05.01.2010

Faudra-t-il dégraisser le mamouth ministériel en 2010 ?

Une chose est sûre : nos ministres seront, en 2010, abondamment conseillés : on comptabilise plus de six cent cinquante collaborateurs dont une soixantaine de recrutements dans les trois derniers mois, et certains dont la nomination au journal officiel semble se faire attendre. L’inflation fait rage dans les cabinets des 39 ministres.



Frédéric de Goldschmidt www.frederic.net (Wikimedia - cc)
irecteur de cabinet, chef de cabinet, conseil technique et spécial, ou enfin chargé de mission, les titres ne manquent pas pour qualifier celles et ceux qui oeuvrent dans l’ombre des ministres. Des cabinets bien fournis en cette période de crise, et des ministres qui ne lésinent pas sur leurs collaborateurs. Qu’importe si l’on ne trouve plus de remplaçants aux professeurs en congé maladie ou maternité, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux oblige. Qu’importe si les infirmières finissent par manquer dans les hôpitaux. 

 

Du côté des ministères, on ne se prive manifestement pas pour étoffer son équipe, et le gouvernement Fillon compte 14% de conseillers de plus que son prédécesseur Lionel Jospin selon les calculs du bon député Dosière. L'écart est peut-être plus grand encore avec les premiers ministres d'avant 2001, mais la statistique est introuvable. En outre, le député de l'Aisne a souligné la forte inflation salariale de la rémunération des conseillers : « la rémunération moyenne de chaque membre de cabinet (contractuel) augmente de +26.3%, celle d’un agent affecté aux fonctions support de +34.8% et les primes par bénéficiaire de +9.2%.  » 

 

Le Premier Ministre se paie donc les services du fils Klarsfeld (Arno), conseiller depuis juillet 2007. Roselyne Bachelot embauche son fils, ancien clerc de notaire, comme conseiller parlementaire. Hubert Falco se prend le Directeur général des services du Conseil général du Var comme conseiller spécial. Accessoirement, celui-ci officiait déjà comme conseiller de Falco à Toulon et TPM comme le précisait nos confrères de Cuverville. On trouve de tout dans les cabinets !

653 personnes pour conseiller les ministres  

Si l’on compare les chiffres du rapport établi par le député René Dozière et ceux disponibles sur le site du Premier Ministre, il y a une inflation dans les derniers mois. Le député annonçait 626 conseillers. Un chiffre confirmé par Fillon en personne qui tentait toutefois de faire diversion en pointant certaines erreurs commises. Notre décompte porte ce nombre à 653 conseillers. Pour cela, il suffit simplement de se rendre sur le site du Premier ministre, les membres des cabinets y sont notifiés.


59 membres dans le cabinet de Fillon, 45 et 42 dans les cabinets respectifs de Lagarde et Borloo, c’est le trio de tête. Suivent ensuite Chatel, Morin, Bachelot, Hortefeux, Woerth, Pecresse, Darcos, Kouchner, Estrosi et Le Maire qui disposent chacun de 20 à 30 membres dans leur cabinet. Michelle Alliot-Marie, pourtant Ministre d’Etat, apparaîtrait presque raisonnable avec ses « seulement » 19 conseillers. Et que dire de celle qui ferme la marche, la « placardisée » Rama Yade, qui ne dispose que de 6 membres dans son cabinet, une dure condition qu’elle partage avec Benoist Apparu, Nora Berra et Valérie Létard. 

 

Moins de conseillers chez les ministres femmes

Des femmes qui sont donc moins bien « conseillées » que les hommes. En effet, le gouvernement compte 33% de femmes, 13 ministres sur 39. Mais ces femmes n'embauchent qu'environs 28% du nombre total des collaborateurs, 188 sur 653... La différence est moindre mais notable car elle peut être considérée comme symptomatique des positions moins importantes qu'occupent les femmes dans ce gouvernement puisqu'elles sont davantage limitées en nombre de conseillers. 

 

A quand le dégraissage du mammouth ministériel ?

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