06.03.2010

Vive DSK: contre la BCE, le FMI défend l'inflation

Alors que les dirigeants politiques et économiques maintiennent leur confiance en une politique de rigueur, le FMI ose prôner l'inflation pour relancer l'économie. Une analyse iconoclaste décryptée par Laurent Pinsolle.



A la surprise générale, c’est le chef économiste du Fonds Monétaire International, Olivier Blanchard, qui vient de lancer le débat, qui a été repris dans de nombreuses publications. Mieux, on note parfois une certaine ouverture à un idée qui aurait été autrefois écartée sans considération.

Devant la pyramide de dettes que constituent l’ensemble des pays développés depuis deux ans et pour encore quelques années, il est finalement assez logique de se poser la question d’une légère relance de l’inflation pour en faciliter le remboursement. Olivier Blanchard propose un autre angle d’analyse, à savoir que le faible niveau d’inflation actuel limite la marge de manœuvre de la politique monétaire. Pour lui, relever l’objectif de 2 à 4% pourrait donner une certaine souplesse.

Il faut dire que le cas du Japon apporte de l’eau au moulin de son analyse. En ayant un niveau d’inflation très faible, il est difficile de relancer l’économie en baissant les taux d’intérêts. Il est donc clair que si le rythme d’inflation était un peu plus élevé, la banque centrale pourrait agir de manière plus importante, ce qui permettrait peut-être de soulager le levier budgétaire… En outre, on ne peut pas dire que le passage de 3 à 2% d’inflation dans la zone euro ait eu un impact très positif sur l’économie…

Mieux vaut 3-4% d’inflation qu’une croissance faible

Même s’il faut se féliciter que le Monde termine son premier papier sur une note positive, en citant un maître de conférence de Paris-Dauphine qui affirme « mieux vaut 3-4% d’inflation qu’une croissance faible et du chômage », nous en sommes encore aux prémices d’un véritable débat. Il suffit de constater que l’idée est rapidement qualifiée de « loufoque » en Allemagne. D’ailleurs, au moindre signal statistique, beaucoup agitent trop rapidement le spectre du retour à l’inflation aux Etats-Unis.

Pourtant, il est très peu probable que l’inflation s’emballe outre-Atlantique : avec 10% de taux de chômage, les salaires ne risquent pas de « déraper ». Et ces inquiétudes excessives font perdre de vue un débat pourtant pertinent : la cible d’inflation actuelle n’est-elle pas trop basse ? En outre, l’argument selon lequel l’inflation serait « le vol des petites gens » est faux puisque c’est depuis que l’inflation est très basse que les inégalités salariales ont explosé, au contraire des périodes de forte inflation.

S’interroger sur le niveau adéquat d’inflation est un vrai débat. Il est heureux que les médias s’en fassent aujourd’hui l’écho, même s’ils démontrent encore une trop grande fermeture à toute politique différente de celle menée par la BCE aujourd’hui.


Chômage : le PS réclame "un plan de relance massif"

Le PS a appelé le gouvernement à adopter "un plan de relance massif" et une "véritable politique d'aides aux chômeurs", après l'annonce par l'Insee d'une "forte augmentation" du chômage au dernier trimestre 2009. "L'envolée du chômage se confirme, malgré les rodomontades de Nicolas Sarkozy", affirme dans un communiqué Alain Vidalies, secrétaire national du PS au Travail.

Après l'annonce d'une "forte augmentation" des demandeurs d'emploi (+19.500) en janvier, les chiffres de l'Insee jeudi "révèlent une nouvelle augmentation du chômage" au dernier trimestre 2009, touchant 9,6 % de la population active, 10 % en incluant les Dom, souligne-t-il. "Ce sont aujourd'hui plus de 2,7 millions de personnes qui sont touchées", rappelle Vidalies qui demande : "Où est la baisse du chômage annoncée par Nicolas Sarkozy". Pour le PS, "les prévisions sont très mauvaises" et "aucune reprise n'est en vue" alors que "la consommation en produits manufacturés a reculé fortement en janvier (-2,7 %)". Dès lors, "la France doit se doter d'un plan de relance massif, soutenant à la fois la consommation et l'investissement et d'une véritable politique d'aide aux chômeurs", affirme Vidalies. Il réitère les propositions du PS, notamment "étendre les contrats de transition professionnelle à l'ensemble des bassins d'emploi", "porter la durée d'indemnisation à deux ans", "rendre possible la mise sous tutelle des entreprises en amont des licenciements". Selon le PS, il faut aussi "d'urgence, aider les 600.000 chômeurs en fin de droit" en "créant une Allocation de Solidarité Crise (ASC) prolongeant de six mois les indemnités chômage".

"Le gouvernement doit abandonner le plan social mené dans la fonction publique, irresponsable en période de crise" et "créer 150.000 emplois jeunes financés par la suppression des exonérations fiscales sur les heures supplémentaires", propose encore le PS.

 

LA PROPOSITION DU JOUR : DES TERRITOIRES ECOLOGIQUEMENT PRIORITAIRES

Contexte

En Ile-de-France, les territoires socialement défavorisés cumulent aussi les inégalités environnementales : bruit, atteinte à la qualité de l’air, de l’eau, faible isolation des logements sociaux, manque d’espaces verts, risques industriels majeurs, etc. Ces territoires, nous devons les considérer comme écologiquement prioritaires, c’est-à-dire nécessitant la mobilisation de tous et la mise en œuvre de moyens concentrés et massifs.

Bilan de la droite

Alors que le Gouvernement s’est engagé dès 2007 dans un Grenelle de l’Environnement, nous attendons toujours, trois ans après, les décrets d’application des lois issues du Grenelle. Le projet de taxe carbone tel qu’initié par Nicolas Sarkozy est socialement injuste et écologiquement inefficace. Plutôt que de mettre en place une politique écologique globale, le Gouvernement se défausse de ses responsabilités en faisant peser la charge sur les ménages.

Nos propositions

Parce que les territoires qui cumulent les inégalités environnementales sont également ceux qui cumulent les inégalités sociales, il est nécessaire de lier l'enjeu social et l'enjeu environnemental. C'est pourquoi la Région se propose de mettre en place une carte francilienne de cumul des inégalités écologiques, en superposant les cartes du bruit, de l'air, de l'eau notamment. Elle permettrait de repérer ces Territoires Ecologiquement
Prioritaires (TEP) qui pourraient alors bénéficier d'un dispositif régional spécifique. Après un diagnostic partagé avec les acteurs locaux (élus, associations, habitants) et une fois ces territoires définis, un contrat entre la Région et les collectivités concernées pourra être signé. Ce contrat permettra de définir les urgences et les mesures à prendre en fonction d'un certain nombre d'indicateurs qui caractériseraient un Territoire Ecologiquement Viable. Verbatim « La Région partenaire est une Région qui œuvre pour une cohésion territoriale par la cohésion écologique. Offrir à tous un égal accès à un environnement de qualité suppose une prise en compte globale des impératifs écologiques.

 

Collecte

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Métropole et outre-mer : le chômage bondit à 10 % de la population active

Le taux de chômage a nettement augmenté au quatrième trimestre 2009 en France et retrouvé le niveau de 1999, à 9,6 % de la population active en métropole et 10 % avec les départements d'outre-mer (DOM), selon des chiffres publiés jeudi par l'Insee.

Dans un communiqué commun, la ministre de l'Economie Christine Lagarde et son secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez "prennent note de cette progression du chômage (...) intervenue à la fin de l'année dernière". "Ils constatent qu'au 2e semestre 2009, la progression trimestrielle du chômage a été en moyenne trois fois plus faible qu'au début de 2009, un rythme cohérent avec la décélération du nombre d'inscrits à Pôle Emploi", ont-ils poursuivi. Ils "observent aussi avec satisfaction la hausse du taux d'emploi des seniors au 4e trimestre".

Près de 2,7 millions de chômeurs fin 2009 en métropole

Reste que cette hausse du chômage ne semble pas partie pour s'arrêter en 2010. Mercredi dernier, le ministère de l'Emploi a annoncé que le nombre d'inscrits au chômage avait encore augmenté en janvier en France métropolitaine, progressant de 19.500 sur un mois, à 2,66 millions, pour ceux sans aucune activité, et de 15.900, à 3,86 millions, avec ceux en activité réduite. Au total, le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant pas du tout travaillé dans le mois à la recherche de tout type de contrat s'établit à 2.664.600 en métropole.

Sur un an, par rapport au mois de janvier 2009, ce nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi en catégorie A a progressé de 370.400 (+ 16,1 %). En incluant les personnes ayant exercé une activité réduite (catégories A, B et C), le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi a progressé de 0,4 % sur un mois, atteignant 3.865.100 en métropole et 4.103.100 avec les Dom. En un an, il a augmenté de 543.800 en métropole (+ 16,4 %).

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