07.02.2010

Cumul emploi-retraite: toi aussi, parraine ton vieux!

La réforme des retraites s'annonce comme le grand dossier social de l'année 2010. Les pensions étant trop faibles, certains retraités ont des difficultés à boucler leurs fins de mois. Heureusement, le gouvernement a tout prévu : le cumul emploi-retraite !
« Travailler plus pour gagner plus ». Cette fois, le gouvernement applique son slogan à la réforme des retraites. Xavier Darcos, ministre du Travail et des Affaires sociales, a affiché la couleur des débats dans une interview donnée à Reuters : pour sauver le système par répartition, il faudra travailler plus longtemps.

La réforme des retraites est donc en pôle position dans l’agenda social 2010 du gouvernement. Nicolas Sarkozy en a fait LE dossier de l’année, avec une vision toute personnelle du remède aux faibles pensions actuelles : cumuler emploi et retraite. Une position qu’il n’a pas manqué d’évoquer lors de l’émission « Paroles aux Français » sur TF1.

Cumuler emploi et retraite est déjà possible aujourd’hui. En témoigne Henri Proglio qui, selon Le Parisien, pourrait bénéficier de sa retraite chez Véolia et, en même temps, de son salaire de président directeur général chez EDF. En toute légalité.

Le cadre légal a en effet été assoupli depuis janvier 2009 pour permettre aux retraités de reprendre une activité. Et ce sans limite de rémunération ! A peine quelques conditions à remplir et le sexagénaire (et plus) peut retrouver le rythme « métro-boulot-dodo » qui le rendait si nostalgique.



La voilà donc la solution pour sauver le système des retraites. Toi aussi participe à l'effort collectif et parraine ton vieux ! Fais lui faire un peu de jardinage ou de bricolage, il sera ravi et tu peux même le commander par internet. Des sites comme bitwiin vous mettent ainsi en relation avec des « super séniors actifs » (euphémisme pour « retraités précaires qui cherchent à boucler leurs fins de mois ») qui vous proposent des services. Des cours de piano par Evelyne aux conseils fiscaux d'Alain, tout est disponible...

Et quel savoir-faire caractérise le mieux nos grands mères ? Le tricot bien entendu ! Goldenhook tire donc sur le fil du retraité-employé et propose ses grands mères tricoteuses. Sur le portail, les photos de 9 mamies. Un clic sur Simone, « fan de son micro-onde triple fonctions » et elle se mettra au travail, au rythme des petits messages qu'il est possible de lui envoyer.

Eh oui, tout s'achète, même les vieux. En libre service en plus...

Fabius redoute «un triple coup de bambou» après les régionales

904776_Laurent-Fabius.jpg

Venu à Rouen soutenir le président sortant (PS) de Haute-Normandie, Alain Le Vern, Laurent Fabius, homme fort de la Seine-Maritime, a mis en garde, contre «un triple coup de bambou» que prépare le gouvernement pour l’après-régionales. Offensive, prédit l’ex-Premier ministre socialiste, sur le plan social: «les licenciements aujourd’hui différés, la précarisation de la Fonction publique et la remise en cause des retraites». Fiscal: «la nouvelle taxe carbone et plusieurs prélèvements supplémentaires». Et territorial avec «la suppression des conseillers régionaux et le nouveau mode de scrutin antidémocratique» dans le cadre de la réforme des collectivités.

Un responsable du Parti radical rejoint la liste PS

RHÔNE-ALPES - Coup de théâtre en Haute-Savoie. Le président du parti radical - allié à l’UMP - de la fédération, Gérard Périssin-Fabert, également maire du Grand-Bornant, rejoint la liste (PS) de Jean-Jack Queyranne. Celui qui figurera en sixième position a justifié sa décision par son souci du développement «des territoires de moyenne montagne et des stations».

Statistiques ethniques : un rapport, deux critiques

Après maints reports, le comité pour la mesure de la diversité et des discriminations (Comedd), chargé de réfléchir sur la question controversée des statistiques ethniques, a remis ce vendredi son rapport (à consulter ici) au commissaire à l’Egalité des chances, Yazid Sabeg.

Le comité, présidé par le démographe François Héran, écarte l'idée d'une nouvelle loi et fait plusieurs propositions. Il préconise notamment de s’en tenir, pour les statistiques publiques courantes, à l’utilisation de données issues de l’état civil, comme le pays de naissance ou la nationalité des parents. Pour autant, il n’écarte pas totalement le recours à des critères ethno-raciaux, comme c’est déjà le cas pour des enquêtes ciblées réalisées par des chercheurs, mais avec un «contrôle accru» de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil).

Comment ce rapport est-il reçu ? Les réactions de deux acteurs aux positions contrastées dans ce débat.

«Il faut aller plus loin»

Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires (le Cran), milite de longue date pour des «statistiques de la diversité» (terme que le Cran préfère à celui de statistiques ethniques), pour deux raisons principales: mesurer la diversité permettrait de rendre compte de la discrimination «indirecte», tout au long d'une carrière par exemple ; et, en exprimant un signal fort de l'investissement des pouvoirs publics, «constituerait le meilleur outil contre le repli identitaire».

«Ce rapport clôt une phase scientifique et ouvre une phase politique. Au gouvernement, aux parlementaires de se saisir maintenant de ces propositions et d'aller plus loin.

Un point très positif: le rapport rappelle que les chercheurs ont déjà le droit, dans le cadre d'enquêtes ciblées, de recueillir le «ressenti d'appartenance» des enquêtés, le Conseil constitutionnel l'a confirmé. Réaffirmer cela signifie deux choses. D'abord qu'à cadre législatif constant, on pourrait faire plus. Ensuite que traiter ces données n'est pas incompatible avec les valeurs de la République. Pas plus que ça n’impose une marche forcée vers la mise en place de la discrimination positive.

Néanmoins, il faudrait aller plus loin dans la collecte de ces informations sur le ressenti. Je travaille avec Manuel Valls (PS) et d'autres députés à une proposition de loi en ce sens. Il n'est bien sûr pas question de remettre en cause le contrôle de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), au contraire. Ces statistiques doivent être anonymes, autodéclarées, facultatives.

En aucun cas il ne s'agit de constituer des fichiers ethniques, mais bien de nous donner un outil de connaissance dont nous avons besoin de manière urgente. Il n'est pas normal que dans notre pays nous n'ayons toujours aucun moyen de savoir si sur ces cinq, dix dernières années les discriminations ont augmenté ou diminué. N'attendons pas de sacrifier une génération pour faire bouger les choses.»

«On devine l'objectif de classement ethno-racial qui est derrière»

Jean-François Amadieu, sociologue à l'université Paris I et président de l'Observatoire des discriminations, laboratoire d'études et de mesures de toutes les formes d'inégalité des chances. Auditionné dans le cadre du rapport, il se positionne clairement contre les statistiques ethniques. Il a d'ailleurs créé avec plusieurs universitaires, au printemps dernier, «le Comité alternatif de réflexion sur les statistiques ethniques et les discriminations».

«Le fait de prendre en compte le pays d'origine et la nationalité des parents est une bonne idée. C'est une proposition assez consensuelle. Même si cet instrument de mesure ne suffit évidemment pas puisqu'il n'est valable que sur deux générations.

Plus inquiétante en revanche est la volonté de distinguer les rapatriés (d'anciennes colonies, ndlr) des immigrés. Sur quels critères ? Qu'est-ce qui les différencie ? Le rapport ne le dit pas... Mais on devine l'objectif de classement ethno-racial qui est derrière.

Autre préconisation complètement aberrante du rapport : vouloir comparer la situation de chaque entreprise en matière de diversité par rapport à son bassin d'emploi.... C'est n'importe quoi, la méthode est grossière et n'apporte rien. Je prend un exemple : pour savoir si un délégué syndical est victime de discrimination, il ne sert à rien de comparer sa situation par rapport au bassin d'emploi ! Il faut regarder son cas (salaire, évolution de carrière) par rapport à celui des salariés de l'entreprise qui sont au même niveau en termes de qualification et d'ancienneté.

De la même manière, demander aux entreprises un rapport annuel sur la diversité ne permet pas de lutter contre les discriminations. On voit la démarche : instaurer des quotas diversité dans les entreprise avec une politique d'objectifs et de sanctions... Ce n'est pas comme ça qu'on luttera contre les discriminations.»

Et maintenant Tahïti

49362776.pnghttp://storage.canalblog.com/82/11/181887/49362776.png

Les leçons de l’affaire Proglio

L'affaire Proglio nous a appris qu'il fallait payer les meilleurs chefs d'entreprise au prix fort, au nom de la compétitivité. Curieusement, ce principe ne s'applique pas aux ouvriers : pour eux, la compétitivité fait dégringoler les salaires. Parce qu'on trouve moins cher ailleurs. Dans ce cas trouvons des patrons moins chers ailleurs!



Les leçons de l’affaire Proglio
C’est confirmé : Henri Proglio bénéficiera d’une retraite chapeau qui lui assurera, après 40 ans de loyaux services, et même s’il est encore salarié, plus d’un million d’euros par an de pension.

Rappelons que s’il n’avait pas renoncé à son rab de 450 000 euros chez Véolia, le même Proglio eût gagné, en moins de six mois, ce qui correspond aux gains d’un ouvrier qualifié durant toute une vie de travail. Sans compter, évidemment, d’autres sources de revenus.

Or, il est parfaitement exact que, patron d’une entreprise publique, et bien qu’ayant été augmenté de 45 % d’un seul coup d’un seul, Proglio eût été très loin d’être le patron le mieux payé de France. Quelques exemples en vrac : en fin 2008, au plus fort de la crise, et les gains ayant globalement reculé de 20 %, Bernard Arnault (LVMH) avait touché 17 millions d’euros, Arnaud Lagardère, 14 millions, le président de Dassault Système, 8,1 millions d’euros, Henri de Castries (Axa), auteur d’un rapport sur le niveau excessif du SMIC, 7,37 millions d’euros, etc…

On atteignait donc, pour certains, de 440 à 1000 fois le salaire minimum, c’est-à-dire qu’une seule rémunération globale pouvait peser aussi lourd que 1000 emplois. Autrement dit, que 1000 emplois possibles. Pour entasser ce que l’ex-patron de l’Oréal gagnait en un an du temps de la croissance, un salarié médian aurait dû avoir travaillé depuis l’époque des Mérovingiens.

D’où cet argument mouliné sur toutes les radios par plusieurs ministres et porte-paroles de l’UMP : si on veut recruter des grands patrons de qualité, y compris à la tête d’EDF, il faut pouvoir leur offrir des salaires correspondant à ceux des stars du CAC 40 ou, du moins, pas trop inférieurs.

*
A priori ce raisonnement devrait pouvoir être élargi et décliné. Ainsi pour engager un personnel de qualité, fût-ce un ouvrier qualifié ou un employé de talent, ne faudrait-il pas proposer des rémunérations qui tendent à s’aligner sur celles des personnels les mieux payés du secteur ? Et cela, dans quelque pays que ce soit, mondialisation oblige.

Or, ce n’est évidemment pas ce qui se passe. Tout au contraire, le raisonnement est soudain inversé : le faible niveau des rémunérations des ouvriers chinois nécessite un allègement du coût du travail, donc une pression sur les salaires. Autrement dit, l’impératif de compétitivité exige un alignement, ici à la hausse sur le standing des grands patrons américains et, là, à la baisse en tenant compte de la feuille de paie des travailleurs du Bangladesh.

L’acceptation de cette logique revient, évidemment, à normaliser un creusement abyssal des inégalités.

*

On dira que c’est la « loi du marché ». D’un côté, il est difficile de trouver un « bon grand patron » ou un bon « trader » sur un marché mondialisé et il faut, en conséquence, pour les attirer ou les retenir (le patriotisme n’étant pas une valeur néolibérale), les intéresser financièrement, sans quoi ils iront se faire voir – et engager - ailleurs.

De l’autre, la désindustrialisation et les délocalisations aidant, il y a beaucoup plus de demandeurs d’emploi que d’offres de travail, ce qui incite à proposer moins pour employer plus. Ou employer autant.
Mais, même si on admet cette implacable logique de jungle, une question se pose : un certain nombre de professions, par exemple le bâtiment, la restauration, l’hôtellerie, ont des difficultés pour trouver du personnel - rémunération insuffisante, conditions de travail difficiles. Pourquoi, dans ce cas, n’applique-t-on pas le raisonnement qui vaut pour les grands patrons ou les traders ? C’est-à-dire, pourquoi ne propose-t-on pas des rémunérations, des intéressements et des conditions de travail qui attirent et retiennent les candidats, en particulier nationaux ?

Bizarrement, le raisonnement précédent, tout à coup, ne tient plus. La loi du marché n’est plus invoquée. On préfère attirer de la main-d’œuvre immigrée à bas prix.
Mais alors une autre question : pourquoi ne procède-t-on pas de la même façon quand il s’agit de recruter des traders ou des chefs de grande entreprise ? En Chine et en Inde, par exemple, il y en a d’excellents.

*

Faut-il ajouter que bénéficier d’un revenu annuel de 8 millions d’euros permet de générer, puis de placer, une épargne qui, au bout de 20 ans, peut produire elle-même de 3 à 10 millions d’euros de plus-value annuelle?

Toutes les notes