03.11.2009

Réforme de La Poste : les opposants se comptent aux marches du Palais

«Pour que la votation contre la privatisation ne reste pas lettre morte. Chez nous, le centre de tri de Saint-Brieuc est menacé de disparition.» Si le postier breton est pugnace dans le combat social, il sait aussi à l'occasion jouer avec les mots.

Comme une trentaine de ses collègues nationaux, ce représentant du comité des Côtes-d'Armor contre la privatisation de La Poste a pris la parole ce lundi en début d'après-midi, rue Rotrou à Paris (Ve), devant quelque 200 manifestants. Objet de ce rassemblement, selon Régis Blanchot (Sud), membre du comité national : «Dénombrer le nombre de votants à la votation citoyenne département par département, discuter du mode de consultation et débattre des perspectives.»

Casse-croûte et verre de cidre

A une centaine de mètres, les sénateurs viennent d'entamer l'examen du projet de loi sur la réforme de La Poste, qui doit durer toute la semaine. Rue Rotrou, l'ambiance, sans être festive, est décontractée. On casse la croûte, debout sur le bitume, en buvant un verre de cidre et en écoutant les représentants départementaux qui défilent à la tribune. «Nous avons recueilli 8.500 votes, dit le délégué de l'Yonne. Et pourtant, on est parti tard. Mais nous sommes un collectif unitaire, on y retrouve tous les syndicats. Notre département est rural, c'est un des plus touchés par la suppression des bureaux de Poste.» «La droite est en difficulté, affirme, plus remontée et plus politique, cette postière du Calvados. On peut faire reculer le gouvernement!»

Tout est résumé dans cette phrase. Car si la votation citoyenne a été une réussite populaire début octobre – 2.123.717 bulletins ont été comptabilisés dans les urnes –, le comité national n'entend pas en rester là. Son prochain objectif: que plus de 4 millions de cartes postales de citoyens réclamant «le retrait du projet de changement de statut de La Poste, l'ouverture d'un débat public sur l'avenir du service public postal» et, enfin, «un référendum sur l'avenir de La Poste» soient adressées (non timbrées) à Nicolas Sarkozy à l'Elysée, 55, rue du faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris.

«L'opération a débuté samedi, témoigne Régis Blanchot. On n'a pas réellement décidé quand elle s'arrêterait. Nous allons faire régulièrement des points sur l'état des envois.» Pour la votation, seuls les bulletins physiques exprimés avaient été retenus. Cette fois, le comité national propose à la population d'adresser une carte postale au Président via le Net.

«Dynamique populaire»

Et quid de la comptabilisation, qui s'annonce beaucoup délicate que lors de la votation citoyenne, déjà fort raillée par la majorité et le gouvernement? «On sait que ce qu'on fait n'a pas de réalité juridique et que ce sera forcément contesté, déclare le syndicaliste. On s'en moque, la dynamique populaire existe bel et bien. Et c'est ça le plus important.»

A 18 heures, le comité national avait prévu une nouvelle action ce lundi, cette fois juste devant le Sénat, avec la présence de responsables politiques, tels Martine Aubry (PS) et Marie-George Buffet (PCF), du spectacle, comme Jean-Michel Ribes. Et de l'Histoire: «Raymond Aubrac, du Conseil national de la Résistance, a tenu à nous soutenir, glisse Régis Blanchot. C'est un honneur pour nous. C'est aussi la preuve que notre combat est juste.»

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.