15.03.2010
Régionales : succès de la gauche, sursaut du FN
Les sondages prévoyaient une défaite de la majorité, mais sans doute pas d'une telle ampleur. Au niveau national, l'UMP obtient 26,1 % tandis que les socialistes recueillent 29,3 % des voix, selon les estimations de l'institut TNS-Sofres. Le Front national fait également une remontée importante, à plus de 10 % au niveau national, et est en mesure de provoquer des triangulaires dans une douzaine de régions.
- Une absention record
Selon le ministère de l'intérieur, elle a atteint 53,6 %, soit 16 points de plus qu'au premier tour des régionales de 2004. Le record précédent avait été établi en 1998 avec 42,3 %. Toutefois, cette abstention est encore loin de celle enregistrée lors des européennes de juin 2009, qui a culminé à 59,37 %.
- L'UMP en déroute, le PS en bonne posture
L'UMP. A l'issue du scrutin, le parti présidentiel, qui obtient 26,1 % des suffrages, a relativisé sa défaite. François Fillon a exhorté les électeurs de l'UMP et des formations alliées de la majorité présidentielle à se mobiliser : "Plus d'un Français sur deux n'est pas allé voter. La faible participation ne permet pas de tirer un enseignement national de ce scrutin (...). Rien n'est donc joué pour le second tour dans de nombreuses régions."
Le PS. Les socialistes recueillent 29,3 % des voix en France métropolitaine, selon le ministère de l'intérieur. Au second tour, dimanche 21 mars, le PS pourra compter sur les suffrages des écologistes et de la gauche radicale, face à une droite sans réserve de voix. La gauche qui, depuis 2004, dirige 24 des 26 régions françaises (outre-mer compris) espère ainsi être en mesure de réaliser le "grand chelem" et de gagner dans les seules régions qui lui échappent encore, la Corse et l'Alsace.
La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a souligné que "les Français ont envoyé un message clair et fort". "Ils ont aujourd'hui exprimé leur refus d'une France divisée, angoissée et affaiblie et ils ont surtout voulu exprimer leur souhait d'une France à la fois plus juste et plus forte."
Ecoutez l'analyse de Jean-Michel Normand, journaliste au Monde :
Le Front national. Ce premier tour révèle également une nette remontée du parti d'extrême droite dirigé par Jean-Marie Le Pen, qui obtient 11,7 % des voix, bien au-dessus des résultats obtenus aux dernières consultations législatives et européennes. Le parti est en mesure de se maintenir dans une douzaine de régions.
Ecoutez l'analyse d'Abel Mestre, journaliste au Monde, qui voit dans ce scrutin une "victoire personnelle" de Marine Le Pen :
Europe Ecologie. Le mouvement incarné par Daniel Cohn-Bendit, qui poursuit la dynamique née des européennes, a réussi son pari. A 12,4 % au niveau national, ils ne sont en mesure de remporter aucune région, mais ils deviennent la deuxième force politique à gauche et devraient renforcer leur poids dans les majorités régionales. Selon la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, ce scrutin est le signe que "l'écologie politique commence à être crédible". Les négociations entre socialistes et écologistes débutent dès lundi matin.
Pour Sylvia Zappi, journaliste au Monde, ce premier tour des régionales est le scrutin de la confirmation pour la formation écologiste :
Le MoDem. L'autre grand perdant du scrutin est le MoDem, crédité de 4,3 % des voix, deux fois moins que son score aux européennes. Seul le député Jean Lassalle peut se maintenir en Aquitaine. Ce qu'il fera, a-t-il annoncé.
La gauche radicale. A 6 %, le Front de gauche réussit en revanche son pari, celui d'être la troisième formation de gauche, loin devant le NPA, à 2,5 %, une contre-performance pour le parti d'Olivier Besancenot. Lutte ouvrière plafonne autour de 0,95 %.
07:30 Publié dans Vu dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, regionales, sarkozy







Commentaires
La volonté de mettre le gouvernement voir Nicolas Sarkozy au coeur de la campagne s’est avérée catastrophique: La droite s’est abstenue et le FN remonte. Mais c’est au deuxième tour que l’on mesurera si nous sommes vraiment dans un tournant politique majeur avec un pouvoir sanctionné, des socialistes réhabilités et un Nicolas Sarkozy sans projet parce que sans réserve électorale. Quant à l’abstention, on ne peut pas l’ignorer lorsqu’il s’agit des élections Européennes et en faire un argument lorsqu’il s’agit des élections régionales. Notons que par rapport aux Européennes le score du PS est en progression de 20%. Il reste que le message de changement est sans appel et il ne demande qu’à être amplifié !
Ecrit par : cheveux | 15.03.2010
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