02.11.2009

La surface des logements selon la catégorie sociale

Les ouvriers disposent en moyenne d’un logement de 30 m² par personne, contre 43 m² pour les artisans, commerçants et chefs d’entreprise. Des inégalités fortement liées au revenu.

Les inégalités face au logement sont fortement liées au revenu et donc à la catégorie sociale : plus le revenu s’élève, plus on peut se loger confortablement. En moyenne, les ouvriers disposent de 30 m² par personne contre 43 m² chez les artisans, commerçants et chefs d’entreprise.

Les agriculteurs exploitants disposent de la plus grande surface (46 m²) et ont connu l’évolution la plus marquée entre 1984 et 2006 : + 15 m² par personne contre + 5 m² pour les professions intermédiaires et employés. La situation de cette catégorie sociale face au logement ne traduit pas toujours un plus grand confort. Elle est liée en partie au vieillissement de cette catégorie sociale, où l’on trouve davantage de personnes âgées sans enfants.

A catégorie sociale équivalente, plusieurs facteurs peuvent modifier sensiblement les conditions de logement : l’âge et la composition familiale, mais aussi bien entendu la localisation géographique. Un cadre parisien doit disposer de revenus bien supérieurs à un cadre vivant dans une ville moyenne de province pour obtenir la même surface. Et les salaires ne compensent qu’une partie des écarts de prix des loyers ou des m2 à la vente.

Surface moyenne par personne selon la catégorie socio-professionnelle
Unité : m²
1984
2006
Agriculteurs exploitants 31 46
Artisans, commerçants, chefs d’entreprise, professions libérales 30 43
Cadres supérieurs 33 38
Professions intermédiaires et employés 29 34
Ouvriers 23 30
Source : Insee - Enquête logement, France métropolitaine, résidences principales

Le PS s'apprête à lancer son réseau social

Le nouveau site du parti socialiste, LaCooPol.fr, va être progressivement lancé, région par région, à partir de la semaine prochaine. Benoît Thieulin dirige La Netscouade, la société qui a conçu ce site. Il en explique les enjeux.

Quel est l'objectif de LaCooPol ?

Il est triple. Il s'agit d'abord, à partir de ce qui fonctionne bien au parti socialiste – le quadrillage du territoire, l'action militante sur le terrain -, de réorganiser, de faciliter le travail des fédérations et des sections.

Le lancement du site est en réalité une vraie numérisation de l'organisation. On va équiper chaque section d'un mini réseau social, pour faciliter sa vie militante, où chacun aura son code et son mot de passe. Cela facilitera les réunions, la mise en place des agendas collectifs, d'outils pour organiser les campagnes et pour faire remonter les informations.

Cela s'accompagnera d'outils d'échange qui permettront de favoriser le débat. C'est le deuxième objectif : décloisonner la vie au sein du parti, faire tomber les frontières entre sections. Les réseaux sociaux seront interconnectés.

L'organisation territoriale d'un parti est fondamentale pour le travail militant, mais elle ne favorise pas le débat. Avec l'outil Internet, les militants pourront créer des groupes de discussion thématiques, sur des thèmes qui ne sont pas forcément abordés dans leur section. C'est intéressant, car cela favorisera une certaine forme de méritocratie : ceux qui travaillent, qui auront des idées, seront visibles.

Le troisième objectif est d'ouvrir, ensuite, sur l'extérieur. Il n'y a pas de raisons pour que, dans un second temps, les groupes qui se sont créés n'accueillent pas des personnes qui ne sont pas encartées.

En quoi l'exemple de la campagne de Barack Obama, en 2008, vous a-t-il inspiré ?

Barack Obama a utilisé le Web comme une infrastructure de campagne. Il s'est vraiment servi d'Internet pour organiser le travail de ses militants. Le site était une sorte de centre de commandement. Contrairement à ce que l'on peut imaginer, il s'agissait d'une organisation très hiérarchisée.

Au sommet, à Chicago, il y avait la "war room", composée d'environ 500 personnes. A l'échelon intermédiaire, se trouvaient ceux que son équipe appelait les "officers", 5 000 salariés. Puis en dessous, il y avait les "volunteers", un million de personnes qui ont sillonné le terrain.

En retour de cette organisation hiérarchique, une vraie confiance a été accordée aux militants, qui ont eu accès à des bases de données, aux documents stratégiques, habituellement confidentiels. Cette transparence a permis de gagner en capacité de mobilisation.

Internet peut-il révolutionner la politique, ou n'est-ce qu'un outil de plus au service des politiques ?

Je pense que le Web modifie profondément les choses. Parce qu'il est dans une logique de décloisonnement, parce que sa transparence favorise la méritocratie. Il y aura une prime à ceux qui militent le plus, à ceux qui ont des idées.

Pendant trop longtemps, on a considéré que le pouvoir pouvait être dans la rétention d'informations. Dans un univers organisé en réseau social, on ne peut pas continuer comme cela. Si une section est mal dirigée, ça se saura très vite. L'internet favorise le partage.

Je suis comme tout le monde : lorsque, par exemple, je me procure une bonne étude aux Etats-Unis, je me dis naturellement "tiens, je vais la garder pour moi", mais je sais que ce n'est plus possible, parce que trois jours plus tard, je la retrouverai sur Twitter…

Maintenant, je me dis : "tiens, je vais être le premier à la diffuser". Le paradigme s'inverse. L'information que je partage est un pouvoir que je me crée.

Rupture

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Peut-on vraiment se payer le grand emprunt ?

Est-il raisonnable d'alourdir encore la barque des finances publiques, avec 30 milliards d'euros supplémentaires? Pas vraiment, selon Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques..



La mer de glace (détail) - Caspar David Friedrich
Les déficits publics sont déjà très importants : ils devraient atteindre l'équivalent de 8,2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009. La dette publique a dépassé les 1 400 milliards d'euros et se montera à 77 % du PIB à la fin de l'année. Le budget 2010 présenté par le gouvernement prévoit déjà - hors grand emprunt - un déficit de l'Etat de 116 milliards d'euros, soit quasiment la moitié des dépenses. Un niveau à peine inférieur aux 141 milliards d'euros qu'on devrait enregistrer en 2009, malgré le retour à une croissance positive. Avec la dégradation prévisible des comptes sociaux, liée notamment à la poursuite du recul de l'emploi, l'ensemble des déficits publics devrait même être encore plus important en 2010 qu'en 2009 et culminer à 8,5 % du PIB. La dette publique quant à elle devrait monter (hors grand emprunt) à 84 % du PIB.

Cette affaire d'emprunt pose d'ailleurs de sérieux problèmes en termes de démocratie. Droite et gauche réunies avaient souhaité en 2001 renforcer le rôle du Parlement en matière budgétaire en adoptant la loi organique relative aux lois de finances (Lolf). Or, le Parlement a commencé à examiner un budget qui n'est pas le vrai budget de l'Etat, puisque le volet « grand emprunt » ne sera connu que plus tard. Que l'on corrige le tir au cœur de la crise comme cela a été le cas pour le budget 2009, c'est aisément compréhensible, mais cette fois, il ne s'agit plus de répondre à une situation d'urgence. Avec le grand emprunt, le président de la République ne se montre donc guère respectueux des droits du Parlement. Pour ne rien arranger, il a confié la définition des priorités à financer grâce à cet emprunt à une commission qui ne comprend... aucun parlementaire.

Quoi qu'il en soit : est-il raisonnable dans l'état actuel des finances publiques françaises d'alourdir encore la barque avec le grand emprunt ? Après avoir flirté avec l'idée d'un emprunt de 100 milliards d'euros, on s'oriente manifestement vers des montants plus limités, autour de 30 milliards d'euros. 30 milliards, cela représente quand même 1,5 % du PIB. Autrement dit, avec le grand emprunt, les déficits publics devraient atteindre en réalité 10 % du PIB l'an prochain.

Sarkozy a d'illustres prédécesseurs: Reagan, Bush… 

La situation économique de la France, telle qu'on peut l'apprécier actuellement, ne paraît guère pouvoir justifier une telle fuite en avant. Que les déficits publics de l'Irlande, du Royaume-Uni ou de l'Espagne flirtent encore avec la barre des 10 % du PIB l'an prochain, on peut le comprendre, compte tenu de l'ampleur du choc qu'ils ont subi. Mais la France est plutôt un des pays d'Europe où la crise a finalement eu les effets les plus limités. Pour des raisons qui n'ont d'ailleurs que peu à voir avec l'action spécifique du gouvernement (1).
 
Aggraver encore les déficits de quasiment deux points de PIB en 2010 par rapport à 2009, bien que l'économie française soit sortie de la récession dès le deuxième trimestre 2009, semble un choix déraisonnable. L'accumulation inconsidérée de dette publique ne revient pas seulement à transférer aux générations futures des problèmes que nous ne parvenons pas à régler, elle constitue aussi et surtout un facteur majeur d'injustice sociale ici et maintenant.

Financer l'action publique par la dette consiste en effet à emprunter de l'argent aux plus aisés au lieu de percevoir des impôts sur leurs revenus. Et mettre ensuite à contribution tous les citoyens, y compris les plus pauvres qui acquittent de la TVA et de la contribution sociale généralisée (CSG), pour rembourser aux plus riches intérêts et capital. Une dynamique déjà mise en œuvre à grande échelle, avant Nicolas Sarkozy, par Ronald Reagan ou encore George W. Bush...

(1) Voir « Le modèle français à l'épreuve de la crise », Alternatives Economiques n° 282, juillet-août 2009

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