09.03.2010

Dossier : Xynthia, une tempête avant l'ouragan politique

La tempête Xynthia a mortellement frappé la France. Une simple catastrophe naturelle ? Sur Marianne2, on s'est attaché à décrypter les leçons politiques du drame.



Dessin : Louison
« Xynthia, une tempête apolitique? » par Tefy Andriamanana
Toute la classe politique, au delà des clivages, se mobilise en faveur des sinistrés de la tempête Xynthia. On parle même de suspendre la campagne des Régionales. Mais le débat sur le bilan de loi littoral commence à point le bout de son nez par la voix de Philippe de Villiers. A l'inverse, Ségolène Royal préfère dénoncer la solidité des digues.

« Xynthia: petit manuel de catastrophisme à usage humain » par Seb Musset
Après avoir compté les morts et réparé les dégâts causés par la tempête Xynthia, il y aura des leçons à tirer de cette catastrophe. Notre blogueur associé souligne notamment les effets de la spéculation immobilière.

« Catastrophe : incompréhensible, dit Sarkozy ! » par Jean-François Kahn
Xynthia, la faute à "pas de chance" ?  Non, pour notre fondateur. Il note que dès 2007 un rapport de la Direction Départementale de l’Equipement de Vendée relevait les risques d'inondation à Faute-sur-Mer et l’Aiguillon-sur-Mer. Et on n'en a rien fait.

Mobilisation tous azimuts pour sauver l'hôpital Trousseau

La mobilisation « Pour un nouvel hôpital Trousseau » a quelque chose d'impressionnant : déjà plus de 7 600 soutiens sur Facebook, et une manifestation publique hier qui a réunie médecins, politiques et surtout des patients ou anciens patients, mobilisés pour la défense de l'hôpital parisien dédié aux soins de l'enfant.

Situé dans le XIIe arrondissement, l'hôpital s'est saisi de l'actualité des régionales pour tenter d'empêcher son démantèlement programmé par la direction de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) : celle-ci a prévu le départ des « surspécialités médicales et chirurgicales » pour les deux grands autres hôpitaux pédiatriques parisiens, Necker ou Debré.

Pour l'AP-HP, « l'excellence tient aux équipes, pas aux locaux »

A l'AP-HP, on trouve exagérée l'émotion suscitée par ce projet, et on rappelle qu'il ne s'agit en aucun cas de fermeture mais d'une « réorganisation » contenue dans le grand chantier des pôles hospitaliers. Un porte-parole souligne :

« Attention à la désinformation : Trousseau restera un hôpital de proximité, mais il ne peut pas y avoir de centre de référence et de centre universitaire dans les 37 sites de l'AP. L'excellence tient aux équipes, pas aux locaux. Et Necker et Debré ne sont pas à plus de 8 km de Trousseau. »

 

De son côté, le collectif des pédiatres est allé jusqu'à imaginer un projet alternatif de regroupement des bâtiments, qui coûterait 110 millions d'euros. Il trouve « incohérent » de maintenir à Trousseau une maternité de niveau 3 toute neuve tout en faisant disparaître les spécialités médico-chirurgicales.

Son porte-parole, le docteur Daniel Annequin, rappelle que l'enquête de satisfaction des usagers place l'hôpital en tête des trois établissements parisiens. (Voir le graphique)

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Une enquête qui date de 2006, et « se penche surtout sur ce que les patients ont pensé de l'accueil plus que de la performance médicale », tempère l'AP-HP.

Hôpital pavillonnaire, ancien, Trousseau est « connu internationalement », rappelle Daniel Annequin, pour certains services (comme la chirurgie maxillo-faciale, l'ORL, l'hémato-oncologie, la néphrologie, la pneumologie) et reconnu comme centre de référence sur la migraine de l'enfant.

Certains témoignages recueillis sur le site donnent un aperçu de l'attachement très fort de parents dont les enfants ont été hospitalisés là-bas.

Un parent : « Un niveau de professionnalisme incroyable »

Dans le cas d'une maladie rare :

« Je suis médecin et maman d'une petite Juliette âgée de dix-huit mois, née avec un syndrome de Pierre Robin isolé méconnu jusqu'à la naissance. (…) La prise en charge a été optimale avec enfin des gens qui possédaient l'expérience, la connaissance du syndrome et surtout des solutions adaptées. »

 

Dans le cas d'une leucémie :

« Lorsque le diagnostic d'une leucémie aiguë fut posé pour notre petite fille de 5 ans, c'est le ciel qui nous tombait sur la tête. »

 

Ce parent témoigne d'un « niveau de professionnalisme incroyable dans la précision du diagnostic et la mise en place d'un traitement complexe, adaptée et prolongé », et d'un « dévouement de tous les instants »

« Quand après trois ans de traitement, alors que la petite fille vit une sorte de renaissance, que les séquelles d'un traitement aussi lourd disparaissent peu à peu, on apprend qu'on veut fermer Armand-Trousseau, on est abasourdi ! »

 

Aux cotés des médecins, des personnalités qui ont été soignées telles que Benabar ou Jamel Debbouze dans cet hôpital se mobilisent. Un défilé partira de l'hôpital ce lundi à 16 heures.

Parmi les politiques qui ont dit leur opposition au projet de démantèlement :  Jean-Paul Huchon pour le PS

Ses propositions pour l'Ile de France

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Risques

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Le PS demande "l'égalité de traitement"

"On a appris que le Président de la République aurait droit, vendredi prochain, à une grande interview dans un grand quotidien national, alors que rien de tel n'est prévu pour l'opposition", explique Patrick Bloche, secrétaire national du PS.

Le secrétaire national aux médias du PS, Patrick Bloche (AFP)

Le secrétaire national aux médias du PS, Patrick Bloche (AFP)

Le Parti socialiste, par la voix de Patrick Bloche, secrétaire national aux médias, "demande l'égalité de traitement" pour les élections régionales dans un communiqué.
"La dernière semaine de campagne avant le premier tour des élections régionales s'annonce à haut risque pour la démocratie et l'égalité de traitement entre toutes les formations politiques", affirme Patrick Bloche.
Selon lui, "la programmation d'une émission Ushuaïa le samedi 13 mars, veille du premier tour des élections régionales, consacrée à un territoire devant faire face à la dégradation de l'environnement, laisse penser que certains cherchent à rééditer l'opération Home, film plaidoyer pour l'écologie, programmé le vendredi 5 juin, deux jours avant les élections européennes".
De plus, "on a appris que le Président de la République aurait droit, vendredi prochain, à une grande interview dans un grand quotidien national, alors que rien de tel n'est prévu pour l'opposition", poursuit-il.

"Une manipulation politique"


Selon lui, "la mise en scène de François Fillon, présenté par de nombreux médias comme un futur président potentiel, a toutes les caractéristiques d'une manipulation politique destinée à faire passer au second plan un Président impopulaire au profit d'un Premier ministre qui l'est tout juste un peu moins, malgré sa propre baisse dans les sondages".
Il estime également que "le déplacement annoncé le 9 mars de Nicolas Sarkozy en Franche-Comté tient de l'opération électorale de la dernière chance aux frais de l'Etat".

"L'égalité de traitement et l'équité démocratique"


Le Parti socialiste demande donc "que l'intégralité des frais afférents à ce déplacement soient intégrés dans les comptes de campagne de l'UMP".
Enfin, le PS "demande aux médias, au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques la plus grande vigilance pour assurer dans ces derniers jours avant les élections l'égalité de traitement et l'équité démocratique", conclut le communiqué.

Le raffinage à Dunkerque, c'est fini

Pour maintenir l'emploi, la direction de Total annonce la création de nouvelles structures mais aussi des reclassements. La CGT menace de saisir la justice pour entrave à l'information.

Le terminal méthanier pourrait permettre la création d'une cinquantaine d'emplois (AFP)

Le terminal méthanier pourrait permettre la création d'une cinquantaine d'emplois (AFP)

Total a annoncé lundi 8 mars la fin de l'activité de raffinage sur son site de Dunkerque, a-t-on appris de sources syndicales.
De son côté, la direction de Total a précisé lundi qu'elle maintenait l'emploi des 370 salariés de la raffinerie des Flandres, à Dunkerque, dont elle a confirmé la fermeture, grâce à la création d'un dépôt, d'un centre de formation et d'un centre technique et de reclassements.
Le dépôt logistique emploierait 15 personnes, les centres de formation et d'assistance technique au raffinage environ 225. Les salariés se verront proposer 80 postes dans d'autres raffineries, 30 postes dans d'autres structures de Total en France et 20 salariés pourront bénéficier de "fins de carrières anticipées", a indiqué un porte-parole du groupe pétrolier à l'AFP.

"On est chez nous"


Environ 300 salariés, dont une majorité de la raffinerie de Dunkerque, se sont réunis lundi midi au pied de la tour Total à La Défense (Hauts-de-Seine).
Les manifestants, ont été repoussés à coups de gaz lacrymogène par les gendarmes mobiles alors qu'ils brisaient les vitres des portes de la tour.
Après avoir reculé une première fois, les manifestants ont finalement réussi à pénétrer dans le hall de l'immeuble en scandant "On est chez nous" et en jetant des pétards à l'intérieur.
Après une quinzaine de minutes d'occupation, les manifestants ont été évacués par les forces de l'ordre qui les ont repoussés vers l'extérieur à coups de bouclier et de gaz lacrymogène.

Installation d'un terminal méthanier


Total a en outre annoncé tôt lundi avec EDF un accord concernant l'installation d'un terminal méthanier à Dunkerque qui permettrait la création "d'une cinquantaine d'emplois directs" à l'horizon 2014.
La CGT de Total a estimé lundi que l'installation de ce terminal méthanier à Dunkerque ne pouvait remplacer la raffinerie des Flandres qui devrait fermer, menaçant d'une réaction "très forte" si le groupe pétrolier se contentait de cette annonce.
"Nous allons mettre la France à feu et à sang", a déclaré à l'AFP Charles Foulard, coordinateur CGT pour le groupe, alors qu'une grève d'une semaine fin février a déjà menacé les approvisionnements des stations-services.
"La construction d'un terminal méthanier est une bonne chose si la France en a besoin. Mais est-ce que ça va remplacer une raffinerie? Non", a-t-il estimé, alors qu'EDF et Total ont annoncé un accord tôt lundi concernant l'installation d'un terminal à Dunkerque, qui permettrait la création "d'une cinquantaine d'emplois directs".
Le comité central d'entreprise avait débuté à 10h au sujet de l'avenir de la raffinerie des Flandres.
"Qu'est-ce que l'on fait pendant quatre ans, le temps de la construction du terminal?", s'est aussi interrogé Charles Foulard.
"Nous allons demander au secrétaire du CCE d'agir en justice pour obtenir de celle-ci qu'elle ordonne la continuation de l'activité de la raffinerie et de faire cesser la privation du travail des salariés",
Charles Foulard s'adressait à des journalistes à l'occasion d'une suspension de la réunion du comité central d'entreprise (CCE) du groupe Total à la Défense (Hauts-de-Seine).
"Nous allons voter une résolution à la reprise du CCE dans l'après-midi donnant mandat au secrétaire d'aller en justice contre Total pour entrave à l'information", a-t-il précisé, ajoutant que "Total a créé les conditions pour nous mettre devant les faits accomplis".


Une annonce "pour l'opinion publique"


Le projet de terminal "mobiliserait jusqu'à 1.200 personnes pendant la construction" et pourrait générer "au moins une cinquantaine d'emplois directs, auxquels devraient s'ajouter quelque 150 emplois indirects" en phase d'exploitation, ont précisé EDF et Total.
"Ce ne seront pas des emplois Total. Le terminal n'est pas prévu pour les salariés Total puisque le groupe ne participera qu'à hauteur de 10% (dans l'investissement). Sans compter que le terminal sera construit, physiquement, en dehors de la raffinerie. Tout cela n'a rien à voir" avec l'avenir de la raffinerie, a-t-il estimé.
Pour Philippe Wullens, qui n'attend "rien de concret" au CCE, "il y a de grandes chances" que la grève reprenne sur tous les sites de raffinage français du groupe pétrolier dès mardi.
"On va devoir de nouveau faire appel à la solidarité des autres raffineries. On va voir demain avec tous les salariés, mais il y a de grandes chances" que la grève reprenne, a-t-il dit.


"Une première réponse" à compléter


Pour le ministre de l'Industrie Christian Estrosi l'annonce de Total et d'EDF est "une première réponse" à compléter.
Le ministre "sera très attentif à ce que cette première réponse soit complétée à travers un projet précis et daté d'implantation de nouvelles activités permettant le maintien de l'emploi et du site industriel de Dunkerque", selon un communiqué.
EDF et Total ont annoncé tôt lundi un accord concernant l'installation d'un terminal méthanier à Dunkerque qui permettrait la création "d'une cinquantaine d'emplois directs", alors que le groupe pétrolier doit décider dans la journée de l'avenir de la raffinerie des Flandres.
Christian Estrosi "accueille très positivement l'annonce de l'accord intervenu entre EDF et Total" alors qu'il "avait souhaité la création d'une telle activité dès le 26 janvier dernier à l'Assemblée nationale". Le ministre "y voit une première réponse pour le maintien de l'emploi et de l'activité industrielle sur le site de Dunkerque".

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