vaille : quel sera le taux d’intérêts que portera le « grand emprunt » que veut lancer l’Elysée pour fiancer les « dépenses d’avenir ». Sera-t-il généreux pour attire l’épargnant ou au contraire riquiqui de manière à coûter le moins possible aux contribuables ? Ce taux est évidemment stratégique. Le gouvernement a dressé un rideau de fumée, refusant toute indication en la matière, au motif que les conditions peuvent changer d’ici janvier 2010, date de lancement de la souscription auprès du public.

Et bien, un homme s’est risqué à calculer ce que devrait être ce chiffre tant attendu : c’est le sénateur UMP Philippe Marini, rapporteur général du Budget au sénat, maire de Compiègne dans l’Oise. S’il est doté d’une caractère quelquefois difficile, Philippe Marini n’est pas un amateur en matière de finances publiques. Il a donc consacré à l’emprunt un chapitre de son rapport préparatoire au débat d’orientation budgétaire qui se déroulera mercredi prochain au Palais du Luxembourg. Le sénateur a procédé par  comparaison avec le dernier emprunt en date, celui de Balladur en 1993 qui avait rapporté 110,36 milliards de francs (soit 21,5 milliards d’euros , l’équivalent de 1,5% du PIB de l’époque) en deux semaines alors qu’on en espérait 40 milliards.

L’emprunt Balladur portait 6% d’intérêts (moins l’inflation de l’époque) plus des avantages fiscaux (PEA), mais selon Marini, ce précédent  « démontre que le plus grand succès peut-être rencontré sans recourir à un taux prohibitif, puisque son rendement (6%) atteignait 6% soit la rémunération des BTAN (emprunt d’Etat sur le marché) à 5 ans (6,64%) ou du livret de caisse d’épargne (alors proche de 6%). (…) Un taux de 2 à 2,5% sur 5 ans pourrait être qualifié de raisonnable. L’idée d’une convertibilité de ces obligations d’Etat en titres de capital à émettre du secteur public mérite d’être étudiée ».
Voici une première indication : pour Philippe Marini, toute rémunération supérieure à 2,5% serait indue. Et vive le retour aux grandes privatisations ! A ce niveau (1,5% du PIB soit 30 milliards d’euros), il ne pourrait s’agir que d’EDF ou Areva… A suivre.

EDF... :(

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La hausse de 20% des tarifs d'EDF provoque la colère des associations

Les associations de consommateurs s'indignent de cette hausse qu'elles jugent "disproportionnée". Le PS dénonce le "cynisme", alors que le groupe annonce qu'il a récolté 3,2 milliards d'euros avec son emprunt obligataire auprès des particuliers.

Le PDG d'EDF, Pierre Gadonneix (Sipa).

Le PDG d'EDF, Pierre Gadonneix (Sipa).

L'annonce faite par EDF mercredi qu'il comptait augmenter ses tarifs de 20% sur trois ans pour réduire son endettement a provoqué la colère des associations de consommateurs. Jeudi 9 juillet, le groupe a, de plus, annoncé qu'il avait récolté "environ 3,2 milliards d'euros" avec son emprunt obligataire auprès des particuliers.
Cette demande d'une hausse de 20% "me paraît totalement disproportionnée", a réagi Thierry Saniez, délégué général de l'association de consommateurs CLCV, qui demande "beaucoup plus de transparence" sur la revalorisation des tarifs.
"Il ne faudrait pas que les consommateurs financent des investissements hasardeux en France, comme à l'étranger", a-t-il ajouté, réclamant par ailleurs que les tarifs réglementés et leur réversibilité soient pérennisés.
De son côté, Alain Bazot, président de l'UFC Que Choisir, s'est dit "un peu perplexe" devant les propos "flous" du PDG d'EDF, lui faisant penser à "une provocation".
"Nous sommes d'accord sur le fait que le tarif régulé doit être réaliste, couvrir les coûts et les capacités d'investissement, mais de là à accepter une augmentation aussi importante sans justification, il y a un pas !", a ajouté Alain Bazot.
Un porte-parole du ministère de l'Economie a indiqué à l'AFP qu'à l'heure actuelle "EDF n'a fait aucune demande d'évolution tarifaire".
Mi-juin, le PDG du groupe Pierre Gadonneix avait à l'inverse assuré sur RMC qu'il allait demander au gouvernement une augmentation "modérée" des tarifs de l'électricité.
Le PS a également réagi à cette annonce  en dénonçant le "cynisme" d'EDF.

"Une grande hypocrisie"


"Ce qui aurait été bien, c'est que Pierre Gadonneix n'annonce pas ça juste une fois que l'emprunt qu'il a contracté auprès des Français est clos", a déclaré le porte-parole du PS Benoît Hamon sur i-Télé, estimant qu'EDF faisait "preuve d'une grande hypocrisie, d'un grand cynisme".
"On fait un emprunt, on vante les mérites de l'entreprise, puis juste une fois l'emprunt passé (...) pour payer sans doute les intérêts de ceux à qui on a emprunté de l'argent, on annonce une augmentation de la facture d'électricité", a-t-il dénoncé.
"Je ne trouve pas ça normal", a poursuivi Benoît Hamon, pour qui cela veut dire que "le consommateur va payer les intérêts pour ceux qui ont prêté de l'argent à EDF".
Le porte-parole du PS a aussi dénoncé le fait qu'"on va encore alourdir le fardeau des ménages qui sont déjà exsangues".


3,2 milliards d'euros récoltés avec l'emprunt


EDF a clos cette semaine son emprunt obligataire auprès des particuliers qui lui a permis de collecter plus de 3,2 milliards d'euros. Ce chiffre, qui représente trois fois plus que ce que le groupe envisageait en lançant cette opération, a été rendu public jeudi 9 juillet . "Nous avons collecté environ 3,2 milliards d'euros. Le chiffre n'est pas définitif puisque nous allons servir toutes les demandes postées lundi au plus tard", a expliqué le PDG d'EDF Pierre Gadonneix, dans un entretien publié par La Tribune jeudi. Cet emprunt a attiré "quelque 250.000 souscripteurs auxquels il faut ajouter 20.000 salariés d'EDF", a-t-il ajouté.
Quand il avait lancé cet emprunt le 17 juin, EDF n'avait fixé aucun plafond pour le montant à lever, mais jugeait alors que la somme d'1 milliard d'euros serait "raisonnable".

Un emprunt pour investir


EDF avait justifié cet appel à l'épargne des Français par ses "programmes d'investissements importants" dans les 10 à 15 prochaines années.
D'une durée de 5 ans, l'emprunt a pris la forme d'obligations de 1.000 euros, rémunéré à un taux d'intérêt annuel fixe de 4,5% avant prélèvements fiscaux et sociaux.
Si l'on tient compte d'un taux d'imposition de l'ordre de 30%, le rendement de l'obligation EDF tombe à 3%, un taux toutefois supérieur à celui du Livret A (1,75% sans impôt).
EDF, que Pierre Gadonneix présente comme "de loin le premier investisseur industriel du pays", prévoit d'investir en 2009 12 milliards d'euros, dont 7,5 en France.
Les investissements en France iront "pour moitié dans les réseaux dont la qualité ne progresse plus depuis cinq ans et pour moitié dans les moyens de production, en consacrant autant aux énergies renouvelables qu'à l'EPR (réacteur nucléaire de nouvelle génération, ndlr) de Flamanville (Manche)", a détaillé Pierre Gadonneix.
Mais pour financer ses investissements et d'importantes acquisitions, notamment l'exploitant britannique de centrales nucléaires British Energy, EDF a vu sa dette exploser de 50% et atteindre 24,5 milliards d'euros en 2008

10.07.2009

Encore sur l'emprunt et la dette



Dessin de Louison (http://1.bp.blogspot.com)
Dessin de Louison (http://1.bp.blogspot.com)
Jean-Michel Apathie fait de la radio. La radio, c’est le média de l’immédiat. On va vite, on va à l’essentiel. Et parfois on se trompe. C’est ce que Jean-Michel Apathie a apparemment fait, sur son blog, à propos de Marianne. Hier il nous  gratifié de l’insigne honneur d’un long article dans lequel il se moquait de Marianne qui « opère un virage sur l’aile », en titrant sur la dette de la France « vertigineuse et ses déficits «abyssaux».  Nous découvririons le problème grâce à Philippe Séguin, alors que nous nous en fichions comme d'une guigne auparavant.

Jean-Michel Apathie ne lit pas souvent Marianne, ou alors de manière superficielle. Car, contrairement à ce qu’il écrit, nous n’avons jamais considéré la dette publique comme un accessoire négligeable de l’économie, mais au contraire comme un problème politique au sens le plus noble du mot. Les finances publiques ce sont nos engagements communs, à nous, citoyens français. Et les dettes avec. Mais :
1-    Nous ne sommes jamais tombé dans l’illusion en vogue jusqu’à cette année selon laquelle la dette publique c’était toujours mal, et la dette privée toujours bien. La crise des subprimes a ouvert les yeux de certains. Pas à Marianne.
2-    Nous n’avons jamais considéré non plus que l’urgence était, plus encore que de réduire la dette de baisser les impôts. Ce que la gauche, mais surtout la droite, ont fait avec constance pendant dix ans. Au contraire, nous considérons que les réductions d’impôts (90 milliards…) ont appauvri le pays, enrichi les plus riches et obéré sa capacité à faire face aux crises. Nous le constatons aujourd’hui, avec Philippe Séguin, d’ailleurs.

Alors face à la situation de crise aigüe que connaît la France (et le monde entier avec elle), notre position est assez simple :
1-    La crise économique la plus violente depuis au moins 80 années  va faire bondir la dette publique à un niveau où elle peut, dans l’avenir, représenter un risque majeur. C’est un fait nouveau : 80%, voire 100% du PIB, ce n’est pas 60%. C'est ce qui fait la différence entre Jean-Claude Trichet et Philippe Séguin.
2-    Nous n’avons pas d’autre choix que d’assumer cette situation. Réduire aujourd’hui la dépense publique, défaire par exemple les dispositions sociales qui protègent les salariés et les chômeurs, conduirait à approfondir la récession. Renoncer à investir en masse serait se résigner à un futur économique végétatif.
3-    Raison de plus pour appeler ceux qui le peuvent à faire un effort. L’emprunt voulu par Nicolas Sarkozy peut -être utile pour des investissements d’avenir. On verra ce qu’il propose à l’automne. Il peut aussi être néfaste les conditions consenties contribuent à enrichir les riches aux dépens de tous, et d’abord les moins bien dotés d’entre nous. Oui, l’emprunt obligatoire doit être étudié, s’il permet de faire des économies et d’être plus juste. Pour Jean-Michel Apathie ce serait rien moins que du « racket ». On ne le savait pas si grand défenseur des coffres-forts. Alors pour le rassurer rappelons que le dernier homme politique à avoir pratiqué l’emprunt obligatoire était Raymond Barre en 1976 pour faire face aux conséquences de la sécheresse. Raymond Barre, le dernier Premier ministre à avoir présenté un budget à l’équilibre… Une sorte de héros au Panthéon d’Apathie.

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