28.02.2010

Sarkozy, le monarque impuissant

147e semaine de Sarkofrance pour Juan. Sarkozy nomme, Sarkozy régule, mais est-ce que cela a quelque influence que ce soit sur le cours des choses?



(Helge V. Keitel-flickr-cc)
(Helge V. Keitel-flickr-cc)
La République n'est pas morte, mais la monarchie sarkozyenne est déjà bien en place. Une monarchie qui nomme, convoque, régule, remercie. Mais une monarchie qui vacille, quand son story-telling est contredit par les faits. Et la réalité, comme toujours, est têtue.

Sarkozy régule

Cette semaine, le président français a tenu à montrer, une nouvelle fois, qu'il incarnait la régulation. Après les banques (l'été dernier), l'automobile (en janvier), voici au tour des dirigeants de Total de se voir convoqués à l'Elysée à cause d'un conflit social dans leur entreprise. N'espérez pas autre chose que des convocations. Point de loi pour mieux répartir les profits («dans trois mois, il tranchera» nous répète-t-on tous les 6 mois), ou réévaluer le rôle des salariés dans la gestion des entreprises. Sarkozy préfère convoquer dès qu'un conflit devient trop symbolique. Et cette fois-ci, il l'est. Total, multinationale multi-profitable, veut fermer une usine de raffinage à Dunkerque. L'Elysée lui avait secrètement demandé d'attendre l'issue des élections régionales pour l'annoncer. Les syndicats ont dévoilé le pot aux roses. La grève s'étend. Total assure la moitié de l'approvisionnement en essence du pays. Voici coup sur coup Thierry Desmaret, le président, puis Christophe de Margery, le directeur général, qui gravissent les marches de l'Elysée, sommés de s'expliquer. Sarkozy doit faire semblant d'être surpris. On imagine l'interrogation commune de Sarkozy et de ces patrons : que va-t-on dire au bon peuple en sortant de la réunion ? La monarchie a cette caractéristique politique bien précise que la régulation émane in fine du monarque et non des corps intermédiaires au premier rang desquels le parlement. En coulisses, certains relèvent que la régulation de l'énergie en France a pris un sacré coup ces dernières années : privatisation de GDF (malgré les promesses de Sarkozy ministre des Finances en 2004), ouverture du marché de l'électricité à la concurrence (Europe oblige), et maintenant un discret décret, paru la semaine dernière, qui conférait l'arbitrage ultime en matière de fixation des tarifs réglementés du gaz à une autorité indépendante. Auparavant, le ministre de l'Economie avait le dernier mot. GDF vient de révéler qu'il s'apprêtait à augmenter de 9% le prix du gaz le 1er avril prochain. En toute légalité sarkozyenne. Que fait Nicolas ?

Sarkozy nomme

Que le frère de Philippe de Villiers devienne chef d'état major particulier du président français n'est ni surprenant - vu la carrière de l'intéressé - ni choquant. En revanche, d'autres nominations le furent assurément. Sarkozy a choisi Didier Migaud pour présider la Cour des Comptes, en remplacement de Philippe Séguin. Le socialiste présidait jusqu'à lors la commission des finances de l'Assemblée Nationale. C'est la «relance de l'ouverture», la preuve que nous vivons dans «une démocratie aboutie» ont rapidement commenté quelques zélotes du Monarque élyséen. Vraiment ? Nicolas Sarkozy préfère un socialiste à la tête de cette institution de contrôle, pour deux raisons très simples : primo, il espère chahuter le parti socialiste. Jack Lang ne s'est d'ailleurs pas privé d'applaudir des deux mains avant même que cette nomination ne fut confirmée. Instrumentaliser les nominations à quelques semaines d'une échéance électorale est une opération politique minable. Secundo, tant qu'à être critiquer par la Cour des Comptes, il vaut mieux l'être par un socialiste dont il sera toujours facile de rappeler l'appartenance politique, que par un esprit indépendant de son propre camp.
Nicolas Sarkozy a aussi choisi Michel Charasse pour le conseil constitutionnel. Ce n'est plus de l'ouverture, c'est du retour d'ascenseur pour quelqu'un qui avait reçu en grandes pompes, juste avant le scrutin présidentiel de 2007, le candidat de l'UMP. Charasse a été exclu du parti socialiste officiellement en 2008. Cette nomination, il l'attendait avec gourmandise et ne s'en cachait pas. Le Monarque a également fait placer un ex-responsable internet de l'UMP au sein d'HADOPI, la haute autorité chargée de lutter contre les pirates du Net. Il n'y avait sans doute pas de meilleur candidat. Chez France Télécom, il a trouvé une place à Christine Albanel, son ancienne ministre de la Culture, et Pierre Louet, le patron de l'AFP. Ce dernier, pourtant tout juste réélu à la tête de l'agence, était vivement critiqué par l'UMP en 2008, qui accusait l'agence de rouler pour Ségolène Royal. Les deux travailleront pour Stéphane Richard, ancien dircab de Christine Lagarde, devenu en moins d'un an le patron de France Télécom.

Sarkozy crée

Mercredi, l'Elysée s'est félicité d'une commande d'un paquebot de croisière au constructeur public STX. «La commande de ce nouveau paquebot fournira 5 millions d'heures de travail à STX France» a sobrement commenté Nicolas Sarkozy sur son site internet. Le Monarque créé des emplois jusqu'en Poitou-Charentes. Des emplois, la France en a besoin. Le chômage a encore progressé en janvier. Les commentaires mensuels de ces envolées finissent par être lassants. Le 25 janvier dernier, Nicolas Sarkozy promettait à la télévision que le chômage allait baisser. On a vu. Sur les 4,4 millions de chômeurs que comptent le pays, quelques 323 000 sont les fameux Dispensés de Recherche d'Emploi. Ces derniers ont eu chaud. Laurent Wauquiez vient d'annoncer que Nicolas Sarkozy, dans sa grande clémence (ou sa grande prudence ?) avait décidé de «reconduire exceptionnellement l'allocation équivalent retraite» qui est versée aux seniors au chômage qui ne peuvent pas partir en retraite malgré tous leurs trimestres de cotisation, parce qu'ils n'ont pas encore 60 ans. Mais il y a mieux, ... ou pire : Wauquiez, cette semaine, a dû reconnaître que le chômage n'avait pas baissé en décembre. C'est la faute aux corrections des variations saisonnières. En mars 2009 déjà, le gouvernement avait changé de méthode de comptabilisation des chômeurs, et dissimulé ainsi quelques dizaines de milliers de demandeurs d'emploi. Nicolas Sarkozy s'est abrité derrière la baisse du chômage comme seule et unique réponse aux angoisses professionnelles et sociales des quelques témoins rassemblés par TF1 un soir de janvier. Un mois plus tard, on ne peut qu'être agacé, énervé, déçu par ce story-telling présidentiel permanent qui croit dompter la réalité. En décembre, le chômage a bel et bien augmenté. Du coup, pour se racheter, Laurent Wauquiez a lâché que l'Etat co-financerait pour plusieurs centaines de millions d'euros des aides aux chômeurs en fin de droits. Une promesse qu'il était incapable d'annoncer voici encore 10 jours. Lors du sommet social du 14 février, Sarkozy avait pourtant prévenu qu'il attendrait le diagnostic, en avril, avant de décider quoique ce soit. La Sarkofrance paniquerait-elle ?

La Sarkofrance a peur pour sa crédibilité. L'exemple grec d'un Etat secoué par la spéculation mondiale pour cause de surendettement a marqué les esprits. Là encore, Sarkozy a joué les donneurs de leçons. Depuis 18 mois, il s'est fait le chantre de la régulation de la finance mondiale sur toutes les tribunes mondiales. Tout en protégeant son bouclier fiscal et les autres baisses d'impôts, qui bénéficient en premier lieu aux spéculateurs en tous genres. La France n'est pas mieux lotie que la Grèce. Le gouvernement français escamote comme il peut le dérapage de sa dette publique. Pour défendre son grand emprunt, il se paye des pages de publicité dans tous les journaux du pays figurant une Marianne enceinte souriant à l'horizon. Mieux, il cache dans la CADES, la Caisse d'amortissement de la dette sociale créée par Alain Juppé premier ministre en 1995, quelques 93 milliards d'euros de dettes depuis sa création. Comme la Cades est un organisme juridiquement indépendant, sa dette n'est pas consolidée dans les comptes de la Nation. Et hop ! En 2009, Eric Woerth a innové : il a fait émettre par l'ACOSS, la caisse centrale des URSSAF quelques 65 milliards d'euros de billets de trésorerie pour financer son propre déficit de financement.

Jeudi, Nicolas Sarkozy a révélé combien il était à cours d'idées. Il a demandé à Jacques Attali de reconstituer sa commission de 40 experts pour proposer dès la mi-mai « des réformes nouvelles pour accroître le potentiel de croissance de notre pays dans les domaines de la création d'emplois et de la réforme du marché des biens et services pour augmenter le pouvoir d'achat et pour simplifier les procédures qui pèsent sur l'activité économique ».  Habiller l'action politique par la création de commissions aussi vite oubliées est une autre forme de boulimie sarkozyenne.

Sarkozy remercie

Mercredi, le Monarque s'est envolée pour le Gabon, avant d'aller au Rwanda le lendemain. Il veut, et peut, remercier Ali Bongo, fils d'Omar et président du pays. Nicolas Sarkozy aime les dictateurs quand ils sont utiles. Et utile, le Gabon l'est assurément. Le pays est riche en pétrole et surtout en uranium, ce minerai si précieux pour la filière nucléaire française. Sarkozy était accompagné de son fidèle secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet. Ce dernier possède également une société de distribution de bateaux équipés de bois précieux africains. La protection des forêts est un sujet qui importe en Sarkofrance... Au Gabon, Sarkozy a dit l'inverse de la vérité : la France n'aurait pas soutenu la candidature d'Ali Bongo lors des élections présidentielles gabonaises de l'été dernier. Bien sûr. Oubliées les belles promesses de rupture avec le soutien aux dictatures et, notamment, la Françafrique. Le Monarque français a poursuivi son périple au Rwanda, pour un exercice de vraie-fausse repentance. Sur place, il a reconnu les erreurs passées de la France, notamment au moment du génocide de 1994, mais s'est refusé, à plusieurs reprises, d'utiliser le terme d'excuses.: «Nous ne sommes pas ici pour s'amuser, pour faire la course au vocabulaire». On reconnaît qu'on s'est planté, mais on ne s'excuse pas. Voici une courtoisie toute diplomatique !

Sarkozy s'inquiète

Tout monarque qu'il est, Nicolas Sarkozy s'inquiète. La France ne répond pas à ses attentes. Deux ans et demi déjà qu'il est impopulaire. Jamais il n'a réussi à redresser la barre. Les élections régionales approchent. Ses proches choisissent une ligne dure, faite de coups bas et de dérapages. Marie-Luce Penchard ne semble pas s'être remise de sa gaffe quand elle déclarait voici 15 jours qu'elle souhaitait réserver un maximum de fonds publics de l'Outre-Mer à la seule Guadeloupe où elle est candidate. Une gaffe qui a provoqué l'ire présidentielle à en croire le Canard Enchaîné. Samedi dernier, deux zélotes de l'UMP ont attaqué un candidat socialiste, Ali Soumaré, l'accusant d'être un «délinquant multirécidiviste chevronné». Des trois accusations, l'une est fausse, l'autre invérifiable pour quiconque n'a pas accès au fichier STIC de la police, et la troisième purgée depuis plus de 5 ans. Un temps sonnés par la grossièreté de leur propre bassesse, les dirigeants de l'UMP se sont ressaisis en début de semaine, vantant l'exigence de transparence des passés judiciaires des candidats. «La transparence est une condition indispensable quand on sollicite la confiance des électeurs» a déclaré Xavier Bertrand mercredi. «Il faut qu'il y ait un avant Soumaré et un après Soumaré» a renchéri l'ineffable Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP. Bizarrement, M. Lefebvre n'a jamais eu les mêmes exigences de transparence sur ses propres liens avec les milieux d'affaires via son cabinet de lobbying.

Samedi, le Salon de l'Agriculture a ouvert ses portes à Paris. Nicolas Sarkozy n'était pas là pour l'inauguration. Cette manifestation est une épreuve pour lui, une confrontation avec une réalité qu'il déteste.

Fillon : le chômage augmentera "jusqu'à mi-2010"

C'est ce que prédit François Fillon : "Les chiffres sont très mauvais ans dans la plupart des autres pays européens".

François Fillon (Reuters)

 

François Fillon (Reuters)

 

Le Premier ministre, François Fillon, a estimé que le chômage allait continuer d'augmenter "au moins jusqu'à la mi-2010", à l'occasion d'un déplacement jeudi 25 février en Seine-Maritime pour soutenir la campagne régionale du ministre Bruno Le Maire (Agriculture).
"On voit qu'autour de nous le chômage augmente encore très fortement, aux Etats-Unis aujourd'hui même", a déclaré François Fillon.
"Les chiffres sont très mauvais ans dans la plupart des autres pays européens, donc on va sortir de la récession de manière progressive, ça veut dire qu'au moins jusqu'à la mi-2010 on va voir le chômage augmenter", a-t-il ajouté lors d'un point de presse après la visite d'un site Thalès à Ymare.
Le nombre de personnes inscrites au chômage a augmenté en janvier, notamment les chômeurs de longue durée qui risquent d'arriver en fin de droits dans le courant de l'année, selon des chiffres publiés mercredi en fin de journée.
En janvier, le nombre des inscrits à Pôle emploi sans aucune activité (catégorie A) a augmenté de 19.500 (+0,7%), atteignant le chiffre de 2,66 millions.
Il n'y a pas eu de baisse du chômage en décembre dernier, mais une stabilité, a par ailleurs reconnu le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez, ce jeudi. Il a également annoncé que l'Etat et l'assurance chômage (Unedic) vont allouer ensemble "plusieurs centaines de millions d'euros" pour des chômeurs en fin de droits.

Ile-de-France : pourquoi la campagne de Pécresse ne décolle pas

Valérie Pécresse savait, en s’engageant dans la bataille des régionales en Ile-de-France, que la partie ne serait pas facile. Mais, à trois semaines du premier tour, les chances de la ministre de l’enseignement supérieur semblent se réduire.

Des sondages qui laissent peu d’espoir à l’UMP.  L’Ile-de-France était, avant le début de la campagne, un espoir de reconquête pour l’UMP. Dans une région où le parti présidentiel a perdu du terrain ces dernières années, l’Elysée s’est directement impliqué dans la composition des listes. Le choix d’une ministre et de trois secrétaires d’Etat (Rama Yade, Nathalie Kosciusko-Morizet et Chantal Jouanno) en bonne place devait donner à la campagne une image rajeunie et féminisée. Une équipe de nature à séduire un électorat large, au-delà de la droite traditionnelle. Face à un Jean-Paul Huchon en course pour un troisième mandat, qui doit composer avec la montée d’Europe-Ecologie.

Mais aucun sondage ne donne espoir aux troupes UMP. Si Valérie Pécresse arrive dans les enquêtes d’opinion en tête au premier tour, elle n’est jamais donnée gagnante. Plus difficile encore, selon le sondage TNS-Sofres pour Le Monde, France 2, France 3 et France Inter, seuls 43 % des franciliens ont une bonne image de Mme Pécresse. Et 53 % des sondés prêts à voter UMP se disent satisfaits du bilan de Jean-Paul Huchon. Surtout, la droite pourrait être handicapée par sa stratégie d’alliance dès le premier tour. De fait, la liste de la majorité ne dispose que de très peu de réserves de voix pour le second tour.

L’embarrassante affaire Ali Soumaré. Le lancement par le maire UMP de Franconville, Françis Delattre (Lire son portrait), qui n’est pas candidat aux régionales, a mis Valérie Pécresse dans une position délicate. La candidate UMP a d’abord paru pouvoir profiter des déboires judiciaires présumés du candidat PS dans le Val-d’Oise.

Si elle a finalement condamné les attaques du maire de Franconville, les réactions de son camp ont été mitigées. Chantal Jouanno, tête de liste parisienne, a estimé qu’elle “n’aurait pas nécessairement fait” comme Francis Delattre. Mais Axel Poniatowski, tête de liste dans le Val-d’Oise, continue d’affirmer que, malgré les erreurs de l’accusation, “il n’en reste pas moins que M. Soumaré est un personnage obscur”. S’il est trop tôt pour savoir si cette séquence profitera ou nuira à l’UMP, elle a en tout cas donné l’image d’une campagne où tous les coups sont permis.

La grogne de certains élus UMP franciliens. La difficile composition des listes, sous contrôle de l’Elysée (Lire la note : Sarkozy arbitre à l’UMP à Paris), a laissé des traces dans la majorité. Le député de Seine-Saint-Denis Eric Raoult a dénoncé la “bavure” de Valérie Pecresse, après avoir été écarté des listes. (Lire l’entretien avec Eric Raoult) Mais des candidats présents sur les listes ont également fait part de leur scepticisme quant à la manière dont est conduite la campagne, à l’image du conseiller de Paris Pierre-Yves Bournazel, qui craignait le retour de “la machine à perdre”. (Voir la note : Affaire Soumaré, le front UMP se fissure)

Difficile de se démarquer sur le fond. Un des problèmes, et non des moindres, pour la candidate UMP, est de parvenir à se démarquer sur le fond du bilan sortant de Jean-Paul Huchon. Elle a essayé de le faire, de manière assez offensive, sur la question de la sécurité dans les lycées ou sur les transports. Mais, dans les détails des programmes, plusieurs propositions de l’UMP rejoignent celles de la gauche sur les infrastructures de transports. (voir les propositions de candidats)

La volonté de mettre en avant le Grand Paris comme projet phare de la campagne UMP rend également difficile pour les électeurs la lisibilité du projet de la candidate. Et les désaccords feutrés entre Valérie Pécresse et Chantal Jouanno sur la question du péage urbain n’arrange rien.

Ali Soumaré: «le seul verdict qui compte, c'est le 14 et 21 mars»


Ali Soumaré: «le seul verdict qui compte: le 14 et 21 mars»

Pour la première fois en vidéo, notre candidat dans le Val-d'Oise revient sur les accusations mensongères que l'UMP a portées contre lui. Reconnaissant avoir vécu «des jours assez pénibles» il se réjouit toutefois du soutien «impeccable» que lui ont apporté les leaders socialistes.

>> La désintox point par point des accusations de l'UMP ici...

Tout en assurant avoir «confiance dans la justice» pour faire «toute la lumière» sur les procédés employés par l'UMP, Ali Soumaré souhaite à présent tourner la page pour «faire la pédagogie de la campagne et aller mobiliser les abstentionnistes.»«Le seul verdict qui compte c'est le 14 et 21 mars», dit-il.

 

27.02.2010

«Chômage : Nicolas Sarkozy, deux fois contredit par les faits, doit enfin agir», par Martine Aubry

C’est sans surprise, malheureusement, compte tenu de la situation économique de notre pays et de la passivité du gouvernement, que j’ai pris connaissance des chiffres du chômage.
 
Ils contredisent doublement et de manière cinglante le Président de la République, qui, le 25 janvier dernier sur TF1, avait annoncé une baisse du chômage dans les semaines qui viennent. Non seulement, il y a eu, en janvier, 19 500 chômeurs en plus mais on apprend aujourd'hui que la prétendue baisse de décembre, qui était venue "opportunément" ponctuer les propos du Président de la République au lendemain de sa déclaration, n'a pas eu lieu. Les chiffres de décembre ont été sévèrement révisés à la hausse (+34 000) ce qui inverse totalement la tendance initialement annoncée (-18 500).
 
Cette peu glorieuse tentative de récupération serait risible si nous n’étions pas devant une réalité particulièrement inquiétante : si rien n'est fait, tout laisse à penser que nous risquons d’avoir 200 à 300 000 chômeurs en plus cette année. La crise sociale n'est pas terminée.
 
Ces chiffres sont d’autant plus inquiétants que la consommation a connu un recul important (-2,7%) en janvier. Cette baisse de la consommation est la conséquence de la contraction du pouvoir d’achat qui touche les salariés et les retraités. Retraités qui ont lancé hier un cri d’alarme en manifestant partout en France pour le niveau de leur retraite, et leur difficulté grandissante à faire face aux dépenses de santé qui sont de moins en moins bien remboursées.
 
Face à cette situation, le gouvernement reste inactif. Je demande des mesures urgentes pour soutenir la consommation et éviter une rechute économique et pour aider les Français confrontés à la crise sociale  :
- une Allocation Solidarité Crise qui prolonge de six mois l’indemnisation chômage pour les 600 000 chômeurs en fin de droit qui vont se retrouver sans ressource en 2010 ;
- une hausse du SMIC et des petites pensions, comme s’y était engagé le Président de la République, pour soutenir le pouvoir d’achat et la consommation ;
- la possibilité pour tout jeune ayant été salarié, quel que soit son âge, de toucher un revenu d’insertion.
 
Pour l’emploi, notamment des jeunes, je demande le rétablissement des emplois aidés, notamment des emplois jeunes et la relance des contrats d’apprentissage qui ont fortement baissé en 2009.
 
Au-delà, face aux licenciements massifs, il faut agir pour la formation des chômeurs et pour la réindustrialisation des sites fermés, comme le font les régions de gauche, trop souvent avec un soutien absent ou insuffisant de l’Etat. Il faut soutenir les PME victimes de l’étranglement du crédit et de la pression des donneurs d’ordre et avancer vers un vrai pilotage industriel, comme je l’ai demandé lundi dernier en présentant les propositions du Parti socialiste pour une nouvelle politique industrielle.

 

TRANSPORTS : Les 5 contre-vérités de l'UMP

TRANSPORTS : Les 5 contre-vérités de l'UMP

Contre-vérité n°1 : « Les transports sont de la responsabilité de la région depuis 1982 »

Faux !

Depuis 1982, l’Etat et la Région co-décident des grandes infrastructures à construire et se partagent leur financement dans le cadre des Contrats de Plan Etat-Région. En utilisant cet argument, l’UMP reconnaît que l’Etat est donc co-responsable de la situation des transports dans notre Région, ce qui est vrai. En effet, l’Etat a préféré investir pendant des décennies dans les TGV plutôt que dans notre Région alors même que la majorité des déplacements ferrés se fait en Ile-de-France. En 2000, conscient des retards accumulés, le gouvernement dirigé par Lionel Jospin a signé un contrat avec la Région prévoyant la construction de plusieurs lignes de tramways ou la modernisation des RER. La droite revenue au pouvoir en 2002 a bloqué sa part de financement dans notre région, ce qui a entraîné un retard dans la construction d’infrastructures indispensables aux usagers.

Contre-vérité n°2 : « Le STIF a pour mission de financer le fonctionnement des transports, non de construire de nouvelles lignes de métro ou de RER »

Faux !

Le STIF finance le fonctionnement des transports mais participe également à l’investissement des grandes infrastructures. Que Valérie Pécresse et les candidats de sa liste se renseignent auprès de Roger Karoutchi, administrateur du STIF. Mais c’est vrai que ce dernier est assez peu présent dans la campagne des régionales…

Contre-vérité n°3 : « L’Etat ne bloque pas le Plan de mobilisation pour les transports, adopté par les collectivités franciliennes »

Faux !

Si ce plan a été proposé par la Région, c’est justement pour combler le retard prit, à cause du désengagement de l’Etat, sur certaines infrastructures. Ce plan, piloté par la Région, associe TOUS les départements, y compris les Hauts-de-Seine, dirigés par Patrick Devedjan et les Yvelines (qui s’est engagé et va le signer prochainement). Il était simplement demandé à l’Etat de voter des lois nous permettant de financer ce plan. Malgré ce refus, ce plan se fera, mais plus lentement. Les usagers ne peuvent plus attendre. Il n’est rien demandé financièrement à la SNCF et à la RATP. Nous demandions que RFF, entreprise publique qui gère les infrastructures ferrées, participe à ce plan. RFF a également refusé de participer.

Contre-vérité n°4 : « Le plan de mobilisation, c’est le prétexte qu’a trouvé Jean-Paul Huchon pour bloquer le Grand Paris »

Faux !

Le Plan de Mobilisation est antérieur au projet de Grand Paris. Rappelons simplement que le Plan de Mobilisation répond aux vrais besoins des franciliens (modernisation des RER, construction ou prolongement de 9 lignes de tramway, prolongement du RER E jusqu’à La Défense et au Mantois, modernisation du matériel roulant). Ce Plan prévoit également la création d’une rocade ferrée en première couronne, Arc Express, qui évitera aux usagers de passer par Paris pour se rendre d’un point à l’autre de l’Ile-de-France. La plupart de ces opérations auraient effectivement dû voir le jour il y a longtemps, mais elles sont été bloquées parce que l’Etat n’a pas tenu sa parole ! Nous devons aujourd’hui accélérer la construction d’opérations indispensables. C’est l’objet de ce Plan. Face à ce Plan, le projet de Grand Paris, qui se réduit uniquement à une ligne de métro automatique, ne répond en rien aux besoins des franciliens. Il relierait uniquement quelques zones d’activités spécialisées (Roissy, La Défense, le Plateau de Saclay…). La localisation des 40 stations de ce métro n’est pas encore connue tout comme son mode de financement. Ce projet est donc totalement virtuel, contrairement au Plan de Mobilisation qui fait des propositions concrètes, répondant directement aux besoins des franciliens.

Contre-vérité n°5 : « La vérité, c’est que la région n’a jamais accepté de financer massivement l’achat de nouvelles rames et de nouveaux wagons »

Faux !

On présume que cette accusation porte sur le matériel de la RATP. C’est faux puisque le STIF participe au financement, pour plus d’un milliard d’euros, le matériel du RER A. Mais il faut rappeler que la RATP est une entreprise publique, et qu’à ce titre, c’est à son actionnaire unique, l’Etat, que revient la charge du financement du matériel

 

Appel contre la suppression du juge d'instruction

Alors que la concertation sur la réforme de la procédure pénale débute mardi, magistrats et associations de victimes demandent au président de renoncer à un projet qui "constitue une régression".

Magistrats et associations de victimes s'élèvent contre le projet de suppression du juge d'instruction (Reuters)

 

Magistrats et associations de victimes s'élèvent contre le projet de suppression du juge d'instruction (Reuters)

(c) Reuters

 

Pas moins de seize organisations représentant magistrats et associations de victimes ont écrit à Nicolas Sarkozy pour lui demander de renoncer au projet de suppression du juge d'instruction, ont-elles annoncé vendredi 26 février.
"Ce projet constitue une régression pour les droits des victimes, et plus généralement de tous les justiciables", écrivent les signataires dans ce courrier daté du 25 février.
Il "risque de renforcer la suspicion des citoyens vis-à-vis de leur justice et d'aboutir à une perte de confiance généralisée dans l'un des piliers de la démocratie", estiment-ils.
Ils rappellent que "la Commission d'Enquête Parlementaire dite d'Outreau, après un travail minutieux de plusieurs mois et une très large concertation, avait clairement rejeté l'idée de la suppression du juge d'instruction au profit de la collégialité de l'instruction".

Un projet de loi d'ici l'été


"Nous vous demandons de renoncer au projet de suppression du juge d'instruction au profit d'une réforme de la procédure pénale retenant les principes suivants : direction effective de l'enquête par une collégialité de magistrats statutairement indépendants du pouvoir politique", "renforcement du contrôle de l'enquête par une juridiction de second degré", "renforcement du contrôle de l'enquête par les parties elles-mêmes", ajoutent-ils.
Alors que la concertation sur l'avant-projet de texte doit débuter mardi entre la Chancellerie et les différents acteurs concernés, ces associations demandent au chef de l'Etat de les recevoir, afin de pouvoir lui présenter leurs arguments. La réforme de la procédure pénale doit faire l'objet d'un projet de loi d'ici l'été.
Cette lettre est signée notamment par l'Union Syndicale des Magistrats (USM, majoritaire), l'Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante (Andeva), l'Association française des Victimes du Terrorisme (AFVT), la Confédération Syndicale des Familles (CSF) et l'Association Française des Magistrats Instructeurs (AFMI).

Affaire Soumaré: la droite pressée de tourner la page

Point, à la ligne. Après une petite semaine d’intense polémique autour de l’initiative des deux maires UMP du Val-d’Oise qui ont mis sur le dos du socialiste Ali Soumaré cinq affaires judiciaires, dont un vol aggravé pour lequel un homonyme avait été condamné, la droite veut boucler cette affaire au plus vite.

Ainsi, François Fillon, jusqu’alors silencieux, a regretté qu’on «parle beaucoup trop» de la controverse, embarrassante pour l’UMP francilienne, au détriment «du fond». Voeu qu’avait formulé son collègue, ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, mercredi, appelant à un climat de campagne «calme, apaisé, de confrontation d’idées». Sur la démarche qui consiste à exhumer le passé judiciaire de ses adversaires, le Premier ministre ne trouve guère à redire: «les électeurs ont droit à la plus grande transparence. [...] Quand on est candidat, il faut être exemplaire, et ça vaut pour tout le monde», estime-t-il.

Pour le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, la situation est désormais «très nettement clarifiée» concernant la tête de liste PS du Val-d’Oise, le maire (UMP) de Franconville, Francis Delattre, ayant présenté ses excuses pour l’erreur de l’homonymie. Sauf côté socialiste, juge-t-il sur Radio Classique : «Il y a en revanche les autres sujets pour lesquels M. Soumaré aurait dû s’expliquer dès le départ.» Bertrand voit dans les suites données à cette affaire un contrefeu allumé par le PS pour «faire oublier la tragi-comédie» autour de Georges Frêche en Languedoc-Roussillon.

«Maintenant, c’est dit»

Jean-François Copé développe le même argument pour clore le chapitre Soumaré : «Il y a des fait avérés, maintenant c’est dit. Ça a été mis à la connaissance du public, maintenant il faut tourner la page», a expédié le chef de file des députés UMP, arguant à son tour qu’«il y a eu tout de même des condamnations avérées».

Le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, n’en démord pourtant pas: «Je continue de penser que quelqu’un de condamné n’est pas un exemple, je pense même que c’est stigmatiser la diversité», a-t-il blâmé, mercredi sur France Info, voyant dans l’investiture d’Ali Soumaré une première: «Aucun parti politique n’avait osé présenter quelqu’un de condamné pour des actes graves comme tête de liste.» Mais le porte-parole s’était efforcé de conclure la polémique, en appelant à «un avant Soumaré et un après Soumaré» et en proposant notamment que les candidats rendent désormais public leur casier judiciaire.

Pas si vite, semblent dire les socialistes. L’ancien premier sécrétaire du PS, François Hollande, considère, dans un entretien jeudi à Aujourd’hui en Fance/Le Parisien, que «ceux qui ont diffamé deviendront à leur tour des délinquants» et rappelle le principe selon lequel «une fois qu’une condamnation est prescrite, elle est oubliée». Mais se radoucit au sujet de la chef de file de l’UMP en Ile-de-France, Valérie Pécresse, qui avait «condamné l’initiative de Francis Delattre»: «Quoique tardif, son démenti est le bienvenu. Je lui accorde la bonne foi quand elle dit qu’elle n’a jamais été avertie. Mais elle n’aurait jamais dû tolérer un tel procédé», a-t-il estimé.

26.02.2010

L'affaire Soumaré «est l’expression d'une campagne qui n’accroche pas sur le fond»

Stéphane Rozès, président du cabinet CAP (Conseils, Analyses et Perspectives) et enseignant à Sciences-Po et à HEC, voit dans les polémiques de la campagne le signe d'une «crise de leadership à gauche et à droite».

Qu’y a-t-il de nouveau dans la controverse autour d’Ali Soumaré ?

Les attaques personnelles ont toujours existé lors des campagnes, mais il est très étonnant que le passé judiciaire d’un candidat ait pu être recherché et mis en avant. Notre construction républicaine, qui n’est pas la tradition anglo-saxonne, sépare en principe la vie privée de l’exercice public.

Si les hommes politiques sont portés par le fond, s’ils ont à offrir une proposition qui fait sens, il n’y a pas de raison que la vulgarité l’emporte. Mais les mises en cause, les attaques personnelles sont toujours l’expression d’une campagne qui n’accroche pas sur le fond.

Cette campagne est-elle particulièrement polémique ?

Les «coups bas» sont le lot de toutes les campagnes. Mais celle-ci peine à porter les préoccupations des Français et à expliquer en quoi le scrutin est un enjeu pour leur quotidien. Les formations politiques ont des difficultés à mettre en avant le contenu de leur projet.

Par ailleurs, nous sommes dans un contexte de crise économique et sociale, ce qui entraîne un repli sur les questions quotidiennes et sur la proximité: davantage la famille et le quartier que la région. Car malgré la décentralisation et le pouvoir réel des régions, celles-ci sont plus perçues comme des organes administratifs que comme des instances politiques. Et les Français ont besoin de se raccrocher à une personnalité politique: or, en votant pour une liste, il est plus difficile de s’approprier un élu.

Outre le mode de scrutin et la question du rôle de la région, pourquoi les politiques ne parviennent-ils pas à capter l’attention des électeurs sur le fond ?

Le moment politique explique aussi ce climat délétère. La droite est désordonnée, Nicolas Sarkozy qui a longtemps monopolisé l’attention voit aujourd’hui les Français se détourner de lui, sans que la gauche n’incarne une force de propositions alternatives crédible.

L’affaire Frêche et l’affaire Soumaré témoignent respectivement de cette crise de leadership à gauche – ce qui n’est pas neuf –, et à droite – c’est la nouveauté.

Dans aucun des deux camps, le personnel politique ne se sent pas porté par une perspective forte et se laisse aller à des mises en cause personnelles. Ce qui va entretenir encore le risque abstentionniste, surtout si les accusations portent sur le passé ou donnent l’impression de stigmatiser tel ou tel.

Les hommes gagnent plus que les femmes dès le début de carrière

Cherchez l'erreur. Les jeunes femmes ont beau être plus formées que les hommes de leur âge, elles gagnent moins d'argent...  Dans sa dernière enquête publiée , l'Insee se penche sur les différences entre hommes et femmes en début de carrière.

Reprenons. Au cours des 25 dernières années, les femmes n'ont cessé de creuser l'écart avec les hommes en matière d'études. En 1984, 19% des garçons et 20% des filles (entrés dans la vie active depuis moins de six ans), avaient un diplôme de l'enseignement supérieur. En 2008, elles sont 51% contre 37% de garçons.

Parce que mieux formées, les filles accèdent plus facilement à des emplois qualifiés. En 2008, 48% des jeunes filles occupent une profession intermédiaire ou un emploi de cadre, contre 43 % des garçons.

Si l'on compare les taux de chômage

Elles sont également un peu plus protégées du risque de chômage que les garçons. Soit un taux de chômage de 14% pour les femmes entrant dans la vie active contre 16% pour les hommes. Mais, quand on place le curseur à niveau de diplôme égal, le taux de chômage des femmes reste souvent plus élevé... Elément d'explication de l'Insee: «les spécialités de formation qu'elles choisissent ne correspondent pas toujours aux besoins du marché du travail».

Elles ont aussi plus de chance d'être en situation de sous-emploi. «En 2008, 11 % des débutantes occupant un emploi souhaitent travailler davantage contre seulement 4 % des débutants...»

Si l'on compare les salaires

Autre constat: les femmes gagnent moins que leurs collègues hommes dès le début de carrière. L'écart est de 10% en comparant le salaire médian (la moitié des actifs gagne moins et que l'autre moitié gagne plus). Il s'élève à 1380 euros par mois (salaire net) pour les hommes et 1260 euros pour les femmes en 2008.

Et les écarts de salaire sont plus élevés encore aux deux extrémités des niveaux de diplôme (sans-diplôme et diplômés du supérieur long). «En moyenne entre 2003 et 2008, les hommes non diplômés gagnent en début de vie active 23 % de plus que les femmes de même niveau. Chez les diplômés du supérieur long, cet écart est de 21 %. Mais il se réduit à 7 % parmi les titulaires d'un diplôme de niveau bac + 2.»

Le temps partiel explique en partie ces différences de salaires, selon l'Insee. Une jeune femme sur cinq travaille à temps partiel, contre seulement un jeune homme sur quinze. Sauf que «chez les diplômés du supérieur, le temps partiel est peu fréquent et n'explique qu'une faible partie des écarts salariaux...»

Rappelons que tous âges confondus, l'écart de salaires en faveur des hommes est plus important : + 19 % tous emplois confondus, + 12 % à temps plein.

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