11.03.2010

Aubry appelle les Français à donner un "score extrêmement élevé" au PS

 Martine Aubry, première secrétaire du PS, a appelé jeudi soir à Paris les Français à ne pas s'abstenir et à donner un score "extrêmement élevé" au PS pour mettre un frein à la "politique inégalitaire et injuste" de Nicolas Sarkozy.

Lors du dernier grand meeting du PS à trois jours des régionales, le maire de Lille a dit: "Nous pouvons, nous devons gagner toutes les régions, parce que les Français en ont besoin".

Mme Aubry était venue soutenir Jean-Paul Huchon, président sortant d'Ile-de-France, et elle a lancé cet avertissement: "Rien n'est gagné, rien n'est joué. Nous le savons bien", tout en reconnaissant que les sondages semblaient admettre l'avance du PS.

La patronne du PS a martelé: "Il faut le dire aux Français : si vous vous abstenez, le Président de la République ne va pas s'abstenir", évoquant le "coup de bambou" après les élections, notamment la taxe carbone, la TVA sociale.

"Le 14 mars, il faut que la gauche gagne les élections et que le Parti socialiste ait un score extrêmement élevé". Le "PS doit être au plus haut" et "cela entraînera une grande dynamique de rassemblement de la gauche", a-t-elle lancé devant quelque 1.700 personnes au Cirque d'Hiver.

En allusion aux Verts, le maire de Lille a lancé: "Quelle que soit l'excitation des derniers jours de campagne, ne vous laissez pas aller aux petites phrases". "Soyons responsables!" en évitant "ce petit jeu".

Aux commentateurs qui parlent déjà de la présidentielle, Mme Aubry a lancé "Ne nous parlez pas de 2012!" évoquant "les salariés au chômage" qui n'ont "pas le temps d'attendre".

Fustigeant la "politique inégalitaire, injuste" du Président de la République, elle a aussi déploré le "dernier reniement" de Nicolas Sarkozy par le non-respect de ses engagements envers l'environnement.

Condamnant la "campagne scandaleuse" de "calomnie" contre Ali Soumaré, tête de liste dans le Val d'Oise accusé à tort par l'UMP d'être un délinquant multirécidiviste, Mme Aubry a dénoncé un climat "pas digne de la France et de l'identité nationale de la France". Elle a aussi ironisé sur le chef de l'Etat qui voyant que la campagne de Valérie Pécresse, tête de liste UMP en Ile-de-France "prenait l'eau", a dit "le QG de Valérie Pécresse, je vais le mettre à l'Elysée".

«14 et 21 mars, votons»

Les dimanche 14 et 21 mars, ce sont les élections régionales. Pour lutter contre l'abstention, voici notre clip à diffuser  pour que personne n'oublie ces deux dates.

 

Meeting

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Sarko: le discours du vide

Sarkozy, président ou candidat ? Pour le blogueur Juan, les faits sont clairs : le président Sarkozy n'agit plus, c'est le candidat pour 2012 qui a pris le relais. Et sa stratégie est rodée

Plus le mandat présidentiel se consume, plus les mythes se dévoilent pour ce qu’ils sont : des mythes. L’efficacité sarkoyenne contre l’insécurité a vécu, tant les résultats sont mauvais. Le slogan « travailler plus pour gagner plus » est un vieux souvenir. On n’en a conservé que les défiscalisations des heures supplémentaires, coûteuses pour le budget de l’Etat, inefficace pour l’emploi. L’accession à la propriété grâce à la défiscalisation des intérêts d’emprunt et la mise en œuvre de « subprimes à la Française » n’est restée qu’un vœux pieu. La revalorisation de l’identité nationale a été minée par deux ministres extrémistes et des polémiques nauséabondes. Près de 150 semaines après son élection à l’Elysée, Nicolas Sarkozy n’agit plus que pour son compte. Il fait de la politique, mais n’agit plus en président. A Paris, ses « collaborateurs » réagissent à l’actualité comme des pompiers sous pression par des incendies de forêts à répétition.

Sarkozy n'agit plus que pour sa campagne

Nicolas Sarkozy poursuit sa tournée électorale « clandestine ». Les faits sont têtus : depuis janvier, il se rend une à deux fois par semaine en région, sans prétexte national. Samedi, il s’exprimera dans les colonnes du Figaro Magazine, la veille du 1er tour de scrutin. Cette fois-ci dans le Haut-Doubs, il est accompagné de sa tête de liste UMP Alain Joyandet, qui bataille pour décrocher la région Franhe-Compté. En tant que Secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet n’a rien à faire dans ce voyage. Son patron se déplace d’ailleurs pour parler formation professionnelle, une compétence partiellement dévolue aux … régions. Le Monarque a expliqué à son assistance : « Vous allez avoir des choix à faire (...) Ce sont des choix importants. Vous allez devoir choisir l'équipe qui va diriger votre région ». Suprême culot, le Monarque a même osé déclarer « Mon rôle de chef de l'Etat n'est pas de rentrer dans une campagne, qui est régionale et qui aura des conséquences sur l'équipe régionale qui dirigera la région ». Inutile d’y rentrer, il y est déjà ! Maintenant, il veut minimiser l'impact du scrutin. Courageux mais pas téméraire !

« C'est un grand problème français que de confondre tout le temps les échéances. A élections régionales, conséquences régionales. A élections nationales, conséquences nationales. 

(…)
Il faut arrêter avec cette instabilité ministérielle où on change les ministres tout le temps, où dès qu'il y a un petit événement on vous demande des initiatives politiques, c'est pas une initiative politique qui vous donne du travail, qui vous donnera la sécurité, qui vous donne une formation»

(...) « Moi j'ai à travailler pour cinq ans. Je dois être à votre écoute mais je ne dois pas confondre les rendez-vous
»

Effectivement, le Monarque ne confond pas les rendez-vous. Il ne pense qu’au sien, en 2012. Une sévère défaite au scrutin régional l’handicapera pour la nouvelle séquence électorale qui démarrera au lendemain du 21 mars, celle vers l’Elysée en 2012.



Samedi déjà, sa visité au Salon de l'Agriculture a fait choux blanc. Il est venu trop tard (le dernier jour), trop tôt (avant l'ouverture), et quasiment caché. Cette video rappelle l'ampleur du vide, la répétition des promesses. Nicolas Sarkozy est un tel un lapin Duracell qui s'épuise.

Des ministres en réaction

Justice, éducation, identité, agriculture, les sujets ne manquent pas où l’on voit des ministres accourir pour réagir tant que faire se peut.



Nicolas Sarkozy aurait pu recevoir des représentants de la profession judiciaire, dont une vingtaine d’organisations ont appelé à la grève et manifestaient mardi à Paris. Ces dernières ont signé un appel unitaire sobrement intitulé « sauver la justice ». Le ras-le-bol est général. Les difficultés matérielles perdurent, l'indépendance de la justice est menacée. La « diarrhée législative » - une expression de Virginie Duval, de l'Union syndicale des magistrats – engorgent tribunaux et prisons. La Garde des Sceaux a reporté l’examen de la réforme de l’instruction. Et les changements annoncés en matière de garde à vue ne règlent pas les excès constatés ces dernières années. Le personnel pénitentiaire critique le manque de moyens et le remplacement des surveillants par des caméras. La video-surveillance semble être la seule réponse (et encore !) en Sarkofrance : quand les effectifs de police et de gendarmerie baissent, le gouvernement tente de répondre par une loi truffée de dispositions « électroniques » (la fameuse LOPPSI II), avec ses caméras, ses mouchards, ses fichiers et autres extensions liberticides. « Madame Alliot Marie ne veut manifestement pas dicuter du fond de la réforme qui est la suppression du juge d’instruction sans évolution du statut du parquet et on nous laisse les miettes pour la concertation. Ce qui nous intéresse c’est de parler du cœur du projet :  l’indépendance des magistrats qui vont faire l’enquête » justifiait Christophe Régnard, président de l’Union syndicale des magistrats au micro d'Europe 1 mardi 9 mars.


Le 4 mars dernier, Brice Hortefeux et Bernard Kouchner se sont résolus à signer une circulaire destinée aux préfets, aux ambassadeurs et aux consuls « visant à faciliter les démarches administratives pour obtenir un passeport ou une carte d’identité nationale. » Le gouvernement entend ainsi répondre aux critiques formulées à l’encontre des tracasseries administratives rencontrées par nombre de Français cherchant à renouveler leurs papiers d’identité. Sur son site, il reconnaît, enfin, ces situations ubuesques : « Ainsi, pour leur première demande ou pour un renouvellement de carte d’identité, les citoyens français rencontraient de nombreux obstacles, notamment, celui de prouver leur nationalité, pour peu qu'ils soient nés à l'étranger ou de parents étrangers. » Mais l’assouplissement n’est que partiel: pour obtenir une nouvelle carte d’identité, un passeport biométrique « suffit »…Ce type de passeport n’est attribué que depuis deux ans… Eric Besson, lui, se cache. On parle un peu du retour de Najlae Lhimer , cette jeune Marocaine expulsée manu militari quand elle était venue se plaindre des violences de son frère. Un autre exemple d'une politique du chiffre à bout de souffe.


Lundi, Bruno Le Maire a présenté son plan d’aide aux ostréiculteurs et aux agriculteurs frappés par la tempête Xynthia en région Poitou-Charente. Le ministre de l’agriculture a détaillé l’utilisation des 20 millions d’euros promis la semaine dernière : une première enveloppe de 5 millions d’euros est dégagée pour prendre en charge les cotisations sociales des agriculteurs concernés ou remplacer du matériel Pour le reste, il se contente de « mobiliser » le Fonds national de garantie des calamités agricoles. C’est tout ? C’est tout.
 


« Il est temps de décréter la mobilisation générale à tous les échelons de l'Éducation nationale ». Il a raison, le ministre de l’Education nationale. On se demande qui gouverne depuis 2002. Luc Chatel est secoué par une cinquantaine de recours déposés par des parents d’élèves qui menacent de porter plainte contre l’Etat à cause de manque de remplacement de professeurs… Pour le gouvernement du « travailler plus », c’est un comble ! En mai 2008, Xavier Darcos expliquait déjà qu’il voulait créer une « agence nationale de remplacement des enseignants » ; une idée enterrée par Luc Chatel l’an dernier. Qu'importe ! Mardi 9 mars, le ministre a donc proposé de recourir à des jeunes retraités et des étudiants pour pallier au manque de profs. Il veut ainsi mettre en place un un fichier de contractuels associés qui complèterait à celui des professeurs non titulaires. Cette douteuse proposition émane d’un ministre solidaire des réductions du nombre postes dans l’Education nationale (16 000 en 2010) au motif que ces derniers seraient trop nombreux compte tenu de l’évolution de la population scolaire. Rappelez Xavier Darcos, son prédécesseur. En 2007, il expliquait, pour justifier les suppressions de postes : « En 2008, je suis convaincu qu'il est possible d'améliorer de manière significative le système des remplacements, en particulier pour les personnels enseignants affectés sur une zone de remplacement, mais aussi de résorber rapidement les surnombres d'enseignants dans les disciplines qui n'attirent que peu d'élèves. La combinaison de ces deux mesures donnera naissance à un système plus efficient et permettra, là encore, d'économiser plus de 2 000 emplois. »



Un plan Alzheimer

Le contexte

En 2005, près de 800 000 personnes étaient touchées par la maladie d’Alzheimer. Face à l'urgence, tous les acteurs publics et associatifs sont à mobiliser pour accompagner les personnes et les familles touchées par la maladie et mener des campagnes de prévention et de sensibilisation pour tous.

Le bilan de la droite

Le Gouvernement a défini en 2008 un Plan Alzheimer relativement ambitieux, prévoyant d’investir 1,6 milliards d’euros dans la recherche, le traitement de la maladie et l’accompagnement des familles. On ne peut que constater aujourd’hui que ce plan est resté au hangar. Les crédits promis n’ont pas été engagés, les personnels n’ont pas été formés, et entre 10% et 50% des places seulement ont été ouvertes.

Notre proposition

Bien que la santé n’entre pas dans les compétences de la Région, il nous est apparu indispensable d'agir et d'offrir aux Franciliens un égal accès aux soins et une prise en charge juste et adaptée. Dans le cadre d'un vaste plan de lutte contre la dépendance, qui prévoit notamment la formation spécifique de personnels au maintien et aux soins à domicile, nous engagerons un plan régional de prévention et de lutte contre la maladie d'Alzheimer. La Région apportera son soutien aux Maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer (MAIA), destinées à devenir le guichet unique pour les malades et les familles, souvent ballottées dans le maquis des soins médicaux et des systèmes d’accompagnement. En créant 40 consultations mémoire en milieu hospitalier avant la fin de la mandature, nous permettront aux personnes concernées et à leurs familles d'obtenir un diagnostic complet réalisé par des équipes pluridisciplinaires. Enfin, nous lancerons des conférences publiques « prévention-dépistage » afin de sensibiliser tous les Franciliens aux enjeux de la maladie et d'informer les familles des possibilités de diagnostic et de traitement. C’est en se situant au côté de chacun, dans les épreuves qui les frappent quotidiennement, que la Région pourra assumer le rôle de bouclier social pour tous les Franciliens.

 

"J'en suis à mon 26e CDD dans l'éducation nationale"

Vacataires, contractuels, TZR (pour titulaire sur zone de remplacement)... Les appellations désignant les professeurs remplaçants renvoient à des statuts différents, mais à une réalité partagée : le sentiment d'être un enseignant "de seconde zone", toujours en "intérim". Alors que le ministre de l'éducation, Luc Chatel, souhaite s'attaquer au problème du non-remplacement dans l'éducation nationale, des professeurs remplaçants témoignent de leur quotidien.

  • TZR : les fonctionnaires bouche-trous, par Mohamed D.

Je suis professeur titulaire de sciences physiques depuis deux ans en étant titulaire sur zone de remplacement (TZR). Ce statut me paraît corrompu puisqu'il est né de la nécessité de remplacer les professeurs absents (congé de maternité, maladie ou autre). Or ce n'est pas son application, du moins dans mon cas. Je n'ai jamais remplacé personne mais je sers en fait de variable d'ajustement dans la dotation horaire des établissements : en somme, lorsqu'un chef d'établissement a besoin de six heures en physique par exemple, il le signale au rectorat, qui lui donnera un TZR pour six heures. Les TZR ne connaissent donc aucune stabilité dans les établissements (ce qui ne facilite jamais l'assise de l'autorité puisqu'on est perpétuellement "testé" par nos nouveaux élèves).

  • Qui râle le plus fort obtient un remplacement, par G. S.

Je suis enseignant du premier degré affecté au remplacement d'enseignants partis en stage de formation continue (chaque enseignant du premier degré a droit à 36 semaines de formation au cours de sa carrière) en Seine-et-Marne. Mais dans les faits, la formation continue n'existe quasiment plus faute de crédits et j'effectue des remplacements de collègues malades. Le taux de remplacement est de plus en plus faible et nous sommes déplacés en fonction des réactions de mécontentement des parents : qui râle le plus fort obtient un enseignant au détriment d'autres secteurs moins mobilisés.

L'année dernière j'ai été affecté en urgence, fin février, hors de ma zone géographique, dans une classe qui n'avait pas d'enseignant depuis les congés de la Toussaint. Le nombre de remplaçants disponibles est tel qu'en Seine-et-Marne, la continuité de l'enseignement n'est plus garantie. Dans ma circonscription de référence, on compte chaque jour une moyenne de dix absences non remplacées chaque jour, avec un pic à dix-sept en février.

  • Une situation écœurante, par Carine R.

Je suis TZR en lettres modernes depuis dix ans. Au début, la pénibilité du métier (essayez de prendre une classe de collégiens en ZEP en cours d'année…) était compensée par quelques "avantages" : des points pour les mutations, des indemnités correctes, parfois quelques jours de "vacances" entre deux remplacements épuisants. On a supprimé une bonne partie de ces avantages. En dix ans, j'ai eu en tout trois mois sans élèves, et la réalité, c'est qu'à peine un remplacement est fini, on nous appelle pour un autre. Avec des situations aberrantes : être appelée le lendemain de la rentrée de septembre pour un congé maternité prévu depuis avril ; être appelée un lundi (le remplacement précédent s'étant achevé le vendredi soir) pour remplacer une collègue absente depuis deux semaines. La situation actuelle est écœurante. Le rectorat supprime des postes de TZR à la pelle, et après, on se plaint que les profs ne sont pas remplacés. On fait appel à des vacataires sans expérience qui abandonnent devant la difficulté de la tâche : j'ai ainsi été le septième professeur de français d'une classe de quatrième difficile.

  • Une aberration, par Thomas A.

Je suis professeur de lettres remplaçant TZR. Je suis rattaché à un collège dans lequel j'ai quelques classes, mais pas suffisamment pour couvrir mon service. On m'emploie donc à des tâches pour lesquelles je ne suis pas qualifié (tenir le CDI et former des élèves ne parlant pas français). En parallèle, depuis qu'une enseignante en lettres est partie en congé maternité dans ce collège, on a recruté une vacataire qui n'a jamais enseigné pour effectuer le service complet de la collègue arrêtée – alors même que j'ai des heures inemployées qui auraient pu servir à le pallier.

  • La réalité d'un TZR lambda, par Vincent S.

Je suis professeur d'histoire-géographie et j'ai toujours été TZR. Cela fait plusieurs années que j'exerce dans deux établissements en même temps et ces affectations varient d'une année sur l'autre : en cinq ans, j'ai travaillé dans deux lycées généraux, quatre lycées professionnels et quatre collèges. Pratique pour le suivi des élèves ! Bien que titulaire d'un Capes d'histoire-géographie, je travaille régulièrement en lycée professionnel (normalement ces postes sont réservés à des enseignants spécialisés titulaires du concours CAPLP) : donc, la polyvalence est bien de rigueur.

Comment s'investir véritablement dans la vie d'un établissement et améliorer ses pratiques ? Comment construire sa vie quand on sait que les TZR peuvent être envoyés dans des zones limitrophes de la leur (donc, dans un rayon de près de 100 kilomètres, dépassant souvent les contours départementaux) d'une année sur l'autre ?  Quant à la fameuse "sécurité de l'emploi", quid des contreparties ? Nous ne choisissons pas nos lieux de travail, sommes sous-payés au regard de notre niveau d'études, déconsidérés par les parents et notre métier est rendu de plus en plus difficile par les exigences qu'on nous impose et le public que l'on accueille. Mais je reste zen : j'aime (encore) mon métier.

La Poste

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Justice : Sarkozy fait l'unanimité contre lui... ou presque

Avocats, greffiers, magistrats, surveillants de prisons. Au total, une vingtaine d'organisations syndicales du monde judiciaire manifestent aujourd'hui pour dénoncer la misère du monde judiciaire mais aussi les réformes de la procédure pénale.



Avocats, magistrats, surveillants de prisons, au total une vingtaine d’organisations unies pour dénoncer un diagnostic du monde judiciaire. La justice est dans la rue. Le monde judiciaire bat le pavé. Le fait est suffisamment rare pour être relevé. Ce matin, Jean-Pierre Elkabbach recevait Christophe Régnard, président de l’Union syndicale des magistrats et Mathieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature. Comme l'a dit le journaliste, il est très rare de voir ces deux organisations (90% de la profession en terme d'élection professionnelle), totalement opposées sur le plan politique, associés comme elles le sont contre l’avant projet de la réforme de la procédure pénale par Michèle Alliot Marie. 

« Nous sommes pour une réforme de la procédure pénale, pas pour le statu-quo, simplement nous ne sommes pas pour cette réforme » explique Matthieu Bonduelle. Au cœur de la réforme, la suppression du juge d’instruction. La goutte qui fait déborder le vase.
« Madame Alliot Marie ne veut manifestement pas dicuter du fond de la réforme qui est la suppression du juge d’instruction sans évolution du statut du parquet et on nous laisse les miettes pour la concertation. Ce qui nous intéresse c’est de parler du cœur du projet :  l’indépendance des magistrats qui vont faire l’enquête » complète Christophe Régnard.

Une justice aux ordres ?

« Corporatisme ?» demande Elkabbach aux deux juges d’instructions en face de lui : « non ! le sujet est beaucoup plus vaste, il y a un démantèlement du service public de la justice que nous dénonçons ».
Commence alors le réquisitoire Elkabbach, porte-voix exemplaire du courroux des politiques en quête d’impunité.  L’exemple Gérard Longuet : « il vient de bénéficier d’un non-lieu intégral après 15 années d’instructions. Il a été humilié, écarté politiquement, sali. Quinze années d’enquêtes et de gâchis. Est-ce qu’il s’agit d’une faute professionnelle ? ».

« Quand on fait une instruction, au début, on ne sait pas ce qu’il passe, ça dure 5 ans, 10 ans,  cela dépend des moyens et des difficultés du dossier. Si l’on prend le cas de la commission d’enquête parlementaire sur Outreau, qui met en cause tout le système judiciaire, pas seulement les juges d’instruction. Elle a conclu que le juge d’instruction devait être maintenu à la condition qu’il travaille en collégialité. Nous attendons la mise en œuvre de cette réforme ».


 Retour au fond : « la suppression du juge d’instruction remplacé par un procureur qui est aux ordres pose un vrai problème démocratique » selon Christophe Régnard. « Déjà certains procureurs dans certaines affaires très médiatisées ont un comportement pour le moins suspect. Qu’en sera-t-il demain ? »
Sans évoquer  par ailleurs, le quotidien de misère d’une justice, moins médiatique celle-là, qui reste l’une des plus pauvres d’Europe.

Quand Longuet dérape sur Boutih

Le patron des sénateurs UMP estime qu'il vaut mieux nommer quelqu'un du "corps français traditionnel" plutôt que le socialiste, dont le nom circule pour remplacer Louis Schweitzer à la tête de la Halde.


Le patron des sénateurs UMP, Gérard Longuet, a estimé mercredi 10 mars qu'il valait mieux nommer quelqu'un du "corps français traditionnel" plutôt que le socialiste Malek Boutih, dont le nom circule avec insistance pour remplacer Louis Schweitzer à la présidence de la Halde.
Malek Boutih est "un homme de grande qualité mais ce n'est pas le bon personnage" pour la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, a déclaré Gérard Longuet, invité de "Questions d'Info LCP/France Info/AFP".
"La Halde, cela veut dire que c'est la France qui s'ouvre aux populations nouvelles. Schweitzer, c'est parfait ! Un vieux protestant, parfait ! La vieille bourgeoisie protestante, parfait !", a-t-il souligné.
A la question de savoir pourquoi M. Boutih ne correspondait pas, à ses yeux, au poste, il a répondu : "Parce qu'il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. Si vous voulez, les vieux Bretons et les vieux Lorrains - qui sont d'ailleurs en général Italiens ou Marocains - doivent faire l'effort sur eux-mêmes de s'ouvrir à l'extérieur".
"Si vous mettez quelqu'un de symbolique, extérieur, vous risquez de rater l'opération", a insisté Gérard Longuet.


Désir "scandalisé"'



Interrogé plus avant, le sénateur de la Meuse a déclaré qu'il n'y avait "pas de Français de souche". "Je dis seulement que c'est la France qui doit s'ouvrir à l'extérieur, voilà, c'est tout", a-t-il affirmé.
Dans un communiqué publié mercredi après-midi, Gérard Longuet a précisé qu'il "souhaite que le futur président de la Halde ne soit pas d'abord un militant politique mais bien une personnalité exemplaire de mesure et de sérénité au regard des changements de la société française enregistrés depuis plusieurs générations déjà".
Harlem Désir, numéro deux du PS, s'est dit "scandalisé" par ces propos et a demandé à l'UMP de les "condamner". Le socialiste veut aussi que Gérard Longuet présente "des excuses publiques à
Malek Boutih".

"bien plus qu'un dérapage"



"Ces propos sont, bien plus qu'un dérapage, une véritable théorie raciale totalement contraire à l'idée de la Nation républicaine et à l'égalité des droits entre les citoyens de toutes origines", a-t-il affirmé.
"Cette hiérarchisation délirante des Français selon leurs origines est d'une gravité extrême et ne peut être tolérée de la part d'un parlementaire, président de groupe d'un grand parti au Sénat", juge Harlem Désir.
"Il n'y a pas de Français de seconde catégorie, qui seraient moins fondés que d'autres à occuper des responsabilités qu'elles soient publiques ou privées".
Pour Harlem Désir, "en assimilant les Français d'origine étrangère à des citoyens de second rang, Gérard Longuet tient un discours intolérable, aux relents racistes et qui justifie et légitime les discriminations".
"Il ne propose rien de moins que d'écarter un citoyen d'une responsabilité publique à raison de son origine", estime Harlem Désir.
Pour SOS Racisme, Gérard Longuet "a tenu des propos indigne d’un élu de la République."
"Ces propos sont scandaleux et ne sont pas acceptable de la part d’un responsable politique membre d’un parti de gouvernement", estime l'association, qui lui demande en outre de "retirer ses propos".

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