07.11.2009
Le sarkozysme n'est pas une politique, mais un enfumage
Pour Le Vrai Débat, le sarkozysme tient moins moins dans les réformes que dans la façon de gouverner : la majorité actuelle est experte en esquives, entourloupes, et bobards momumentaux.
Qu’entend-on vraiment par « sarkozysme » ? Que recouvre cet exercice du pouvoir apparemment rejeté par une majorité de Français, d’après les derniers sondages, mais qui conserve, on le constate chaque jour, un attrait suffisamment fort pour continuer à en berner beaucoup ?
Le sarkozysme n’est pas d’abord une politique. Ce n’est pas ce qui le caractérise le mieux, et ce n’est donc pas par là qu’on parviendra le plus aisément à l’atteindre au coeur.
Est-ce à dire que le sarkozysme n’a pas de consistance idéologique ? Bien sûr que non. Le sarkozysme est très cohérent. Il vise à adapter la France, dans ses structures économiques et sociales, dans ses principes politiques, dans sa chair, au projet libéral-mondialiste. Union européenne antidémocratique, destruction des services publics et de l’Etat, affaiblissement des principes républicains comme la laïcité et l’égalité, destruction de la cohésion nationale par le communautarisme et la discrimination positive, tout concourt à mener une politique de renoncement à la France et à nos idéaux.
Toutes les mesures s’articulent les unes avec les autres, rien n’est laissé au hasard. Le corpus idéologique du sarkozysme, s’il se cache derrière un prétendu pragmatisme, est en réalité solide et implacable.
Mais le sarkozysme n’est pas d’abord une politique parce que ce corpus idéologique est au pouvoir depuis 30 ans. Depuis l’arrivée de Valéry Giscard d’Estaing en effet, la France va toujours dans la même direction. Qu’ils aient été de gauche ou de droite, les gouvernements successifs ont imposé cette voie au pays, entretenant pour cela l’illusion d’un débat factice entre une gauche et une droite pareillement compromises et passant outre quand il le fallait la résistance du peuple normalement souverain (à cet égard, c’est au sujet de l’Union européenne, incroyable accélérateur de mondialisation, que les atteintes à la démocratie ont été les plus nombreuses).
Le sarkozysme a sûrement accéléré le mouvement, mais il n’a pas innové du point de vue de la doctrine. Il n’y a qu’en matière de politique étrangère qu’il a assumé de tourner franchement la page du gaullisme et de l’indépendance nationale en choisissant l’alignement systématique sur les Etats-Unis. En réalité, même si l’épisode du non à la guerre en Irak en 2003 l’avait un temps masqué, cet alignement était en cours depuis des décennies déjà.
Si ce n’est une politique, qu’est donc le sarkozysme ?
Nous pensons qu’il s’agit avant tout d’une façon de gouverner, d’un contenant plus que d’un contenu. Et un mot résume parfaitement ce contenant : enfumage.
Plus que jamais en effet, le pouvoir depuis l’élection de Nicolas Sarkozy ment, manipule et trompe les citoyens. La campagne du candidat de l’UMP avait déjà donné le ton : désormais le pouvoir ne s’astreindrait plus au moindre devoir de vérité. L’objectif sera de faire durer l’illusion, et pour cela tous les moyens seront bons.
Entendons-nous bien, nous ne disons pas que nous sommes passés un beau jour de 2007 de la Vérité au Mensonge. Le mensonge fait partie de la politique, et il gangrénait déjà largement le débat avant l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy.
Ce que nous disons, c’est que sous la présidence Sarkozy, le mensonge et la manipulation ont été industrialisés, professionnalisés à un point tel qu’il est aujourd’hui extrêmement difficile, sur la plupart des sujets, de démêler le vrai du faux.
Sur l’insécurité et l’immigration par exemple, le gouvernement entretient en permanence le sentiment de l’action et de la fermeté.
Tous les 6 mois, et prioritairement les veilles d’élection, le débat est relancé. Une idée révolutionnaire apparaît, qui sera toujours sans lendemain. Mais peu importe, puisque la rapidité du passage d’un thème à l’autre dans l’agenda politique et médiatique tue la mémoire du citoyen. Hier les tests ADN, aujourd’hui le couvre-feu pour les mineurs délinquants, sans oublier l’opportun débat sur l’identité nationale.
Sur la crise, la même technique a été utilisée. Nicolas Sarkozy est dans l’action, il est à l’origine des G20, il a conduit avec panache la présidence de l’Union européenne en 2008 et a su sortir la France des griffes de la récession. Il serait très dur avec les patrons voyous, les banquiers pourris, et les paradis fiscaux.
Tout cela est parfaitement faux bien sûr, Sarkozy est systématiquement marginalisé lors des G20, rien n’a changé, les traders s’amusent plus que jamais, mais l’important est d’être parvenu à faire croire le contraire.
Sur l’Europe, la dernière campagne des élections au Parlement fut un parfait exemple de cet enfumage généralisé : comme jamais, l’Europe fut critiquée, dénoncée à juste titre dans ce qu’elle bride les Etats nations et aggrave les effets de la mondialisation libérale. Même les partis réputés européistes y allaient de leur petit couplet sur l’Europe trop libérale, trop dogmatique, trop technocratique.
Dans les faits, tout ce petit monde poussait en catimini à l’adoption la plus rapide possible du Traité de Lisbonne, nouveau nom de la Constitution européenne, qui renforce plus que jamais, on s’en rendra compte bien assez vite, les dérives de l’Europe : encore plus de libéralisme, encore plus de libre-échange, encore moins de liberté pour les pays membres.
Mais pour tenir, le sarkozysme n’agit pas seul.
Il se fonde sur un astucieux montage en triangle : la première extrémité est constituée du pouvoir, qui fixe l’agenda et la stratégie, la deuxième des médias, qui relaient complaisamment la communication gouvernementale et organisent les conditions d’un débat biaisé, la troisième des sondages qui structurent le débat et viennent à la rescousse du pouvoir quand celui-ci est menacé. Le rapport de la Cour des comptes de juillet dernier avait très bien mis au jour ce petit manège, en dévoilant les pratiques scandaleuses du triangle Elysée/Le Figaro/Opinionway.
C’est en expliquant les tenants et les aboutissants de ce système très bien rôdé qu’on agira vraiment efficacement, et durablement, contre le sarkozysme. On ne tuera vraiment la bête que lorsqu’elle sera transparente pour tout le monde, et qu’il ne lui sera donc plus possible de tromper.
Alors seulement les conditions d’un vrai débat, prélude à une vraie alternative politique, seront réunies. Alors seulement la démocratie pourra jouer son rôle et mener la France et les Français vers un destin qu’ils auront réellement choisi.
20:50 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy
Réforme de la Poste : la gauche fait passer ses amendements au Sénat
La gauche sénatoriale a profité du fait qu'elle était majoritaire dans l'hémicycle pour faire passer cinq amendements sur le projet de loi de réforme du statut de la Poste, dans le but d'empêcher toute privatisation.

Le Sénat (AFP)
Ces amendements concernent l'article 2 du texte et visent à conforter le caractère public de l'entreprise. Cet article stipule que "La Poste et ses filiales constituent un groupe public qui remplit des missions de service public et exerce d'autres activités dans les conditions définies par la présente loi et par les textes qui régissent chacun de ses domaines d'activité".
Cinq amendements adoptés
Les cinq amendements présentés par le PS et les Verts et qui ont été adoptés précisent notamment que La Poste et ses filiales constituent "un groupe unique entièrement public". L'un d'entre eux souligne que les "missions de service public s'exercent du lundi au samedi, dans le respect des intérêts des usagers".
Un autre insère un alinéa indiquant que "les réseaux postaux ont une dimension territoriale et sociale importante qui permet l'accès universel à des services locaux essentiel". Selon le sénateur Martial Bourquin (PS) cette précision "garantit le financement par l'Etat de services locaux".
450 amendements restent en discussion
La gauche sénatoriale, toujours très mobilisée, continue de harceler la majorité en multipliant les prises de parole sur chaque amendement. Plus de 450 amendements restaient en discussion vendredi à la mi-journée. Le débat a été prolongé à samedi et dimanche si nécessaire.
L'opposition joue la montre. Si le texte n'est pas voté cette semaine, il sera difficile pour le gouvernement, étant donné l'ordre du jour surchargé par les projets de budgets 2010 et la réforme des collectivités, de le boucler avant la fin de l'année.
Le projet de loi prévoit la transformation de La Poste en société anonyme à capitaux publics au 1er janvier 2010.
18:15 Publié dans vu dans le Nouvel Obs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy
"Délit de solidarité" : une épicière de Mulhouse condamnée
Eric Besson avait promis qu'il n'y aurait jamais de poursuites pour délit de solidarité. Sonia Celebi vient d'être condamnée à un mois de prison pour aide à séjour irrégulier : elle hébergeait un homme qui risque l'incarcération à perpétuité dans son pays d'origine.

Manifestation contre le délit de solidarité (Sipa)
Avec son mari, Sona Celebi, épicière à Mulhouse, a accueilli à son domicile un ressortissant turc, Mehmet Comut. Cet homme se trouvait sans titre de séjour et sa la demande d'asile à la France a été rejetée à trois reprises.
Un agent de l'Urssaf l'avait trouvé derrière le comptoir de la petite épicerie de quartier lors d'un contrôle au mois d'août.
Menacé de mort
Mehmet Comut avait alors affirmé qu'il donnait "un petit coup de pouce" au magasin "de façon tout à fait occasionnelle" et de sa propre initiative.
"Il ne travaillait pas chez moi", a indiqué Sona Celebi, jeudi lors de l'audience où elle était soutenue par le "comité Comut" qui réunit des représentants locaux de la Ligue des droits de l'homme, de RSF 68, de la Cimade ainsi que du PCF et du NPA d'Olivier Besancenot.
Maître André Chamy a fait valoir que le couple Celebi s'était comporté avec cœur en soutenant, malgré ses faibles revenus, une personne menacée de mort en cas de retour dans son pays. "Il n'y avait aucun lien de subordination même ressenti", selon l'avocat. Le journal L'Humanité rappelle que Mehmet Comut, militant du TKP-ML, Parti communiste marxiste-léniniste de Turquie, a été condamné à mort en 1996 par la cour de sûreté de l’État d’Istanbul, une peine commuée depuis en réclusion à perpétuité.
Promesse d'Eric Besson
Maître André Chamy a jugé aberrant que la préfecture demande un certificat d'hébergement à Mehmet Comut et qu'on s'attaque ensuite à ceux qui l'hébergent "alors que le ministre de l'Immigration Eric Besson a affirmé qu'il n'y aurait jamais de poursuite pour délit de solidarité.
Le tribunal a condamné l'épicière pour aide au séjour irrégulier d'un étranger en France, emploi d'un étranger démuni d'autorisation de travail et travail dissimulé. Le parquet a essentiellement fait valoir le risque d'une exploitation de la vulnérabilité de personnes en situation irrégulière qui travaillent sans protection sociale.
12:30 Publié dans vu dans le Nouvel Obs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy
Mi-mandat
09:19 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy
Sondages de l'Elysée : MAM contre une commission d'enquête
Dans une lettre envoyée au PS, la garde des Sceaux estime qu'il n'est pas dans les attributions des commissions d'enquête de s'intéresser à ce qui se passe à l'Elysée.

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie
(c) Reuters
Dans sa lettre, envoyée au groupe PS à l'Assemblée et au président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, la garde des Sceaux précise "qu'aucune poursuite judiciaire n'a été engagée sur les faits ayant motivé le dépôt de cette proposition".
Mais "je me dois toutefois d'appeler votre attention sur le fait que cette commission d'enquête n'entre pas pas dans le cadre défini par la Constitution", ajoute-t-elle.
La garde des Sceaux s'appuie sur deux articles de la Constitution (51-2 et 24), selon lesquels une commission d'enquête parlementaire ne peut intervenir que pour "évaluer les politiques publiques" et "pour l'exercice des missions de contrôle et d'évaluation" du gouvernement.
"Problème de fond"
En clair, en vertu de la séparation des pouvoirs, la ministre de la Justice exclut la possibilité d'un contrôle parlementaire sur la présidence de la République.
"L'objet de cette commission" est en outre "évidemment étranger à l'évaluation des politiques publiques", explique Michèle Alliot-Marie.
Formellement, il revient au président de l'Assemblée nationale de déclarer l'irrecevabilité d'une demande de commission d'enquête parlementaire.
Dans la matinée, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, Christian Frémont, avait déclaré que le principe d'une commission d'enquête "posait un problème de fond" car "elle ne s'inscrirait pas dans le cadre prévu par la constitution pour la création de commission d'enquête".
07:30 Publié dans vu dans le Nouvel Obs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy
Le déficit de l'Etat a plus que doublé en un an
Il atteignait 125,8 milliards d'euros fin septembre contre 56,6 milliards d'euros douze mois plus tôt.
Le déficit du budget de l'Etat français a plus que doublé pour atteindre 125,8 milliards d'euros au 30 septembre, contre 56,6 milliards d'euros un an plus tôt, une évolution qui s'explique par le coût de la crise et du plan de relance, a annoncé vendredi le ministère du Budget.
Cette dégradation s'explique par «le poids de la conjoncture économique sur l'évolution des recettes et, à hauteur de 29,9 milliards d'euros, par l'effet des mesures du plan de relance», détaille le ministère dans un communiqué.
Ces chiffres sont conformes avec les prévisions du gouvernement, fait valoir le ministère. Il table sur un déficit de l'Etat de 141 milliards d'euros sur l'ensemble de 2009.
Au 30 septembre, les recettes du budget général de l'Etat ont atteint 169,7 milliards d'euros, contre 221,6 milliards un an plus tôt. Les recettes fiscales nettes ont connu une «baisse marquée» de 47,9 milliards sur un an pour atteindre 156,8 milliards, conséquence de la crise économique.
Les dépenses totales de l'Etat ont en revanche augmenté, passant de 255,9 milliards au 30 septembre 2008 à 263,9 milliards au 30 septembre 2009.
06:54 Publié dans Vu dans Libé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy







