14.03.2010

Abstention record à 52%! L'UMP patine, le PS s'envole et le FN s'incruste

Avis de tempête pour l'UMP aux élections régionales. Le parti présidentiel est donné sous la barre des 30%.

Première estimation de l'abstention à 52%. Nombre de citoyens d'outre-Jura ont préféré la promenade à l'isoloir. Cela devrait favoriser la gauche.

On s'y attendait un peu, mais pas à ce point-là! Les premières estimations du sondage TNS-Sofres et Opinion Way font apparaître une abstention record de 52 % et même de 52,5% pour TNS Sofres pour le premier tour des élections régionales française dont les bureaux de vote dans les grandes villes fermeront à 20 h.  Dans la mesure où cette campagne a plus mobilisé la gauche que la droite, cette abstention devrait favoriser les listes du Parti socialiste et d'Europe-Ecologie.

Par rapport au taux d'abstention des élections régionales de 2004 - 39,16% -, cette estimation marque donc une baisse considérable de l'intérêt des électeurs.

 

 


 

Avis de tempête pour l'UMP aux élections régionales françaises. Selon un dernier sondage Ifop-Paris Match révélé samedi sur notre site, le parti de Sarkozy passerait sous la barre des 30%. Il recueillerait 29% des voix et devancerait d'une courte tête seulement le PS à 27,5%. Les Verts feraient une percée spectaculaire puisqu'ils obtiendraient 14% des suffrages. Le Front national tournerait autour des 10% (9,5% selon l'Ifop) alors que le Front de la gauche ferait 6%. Le Modem de Bayrou sombrerait puisqu'il n'enregistrerait que 4,5% des voix. Le camp de la gauche ferait 53%, celui de la droite 39,5%. Une abstention record de 45 % est prévue. D'ailleurs, dimanche à midi, le ministère de l'Intérieur annonçait que 16,07% des électeurs s'étaient déplacés. A la même heure en 2004, ce taux atteignait 18,48%.

Les responsables de l'UMP et de son allié le Nouveau Centre sont en train de se réunir ce dimanche pour fourbir leurs discours en vue de cette défaite annoncée. Pas de surprise en vue: ils resteront sur la ligne de leur patron: "A élections régionales, conséquences régionales. Nous écouterons les Français. Mais nous ne changerons pas de cap".

Premières tendances à la sortie des urnes sur notre site internet dimanche en fin d'après-midi.

S’il est encore trop tôt pour les socialistes de chanter victoire, le plus récent sondage d’IFOP-Paris-Match les donne de facto favoris, dimanche, au premier tour des élections régionales françaises. Ce sondage est tout frais puisqu’il a été réalisé les 10 et 12 mars auprès de 1000 personnes âgées de 18 ans et plus.

Certes, les listes sarkozystes de l’UMP-Nouveau Centre (NC) comptent 29% des intentions de vote contre 27,5% pour les socialistes. Mais à la différence de la droite qui n’a plus de réserve de voix pour le second tour, le Parti socialiste (PS) peut compter sur l’apport de ses alliés « verts », Europe-Ecologie qui vient d’effectuer une appréciable remontée avec 14% des intentions de vote et même du Front de Gauche qui, avec 6%, devient un pôle crédible à la gauche du PS. Et on voit mal, les communistes et les socialistes de gauche qui forment ce Front reporter leurs suffrages sur l’UMP.

Maintien du Front national au second tour

La situation est d’autant plus inquiétante pour les sarkozystes que le Front national, avec 9,5% des intentions de vote risque, selon les analystes de l’IFOP,  de se maintenir au second tour dans huit à douze régions sur les 22 de la France métropolitaine, au détriment de l’UMP-NC.

Le total de la gauche atteint 53% et celui de la droite 39,5%. La différence paraît considérable. Commentant ce sondage dans les salons du restaurant «Le Télégraphe » à Paris, samedi matin, la secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet – candidate UMP aux régionales en Ile-de-France   ne perd pas tout espoir. Elle a choisi sa cible, les électeurs « verts » d’Europe-Ecologie : « De nombreux responsables d’associations environnementales votent à droite. Dès lors, ils choisiront peut-être Europe-Ecologie au premier tour mais qui dit qu’au second, ils ne retrouveront pas leur famille d’origine ? » Or, si la secrétaire d’Etat a été choisie pour capter le vote « vert », ce n’est pas un hasard : elle est l’une des rares responsables de droite à bénéficier d’une incontestable légitimité en matière de lutte contre la pollution.

Abstention record

S’il reste hasardeux, le pari de Nathalie Kosciusko-Morizet n’en demeure pas moins plausible. En effet, le sondage IFOP fait apparaître une autre donnée intéressante : seule la moitié des sondés qui ont déclaré voter Europe-Ecologie se disent certains de ne pas changer d’avis ; les autres peuvent encore prendre un autre bulletin au dernier moment. Les plus sûrs de leur vote sont les électeurs frontistes : 91% d’entre eux affirment être fermes dans leur choix.

L’une des grandes leçons de ce sondage IFOP-Paris-Match est l’abstention record estimée à 45%.  Même les différents dérapages de campagne : ceux du populiste de gauche Georges Frêche insultant le socialiste Fabius et les accusations infondées d’élus UMP sur le prétendu passé judiciaire d’Ali Soumaré rencontrent l’indifférence. Respectivement 17% et 15% des sondés ont suivi ces polémiques. Choisir le caniveau, ne mène pas forcément à la popularité !
Quant au MoDem de François Bayrou, il sombre avec 4,5% des intentions de vote.

Les grands enjeux du scrutin

«Ces élections auront l’impact d’un sondage»: soucieux de désamorcer les conséquences d’un désaveu annoncé, Xavier Bertrand, le secrétaire général du parti présidentiel, n’a pas manqué de limiter la portée des élections régionales qui se tiendront en France demain et dimanche 21 mars. Le scrutin n’est cependant pas dépourvu d’enjeux.

Droite: défaite ou déroute?

Depuis des mois, tous les sondages font de la gauche la favorite du scrutin. Incapable de renverser la tendance, la droite paraît avoir encore perdu du terrain au cours de la campagne électorale. Les dernières enquêtes prévoient même que la majorité présidentielle céderait la première place au Parti socialiste dès demain soir: elle ne recueillerait plus que 29% des intentions de voix contre 30% à ses adversaires socialistes. Privée de dynamique, sans allié important et donc sans réserve de voix, la droite aborderait alors le second tour dans les plus mauvaises conditions.

Une troisième voie verte

Après s’être distingués aux Européennes de 2009, les Verts attendent des régionales la confirmation de leur inscription durable dans le paysage politique national. Trente mille voix seulement séparaient en juin dernier Europe Ecologie du Parti socialiste. A suivre les derniers sondages, la formation n’est pas loin de réitérer la performance: elle obtiendrait demain près de 14% des suffrages – assez pour peser sur la stratégie du PS, pour négocier en bonne position avec lui ou même pour tenter d’arracher ici ou là, en Alsace, peut-être, la présidence d’un Exécutif régional.

Une France rose?

«Une carte des régions toute rose», voilà l’ambition que Martine Aubry a assignée aux socialistes. Lorsqu’il a été énoncé, l’objectif n’était pas hors de portée. Il suffisait au parti de gagner l’Alsace et la Corse, soit les deux seules régions métropolitaines qui lui avaient échappé en 2004.

Et de fait, en Alsace, la crise économique, une forte sensibilité écologique, et l’influence maintenue du Front national ouvrent dès le premier tour un espace élargi au PS et aux Verts. En Corse, l’évolution n’est pas plus favorable pour la droite: la dernière enquête estime la gauche gagnante, avec 43% des voix.

L’UMP peut toutefois fonder quelques espoirs sur les divisions de ses adversaires et les manœuvres des nationalistes.

Pour autant, le «Grand Chelem» n’est pas tout à fait joué pour le PS. A la veille du premier tour, des incertitudes demeurent dans la région Centre, où le secrétaire d’Etat Hervé Novelli espère tirer profit des divisions de l’extrême droite. De même en Languedoc-Roussillon: la liste investie par la direction socialiste aura du mal à rivaliser avec celle de l’ancien maire Georges Frêche, exclu du parti pour ses discours équivoques. A Lyon, en revanche, le socialiste Jean-Jack Queyranne n’a aucun souci à se faire pour la reconduction de son mandat à la tête de Rhône-Alpes.

L’extrême droite en embuscade

En se maintenant au second tour dans 17 régions, les candidats du Front national (FN) n’ont pas été étrangers au triomphe de la gauche aux dernières régionales. Qu’ils atteignent demain le seuil des 10% nécessaires pour imposer une triangulaire dans une semaine, et le sort de la mouvance présidentielle est scellé. Les derniers sondages accordent au FN 9% des voix, très loin du score engrangé à la présidentielle de 2002 – 16,8% des suffrages. Le parti de Jean-Marie Le Pen ne reste pas moins en mesure de troubler le jeu électoral.

Vous avez dit «régional»?

La défaite assurée dictera à la droite sa stratégie. Elle soulignera l’ampleur – peut-être historique – de l’abstention pour relativiser la signification du scrutin. Avec le président Sarkozy, elle fragmentera les résultats en autant de consultations locales. Elle leur refusera toute portée nationale et toute conséquence pratique autre que «quelques adaptations gouvernementales». Un remaniement ministériel d’importance est exclu, a prévenu le chef de l’Etat.

La gauche tiendra un autre discours. Au Parti socialiste, toutefois, la victoire attendue pourrait stimuler le jeu des ambitions rivales, celles en particulier de Martine Aubry, dont l’autorité sortira renforcée de l’épreuve, et de Ségolène Royal, qui sera réélue en Poitou-Charentes. Cependant un succès trop mesuré de l’ancienne candidate à la présidence de la République ne serait pas sans incidence sur le rapport de force à venir.

Régionales: 39% de participation à 17h00

Régionales: 39% de participation à 17h00, en baisse de 10 points

Participation en baisse de deux points à midi aux régionales

Les électeurs français se rendent aux urnes pour le premier tour des élections régionales faisant figure de test pour la majorité à mi-mandat et pour l'opposition socialiste, qui espère remporter la totalité des 22 régions métropolitaines.

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La participation s'élevait à 16,07% à midi, en baisse de deux points par rapport au précédent scrutin de 2004 où le taux était de 18,48%.

Les instituts de sondage ont dit s'attendre à une abstention record, près d'un électeur sur deux étant susceptible de bouder les urnes. Mais à la mi-journée, la participation était moins faible que prévu.

Lors des précédentes régionales de 2004, marquées par un raz-de-marée de la gauche sur les 26 régions françaises, l'abstention au premier tour avait atteint 37,9%.

Les bureaux de vote de métropole ont ouvert leurs portes à 8h00 et 44 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour désigner les 1.829 conseillers régionaux des 26 régions françaises, pour quatre ans: 1.671 en métropole (vingt-deux Régions) et 158 outre-mer (quatre Régions).

Les bureaux de vote sont ouverts jusque 18h00, sauf dans les grandes villes comme Paris ou Bordeaux (20h00) ou dans les villes moyennes (19h00).

Les conseillers régionaux sont normalement élus pour six ans mais ceux qui seront désignés ne seront installés que pour quatre ans en raison de la réforme territoriale voulue par Nicolas Sarkozy.

En 2014, les Français voteront donc pour élire des conseillers territoriaux qui siégeront à la fois au titre du département et de la Région.

Majorité et opposition ont battu le rappel de leurs électeurs jusqu'au dernier jour de campagne, l'abstention menaçant en effet de brouiller les cartes.

Le Parti socialiste, qui ambitionne de réaliser le "grand chelem" en conquérant les deux seules régions encore à droite - Alsace et Corse -, craint de voir ses rêves d'une France "toute rose" contrariés par la démobilisation de son électorat.

Quant à la droite, qui mise sur l'union dès le premier tour avec des alliances allant du Mouvement pour la France du souverainiste Philippe de Villiers à La Gauche moderne de l'ex-socialiste Jean-Marie Bockel, elle en appelle au sursaut pour limiter les dégâts le 21 mars. Huit ministres partent à la bataille comme têtes de liste.

"NICOLAS SARKOZY NE S'ABSTIENDRA PAS"

La campagne qui s'est achevée vendredi soir, atone, a suscité le désintérêt, parasitée par les "affaires" - de la guerre entre le PS et Georges Frêche en Languedoc-Roussillon aux accusations de l'UMP contre la tête de liste dans le Val-d'Oise, Ali Soumaré, qui se sont révélées pour grande partie infondées.

La gauche dénonce la confusion des genres d'un exécutif inquiet du verdict des urnes pour ce dernier test national avant l'élection présidentielle de 2012.

Elle met en garde contre un "troisième tour" synonyme de rigueur, ce que dément le président de la République, qui écarte en outre un remaniement gouvernemental notable.

"Nicolas Sarkozy, lui, ne s'abstiendra pas le 22 mars, il ne s'abstiendra pas de mettre en place la politique d'austérité qui nous est promise", souligne Benoît Hamon, le porte-parole du PS.

La participation pourrait faire la différence dans des régions où l'incertitude domine, comme en Alsace, dans le Centre, Bourgogne, Champagne-Ardenne ou Rhône-Alpes.

Les élections intermédiaires sont traditionnellement défavorables à la majorité en place et l'exécutif a pour seule ambition de ne pas subir pire scénario que celui de 2004.

La gauche avait alors ravi 13 régions à la droite. Les listes de gauche - le PS s'était allié avec les Verts et les communistes dès le premier tour - avaient recueilli 39,11% au premier tour contre 33,73% pour la droite parlementaire. Au second tour, le rapport était de 49,92% contre 36,84%.

Lors des élections européennes de juin 2009, le rapport était de 52/48% au niveau national en faveur de la droite.

En un mois, les intentions de vote en faveur du bloc de gauche sont passées de 51% à 52% alors que la droite perd deux points à 28%, selon un sondage CSA réalisé les 2 et 3 mars.

La droite ne pourra compter que sur d'hypothétiques reports de voix du Mouvement Démocrate de François Bayrou et/ou du Front national, qui escompte recouvrer une part de son influence passée pour provoquer des triangulaires au second tour.

Espérant tirer parti d'une dynamique à la hauteur du score surprise des européennes (16,28%), les Verts réclament de leur côté leur part de la victoire annoncée - notamment des vice-présidences dans les futurs conseils régionaux.

Quant au MoDem, qui s'effondre dans les sondages (4% à 5% au plan national), il refuse d'envisager la débâcle. Il avait recueilli 8,46% aux élections européennes.

C'est aujourd'hui que ce décide demain

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