08.02.2010
Débat sur l'identité nationale : "Bon débarras !"
François Fillon a tenté, lundi 8 février, de sortir le débat sur l'identité nationale de l'enlisement avec une série de mesures dont la mise en œuvre sera strictement encadrée par une sorte de comité des sages, ce à quoi a réagi l'opposition, pour qui la montagne a accouché d'une souris.
Pour François Hollande, ex-premier secrétaire du PS, François Fillon a procédé à un "enterrement en petite pompe" du débat sur l'identité nationale. "Le débat sur l'identité nationale aura donc accouché d'une commission. C'était la formule que Clemenceau utilisait pour moquer, sous le IIIe République, les gouvernements qui ne savaient plus que faire de leurs mauvais projets", écrit le député de Corrèze sur son blog.
"Pourquoi fallait-il déchaîner tant de passions, provoquer tant de dérapages, susciter tant de légitimes suspicions, pour finir par apposer une Déclaration des droits de l'homme dans chaque classe, ou faire chanter une fois par an la Marseillaise à chaque jeune Français, sans que l'on sache très bien si ceux qui ne le sont pas devraient également entonner l'hymne national", ironise M. Hollande.
Ces "mesures, pour l'essentiel, existent déjà dans beaucoup d'écoles", a estimé Jack Lang (député PS Pas-de-Calais). "Qu'on s'attaque à l'amélioration du système d'éducation" avec "des mesures solides, sérieuses, concrètes et pas simplement des mesures gadget". "Je ne suis candidat à rien et notamment pas à participer à une telle commission", a-t-il poursuivi au micro de RTL.
"UNITÉ NATIONALE PLUS QU'IDENTITÉ NATIONALE"
"Bon débarras !" s'est exclamé Jean-Luc Mélenchon sur France info. "Ça suffit ! il faut parler d'autre chose parce que de toute façon, ça ne pouvait déboucher sur rien. Tout ça est une comédie sinistre et de nombreux Français doivent ressentir un grand dégoût d'avoir vu une telle débauche d'histoires de fous déclenchées dans ce pays pour rien", a déclaré le président du Parti de gauche.
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Le premier faux pas de Bruno Beschizza
Bruno Beschizza, secrétaire général du syndicat de police Synergie, que l’Elysée a propulsé tête de liste départementale de la majorité présidentielle pour les régionales en Seine-Saint-Denis, s’est prononcé pour la mise en place de voitures réservées aux femmes, le soir, dans les transports en commun en Ile-de-France. Interrogé lundi 8 février sur France Bleu, Bruno Beschizza a expliqué que “dans les transports, systématiquement le soir il fallait faire en sorte que les femmes seules aient un accès privilégié dans le premier wagon, qu’il soit sur-vidéoprotégé, pour que les gens se sentent en sécurité”. Quelques heures plus tard, la cellule de campagne de Valérie Pécresse envoie un communiqué et précise : “Ces rames sont bien sûr ouvertes à tous les voyageurs sans exception.” Exit l’idée des wagons pour
femmes, il n’est plus question de discrimination à l’entrée des trains, la sortie de rail est évitée pour l’UMP.
A gauche on sourit : “Bruno Beschizza fait ses premiers pas en politique. On lui accorde le droit à l’erreur”, s’amuse Julien Dray, tête de liste socialiste en Essonne et vice-président du conseil régional chargé de la jeunesse et de la sécurité. “Néanmoins, il a bien dit qu’il était favorable à des wagons pour les femmes, poursuit l’élu. En ce qui concerne la vidéo-surveillance dans les wagons, je ne suis par contre ouvrir la discussion, même si cela révèle un aveu d’impuissance. Si les caméras peuvent servir à la police pour résoudre des affaires, elles ne sont pas dissuasives pour ce type d’agression dont les auteurs sont souvent encagoulés et rarement identifiables. Pour plus de sécurité, il faut de la présence humaine”, conclut-il.
Les nouveaux transiliens, qui circulent sur la ligne SNCF H, entre Paris-Nord et Luzarches, sont déjà équipés d’un système de vidéo-surveillance.
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Sarkozy, inquiet, se réfugie dans la diplomatie
Cette 144ème semaine de Sarkofrance a été calme, inaudible et distante pour le président. La France a peur, et lui le premier. Son camp se déchire, l'UMP est démotivée, la stratégie d'union a enfermé la droite présidentielle, et l'absence de projet fédérateur pour la seconde moitié du mandat sarkozyen n'arrange rien. Alors, Sarkozy vide son agenda, et se réfugie, une fois de plus, dans les sujets diplomatiques.
Sarkozy a peur
Pour Sarkozy, cette semaine devait être diplomatique. Comparer les déclarations d'une semaine à l'autre - ne tentez pas l'exercice sur plus d'un mois - est révélateur de son inconstance. A chaque discours, Sarkozy trouve un nouveau sujet p-r-i-o-r-i-t-a-i-r-e. Un psy dirait qu'il a du mal à prioriser. Un observateur étranger dirait qu'il a du mal à se concentrer. Un électeur déçu dirait qu'il n'a plus d'idées.
Lundi, sa rencontre avec le dictateur turkmène Gourbangouly Berdymouhamedov fut peu commentée par les communicants de l'Elysée. Au Turkménistan, ne vous avisez pas de critiquer le président élu à vie. C'est l'une des dictatures les plus fermées du monde, souvent comparée à la Roumanie de Ceaucescu. Culte de la personnalité, enfermements ou disparitions d'opposants, presse muselée, 60% de chômeurs, 25% de pauvres, tout y est. Mais le pays est riche en gaz. Lundi, notre Monarque élyséen a signé 6 contrats avec son homologue turkmène. Human Right Watch appelle cela «la diplomatie silencieuse». La Sarkofrance hurle contre l'Iran ou les talibans Afghans, mais signe ses contrats avec le Turkménistan. Où était passé le Sarkozy qui s'adressait, le soir du 6 mai 2007, «à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures» ? On le cherche toujours.
Mercredi, c'était au tour du fiston de l'émir du Qatar de recevoir les honneurs élyséens. Cheikh Tamim al-Thani, revenait de Téhéran, où il avait rencontré un autre de ses clients, le président Mahmoud Ahmadinejad. L'Iran partage le gisement gazier de Doha avec le Qatar. Sarkozy attendait des nouvelles de Clotilde Reiss, la jeune française détenue puis retenue en Iran depuis plus de 8 mois.
Jeudi, Nicolas Sarkozy recevait en grandes pompes Angela Merkel et son gouvernement, pour un conseil des ministres que le président français voulait décisif. Face à une Europe en panne sur tous les sujets, il faudrait relancer le couple franco-allemand. La mise en scène fut impeccable, avec son défilé de ministres des deux pays, deux par deux, dans la cour de l'Elysée, devant les caméras et photographes. Mais Sarkozy et Merkel ont commis une triple erreur : primo, le catalogue de 80 mesures "concrètes" dévoilé jeudi n'est qu'un fourre-tout de belles intentions. 80% des 80 annonces sont des voeux pieux, sans engagements de moyens ni obligation de résultat, une simple succession de «nous voulons», «nous intensifierons», ou «nous développerons». On évoque la paix, la croissance et le climat. Au mieux, on se promet de créer 200 classes bilingues. En France, on parle surtout de fermetures de classes...
Deuxio, l'Europe y est reléguée au second plan. Elle doit se plier à leurs décisions, et pas l'inverse. Elle n'est qu'un cadre de travail ou une incantation. On se croirait revenu en 1950. Dans leur conférence de presse commune, Sarkozy et Merkel trompent l'assistance : ils annoncent leur «volonté de mettre l’Allemagne et la France au service de l’Europe et d’une nouvelle régulation dans le monde». Mais où sont les propositions ? Ils ne soutiennent pas l'Europe, ils l'encadrent en fonction de leurs objectifs bi-nationaux. La présidence européenne n'est pas évoquée une seule fois.
Tertio, les deux dirigeants n'ont pas commenté l'évènement international de la semaine: les marchés financiers attaquent l'euro, inquiets des déficits publics européens. Ceux-là même qui ont failli coulé, et entrainé dans leur chute les épargnes des ménages et des entreprises occidentales, décrochent à nouveau. Portugal, Grèce et Espagne sont considérées comme des maillons faibles de l'union monétaire européenne. L'Espagne affiche une dette publique de 55% de son PIB. En France, l'endettement est prévu à 86% l'an prochain, dans la note transmise par le gouvernement Fillon-Sarkozy à Bruxelles lundi dernier. Jeudi, dettes, déficits ou endettement étaient des réalités oubliées du discours présidentiel. Sarkozy a peur. L'équation financière de sa politique est impossible.
L'UMP a peur
Mardi, Nicolas Sarkozy s'est rendu en Corse. Il est en campagne. Il faut sauver l'UMP en Corse. Oublié le mensonge électoral du 25 janvier dernier, quand il déclarait à Laurence Ferrari sur TF1 que ce n'était pas «le rôle du président de la République» que de s'impliquer dans la campagne. L'ensemble du gouvernement est mobilisé. Il multiplie les annonces, comme ce coup contre les Fonctionnaires pour rassurer son électorat conservateur. Lundi, la révélation d’un projet de décret permettant le licenciement d’un fonctionnaire sans affectation après trois refus de postes (sans conditions), a effectivement fait l’effet d’un choc. L’application du décret est annoncée pour avril ou mai. Mercredi, Chantal Jouanno (Ecologie) et Bruno Le Maire (Agriculture) trouvent 134 millions d'euros contre les algues vertes, pour créer une filière de ramassage de ces algues toxiques qui prolifèrent en Bretagne à cause de la pollution des sols par l'agriculture intensive. Quarante-huit heures après la publication d'un rapport accablant sur le mal-logement par la Fondation Abbé Pierre, leur collègue Benoist Apparu déniche un budget de 4,7 milliards d'euros d'aides en 2010 (versus 4,2 en 2009 et 3,7 en 2008), à travers le versement de 624 millions d'euros aux organismes HLM au titre d'aides à la pierre et 4 milliards sous forme d'aides et d'exonérations fiscales (TVA, taux d'intérêts préférentiels et taxe foncière). On oublierait presque que les aides directes ont été réduites de 25% en deux ans par le gouvernement Sarkozy ! En Corse, Sarkozy a aussi trouvé des milliards (deux pour être exact), dans sa malette de candidat permanent.
Le camp présidentiel a la trouille, la peur de perdre ces élections, et surtout la suivante, la grande, la vraie, celle de 2012. Un sondage annonce Dominique de Villepin à 10% des intentions de votes. Dominique Bussereau dérape contre Ségolène Royal et les harkis en Poitou-Charente. Valérie Pécresse et Eric Raoult se déchirent en Ile-de-France. Mercredi, Michèle Alliot-Marie a écrit une lettre à Brice Hortefeux d'une rare violence. L'assassinat d'un couple de personnes âgées avait conduit Brice Hortefeux à annoncer un prochain durcissement de la loi contre les auteurs de crimes contre les personnes âgées. L'ex-ministre de l'Identité Nationale s'est souvenu que deux tiers des plus de 50 ans avaient voté Nicolas Sarkozy en 2007. Il a appelé son plan «Tranquillité Senior». La Garde des Sceaux n'a pas apprécié qu'on marche ainsi, à tort, sur ses plates-bandes : «Les propositions en matière pénale sont faites soit par le ministre de la Justice, soit par les parlementaires» a-t-elle recadré, le week-end dernier. Puis, mercredi, elle balance sa lettre. Le texte de sa missive a été publié par Le Parisien, jeudi 4 février. Elle accuse son collègue d'être inefficace dans la lutte contre les violences dans les stades, et notamment le «nombre insuffisant de procédures faisant suite à des interpellations à l'issue des matches». Le «cher Brice» a répliqué, lui aussi par écrit, le lendemain. Et il accuse les services de sa collègue de la Justice de laxisme... L'ambiance est bonne au gouvernement !
La peur des retraites
Avec la réforme des retraites, le président français pense qu'il a une belle carte à jouer. Depuis des années, les gouvernements sont parvenus à culpabiliser et inquiéter les Français. La France a peur pour ses retraites. Personne n'y comprend rien, et personne ne prend la peine d'expliquer. La peur est un accessoire électoral toujours très efficace. Et les retraites sont un sujet qui peuvent, selon Sarkozy, placer la gauche en difficulté, après le récent cafouillage de Martine Aubry. Le débat démarre mal. Le camp présidentiel répète à l'envie que le coût des retraites est trop lourd, qu'il faudra allonger l'âge de départ à la retraite, que les Fonctionnaires devront s'aligner sur le régime privé, et qu'un consensus national est nécessaire. Il faut faire flipper l'électeur !
L'âge de départ à la retraite n'est pourtant pas le premier sujet. Qu'on parte à 60 ou 65 ans est une question inopérante si l'on omet de discuter de l'assiette et des modalités de calcul de cette solidarité nationale. L'espérance de vie est liée aux conditions de travail, mais la pénibilité est souvent le point d'échec des négociations. Pour financer les retraites, il faudra augmenter les cotisations, leur assiette (aux revenus financiers) et les salaires, trois pistes rarement évoquées à droite. Pensez-vous, il faudrait revenir sur les niches fiscales créées depuis 2002 ! Enfin, notre système de retraites ne tient pas compte des précarités nouvelles, des périodes de chômage, de temps partiel, des changements de postes et de filières qui sont le lot commun d'une majorité de Français. Mais de tous ces sujets, on ne parle pas, ou peu.
La semaine prochaine, Nicolas Sarkozy poursuivra sa campagne... dans les campagnes, avec un déplacement, mardi, «sur l’avenir des territoires ruraux». Gageons que cette fois-ci, ses communicants lui auront écrit un vrai nouveau discours. La dernière fois qu'il s'était exprimé sur le sujet, on avait découvert qu'il s'était contenté de répéter des paragraphes entiers d'une précédente allocution... La réflexion est souvent paralysée par la peur.
20:50 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozysocialiste, sarkozy
Roland Cayrol : "Il y a un pilote, Sarkozy, clairement identifié. Mais a-t-il un cap ?"
Fondateur de l'institut CSA, directeur du Centre d'études et d'analyses (Cetan), Roland Cayrol est directeur de recherche associé au Centre de recherches politiques de Sciences Po. Il commente les résultats du baromètre TNS-Sofres/Logica - réalisé du 29 janvier au 1er février auprès de 1 000 personnes -, publiés samedi 6 février dans Le Figaro Magazine. La cote de confiance du président y atteint 31 %, soit son plus bas niveau depuis mai 2007.
La cote de confiance de Nicolas Sarkozy est au plus bas. Ce désaveu est-il conjoncturel ou structurel ?
On ne saura que plus tard si ce résultat était ou non annonciateur de catastrophes électorales. Ce qui est sûr, c'est qu'il pose problème. Quand on veut réformer un pays, ce n'est pas forcément excellent de n'avoir le soutien actif que de son propre coeur de cible politique, l'électorat UMP, ainsi que des inactifs et des retraités. Pour changer un pays, le mettre en mouvement, il convient que les catégories les plus actives soutiennent l'action gouvernementale.
Quelle est la principale raison de cette perte de confiance ?
Lors des présidences de François Mitterrand puis de Jacques Chirac, les Français se demandaient s'il y avait un pilote dans l'avion. Ce trouble n'existe plus. Il y a un pilote, qui est clairement identifié. Mais les questions deviennent bien plus angoissantes : le pilote sait-il où il va ? A-t-il un cap ?
Le président s'est pourtant efforcé, le 25 janvier à la télévision, de faire la pédagogie des réformes...
Il y a un malentendu. Je ne sais pas si le président ne comprend pas l'attente de l'opinion ou s'il a décidé de ne pas la satisfaire pour le moment. Mais il s'est contenté d'expliquer chacune des réformes, sans faire de lien entre elles. Son idée est peut-être que la cohérence se dégagera d'elle-même, au fur et à mesure que l'on verra quels sont les outils qui fonctionnent.
De quel fusible dispose un hyperprésident ?
Il ne veut pas de fusible. Ce mode de gestion, qu'il a choisi, l'oblige à être sans arrêt en première ligne et à s'en tirer tout seul. Avec un premier ministre qui engrange tranquillement en popularité tout ce qu'il perd lui-même.
Quelles sont ses possibilités de rebond ?
Il faut que Nicolas Sarkozy s'habitue à gouverner avec une minorité de l'opinion. Cela va probablement durer. Le seul avantage qu'il a est que, si on demande aux gens si l'opposition ferait mieux à sa place, la réponse est clairement non.
Les régionales traduiront-elles encore une forme de cohabitation ?
Les Français, qui avaient apprécié la cohabitation au sommet, recherchent cette complémentarité nation-territoires, qui instaure une sorte de contre-pouvoir dans les institutions de proximité. C'est pour cette raison que l'expression de "bouclier social" utilisée par la gauche dans la campagne des régionales marche assez bien dans l'opinion.
Comment les Français expriment-ils leur mécontentement ?
On observe une protestation tristounette, un climat d'attente résignée. Il n'y a pas de croyance dans les acteurs de l'extrême gauche ou de l'extrême droite. Tout indique que l'on n'est pas dans une période de mobilisation sociale.
L'opinion a déjà intériorisé la nécessité de réformes qui ne lui font pas plaisir. Ainsi celle des retraites semble-t-elle faire l'objet d'une sorte de consensus social mou : on sait bien que nos acquis vont être rognés un peu plus, et que cela va être encore plus dur pour les générations suivantes. D'où ce climat de morosité, cette ambiance très grise.
L'impopularité du président favorise-t-elle l'opposition ou l'abstention ?
Les deux. La nature politique a horreur du vide. Il se produit mécaniquement un retour du Parti socialiste, facilité par le fait que les disputes au sommet paraissent s'être calmées. Mais la tentation de l'abstention revient elle aussi de manière très forte. Notamment dans les catégories les plus jeunes et les plus populaires.
Quel impact cela peut-il avoir sur la poursuite des réformes ?
On ne change en profondeur la société qu'avec son consentement nettement majoritaire. Et non lorsqu'on est en permanence en butte à l'hostilité, ou simplement aux doutes, de deux tiers des Français. Un pouvoir qui ne dit pas où il va et qui ne fournit pas les résultats escomptés n'est pas bien placé pour engager le dialogue indispensable.
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Nicolas Sarkozy, l'épine dans le pied de son propre parti
C'est au tour de la machine UMP d'être prise dans la spirale des dissensions internes.
Nicolas Sarkozy et François Fillon ont eu beau rappeler à l'ordre leurs troupes, les sommant de ressouder les rangs avant les élections régionales, ils semblent bel et bien avoir perdu la main. En témoigne ne serait-ce que la récente multiplication des petites querelles entre amis : polémique entre Brice Hortefeux et Michèle Alliot-Marie, entre Eric Raoult et Valérie Pécresse sur les listes UMP en Seine-Saint-Denis (la ministre a été accusée le week-end dernier par le député-maire du Raincy de "parachuter" ses amis en position éligible), protestations face à la place accordée aux alliés du parti majoritaire dans plusieurs régions… Et pas moyen, cette fois, d'accuser un Jean-François Copé de jouer perso ou un Dominique de Villepin de s'adonner à la manipulation. Vu le tour que prennent les choses, on pencherait plutôt pour la thèse de l'arroseur arrosé, voire celle du pompier pyromane. Car là où ça craque, c'est souvent aussi là où Nicolas Sarkozy a mis la main à la pâte.
Cette exaspérante ouverture
L'entrée au gouvernement de membres de l'opposition, à commencer par Bernard Kouchner, et de figures associatives estampillées à gauche (Fadela Amara, Martin Hirsch…), ainsi que les missions confiées à des ténors du PS (Jack Lang, Michel Rocard…) avait déjà fin grincer des dents au sein de l'UMP, où l'on n'a pas toujours apprécié que Nicolas Sarkozy privilégie des ennemis. Des critiques auxquelles le chef de l'Etat a opposé une fin de non recevoir, trop sûr de sa stratégie de débauchage qui n'a évidemment pas arrangé les affaires du PS.
A quelques semaines des régionales, la sacro sainte ouverture est de nouveau sujet d'exaspération dans les rangs de l'UMP. Mais cette fois, ce sont les places éligibles accordées aux formations alliées du parti présidentiel (Nouveau Centre, Gauche moderne de Jean-Marie Bockel, villiéristes…), qui sont la cible du mécontentement.
En témoigne la colère du député-maire de Phalempin (Nord), patron de la fédération UMP, Thierry Lazaro, dont Le Nouvel Observateur rapporte les propos si peu tendres, dans son édition du 4 février, à l'égard de la stratégie UMP : l'UMP préfère "la copinocratie à la méritocratie. Je n'ai jamais vu une campagne interne aussi foireuse", a lâché Thierry Lazaro, démissionnaire de sa deuxième place sur la liste conduite par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie (Nouveau Centre), Valérie Létard. Et de prévenir que si les résultats ne sont pas au rendez-vous à l'issue du scrutin, il n'hésitera pas à demander "une explication de texte".
Projets de lois et autres initiatives décriés
Nicolas Sarkozy a mouillé la chemise pour faire leur publicité ? Eh bien tant pis pour lui. Certains UMP n'ont pas hésité à crier haro sur la place publique contre plusieurs projets de loi pourtant chers au président.
La tribune, publiée en novembre, par Jean-Pierre Raffarin et 23 autres sénateurs contre la réforme de la taxe professionnelle n'a pas été au goût de Nicolas Sarkozy, qui l'a fait savoir à l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac. En vain. Le même jour, le président du Sénat Gérard Larcher prévenait que la Haute assemblée ne voterait pas la réforme de la taxe professionnelle "en l'état", soulignant que le gouvernement ne pouvait pas la conduire "n'importe comment".
Au même moment, une fronde s'organisait contre un autre projet phare du chef de l'Etat, le grand emprunt. Henri Guaino avait fait des petits : 63 députés de la majorité publiaient à leur tour, avec sa bénédiction, une tribune en faveur d'un montant élevé pour le grand emprunt. Nouvelle colère à l'Elysée, qui n'en démordra cependant pas : l'emprunt sera de 35 milliards d'euros et non pas 100, point barre. Mais le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy était un mois plus tard à l'initiative d'une autre offensive, en soutenant la pétition d'intellectuels parue dans Le Journal du dimanche en faveur du maintien de l'histoire en terminale S... Ce qui a donné lieu à une petite passe d'armes à l'Elysée.
Fin décembre, le coup partait cette fois du Conseil constitutionnel, qui retoquait la taxe carbone (après avoir fait de même six mois plus tôt avec la loi Hadopi). Là, la colère a laissé la place à la rage, et c'est sur un UMP que Nicolas Sarkozy a dirigé le tir : Jean-Louis Debré, le très chiraquien président du Conseil constitutionnel.
Enfin, le lancement du débat sur l'identité nationale a compté bon nombre de détracteurs au sein de l'UMP : des Jean-Pierre Raffarin (encore lui), Alain Juppé ou encore Yazid Sabeg n'ont pas lésiné dans leurs critiques.
Autant de couacs qui incitent à penser que c'est bien la méthode de gouvernance - le "c'est moi qui dirige, qu'importe ce que vous pensez" - du locataire de l'Elysée qui est à revoir.
Comment se tirer une balle dans le pied
Nicolas Sarkozy paraît aussi expert dans l'art de se tirer une balle dans le pied.
Il pourra toujours s'énerver contre les sorties controversées de Rama Yade, dont la dernière (son opposition à la suppression d'exonérations fiscales pour les sportifs, votée à l'Assemblée avec l'aval de sa ministre de tutelle Roselyne Bachelot) a valu à cette dernière une volée de bois vert, il va avoir du mal en s'en débarrasser, vu sa popularité. Mais c'est bien lui qui l'a voulue au gouvernement pour donner l'image d'un président promouvant la "diversité"...
Les deux récentes querelles entre Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux (sur la violence dans les stades et les sanctions des agressions contre des personnes âgées) n'ont apparemment rien à voir avec Nicolas Sarkozy. Sauf que, d'une part, leur prise de bec concerne des textes dont il est l'instigateur, et, d'autre part, il n'a pas fait preuve d'un grand tact pour essayer de réconcilier ces deux-là, qui ne s'aiment pas franchement. Ne serait-ce qu'en délogeant, lors du remaniement ministériel de juin dernier, du ministère de l'Intérieur la chiraquienne MAM contre son gré, pour y mettre le fidèle sarkozyste Hortefeux. Certes, Michèle Alliot-Marie a eu un beau lot de consolation avec la Justice doublée du grade de ministre d'Etat.
Le cas Dominique de Villepin est le plus parlant. La hargne dont a fait preuve le chef de l'Etat à son égard dans le procès Clearstream aura contribué à faire de l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac l'un de ses meilleurs opposants au sein de l'UMP. Selon le dernier sondage en date, Dominique de Villepin pourrait ainsi récolter 10% des voix s'il se présentait à la présidentielle de 2012.
Autre exemple : certes, Henri Guaino a tendance à prendre pas mal de libertés en s'exprimant publiquement à tort et à travers, mais c'est bien Nicolas Sarkozy qui a donné des pouvoirs surdimensionnés à ses conseillers. Résultat, l'ambiance n'est plus seulement extrêmement tendue à l'UMP mais également dans l'enceinte même de l'Elysée.
Diviser... pour mal régner ?
Un responsable de la majorité confiait au Nouvel Observateur en décembre que "le problème est que Sarkozy passe son temps à favoriser les antagonismes"... A ses propres dépens. A l'orée des élections régionales, l'Union pour la majorité présidentielle est en pleine désunion. Le chef de l'Etat se retrouve, sur son flanc droit, à devoir faire, comme le soulignait Le Nouvel Obs dans un article du 21 janvier, avec ses fidèles, les partisans de François Fillon, ceux qui n'ont pas lâché Dominique de Villepin, les soutiens de Jean-François Copé et ceux qui jurent toujours en Jacques Chirac. En matière de divisions, entre le PS et l'UMP, c'est un peu à qui rira bien rira le dernier...
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IRAN
09:16 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozysocialiste, sarkozy
Dans l'Essonne, Dray (PS) promet de «créer le buzz»
La tête de liste socialiste pour les régionales en Essonne, va filmer sa campagne et la diffuser, «en direct ou en léger différé», sur son blog et, dans un second temps, sur le site de campagne du chef de file du PS en Ile-de-France, Jean-Paul Huchon. Décidé à «créer le buzz», le candidat a souligné que la campagne essonnienne «n'est pas la campagne de Julien Dray, mais d'abord celle d'une équipe», qu'il juge «jeune, métissée et renouvelée». Celui-ci compte, par ailleurs, mener campagne au volant d'un «bus écologique» qui transportera les candidats à la rencontre des habitants.
07:30 Publié dans Vu dans Libé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozysocialiste, sarkozy







