13.09.2009

Hortefeux, prototype du ministre lourdingue

A l’université d’été UMP, un militant typé maghrébin a été l’objet de propos douteux du ministre. Lequel n’en est pas à son coup d’essai.

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, le 7 septembre 2009 au Pontet

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, le 7 septembre 2009 au Pontet (© AFP Gerard Julien)

«Tout ça est une vaine et ridicule tentative de polémique.» Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, acculé, hier soir. L’objet de son dédain ? Une vidéo du Monde.fr qui, en quelques heures, a fait le tour du web. On y voit le ministre déclarer, samedi, à Seignosse (Landes), lors de l’université d’été de l’UMP : «Il ne correspond pas du tout au prototype.» «Il», c’est un militant, typé maghrébin, que le ministre prend par l’épaule pour une photo. Le ministre de l’Intérieur réagit aux propos d’une femme affirmant que le jeune homme «mange du cochon et boit de l’alcool».«Il en faut toujours un, poursuit le ministre. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes.» Hortefeux a eu beau assurer qu’il ne parlait pas des Arabes mais des Auvergnats, rien n’y a fait.

D’autant que, la veille, le même ministre de l’Intérieur mettait en retraite forcée le préfet Paul Girot de Langlade, soupçonné de propos racistes. Une employée de l’aéroport d’Orly avait déposé plainte, affirmant qu’il avait déclaré, excédé par un contrôle : «On se croirait en Afrique» ;«Il n’y a que des Noirs ici». Furieux, ce dernier a assuré qu’il allait attaquer cette décision, s’en prenant au passage à son ministre. Hier, on imagine le préfet jubilant lorsqu’il a lâché : «Le plus raciste des deux, ce n’est pas moi.»

A y regarder de plus près, Brice Hortefeux est un multirécidiviste du dérapage. Plusieurs ministres issus de l’immigration ont eu à subir ses «blagues». Dans son livre, un Mouton dans la baignoire, l’ex-ministre de Dominique de Villepin, Azouz Begag, raconte comment Hortefeux s’adresse à lui : «Allez, fissa, sort de là ! Dégage d’ici, je te dis, dégage.» Rachida Dati aurait, quant à elle, qualifié à plusieurs reprises l’ancien ministre de l’Immigration de «gros raciste». Enfin, Hortefeux avait déclaré au sujet de Fadela Amara (sans que cette dernière en prenne particulièrement ombrage) : «C’est une compatriote, même si ce n’est pas forcément évident, je le précise.»

Hier, tous les partis d’opposition et plusieurs associations ont dénoncé les propos du ministre, certains demandant sa démission.

 

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