11.09.2009
Suicides à France Telecom : lorsque le travail devient torture...
http://jeanmarcelbouguereau.blogs.nouvelobs.com/archive/2...
Avant hier un technicien de France Telecom du centre d'intervention de Troyes, à qui sa direction venait de confirmer que son poste était supprimé et que les postes disponibles étaient à une centaine de kilomètres, a tenté de se suicider en se poignardant lors d'une réunion de son service convoquée par le manager. Si son geste avait abouti, ce serait le 23° suicide depuis février 2008 à France Télécom. Dernier en date, un technicien chez Orange au centre de recherche de Lannion s'est suicidé à son retour de vacances. Il avait déclaré "ne pas vouloir reprendre son travail dans les conditions de juin". Même si les raisons d'un suicide restent toujours mystérieuses, il est impossible, vu le nombre, de ne pas faire le lien avec les conditions de travail.
Les syndicats ont crée un « Observatoire du stress et des mobilités forcées » à France Télécom
Les syndicats, eux, le font puisqu'ils ont même créé, en 2007, un « Observatoire du stress et des mobilités forcées » à France Télécom qui, depuis lors, a recensé des milliers de témoignages alarmants. Depuis la privatisation en 1996, les effectifs ont fondu, de 160.000 salariés à 100.000. En cinq ans, il y a eu 70.000 changements de métier, une situation qui a généré beaucoup de stress. "La pression est forte, quand vous recevez tous les jours un mail vous demandant de céder à des objectifs de mobilité", affirme Pierre Dubois, délégué CFDT, selon qui la rémunération variable de certains cadres du groupe "dépend à 50% d'un objectif de réduction d'effectifs". Affectés par les mutations, la mise en concurrence avec des jeunes et les changements de métier, les anciens de France Télécom s'avouent « démoralisés ». Selon Patrick Ackermann, représentant syndical SUD-PTT, « les cadres ne sont pas épargnés, beaucoup d'entre eux sont restés sur le carreau ou ont été contraints d'accepter des postes d'agent d'exécution, préférant subir que partir ».
« Nous sommes une société privée en secteur concurrentiel, il faut faire du chiffre »
Mais depuis peu, « on pousse les gens vers la sortie sans dispositif d'accompagnement sérieux. Nous sommes une société privée en secteur concurrentiel, il faut faire du chiffre et il y a une volonté délibérée d'éjecter les fonctionnaires. » Les anciens sont remplacés par « des jeunes de 20 ans, en CDD, qui ne rechignent pas sur les heures tardives et qui travaillent aussi le samedi, renchérit Anne-Marie, déléguée SUD-Télécom. Nous, nous sommes considérés comme des verrues ». Des médecins du travail ont plusieurs fois tiré la sonnette d'alarme, en vain, certains ont même démissionné parce que la direction de France Télécom ne tenait pas suffisamment compte des rapports qu'ils lui adressaient.
Gestion individuelle du stress : « tickets psy », numéros verts
Car comme beaucoup d'autres entreprises, France Telecom pratiquent une gestion individuelle du « stress » au travail avec des numéros verts, des "tickets psy". Mais pour Christian Wipliez, délégué CFDT : «Les procédures managériales pour gérer les salariés sont devenues très individualisées, voire infantilisantes.» Entretiens en face à face, batteries d'outils pour évaluer l'individu... Même les tâches complexes peuvent être découpées. «C'est pire que tout. Cela crée un isolement très pénible. On en oublie le collectif.» Florence Bègue, auteur d'une livre sur "Suicide et travail", constate que "le suicide au travail n'existe que depuis environ une douzaine d'années. Auparavant, il n'y en avait pratiquement pas, sauf parmi les ouvriers agricoles, dont lieu de travail et lieu de vie étaient confondus". Il ne faudrait pas oublier l'étymologie du mot travail vient du latin « Tripalium » qui était un instrument de torture...
20:50 Publié dans Vu sur la Toile | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy






Commentaires
Notre société se désintègre sous nos yeux, et la cause en est connue de tous : le CHOMAGE et la PRECARITE DE MASSE.
Dans une situation comme la nôtre avec plus de 5 millions de chômeurs/rmistes et des millions de précaires à 700€/mois, ceux qui ont encore la chance d'avoir un "bon" job correctement rémunéré, s'y accrochent jusqu'à ce qu'à l'extrême limite mort s'en suive...
Ils n'ont plus vraiment la liberté qu'avaient les actifs des années 60/70 de démissionner en cas de pression trop pesante.
La solution consisterait donc à "casser" le chômage et la précarité pour rééquilibrer le rapport de force employeur/salarié.
Et c'est possible !
La semaine de 4 jours est un concept expérimenté depuis 12 ans dans 400 PME (Mamie Nova, Fleury Michon, Monique Ranou, petits commerces, auto-écoles, restaurants, entreprises artisanales, labos de recherche, petites SSII informatiques...).
Sa généralisation créerait au minimum 1.6 millions d'emplois CDI/temps plein sans ruiner les entreprises, ni l'état, ni les salariés (études INSEE - Caisse des Dépôts et Consignations).
Témoignage d'un collaborateur :
« Je travaille comme freelance pour une entreprise, dont le personnel est à la semaine de quatre jours. Je peux vous dire que c'est très agréable, on sent des gens heureux de vivre! Bon, parfois il faut attendre un peu pour avoir certaines réponses, mais il n'y a pas mort d'homme! »
Cette solution a même été soutenue il y a quelques années par des membres du gouvernement actuel !
http://www.nouvellegauche.fr/vaincre-chomage/
Ecrit par : MKL | 17.09.2009
La pression morale est devenue un moyen d'intensifier la productivité et la peur utilisée comme un levier de pression
Ecrit par : pascal | 26.10.2009
J'avais un travail technique qui me passionnait et je comptais meme pas mes heures.mon boulot aux lignes existe toujours mais on me la enlevé il y a6 ans et j'ai changé plus de 8 fois on m'a mis un casque pour répondre aux clients abonnés qui payaient pas et j sui pas tou seul. On s'y est mis quand même, le cerveau a suivi. Mais on est comme des pions.
Ecrit par : annette | 16.11.2009
Écrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.