05.03.2010
Pécresse, le boulet de la droite francilienne
La campagne de Valérie Pécresse, tête de liste UMP pour les Régionales en Île-de-France, est au plus bas. David de Reversus revient sur une campagne faites de bourdes, dérapages et divisions internes.
Avant de vilipender V.Pécresse, il faut reconnaître que son camp l’aura piètrement soutenue lors de ces élections régionales. Il suffit d’évoquer les nombreux dérapages d’Yves Jégo sur la toile (que ce soit sur Twitter ou sur son blog ) ou bien encore le récit truculent de sa première expérience sexuelle lors des fameuses soirées Pizzas 2.0.
Rajoutez à cela une Chantal Jouanno réclamant l’automatisation de la ligne 14 et un Roger Karoutchi tentant de déstabiliser son ancienne rivale sur le site Lesindiscrets.com pour comprendre que ces élections n’avaient rien d’une partie de plaisir.
Plus personne ne mise sur ces drôles de dames
Aujourd’hui, plus personne ne mise sur ces drôles de dames de l’UMP. Pire, selon Libération, si « elles font encore campagne, c’est moins pour gagner en Ile-de-France que pour préparer leurs propres rendez-vous électoraux. Rama Yade se bat à Colombes, où elle espère se faire élire député en 2012. Jouanno veut s’imposer, à Paris, comme une figure incontournable de l’après-Delanoë. »
Dans un de ces billets, Authueil prévenait : « se présenter aux élections est loin d’être une promenade de santé. A la limite, devenir ministre, c’est plus facile, il suffit de se faire bien voir d’une personne. Quand vous êtes candidat, vous devez faire vos preuves, soit pour être désigné candidat, soit après dans la campagne. Et ça peut être violent, en tout cas, c’est toujours un test de survie, qui permet de voir ce que vous avez dans le ventre. »
Bévues et maladresses
En revanche, miser sur l’image plutôt que sur une solide expérience des campagnes et de la région a bien été l’erreur de cette campagne. R.Karoutchi aurait sans doute été en mesure d’inquiéter davantage J.P Huchon s’il avait été candidat.
Valérie Pécresse a depuis le début de la campagne multiplié les maladresses et les bévues. Son inexpérience couplée à son manque évident de charisme a fait imploser la campagne de l’UMP en vol. Ses bourdes font le plaisir des gazettes et du Petit Journal de Canal +.
Revoir les meilleures séquences vidéos grâce à cette perle :
Pécresse snobe les blogueurs
Avant de se rendre à cette rencontre, nous avions épluché « ce fameux projet ». Mais dans son programme de 30 pages, le « numérique » n’est évoqué qu’à 3 reprises et pour seulement deux propositions : « Faire entrer les lycéens dans l’ère numérique : haut débit, manuel en ligne, tableaux blancs interactifs » et « Créer une maison de la création numérique : accès aux ateliers d’artistes, atelier de découverte pour les plus jeunes, retransmission en direct de grands évènements. »
Deux idées déjà été mises en place par J.P Huchon avec le réseau « Lilie » pour les lycées et la création de la Cantine, espace dédié au Numérique. Nous avions donc de nombreuses questions à lui poser.
Malheureusement, Valérie Pécresse n’est jamais venue à cette rencontre. Outre l’amateurisme flagrant de cette réunion (temps d’attente extrêmement long, aucunes présentations, apparition et disparition de certains intervenants dont NKM), aucune nouvelle idée n’a émergé. Nous avions plutôt l’impression de servir de faire-valoir à l’UMP suite au succès de la rencontre organisée par Anne Hidalgo sur le Numérique peu de temps auparavant.
Et si elle perdait son ministère...
Face à l’absence de V.Pécresse, c’est André Santini qui a dû s’improviser animateur de ce débat sur les « nouvelles technologies », ce qui prenait parfois des tournures grand-guignolesques. Il s’agit là d’un sujet qu’il maitrise peu, ce qui ne l’empêchait pas de tacler le PS en déclarant, un brin péremptoire, « qu’il n’avait pas senti de la part de la région le désir d’aider le numérique ».
En attendant, J.P Huchon et son conseiller aux Nouvelles Technologies J.B Roger présentaient un projet détaillé comprenant plus de 5 pages consacrées à ce sujet…
Cette réunion manquée vient s’ajouter aux nombreuses autres bévues de la campagne de V.Pécresse et semble assez révélatrice du futur échec de l’UMP dans ses régionales. On pensait que la Majorité avait tout à gagner lors de ces élections puisqu’elle ne disposait que d’une seule région, mais elle semble aujourd’hui en passe de la perdre.
Dans l’affaire, V.Pécresse risque également de perdre son siège de Ministre de l’Enseignement supérieur. C’est ce que l’on appelle une bérézina…
Revivre la LOL campagne de V.Pécresse grâce à Intox 2007 :
20:50 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, regionales, sarkozy
Quand l'Express dégomme la politique sécuritaire de Sarkozy
Marianne avait démontré, chiffres à l'appui, pourquoi le Président avait piétiné allégrement les promesses d'amélioration de la sécurité du candidat. Cette semaine, l'Express actualise le dossier, ce qui témoigne de l'érosion de la majorité dans son électorat.

Un mauvais bilan
L’hebdomadaire rapporte que le Monarque élyséen en tiendrait rigueur à ses successeurs de la place Beauveau (Michèle Alliot-Marie puis Brice Hortefeux) des mauvais résultats en matière de lutte contre l’insécurité:
« Le président le fait comprendre à plusieurs interlocuteurs: depuis son départ de la Place Beauvau, en 2007, ses successeurs dilapident l’ »héritage ». Son héritage. Ses deux passages en cinq ans à l’Intérieur (2002-2004, 2005-2007) l’ont marqué. »
Pourtant, cet échec - car échec il y a - est le sien.
L’hebdomadaire recense les promesses non tenues, citations à l’appui, comme sur les violences dans les stades ou en milieu scolaire, ou les incendies de véhicules à chaque fin d’année : « Il faut mettre fin à la détestable habitude de brûler des voitures à Strasbourg. Maintenant, il faut que ça cesse. » Nicolas Sarkozy promet même d’indemniser les propriétaires de voitures brûlées. Sept ans plus tard, la police en est réduite à restreindre sa période de comptages des voitures la nuit de la Saint Sylvestre... même à Strasbourg.
L’Express reste modeste : « pendant la période 2002-2010, Nicolas Sarkozy n’a pourtant pas lésiné sur les moyens », mais « ce changement n’a pas encore porté ses fruits. » A lire l’Express, Nicolas Sarkozy tenterait donc de faire croire que ses successeurs sabordent son travail. La réalité, comme souvent, est tout autre. A relire le bilan détaillé de l’ONDPR, on réalise que le bilan sécuritaire de Nicolas Sarkozy tient du mythe pour les délinquances les plus violentes et sur lesquelles il a le plus insisté lui-même depuis 2002. Un comble !
Primo, l’efficacité de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy depuis 2002 est en cause : la boulimie législative et réglementaire depuis 2002 n’a pas servi à grand-chose. Pourtant, comme le relève l’Express, Sarkozy s’était donné les moyens ! L’ONDPR souligne, sans son bilan annuel, que le nombre de personnes mises en cause a cru de 30% de 2002 à 2009 pour atteindre 1,175 million de personnes l’an passé. Les gardes à vue (hors délits routiers) sont passées de 336 000 en 2001 à 580 000 en 2009. Le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) recense 3 463 000 individus (contre 1 597 000 en 2002). Dans le même intervalle, le nombre d’affaires résolues à l’aide du FAED est en hausse mais reste marginale : 9 637 en 2009 (contre 7 000 en 2002). Un autre fichier, mis en place en 2002, le FNAEG (Fichier national automatisé des empreintes génétiques) recense 1 386 000 personnes. D’après l’ONDPR, il aurait permis la résolution de 65 375 affaires en 2009.
Les atteintes aux biens ont bien été réduites, mais les dispositifs de protection mis en œuvre par les fabricants (voitures, maisons, etc) sont aussi responsables de cette amélioration. La totalité des « effets d’annonces » de Nicolas Sarkozy contre la délinquance, sur des faits-divers ou collectifs bien précis, n’ont pas été suivis d’effet : incendies volontaires de voitures, violences aux personnes, vols violents contres des femmes en lieu public, etc.
Deuxio, Nicolas Sarkozy était parvenu en 2007 à faire croire que son action avait payé. Le voile est tombé. Les atteintes aux personnes n’ont cessé de progresser depuis 2002. Or cette insécurité-là est la plus agressive, la plus violente, la plus insupportable, et surtout, la plus directement visée par les rotonmontades de l’ancien ministre de l’intérieur : peines planchers, durcissement des règles de repression contre les mineurs délinquants, rétention de sûreté, décret anti-cagoules ou mesures anti-bandes, toutes ces dispositions visaient en premier lieu la forme la plus choquante et la plus médiatisée de la délinquance : les atteintes contre les personnes.
La délinquance qui baisse, et celle qui monte
1. Atteintes aux biens (faits constatés de vols et de destructions et dégradations) : 2 708 934 actes en 2004 ; 2 227 649 en 2009, soit une baisse de 18% en 5 ans
Cette baisse significative explique la diminution générale, et relayée par l’UMP, de la délinquance. Dans le détail, les vols représentent l’essentiel de ces atteintes aux biens (1,8 millions). Ils ont été stables, masquant une baisse jusqu’en 2007, puis une reprise en 2008 puis 2009. On se souvient de Brice Hortefeux énervé par la hausse des cambriolages l’été dernier.
L’amélioration des dispositifs de sécurité sur les biens se lit dans la baisse continue des vols de véhicules de 2004 (853 714 actes recensés cette année-là) à 2009 (629 509). Les vols avec violences restent marginaux (environ 107 000 par an sur un total d’environ 1,8 millions de vols), dont 85% sans armes. Mais, là encore, l’efficacité sarkozyenne est à la peine : les résultats sont erratiques : + 5 000 en 2005 ; +3000 en 2006 ; -14 000 en 2007 (année d’élection) ; - 6000 en 2008 ; + 6000 en 2009.
La seconde catégorie d’atteintes aux biens sont les dégradations et destructions. Elles sont en baisse notable (-400 000 actes entre 2004 et 2009), malgré une hausse en 2005 (émeutes de novembre, générant + 28 000 faits constatés).
2. Atteintes volontaires à l’intégrité physique : 391 857 actes en 2004 ; 455 911 en 2009, soit une progression de +16% en 5 ans.
Ces atteintes aux personnes ont progressé de +5% en 2005 par rapport à 2004, +5,6% en 2006 versus 2005 ; de +2,4% en 2008 versus 2007 et de +2,8% en 2009 versus 2008. La seule année épargnée fut, comme « par hasard », l’année 2007 (-0,2% versus 2006).
Quand on rapporte ces évolutions au nombre d’habitants depuis 1996, le constat d’échec est plus sévère encore : l’ONDPR relève que « 7,3 atteintes ont été enregistrées pour 1000 habitants, soit le taux d’atteintes le plus élevé depuis 1996. A cette date, moins de 4 atteintes de type violences ou menaces avaient été constatées pour 1000 habitants ».
Parmi ces 455 000 violences aux personnes, 240 000 sont « non crapuleuses » (en hausse continue depuis 2004), 112 000 sont « crapuleuses » (en hausse de 2004 à 2006 ; en baisse en 2007, puis stable ensuite) ; 80 000 sont des « menaces et chantages » (en hausse continue depuis 2004) ; et 23 000 sont des violences sexuelles (quasi-stable depuis 2004).
Les violences « non crapuleuses » recoupent celles sans motif de vols. Rapportées à la population, elles ont doublé en 13 ans: 1,7 pour 1000 habitants en 1996 ; 3,8 pour 1000 en 2009. Bravo Monsieur le président ! Sur la période récente 2008-2009, elles sont stables, la hausse s’étant effectué de 1996 à 2001 (de 1,7 à 2,5) puis, avec davantage de vigueur (sic !), de 2002 à 2007 (2,5 à 3,6) quand Nicolas Sarkozy était ministre de l’intérieur.
Parmi elles, les coups et violences volontaires non mortels sont largement responsables de leur hausse continue générale : 138 000 en 2004, 193 405 en 2009. Les viols sont quasi-stables depuis 5 ans, à 10 000 cas recensés par an. Les agressions sexuelles restent figées à 13 000 cas annuels depuis 2005.
3. Escroqueries et infractions économiques et financières : 329 955 en 2004, 370 728 en 2009, soit + 12%
La plus forte hausse se trouve chez les « escroqueries et abus de confiance » (+75 000 sur la période). Là aussi, rapporté à la population, leur taux plus que double depuis 1996. Les infractions liées à des chèques volés sont en chute libre, sans que les falsifications de carte bleue n’explosent en parallèle (en moyenne à 51 000 par an sur la période).
Ces statistiques sont sujettes à caution, car incomplètes. L’ONDRP rappelle lui-même qu’elles « correspondent à la partie de la délinquance qui est portée à la connaissance de la police et de la gendarmerie. Toute assimilation de cette partie à l’ensemble de la délinquance commise revient à ignorer qu’il existe de très nombreuses infractions qui ne sont pas suivies d’une plainte ». En d’autres termes, les faits recensés dans les « mains courantes » n’y figurent pas. L’ONDPR reconnaît que ses propres statistiques, par ailleurs mauvaises, sont incomplètes.
Autre biais statistiques potentiel, la manipulation du recensement d’infractions par les services eux-mêmes : les fameuses « infractions révélées par l’action des services » ont baissé de 3,25% en 2009, après une hausse continue depuis 2001 (219 863 en 2001, 384 784 en 2008, et 372 264 en 2009). Quand il faut afficher de bons chiffres, on lève le pied, n’est-ce pas ?
18:15 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, regionales, sarkozy
Industrie : les délocalisations représentent 10 à 20 % des pertes d'emplois
La fourchette de 10 à 20 % s'explique par des méthodes de calcul différentes. Selon ces travaux, les pays développés ont représenté la majorité des destinations de délocalisation, soit 53 % des emplois industriels détruits en France pendant la période, ce qui correspond davantage à une logique de restructuration qu'à une logique de réduction des coûts. Les délocalisations vers des pays à bas salaires (environ 6.400 emplois par an) ont représenté 6 % des pertes d'emplois industriels sur la période 1995-2001. La Chine arrive en tête des pays de destination des délocalisations (30 %), suivie du Brésil, du Maroc, de la Tunisie (8 % chacun), puis de la République tchèque (6 %), de l'Inde (5 %) et de la Pologne (5 %). Viennent ensuite le Vietnam (4 %), la Roumanie (4 %), la Bulgarie (3 %), l'Indonésie, la Turquie et le Venezuela (2 %). Mais sur une période plus récente (2000-2003), la destination des délocalisations s'est modifiée au profit de pays à bas salaires. Ainsi, les emplois délocalisés vers des pays émergents représentaient 37 % des délocalisations entre 1995 et 1999, mais 57 % entre 2000 et 2003. L'étude souligne que "les délocalisations vers la Chine ont fortement progressé" avec environ 4.100 emplois par an en moyenne sur 2000-2003. Les délocalisations frappent de manière inégale les différents secteurs, ceux à faible valeur ajoutée étant plus touchés.
Entre 1994 et 2001, les secteurs les plus affectés ont été : habillement-cuir (- 5,8 % des effectifs entre 1994 et 2001), textile (- 3,2 %), équipements électriques et électroniques (- 1 %), pharmacie/parfumerie/entretien (- 0,9 %). Des secteurs ont en revanche gagné des emplois : composants électriques et électroniques (+ 2,6 %), industries agricoles et alimentaires (0,9 %), chimie/caoutchouc/plastique (0,9 %). Enfin, il n'apparaît pas de relation systématique entre les pertes d'emplois dans un secteur et les délocalisations : un secteur peut délocaliser et embaucher en même temps, tandis qu'un autre peut réduire ses effectifs sans forcément délocaliser.
12:30 Publié dans Le Point | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, regionales, sarkozy
Absence...
09:16 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, regionales, sarkozy
La télévision : le premier pouvoir
France 2 s'apprête à diffuser un documentaire relatant le tournage d'un jeu télévisé reprenant le protocole de la célèbre expérience de Milgram. Pour Aliocha, cela montre l'inquiétant pouvoir qu'exerce la télévision sur nos esprits.
Le scénario est le suivant : des scientifiques recrutent un individu auquel ils expliquent qu’il va participer à des travaux d’étude sur la mémoire. Son rôle va consister à interroger un élève sur des associations de mots qu’il lui aura préalablement fait apprendre.
Soumission à l'autorité
Très vite, l’élève souffre et demande d’arrêter. C’est alors que se déclenche chez le « maître » un conflit intérieur entre l’obéissance à l’autorité scientifique qui lui ordonne de poursuivre et la souffrance de l’élève qui devrait l’inciter en principe à arrêter.
Dans le film, l’assassin présumé cède à l’autorité et va jusqu’au bout de l’exercice en infligeant une décharge électrique de…450 volts à l’élève qu’il laisse pour mort. A Yves Montand qui se révolte contre la barbarie de l’expérimentation, le scientifique répond que « l’élève » en réalité est un comédien et qu’il n’y a bien entendu aucune décharge électrique, avant de lui faire observer que lui-même ne s’est révolté qu’à …180 volts.
Pourquoi je vous raconte cela, vous demandez-vous ? Parce que la soumission à l’autorité est un sujet qui me passionne et qui n’est pas sans lien avec la pratique du journalisme, dès lors que celui-ci impose de développer un esprit critique et indépendant, voire une certaine capacité de révolte. Mais surtout parce que des chercheurs en psychologie sociale viennent de réaliser un test inspiré des travaux de Milgram, sous la forme d’un jeu télévisé.
Un totalitarisme tranquille
Les résultats sont glaçants : les 80 candidats recrutés ont tous accepté de participer à l’émission, c’est-à-dire d’infliger des décharges électriques à un individu qu’ils ne connaissent pas dans le cadre d’un simple show et plus de 8 sur 10 ont été jusqu’au bout de l’expérience malgré les cris de souffrance de « l’élève ».
Le chercheur qui a coordonné l’expérience, Jean-Léon Bauvois, observe que « 80% des gens se comportent comme de possibles tortionnaires si la télévision le leur demande, cela reflète un pouvoir terrifiant. Quand une masse est gérée au niveau de ses pensées et de ses comportements, j’appelle ça un totalitarisme. Un totalitarisme tranquille – on ne nous tape pas dessus et on ne nous met pas en prison. Mais un totalitarisme quand même ».
Un documentaire sera diffusé sur France 2 en mars (la date exacte n’est pas précisée dans l’article), par ailleurs, l’auteur du documentaire, Christophe Nick et le philosophe Michel Eltchaninoff publient le 4 mars un ouvrage intitulé L’expérience extrême aux éditions Don Quichotte.
Nous sommes en réalité de plus en plus obéissants
Je recommande à ceux que ce sujet intéresse l’excellent film « L’expérience » (2001). Celui-ci relate une autre expérience réelle menée par des scientifiques allemands. Cette fois il s’agissait d’observer le comportement d’une vingtaine de volontaires placés dans des conditions carcérales, 12 jouant les prisonniers et 8 les gardiens. L’expérience va bien évidemment tourner très mal, révélant chez des individus parfaitement ordinaires des comportements de tortionnaires.
Le film est un thriller haletant doublé d’une passionnante réflexion, là encore, sur le rapport à l’autorité. Au passage, l’un des « prisonniers » est un journaliste dont le profil psychologique est décrit avec une grande finesse d’analyse.
Et tant qu’on y est, je vous conseille également le film « La vague » (2008) inspiré d’une étude sur le fascisme. Un professeur à qui ses élèves expliquent qu’ils ont compris les dangers du fascisme et qu’il n’y a aucune chance que l’Allemagne connaisse un jour une autre dictature décide de créer dans sa classe un mouvement qu’il appelle La vague, doté d’un symbole, d’un uniforme, d’un statut et de règles. Et, petit à petit, le mécanisme diabolique du totalitarisme se met en marche.
Dans leur ouvrage L’expérience extrême, les auteurs notent : « Nous nous imaginons autonomes, libérés, voire rebelles. Nous sommes en réalité de plus en plus obéissants, et de plus en plus seuls, face à de nouveaux pouvoirs ». A méditer…
07:30 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, regionales, sarkozy









