08.03.2010

Opération "Tous sur les quais"

Opération "Tous sur les quais"
Mardi 9 mars, entre 7h00 et 9h00, opération "Tous sur les quais", partout en Île-de-France.

Retrouvez les 225 candidats de la liste "Huchon 2010 - La Gauche pour l'Île-de-France" dans la station de transport à côté de chez vous

 

La plan digues complètement dingue de Sarkozy

La tempête Xynthia a mis le problème des digues sur la table. Mais que peut bien préparer le gouvernement pour résoudre la question ? Exercice de politique fiction par Jean-Pierre Martin.



« C'est malheureusement la démonstration tragique que notre système de digues réparties sur tout le littoral n'est plus viable ». Si on en croit la ministre de l'Écologie Chantal Jouanno, la tempête qui a ravagé l'ouest de la France semble avoir sonné le glas des digues par répartition. Et le plan digue actuellement en préparation devrait proposer une réforme en profondeur de notre protection littorale. Une bonne tempête c'est aussi l'occasion de nettoyer sous les meubles

C'est Nicolas Sarkozy qui a tracé la voie de la réforme : « A vouloir protéger tout le monde des inondations, on n'a finalement protégé personne. Il faut imaginer un système plus souple, plus flexible, plus moderne ». Car le climat mondial a évolué plus vite que notre protection et les tempêtes d'aujourd'hui ne sont plus celles de 1945.

Libre circulation

Un constat qui appelle à changer de philosophie. « La volonté, légitime d'ailleurs, des Français de protéger leur famille des tempêtes ne doit pas nous enfermer dans un carcan. Les digues françaises sont non seulement inefficaces car délabrées mais elles remettent en cause la libre circulation des vents et des marées mondiales, qui est un principe démocratique avec lequel je ne transigerais pas ».

Hors de question donc de rénover les digues vieillissantes « qui sont un frein à notre compétitivité ». François Fillon entend réformer ce système archaïque en favorisant la digue particulière : « On va inciter les français à investir dans leur propre digue avec des aides du type déductions d'impôts. On favorisera aussi l'achat de pompes ». De plus, la gestion des ultimes digues collectives devrait être confié au secteur privé sous forme de concessions. En contrepartie du risque accru, les assureurs verront leurs prérogatives étendues et les assurances-vies deviendront « encore plus attractives ».

Le plan digue est bien sûr très loin de faire l'unanimité. L'opposition et les syndicats dénoncent une réforme qui « pénalise une fois de plus les classes populaires », même si le Parti Socialiste ne se dit pas « opposé par principe à une privatisation partielle de la protection littorale ».

Face à cette levée de boucliers, l'UMP, par la voix de son porte-parole Frédéric Lefebvre, est monté au créneau pour défendre le projet gouvernemental : « Les Français ont bien compris que la démographie en bord de mer ne nous permet plus de financer notre protection littorale. A moins d'augmenter les impôts bien sûr! ».

Devenons riscophiles !

Par ailleurs, Xavier Bertrand a rappelé que nous « sommes dans une ère de climat global. Pourquoi la France se paierait le luxe d'avoir des digues quand des pays émergents comme la Chine et l'Inde s'en passent. Ce serait une folie que de faire fuir les vents mondiaux avec des contraintes trop lourdes ».

De son côté, Laurence Parisot, tout en se félicitant du maintien du bouclier littoral pour les foyers fiscaux supérieurs à 800 000 euros - « un geste pour les classes moyennes » - a encouragé le gouvernement à poursuivre son effort : « C'est une réforme courageuse dont on ne peut pas faire l'économie. Il faut que les Français deviennent riscophiles, qu'ils acceptent une société, une vie un peu plus précaires mais créatrices de richesse. Bien sûr, ce n'est pas facile de retrouver mémé noyée dans son pavillon, mais si on peut gagner 1 point de croissance ».

Par contre, la présidente du MEDEF est restée discrète sur l'existence de « golden digues » pour les patrons du CAC : «On ne va quand même pas laisser les vagues balayer nos villas du bassin d'Arcachon comme de vulgaires caravanes ».


Les écologistes furieux contre Nicolas Sarkozy

Les écologistes dénoncent "un renoncement majeur au Grenelle de l'environnement" après les propos de Nicolas Sarkozy au Salon de l'Agriculture, souhaitant un allègement des contraintes environnementales.

Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo et Cécile Duflot le 3 septembre dernier (AFP)

Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo et Cécile Duflot le 3 septembre dernier (AFP)

Les écologistes dénoncent "un renoncement majeur au Grenelle de l'environnement" après les propos de Nicolas Sarkozy, samedi 6 mars au Salon de l'Agriculture, souhaitant un allègement des contraintes environnementales.
Les questions d'environnement, "ça commence à bien faire", a lancé le chef de l'Etat samedi, lors d'une table ronde porte de Versailles à Paris. Il a plaidé pour un "changement de méthode" des mesures environnementales en agriculture. "Je crois à une agriculture durable", a précisé le président, qui a chargé les ministres de l'Agriculture et de l'Ecologie d'agir afin de mettre fin aux «distorsions de concurrence à l'intérieur de l'Europe". Un premier groupe de travail doit se réunir à ce sujet la semaine prochaine.


Le "masque vert" est tombé


"Le masque vert de Nicolas Sarkozy est tombé", a réagi la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot, qui dénonce son "incompréhension des enjeux de l'agriculture paysanne et durable". "Au nom de la concurrence, Nicolas Sarkozy prétend affranchir l'agriculture de la contrainte environnementale, au risque de laisser les choix à court terme épuiser un peu plus les sols, proliférer les algues vertes, aggraver la dégradation de l'environnement", a-t-elle déploré.
Les écologistes dénoncent un changement de ton par rapport au Grenelle de l'environnement pour des motifs électoraux. "Apparemment, parler d'écologie ne fait plus recette pour Nicolas Sarkozy et il revient aux fondamentaux du calcul électoral", explique Cécile Duflot.

"Apprenti sorcier"


De son côté, le député Verts Noël Mamère qualifie le président d'"apprenti sorcier" et déclare "la logique, à la veille des élections, est de rendre la monnaie à certains lobbies», qui qualifie le président d' "apprenti sorcier".
La fédération France Nature Environnement (FNE) estime quant à elle "c''est le retour du double langage: on commence par dire qu'on croit à une agriculture durable et quelques secondes plus tard on la démolit"."Lylian Le Goff, délégué au Grenelle de l'environnement en 2007, note "que cette déclaration fait suite à une rencontre avec (Jean-Michel) Lemétayer", le patron de la FNSEA, le principal syndicat agricole.


La France mauvais élève


Lylian Le Goff ajoute "la France est un très mauvais élève de l'Europe, ça fait 20 ans que ses pratiques agricoles sont dénoncées par l'UE, il serait donc grand temps de se mettre en conformité, mais une fois de plus on annonce qu'on va continuer de polluer".
"Puisqu'il (le président) veut regarder ce qui se passe chez nos voisins, l'Italie fait mieux en termes d'emplois et l'Allemagne fait mieux en termes d'environnement et exporte des produits bio, alors que nous, nous importons près de 70 % des produits bio que nous consommons", a-t-il précisé.

LA PROPOSITION DU JOUR : DOUBLER L'AIDE À L'ÉCOLE RÉGIONALE DES PROJETS

Le contexte

Après une forte hausse des chiffres de créations d'entreprise au cours de l'année 2009, à imputer au succès remporté par le régime de l'auto-entrepreneur, les statistiques sont reparties à la baisse au mois de janvier 2010. Par ailleurs, la fragilité des structures créées par les auto-entrepreneurs ont provoqué une hausse des défaillances d'entreprises. Sur un an, ces défaillances se situent toujours 25% au-dessus du niveau d'avant la crise, menaçant ainsi 242 000 emplois.

Le bilan de la droite

En matière de création d’entreprises, le gouvernement a fait le choix de privilégier l’auto-entrepreneuriat. Ce régime, attractif au prime abord, recèle pourtant, l’expérience le montre, de nombreux pièges. Ainsi, les futurs patrons n’ont pas forcément les connaissances requises pour pouvoir assurer la pérennité de leur entreprise et souffre souvent d’un manque d’information concernant les risques qu’ils peuvent prendre. De plus, les revenus générés par la grande majorité des auto-entreprises sont souvent très faibles, ce qui aggrave leur situation précaire. Enfin, ce nouveau statut fragilise la situation de salariés à qui, dans certains secteurs comme la restauration, les employeurs demandent de passer au statut d’auto-entrepreneur pour éviter de payer les charges salariales.

Notre proposition

La Région a souhaité soutenir la formation des créateurs d'entreprises à fort potentiel, dans le cadre de son programme régional Emploi et territoires, en créant l'Ecole régionale des projets. L'originalité de ce dispositif est de conjuguer apports de connaissances, accompagnement et mise en application dans le projet réel d'entreprise. En effet, il est organisé, pour des groupes d'une dizaine de personnes, un programme permettant d'aborder les connaissances générales en collectif tout en approchant avec chaque personne, le projet d'entreprise de manière singulière. La dynamique de groupe qui s'installe permet ainsi d'amplifier l'appropriation à travers le retour des expériences de chacun. Afin d’augmenter l’impact de ce dispositif innovant, nous doublerons les aides attribuées à l'Ecole régionale des projets ainsi que le nombre de personnes accompagnées dans ce cadre. Une priorité sera donnée aux entrepreneurs issus des quartiers populaires ou souhaitant y installer leur activité.

 

Séisme

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«L'avenir est aux paysans, pas aux industriels»

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris. L'économiste revient sur les dérives productivistes de l'agriculture française qui se soumet ainsi à une concurrence déloyale sur les marchés mondiaux. L'urgence est de revenir à un modèle plus «paysan» et plus respectueux de l'écologie.



Le salon de l’agriculture a ouvert ses portes, l’occasion de rappeler pourquoi une agriculture dynamique est indispensable à une économie dynamique. La France a des rapports très particuliers avec ses paysans. Souvenons-nous comment la Guerre de 14 avait saluée comme la victoire du paysan français sur l’ouvrier allemand.

Sans remonter aussi loin, en 1986, Jacques Chirac, avait nommé comme Ministre de l’agriculture le chef du puissant syndicat agricole la FNSEA, François Guillaume. On ne peut pas dire que ce monsieur ait laissé une trace immense dans les mémoires, c’est à lui que l’on doit la fameuse phrase sur le nuage de Tchernobyl qui épargnerait la France. Mais sa nomination permet de mesurer la toute puissance des agriculteurs dans un pays où le nombre de communes est le plus élevé d’Europe !

La faute au productivisme

La puissance économique de l’agriculture n’a jamais pénalisé l’industrie. Le décollage économique de la France s’est fait dans un monde rural et en même temps que la modernisation de l’agriculture. Mieux : le grand échec de l’URSS par rapport à la Chine – deux pays communistes, deux pays obsédés par la croissance et le développement, deux pays où les caciques du Parti ne demandaient qu’à s’enrichir – fut certainement l’échec de la politique agricole.

La Russie a détruit sa paysannerie, en remettant en cause la politique de Lénine peu avant sa mort, en axant tout sur l’industrie lourde. Et détruisant sa paysannerie, elle a fini par détruire le fondement de sa croissance. Les Chinois font tout le contraire.

Et la France a toujours protégé ses paysans. L’une des dernières victoires de Jacques Chirac est d’avoir obtenu le terme de 2012 pour la remise en cause de la Pac, la politique agricole commune, 55 milliards par ans - c’est pas rien. La PAC fut extrêmement favorable aux Français. C’est le seul, l’unique budget conséquent de l’Europe depuis des décennies ! Il n’a pas été consacré à la recherche, mais à l’agriculture.

Or le problème de l’agriculture française, c’est qu’elle a été tellement protégée, protégée de toute loi contre la pollution par exemple, qu’elle est devenue une simple industrie, une industrie productiviste, qui, tôt ou tard, devait se heurter à la concurrence de pays aux salaires moins conséquents.

Une agriculture verte

Les paysans sont devenus des industriels, ils sont devenus des industriels, ils se sont éloignés de la terre. L’hypermécanisation, l’utilisation à outrance des engrais, l’utilisation gratuite de l’eau, le déni de la pollution les a fait s’éloigner de la nature, et il est tout à fait frappant de voir les slogans proprement ahurissants qui sont affichés au salon de l’agriculture : « réconcilier les paysans avec la nature » ou encore : « retrouver une agriculture qui respecte la terre » etc.

C'est étonnant. Bien entendu le monde paysan est complexe, tous les paysans ne sont pas logés à la même enseigne, les producteurs de lait ont perdu plus de 50% de leur revenu en 2008, les fruitiers aussi, les céréaliers un peu moins, et sans doute les céréaliers bénéficieront d’un retournement du marché mondial tiré par les pays émergents, ces mêmes pays émergents –qui – comme le Brésil - leur taillent des croupières en cassant les prix.

L’avenir est aux paysans, et non aux industriels, et encore moins à la grande distribution. Vive la « terre aux vrais paysans » a-t-on envie de dire. Et si la France veut s’engager dans une économie verte et durable, on ne voit pas comment elle pourrait le faire sans une agriculture verte.


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