08.09.2010

Benoît Hamon: «nous demandons une remise à plat complète de la réforme»

Benoît Hamon a tenu un point presse exceptionnel le mercredi 8 septembre pour faire le point sur la manifestation du 7 septembre et réagir aux propos de Nicolas Sarkozy, tenus à la sortie du Conseil des ministres mercredi.

 

 

 
Les manifestations ont été une «réussite», «l’objectif que s’était fixé les syndicats de passer le cap de 2 millions de manifestants a été atteint voire largement dépassé» a déclaré le porte-parole. Si la mobilisation était très suivie, Benoît Hamon a également mis en avant «l'unité syndicale» qui s'est renforcée, même si «la stratégie du gouvernement depuis plusieurs mois était de parier sur la résignation des Français et sur la division des syndicats».

Même si cette réforme est «jugée nécessaire», «il faut modifier aujourd’hui les conditions dans lesquelles on finance les retraites».  Le porte-parole a insisté sur les 3 mensonges, «les bases à partir desquelles le gouvernement justifie sa réforme sont des mensonges» :

1) La pénibilité
Le gouvernement veut faire croire qu'il agit contre la pénibilité, or «il n'y en a aucun dans la loi». La seule mention concerne «l'incapacité physique permanente», soit «la possibilité pour un salarié de faire constater qu'il est invalide, et donc de justifier d'un départ anticipé à la retraite». Ce dispositif , tel qu'il était prévu, n'aurait touché que 9 à 10 000 personnes. Ainsi, «le gouvernement sous-entend que cette mesure pourrait être assouplie de façon à ce que davantage de salariés partent à la retraite».

Nous ne voulons pas d'un «constat individuel d'une inaptitude» pour déterminer «le départ anticipé» mais «une protection collective négociée entre les partenaires sociaux et le gouvernement» pour autoriser ceux dont les métiers conduisent à une espérance de vie plus courte, de pouvoir partir plus tôt à la retraite.

Bien que le gouvernement dise le contraire, les questions de la pénibilité ont déjà été abordées dans des précédentes lois, «dans son volet le plus essentiel, c'est-à-dire l'impact sur l'espérance de vie».
Benoît Hamon a évoqué ces lois :
* 1975 : loi passée sous la droite, mise en oeuvre par Mr Stoléru, qui prévoyait le départ à 60 ans pour les salariés travaillant à la chaîne, devant les fours ou exposés aux intempéries.
* 2000 : dans le cadre d'un décret sur la cessation anticipée d'activité, Martine Aubry passait une mesure qui permettait à ceux qui avaient accompli 15 ans de travail à la chaîne, ou ceux qui avaient accompli plus de 200 nuits pendant 15 ans, de partir plus tôt à la retraite.

«L'ultime mensonge» du gouvernement sur la pénibilité concerne son caractère exceptionnel en Europe. Benoît Hamon a rappelé les chiffres de nos voisins : «1,4 millions de salariés italiens éligibles aux dispositifs de cessations anticipées d’activité, soit 10% de salariés italiens». Sans oublier, l'Allemagne avec 60000 salariés bénéficiant de dispositifs de cessation d’activité liés à la pénibilité du travail».

2) Dispositif le plus contraignant pour la France
Le gouvernement utilise régulièrement l’exemple de l’Allemagne et de l’Espagne. Benoît Hamon a comparé les 2 systèmes avec la France.
En France, l’âge légal de la retraite à taux plein est à 65 ans, comme en Allemagne et en Espagne.

Concernant l’âge effectif de départ à la retraite, il est de 61,5 ans en France, 61,5 ans en Espagne et 62 ans en Allemagne. «Nous avons un dispositif aussi contraignant que les dispositifs allemands et espagnols».

Les Espagnols, les Allemands et les Français ont décidé de repousser l’âge légal de départ sans décote à 67 ans. Seulement, l’âge légal de départ à la retraite à taux plein à 67 ans rentrera en vigueur à partir de 2016 en France. En Allemagne, c’est à partir de 2029 et en Espagne à partir de 2027.
 
Pour la durée de cotisation : il faut 41 annuités pour bénéficier d’une retraite à taux plein, 35 annuités en Allemagne et en Espagne. L'Espagne va encore plus loin car elle autorise de partir avec 50% de sa retraite après 15 annuités.
 
Par conséquent, le dispositif le plus contraignant est bien le dispositif Français, celui qui fait peser le plus d’effort sur les salariés de son pays.

3) Le financement
«Le gouvernement prétend qu'il n'y pas d'autre possibilité que de prendre 20 milliards d'euros sur les revenus des salariés» pour financer cette réforme. Le Parti socialiste propose «de prélever 25 milliards d'euros sur les revenus du capital».

«Nous demandons donc une remise à plat complète du système», a conclu Benoît Hamon. «Comme dans toutes démocraties normales, une réforme aussi capitale qui met en jeu le contrat social, suppose la recherche d’un consensus. C‘est pourquoi le gouvernement doit tout reprendre à zéro. Il doit réunir à sa table les organisations syndicales et consulter l’opposition démocratique. Nous sommes prêts à engager ce débat encore faut-il qu’il le propose et qu’i s’engage dans une réelle négociation».

Pour les salariés du privé, "la vraie question est celle de l'emploi"

Olélé, olala, quand il faut lutter, on est toujours là", scandent les micros de la CGT, mardi 7 septembre, place de la République à Paris. Au point de départ de la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, la météo avait prévu des averses. Un joli soleil de fin d'été était pourtant au rendez-vous pour baigner les manifestants tout au long du cortège. Les services publics – transport, éducation, santé ou poste – représentaient la majorité des manifestants. Mais de nombreux salariés du secteur privé ont également pris part au cortège, prêts à faire entendre leur voix sur cette réforme critiquée, tout en étant "nécessaire".

Au-delà de l'allongement de la durée de travail et du report de l'âge de départ, "il existe d'autres pistes", estime Alain Leduc, salarié de Renault. "Il existe des ressources fiscales, des modes de financement à trouver autres que la force de travail. Pourquoi ce sont toujours les mêmes qui sont sacrifiés ?" Pour la majorité des salariés du privé, la mise à plat de l'ensemble des régimes de retraite est un préalable à toute réforme. "Il n'est pas normal que pour le secteur privé, la retraite soit calculée sur les 25 meilleures années alors que les fonctionnaires auront leur retraite calculée en fonction de leurs 6 dernières années", déclare Patrick Sorin-Brobst, de la société de restauration Avenance.

En revanche, l'allongement de la durée de travail n'est pas un sujet tabou ; au contraire, c'est une idée largement acceptée parmi les salriés du privé. "Je ne suis pas contre un report de l'âge de départ à la retraite, précise Patrick, mais il est nécessaire de tenir compte de ceux qui ont réalisé des études longues et qui se retrouveront à 65 ans sans avoir cumulé le nombre de trimestres nécessaire. Ensuite, la pénibilité du travail est un autre point que le gouvernement ne doit pas oublier. Dans la restauration et l'hôtellerie, beaucoup d'hommes et de femmes travaillent debout, la nuit, le dimanche et pendant de longues périodes. Les rythmes peuvent être épuisants : après plusieurs dizaines d'années à cette cadence, on est autrement plus fatigué que dans un travail de bureau."

"Un type qui travaille dehors, à porter des charges hiver comme été va s'user plus vite, reconnaît Michel Havé, salarié de la société Eiffel. Il n'y a rien dans le projet de loi qui prenne en compte les difficultés de ces travailleurs, sinon de vagues promesses." La prise en compte de la pénibilité est un leitmotiv dans de nombreux secteurs, notamment dans le tertiaire. Michel Delaforce, cadre au sein de la société d'informatique Athos, détaille les critères de pénibilité de son secteur : les salariés travaillent sous un énorme stress et pour de longues périodes.

"CE N'EST PAS L'IDÉE QUE J'AI DE LA PÉNIBILITÉ DU TRAVAIL"

Pour Thierry Meneterot, employé chez Carrefour, "il n'est pas normal que des fonctionnaires, des employés de la SNCF, de la RATP ou des instituteurs cotisent à un taux moindre pour partir à la retraite avant tout le monde, alors que leur emploi ne correspond pas à l'idée que j'ai de la pénibilité au travail." Mais les fonctionnaires ne sont pas les seuls qui devront revoir les conditions de départ à la retraite. "Regardez les conditions de départ à la retraite des députés et des sénateurs : eux aussi doivent faire un effort", souligne Alain Leduc. "L'harmonisation des régimes est inévitable, renchérit Michel Delaforce. On assiste aujourd'hui à une énorme privatisation des services de l'Etat. Petit à petit, la mise à plat se fera. Est-ce que cela prendra la forme d'un passage en force comme aujourd'hui ?"

Si la méthode Sarkozy ne trouve pas d'échos favorables au sein du cortège, plusieurs  reconnaissent toutefois au président le courage d'avoir pris en main une réforme "nécessaire". "Cela fait 20 ans que les politiques refusent d'ouvrir le 'Livre blanc' rédigé par Michel Rocard et de se mettre à leur table de travail", souligne Michel Havé. "Sarkozy a eu le courage de le faire. Mais il l'a fait seul, sans tenir compte des partenaires sociaux."

LA QUESTION DE L'EMPLOI

"Depuis des décennies, aucun gouvernement, de droite comme de gauche, n'a entrepris un travail de fond, estime Martine Saavedra, qui travaille dans l'entreprise de textile Damart. Nous avons assisté a des replâtrages successifs qui ne tenaient jamais compte des conséquences à long terme. Le gouvernement a entrepris des réformes, il faut travailler avec lui. Il ne faut pas en faire un enjeu politique, la question des retraites est trop importante", prévient-elle.

Pour Mme Saavedra, "il faut rallonger la durée de travail pour répondre à nos soucis démographiques". Il faut également trouver d'autres financement, comme une TVA sociale, et il est nécessaire également de mettre à plat le régime des polypensionnés qui se retrouvent gravement défavorisés parce qu'ils ont occupé des postes dans différents secteurs. "Le problème c'est l'emploi. En France, le coût du travail est énorme", conclut-elle. Un constat partagé par Michel Havé : "La vraie question, est celle de l'emploi, or cette question n'est toujours pas traitée."

Les cortèges de la CFE-CGC, de la CFDT, de SUD... ont quitté la place de la République. Celui de la CGT passe à son tour et s'adresse à celui qui voulait aller chercher la croissance "avec les dents" : "Sarkozy, si tu savais, ta réforme, ta réforme. Sarkozy, si tu savais, ta réforme où on s'la met..."

Impôts, retraites, ou Woerthgate, Sarkozy est-il atteint d'Alzheimer ?

Son agenda ne mentionne rien qui ne concerne l'actualité de Sarkofrance. Rien sur les retraites, ni sur l'enseignement, encore moins sur l'affaire Woerth. Sur son site, le ministère du Travail annonçait le lancement du « train Alzheimer », du 7 au 21 septembre. Sarko aurait-il embarqué dans la locomotive ? Évidemment, le président français est davantage préoccupé qu'il n'y paraît. Lundi, il a débuté la semaine par brider son sulfureux ministre de l'intérieur. Mardi, en fonction du résultat des manifestations, il laissera son autre ministre tenté de rebondir au journal télévisé de TF1.

Impôts, retraites, ou Woerthgate, Sarkozy est-il atteint d'Alzheimer ?


Sarko bride Brice
L'agenda officiel du président français cette semaine est apparemment très international et protocolaire. A l'exception d'une réunion avec « des » présidents d'universités autonomes ce mercredi, il se consacre à l'Europe, avec un rendez-vous avec le président de la Commission José-Manuel Barroso (lundi), un autre avec l'inexistant président de l'Union (jeudi), et un entretien avec des représentants russe de la Défense (mardi). Pourtant, l'attention présidentielle était clairement ailleurs. Rien sur les retraites, ni les finances publiques. Même l'immigration n'est pas mentionnée dans le carnet présidentiel.

Lundi 6 septembre dans la matinée, Nicolas Sarkozy a pourtant reçu ses ministres Hortefeux (Intérieur), Besson (Immigration) et Allio-Marie (Justice) pour trancher sur leurs propositions concurrentes de déchéance de nationalité. Hortefeux avait inventé un nouveau délit, mêlant escroquerie, abus de faiblesse et polygamie de fait; Besson et Alliot-Marie préféraient limiter la déchéance aux attaques volontaires contre des représentants de l'ordre public, le premier l'étendant aux naturalisés depuis moins de 8 ou 10 ans. Ce weekend, le député UMP (faux) villepiniste Hervé Mariton a suggéré une période probatoire de 5 ans à imposer aux étrangers souhaitant devenir Français, une proposition aussitôt rejetée par le ministre de l'identité nationale. 

A droite, on s'écharpe donc encore sur ces symboles sécuritaires dont tout le monde sait qu'ils n'auront aucun impact réel sur la délinquance. A l'issue de la réunion, un bref communiqué révélait que Sarkozy avait retoqué les délires sécuritaires de son ministre de l'intérieur : l'extension de la déchéance de nationalité ne concernera que les meurtres de policiers et gendarmes. Le chef de Sarkofrance a fait savoir qu'il souhaite que soit mise en oeuvre « dans les meilleurs délais (...) la possibilité de retirer la nationalité française, dans un délai de dix ans après l'accession à la nationalité française, à ceux qui portent atteinte à la vie d'une personne dépositaire d'une autorité publique, en particulier les policiers et les gendarmes. » Le discours de Grenoble, rien que le discours de Grenoble. Le camp présidentiel est suffisamment divisé comme cela.  Eric Besson sera doublement satisfait : sa proposition de faciliter les expulsions a été retenue. L'Elysée a demandé « une réforme de la loi sur l'immigration pour faciliter la reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière, y compris, dans certaines circonstances particulières, des ressortissants de l'Union européenne. »

Inquiet d'appels à manifester près de la mairie du 7ème arrondissement le 16 septembre prochain, Eric Besson a par ailleurs décidé de changer de lieu pour la cérémonie.

Sarko néglige les grèves

Lundi matin, le ministère du Travail mettait en ligne sur son site une présentation du « train Alzheimer », qui sillonnera la France du 7 au 21 septembre pour sensibiliser le pays à cette grande cause nationale. Faut-il y voir un signe du destin, un clin d'oeil involontaire à l'attitude présidentielle ? Mardi 7 septembre est le point d'orgue de la rentrée sociale, une journée d'action et de grève tous azimuts contre le projet Sarkozy de réforme des retraites. Eric Woerth, mal en point, a prévu d'intervenir ce soir sur TF1 pour livrer la parole officielle. Si le mouvement a du succès, il lâchera des compromis déjà annoncés, sur la pénibilité et les polypensionnés. Si la mobilisation est décevante, il pourra parader. La veille, lundi, la grève anticipée dans l'enseignement n'a mobilisé que 6 à 30% des personnels (suivant les sources).

Depuis des semaines,  les dirigeants de l'UMP répètent qu'il n'y a pas d'alternative à leur projet, et que la France était à la traîne. Lundi encore, le Figaro tentait une comparaison pro-sarkozyenne mais incomplète avec nos voisins européens. Le quotidien de Sarkofrance omettait les points essentiels : Primo, ailleurs en Europe, les durées de cotisation sont loin d'être aussi importantes qu'en France (41 ans en 2012) : 35 ans en Espagne en Allemagne, 36 ans en Italie, 30 ans en Angleterre. Secundo, l'effort de financement n'est pas équilibré. 80% des ressources nouvelles proviennent des travailleurs (via le recul des âges de départ et de retraite à taux plein et l'alignement public/privé), les revenus du capital étant quasiment épargnés. Tertio, certaines dispositions du projet sont carrément iniques, comme celle qui exige un handicap pour motif professionnel avéré d'au moins 20% pour maintenir un départ anticipé. Sur le fond, les opposants à la réforme ne nient pas le problème mais contestent les modalités retenues, et non négociées, par Nicolas Sarkozy.

Sarkozy ignore Woerth
Après avoir reconnu avoir demandé la Légion d'honneur de Patrice de Maistre, « comme n'importe quel député de base », Eric Woerth, lundi, devait faire face à une nouvelle révélation. Mediapart publie quelques extraits du procès-verbal de l'audition de Patrice de Maistre, le 25 août dernier, par la brigade financière, et détaille le contenu du courrier qu'il a adressé le 12 mars 2007 à Nicolas Sarkozy pour demander la légion d'honneur pour Patrice de Maistre. 

Woerth y explique que de Maistre « a bien voulu me faire part de son souhait d'être décoré de la légion d'honneur.» En juillet, lors de son audition avec la brigade financière, le ministre du Travail avait expliqué qu'il n'avait fait que donner un avis positif à cette demande qui aurait été transmise par l'un de ses conseillers. Surtout, ce courrier contient une note manuscrite écrite par Woerth à Sarkozy: « je t'en reparle. », la preuve de l'attention toute particulière que cette demande nécessitait. Enfin, cette lettre était accompagnée du CV de Maistre actualisé en février 2007. Or l'une des thèses de la défense woerthienne était que cette demande de décoration daterait de 2006. Gêné, Patrice de Maistre explique : « C'est peut-être un CV donné à Eric de Sérigny, je ne m'en souviens pas ». Eric de Sérigny fut ensuite l'un des conseillers d'Eric Woerth au ministère du Budget, en charge des relations avec le monde économique...

Pour conclure, Mediapart livre cet échange, entre policiers et gardé à vue : 
Face à tant d'incohérences, les enquêteurs ont poussé leur avantage durant la garde à vue de Patrice de Maistre: «L'intervention en votre faveur est donc faite par Eric Woerth, trésorier de l'UMP, trésorier de “Ensemble tout devient possible” (association créée par Nicolas Sarkozy pour sa campagne présidentielle de 2007, NDLR), à Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, par ailleurs candidat à l'élection présidentielle et chef de l'UMP. Maintenez-vous toujours que cette demande faite en votre nom par Eric Woerth est sans lien avec votre contribution financière à l'UMP?»
Manifestement piqué dans son orgueil, Patrice de Maistre leur a rétorqué : «J'ai la prétention de penser que si on m'a remis la légion d'honneur, ce n'est pas pour avoir contribué à une campagne présidentielle mais plutôt au regard de ce que j'ai fait dans ma vie au cours de ma carrière professionnelle. J'ajoute que j'ai depuis continué à contribuer au Premier Cercle (association des principaux donateurs de l'UMP, NDLR), que cela n'a rien à voir avec le fait que j'ai reçu la légion d‘honneur.»
Comme si cela ne suffisait pas, la CGT a publié une lettre ouverte critiquant un éventuel conflit d'intérêt d'Eric Woerth dans sa gestion de l'affaire Molex. En mars 2010, quelques jours après avoir été nommé ministre du travail, Eric Woerth avait désavoué l'inspection du Travail en autorisant le licenciement des représentants du personnel de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn, alors que l'un de ses proches conseillers, Eric de Sérigny travaillait par ailleurs pour une société de conseil financier en contrat avec la direction de l'établissement. Cette polémique est née d'une enquête de France inter il y a trois semaines.

Mardi soir sur TF1, Eric Woerth parlera-t-il des retraites, ou de ces affaires ?

Sarko néglige les impôts
Le débat fiscal s'éclaircit peu à peu, au grand dam de l'Elysée. Vendredi dernier, Nicolas Sarkozy avait loué la suppression de la taxe professionnelle auprès d'ouvriers d'une usine du groupe Vallourec, occultant les autres hausses d'impôts que cette réforme de la fiscalité locale occasionnera. Il avait également répété son crédo de ne pas augmenter les prélèvements, y compris pour financer les retraites. Pourtant, divers projets de relèvements de la TVA ont été dévoilés ces derniers jours. Et, pire, les impôts locaux se rappellent au bon souvenir des contribuables. L'an prochain, ils subiront une nouvelle hausse, inévitable effet de la suppression de la taxe professionnelle.

Lundi, le Figaro révélait en effet que les impôts locaux devraient à nouveau augmenter en 2010, mais moins fortement que l'an passé: « les ménages devraient voir leurs impôts locaux augmenter entre 3,7% et 3,9% cette année » explique le journal. En cause, le relèvement des valeurs locatives (indexé sur l'inflation, soit +1,2%) et une augmentation des taux d'imposition. Même le Figaro était contraint de reconnaître que les collectivités locales s'étaient retenues, citant même en exemple les villes de Montpellier et ... Lille ! Or la suppression de la taxe professionnelle, qui n'entrera en vigueur qu'en 2011, risque de perturber les finances locales. 

A cette date, les collectivités toucheront la nouvelle contribution économique territoriale (CET) qui prend le relais de la TP. Et si l'équation doit rester équilibrée, il y a fort à parier pour que les impôts locaux progressent donc à nouveau très fortement. En mai dernier, le socialiste Martin Malvy, président de l'Association des petites villes de France, expliquait déjà : « Les élus craignent de devoir imposer davantage les ménages pour boucler leur budget, d'autant plus que l'on s'oriente vers un gel des dotations de l'Etat.»

Impôts, retraites, ou Woerthgate, Sarkozy n'en a cure. Ou fait semblant.

Sécurité : Sarkozy parle mais les budgets baissent

Depuis le discours de Grenoble, les français ont compris que la sécurité serait le principal axe du programme de Nicolas Sarkozy pour 2012. Mais, la réalité est tout autre : de réduction de budget en réduction de personnel, les policiers ont de plus en plus de mal à faire leur métier.

Gouvernement et UMP : La sécurité c'est dans les discours mais pas dans les budgets !

Et si les propos sur la sécurité des français, de l'éternel Ministre de l'intérieur, celui qui se vante d'avoir "tué le job" n'étaient en réalité qu'un écran de fumée destiné à cacher la vérité des moyens accordés aujourd'hui à la police ?

C'est ce qu'on apprend par le Midi Libre qui consacre un article, au fonctionnement d'une direction départementale de la sécurité publique. Et le constat est sans appel !

" Verra-t-on, un jour prochain, débarquer des huissiers dans un commissariat pour procéder à des saisies de biens ou, carrément, à une expropriation ? On en est pas là, loin s'en faut. Il n'empêche... Voilà plusieurs années que bon nombre de directions départementales de la sécurité publique (DDSP) se font peur, financièrement parlant, une fois l'été passé ... / ... "

Et le Midi Libre de raconter l'exemple du commissariat de Montpellier : " .. / ... Le budget général est en baisse de 20 %. C'était déjà le cas l'année dernière. Aujourd'hui, certaines factures ne peuvent pas être payées ! ... / ... Quand un policier prend un avocat pour sa défense, c'est le secrétariat général administratif de la police qui prend ce coût en charge. Or, il est courant que l'avocat soit réglé dix mois après ! ... / ... lorsque nous devons contacter un témoin, auteur ou victime, nous disposons de lignes téléphoniques restreintes. Une fois, des lignes ont même été coupées à cause de factures impayées ! ... / ... entre 2009 et 2010, la dotation automobile dans le cadre du renouvellement de la flotte a baissé de près de 34 %.

Sans compter sur des facéties dont l'administration est coutumière : " Nous avons reçu des cartons entiers de carnet de procès-verbaux alors que leur format et leur présentation vont changer d'ici à la fin de l'année ... / ... " donc, poubelle !

Si les budgets sont en baisse, que dire des effectifs ?

Le Parisien consacrait le 29 août dernier un dossier, à la baisse des effectifs, sur laquelle le gouvernement communique ... peu !

" ... / ... depuis 2004, deux des trois corps de fonctionnaires de la police nationale (officiers et commissaires) ont perdu, au total, 4610 postes. De leur côté, les gardiens de la paix et brigadiers ont vu leur effectif décroître, entre 2008 et 2010, de 1580 postes ... / ... Le plus lourd tribut est payé par les gardiens de la paix, le corps le plus important en nombre. « Même si cette catégorie a gagné près de 5580 postes entre 2004 et 2008, il va en reperdre 5800 d’ici à l’horizon 2012 ... / ... lieutenants, capitaines et commandants... / ... Notre corps est passé de 14400 à 10000 policiers en six ans et nous devrions en perdre encore 1000 pour atteindre un objectif fixé à 9000 d’ici à 2012, indique un commandant .. / ...commissaires, contrôleurs et inspecteurs généraux ... / ... Près de 320 postes ont été supprimés depuis 2004 dans le cadre de la réforme des corps et carrières, atteste un commissaire ... / ... "

Bref, pas vraiment une situation permettant à l'UMP de faire des déclarations triomphantes comme celles de 

Xavier Bertrand : " Notre politique en matière de sécurité est populaire "

Frédéric Lefebvre : "On a besoin aujourd'hui que toutes les énergies soient tendues vers un objectif : répondre aux attentes des Français sur la sécurité ... / ... " - Source Europe1

Ou de celui qui veut défier la "gauchosphère " : Benjamin Lancar : " ... / ... La vérité, c'est qu'en matière de sécurité, nous visons juste" - Source Le Figaro

En clair : Moins de personnel, moins de moyens, une demande de résultats toujours plus exigeante de la part des pouvoirs publics et ... de beaux discours !

Et quelles sont les solutions vers lesquelles se tourne le gouvernement et sa majorité pour assurer la sécurité des citoyens ?

C'est Le Monde qui nous donne les réponses, au travers du débat sur la loi LOPSI, en cours, actuellement, au Sénat : " ... / ... Les policiers municipaux pourront avoir de nouvelles missions jusque-là conférées aux officiers de police judiciaire. Ils seront autorisés, dans certaines circonstances, à procéder à des fouilles, des contrôles d'identité et des dépistages d'alcoolémie ... / ... "

Outre le problème de formation et de qualification des policiers, cette "idée" est une fois de plus, un moyen pour ce gouvernement de se défausser de sa mission, en reportant les charges financières sur les communes, avec une incidence évidente sur la fiscalité locale.

Ce qui va accroître, un peu plus, l'écart entre villes "riches" et les villes "pauvres", en termes de sécurité. Car dans ce domaine, les propositions sont on ne peu plus inquiétantes : " ... / ... La privatisation des missions de sécurité devrait s'accentuer et le statut des entreprises de sécurité devrait être renforcé par cette nouvelle loi sur la sécurité, la dix-septième depuis 2002. D'ici quelques années, les effectifs sécuritaires du privé (170 000 salariés environ aujourd'hui) pourraient être supérieurs à ceux de la police et de la gendarmerie (220 000) ... / ... "

Les policiers, gendarmes et la population qu'ils sont censés protéger apprécieront !

L'enquête policière semble contredire Eric Woerth

Les procès verbaux d'auditions mettent à mal la version défendue par le ministre du Travail dans l'affaire Bettencourt, affirment Le Monde et Mediapart.

Eric Woerth ministre de la Défense ! Non, ce n’est pas une blague. C’est l’idée qui court depuis cet été à l’Elysée et au gouvernement. (AFP) Eric Woerth ministre de la Défense ! Non, ce n’est pas une blague. C’est l’idée qui court depuis cet été à l’Elysée et au gouvernement. (AFP)

Les procès verbaux d'auditions menées dans le cadre de l'enquête pour trafic d'influence mettent à mal la version défendue par Eric Woerth dans l'affaire Bettencourt, révèlent Le Monde et Mediapart. Ce sont les circonstances dans lesquelles Eric Woerth a remis au gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, la Légion d'honneur, en janvier 2008, qui intrigue les enquêteurs.

En confrontant notamment la dernière audition du gestionnaire de fortune, le 25 août, à celle du ministre du Travail, le 29 juillet, le tout à la lumière du courrier qu'Eric Woerth a adressé le 12 mars 2007 à Nicolas Sarkozy pour lui demander de remettre la Légion d'honneur à Patrice de Maistre (un courrier révélé la semaine dernière par l'Express), les enquêteurs se mettent de plus en plus à douter de la version du ministre, rapportent les deux journaux.

 "Je t'en reparle"

Patrice de Maistre a affirmé à la brigade financière n'être "jamais intervenu directement auprès d'Eric Woerth" pour réclamer la décoration. De son côté, Eric Woerth a déclaré aux policiers ne pas être "sûr d'avoir eu un rôle" et a indiqué que ce serait l'un de ses conseillers, Eric de Serigny, qui lui aurait "parlé" de cette Légion d'honneur... Une version que démentent et Eric de Serigny et la lettre du 12 mars 2007, dont le ministre a fini par reconnaître l'existence jeudi dernier.

Dans ce courrier, Eric Woerth écrit que son attention a été "appelée par Monsieur Patrice de Maistre (…). Il a bien voulu me faire part de son souhait d'être décoré de la Légion d'honneur". Ce qui contredit du même coup et le ministre et le gestionnaire de fortune. Lorsque les policiers ont demandé à ce dernier si "M. Woerth était donc un menteur", Patrice de Maistre aurait répondu : "Je n'ai pas à rentrer dans ces considérations, je sais simplement que je maintiens mes déclarations. Je n'ai pas souvenir de lui avoir adressé un quelconque courrier".
Outre le CV du gestionnaire de fortune, est adjointe à la lettre une mention écrite de la main du ministre : "Je t'en reparle". Ce qui pourrait témoigner d'un intérêt tout particulier de la part d'Eric Woerth pour Patrice de Maistre, souligne Le Monde.

Pour ne pas arranger les affaires d'Eric Woerth, les policiers ont mis la main sur une lettre de remerciements que Patrice de Maistre a adressée, le 28 juin 2007, à Eric Woerth : "Monsieur le Ministre et cher Eric, je viens d'apprendre que vous avez présenté ma candidature…"

Autant de "discordances" et d'"inexactitudes" dans les déclarations d'Eric Woerth que les policiers ont pointées pendant l'audition de Patrice de Maistre, souligne Mediapart.

 Un renvoi d'ascenseur ?

Reste à savoir pourquoi le ministre du Travail (alors ministre du Budget et trésorier de l'UMP) se serait montré si empressé à décorer Patrice de Maistre.

Serait-ce une contrepartie à son engagement financier en faveur de l'UMP ? Patrice de Maistre l'a démenti, lors de son audition. Les enquêteurs ont découvert qu'il avait lui-même contribué au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en plus d'avoir organisé les contributions de la famille Bettencourt : il aurait versé le 26 janvier 2007 3.000 euros à l'UMP, une semaine après une rencontre en tête-à-tête avec Eric Woerth.
Par ailleurs, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, avait affirmé aux policiers, le 8 juillet, que Patrice de Maistre lui avait demandé, début 2007, de retirer 150 000 euros en espèces, pour disait-elle, les remettre à Eric Woerth. Des affirmations qui jusqu'à présent sont restées sans preuve.

Ou bien s'agit-il d'un renvoi d'ascenseur pour le remercier d'avoir embauché son épouse, Florence Woerth, en novembre 2007, dans la société Clymène, qui gère la fortune de Liliane Bettencourt (un poste d'où elle a démissionné le 25 juin, alors que l'affaire Bettencourt était déjà bien engagée) ? Le ministre a toujours nié avoir joué un rôle dans cette embauche. Sur ce point, Patrice de Maistre est ambigu. Dans les enregistrements clandestins qui ont fait éclater l'affaire, on l'entendait dire qu'il avait embauché Florence Woerth à "la demande de son mari". Mais dans son audition du 25 août, il déclarait : "Personne ne m'a demandé de l'engager".

Devant ces questions encore en suspens et ces contradictions, les enquêteurs envisagent de réentendre Eric Woerth, selon Le Monde et Mediapart.

Manifestations et Woerth

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Retraites: à l'Assemblée, le débat s'annonce musclé

Au premier jour de l'examen de la réforme des retraites, les députés PCF ont provoqué une suspension de séance et le PS a promu son contre-projet, sans cibler Woerth.

Eric Woerth, le 7 septembre à l'Assemblée

Eric Woerth, le 7 septembre à l'Assemblée (Charles Platiau / Reuters)

Quel angle d’attaque pour la bataille parlementaire qui débute ce mercredi à l’Assemblée nationale? Dès le matin, les députés de chaque camp ont planché, en réunion de groupe, la majorité sur la façon de serrer les rangs autour du ministre du Travail Eric Woerth - avec Fillon très applaudi au biefing hébdomadaire des députés UMP -, le PS sur la teneur des questions au gouvernement et l’opportunité de cibler ou non Eric Woerth.

Les députés communistes avaient aussi préparé leur coup. Après l’intervention de Daniel Paul (PCF), interpellant le gouvernement sur son «mépris intolérable» des manifestants, voilà les élus qui se lèvent comme un seul homme et fondent sur le pupitre de François Fillon, que le Premier ministre partage avec le secrétaire d’Etat au Parlement, Henri de Raincourt, et la Garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie. Les députés y déposent - balancent pour certains - des dossiers contenant les milliers de signatures (plus de 100 000 revendiquées par le PCF) de leur pétition lancée cet été contre la réforme des retraites du gouvernement. Brouhaha immédiat et brève suspension de séance. «Staliniens!», «facistes!», s’égosille-t-on dans les rangs de la droite.

Plus tard, Jean-François Copé, outré, réclame au minimum un rappel au règlement, voire une sanction. Le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand sermonne: «quand on a des arguments, on ne fait pas des coups de pub des coups de force comme les communistes»! Un Bernard Accoyer (UMP), dépassé, tente: «Ici, c’est la maison du dialogue»...

Et les socialistes ont choisi de concentrer leur offensive sur le fond du dossier. Alors que la semaine dernière, l’opposition programmait une rafale de questions sur le projet de loi et, «pas seulement techniques», sur celui qui le porte, la décision a été prise mardi soir, puis actée en réunion de groupe ce matin, de laisser l’affaire Woerth-Bettencourt à la porte de l'hémicycle. Et de fait, les questions adressées au ministre du Travail portent sur le contre-projet du PS, la pénibilité, les inégalités hommes-femmes creusées par la réforme, etc.

«C’est une litote, la situation n’est pas optimale»

«Nous avons craint que des incidents de séance ne viennent occculter le débat», justifie un député PS. «Nous n’irons pas sur ce terrain de l’attaque politique pendant le débat parlementaire», confirme Marisol Touraine, chargée du dossier retraites au PS... même si dans les couloirs, la députée strauss-kahnienne ne se prive pas de décrire «un ministre fragilisé et un gouvernement qui se décrédibilise en le maintenant en poste». Et de comprendre les Français qui «font le lien entre les chèques signés aux plus riches (au titre du bouclier ficscal, dont 30 millions restitués en mars 2008 à Liliane Bettencourt, ndlr) et le fait que l’on va imposer aux plus jeunes, à ceux qui font des petits boulots aux métiers pénibles de faire des efforts, de travailler plus longtemps.»

Et le villepiniste François Goulard glisse aussi: «Avec un remaniement annoncé et un ministre mis en cause tous les jours, c’est une litote de dire que la situation n’est pas optimale.»

Dans une intervention prêtant au double sens, Fillon, mettant en garde l’oppostion contre «les caricatures et les postures», lancera: «Un projet c’est important mais la crédibilité de ceux qui le portent, c’est aussi important»... Mais pour cibler les socialistes: «La gauche n’a jamais tenu ses engagements sur les retraites.»

La stratégie du PS, qui a déposé quelque 200 amendements, est plutôt de se faire l’écho des cortèges dans l’hémicycle en se présentant en «porte-parole des manifestants» et de soutenir qu’«une autre réforme est possible» en dégainant son contre-projet «responsable, équilibré, financé». «La majorité est dans le spectacle et l’esquive mais le message des manifestants doit être écouté, respecté, estime Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés PS. Nous, nous serons dans la proposition.» Ce qui ne devrait pas empêcher les passes d’armes au cours des 75 heures de débat prévues pour l’examen du texte.

07.09.2010

Retraites: entre 1,1 million et 2,7 millions de manifestants

19 heures. A Paris, les derniers manifestants partent de la place de la République à Paris, quatre heures après le début du défilé.

18h30. Pour la CGT, 2,735 millions de personnes ont manifesté aujourd'hui en France. C'est plus que le 24 juin, plus aussi, toujours selon les chiffres de la CGT, que los res mobilisations de 1995 et 2003 (2,2 et 2 millions), et moins que le pic de 2009 (3 millions).

A voir, un diapo photo des pancartes dans la manif parisienne.

A lire, les reportages de nos correspondants à Lyon, Marseille, Rennes...

A écouter, c'est quoi être à la retraite, vu de l'enfance.

18 heures. Quelque 1.120.000 personnes ont manifesté en France dans 220 rassemblements, selon le ministère de l'Intérieur, qui rappelle qu'il y en avait eu 797.000 le 24 juin en 200 défilés et 1.130.000 le 13 mai 2003 avec 180 rassemblements.

17h20. La CFDT comptabilise 2,5 millions de manifestants partout en France.

16h30. Pour la CGT, la manifestation réunit environ 270.000 personnes à Paris, soit plus du double que le 24 juin, tandis qu'une première estimation de la préfecture a fait état de 80.000 participants. Lire ici notre reportage dans le cortège parisien.

16h15. A Lyon, le nombre de manifestants a grossi entre le 24 juin et ce mardi. Selon la police, les rangs sont passés de 11 000 à 16 000 personnes. Et selon les organisateurs, de 25 000 à 35 000, malgré les trombes d'eau qui tombent sur la ville. A lire sur LibéLyon

16 heures. Comment la majorité va-t-elle répondre à la mobilisation? En sortant de la séance de questions à l’Assemblée nationale, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, oppose aux slogans des manifestants, la mission que s’est fixée le camp présidentiel. Riens de moins que de «sauver le système de retraites par répartition»! «On peut avancer des chiffres de manifestabnts mais qu’est-ce qu’on dira à nos enfantsplus tard?»

16 heures. A Paris, face à l'affluence, la manifestation s'est scindée en deux cortèges aux parcours différents depuis son départ de la place de la République.

15h45. Eric Woerth, ministre du Travail, déclare à l'Assemblée que la solution au déficit des systèmes de retraite, «c'est d'abord et essentiellement un problème d'âge».

 

 

15h40. François-Marie Banier fait une apparition dans le cortège parisien. Il a le temps de dire tout le bien qu'il pense de cette mobilisation aux caméras avant de se faire traiter de «crapule» par un manifestant.

 

15h30. Jean-Marc Ayrault, le chef de file des députés PS, accuse à l'Assemblée nationale le gouvernement «de ne pas avoir joué sincèrement le jeu de la négociation avec les syndicats et l'opposition» pour sa réforme des retraites, parlant de «faute».

15h10. A l'Assemblée, scandale à droite et suspension de séance: les députés PCF ont déposé en bas de l'hémicycle, face aux bancs du gouvernement, des milliers de signatures de leur pétition contre la réforme des retraites.

15 heures. A Paris (photo), près de 80.000 personnes manifestent selon une première estimation de la préfecture de police.

A l'Assemblée, début de la séance des questions au gouvernement, dans une ambiance électrique. A suivre en direct ici.

14h40. A Paris, les premiers manifestants quittent la place de la République, sous les slogans (ci-dessous) et derrière une banderole «retraites solidaires, emplois, salaires, un enjeu de société», en présence des huit leaders syndicaux (photo Reuters)

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La première impression est que la mobilisation est d'importance. Les slogans fusent, plus ou moins inspirés: «Cancers en hausse, longévité réduite», «métro, boulot, caveau», «travailler (pour eux) tue»...

14h15. A Orléans, plus de 15.000 manifestants ont défilé ce mardi matin. A lire sur LibéOrléans

14 heures. Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly  estime avant le début de la manifestation à Paris que «si ça continue comme ça toute la journée, on remplira notre objectif» de dépasser les 2 millions de manifestants, au vu des chiffres «très importants» en province.

13h50. A Marseille, les syndicats annoncent 200.000 manifestants, la police n'en voit que 27.000. A lire sur LibéMarseille

13h30. A Rennes (photo), entre 21 000 personnes (selon la police) et 40 000 (selon les syndicats) ont défilé. Lire notre reportage sur LibéRennes

13h40. Sarkozy «ferme» et «attentif». Le Président a déclaré lors d'un petit-déjeuner de la majorité à l'Elysée qu'il fallait être «ferme» sur le coeur de la réforme des retraites, à savoir les 62 ans (âge légal) et les 67 ans (pension sans décote), et «attentif» sur la pénibilité, les polypensionnés et les carrières longues, a rapporté un membre de l'UMP.

13h30. Selon le ministère de l'Intérieur, 450.000 personnes manifestent à mi-journée dans 114 rassemblements sur l'ensemble du territoire. Soit l'équivalent à la mi-journée du 24 juin où 111 rassemblements avaient été organisés.

13 heures. François Fillon a annoncé ce matin aux députés UMP qu'il aurait «quelques ouvertures en fin de semaine» sur la réforme des retraites. Le Premier ministre français les a aussi exhortés à «tenir la ligne» sur le report à 62 ans (âge légal de départ) et 67 ans (pension sans décote), points majeurs de la réforme.  

12h45. Dans la fonction publique d'Etat, 24,77% du personnel est gréviste à la mi-journée, selon le ministère.

12h30. En réunion de groupe à huis clos, les députés UMP s’affichent soudés et affutent leurs arguments pour vendre un projet de loi «courageux et responsable». A l’image du député de Savoie, Lionel Tardy qui «live-twitte» le briefing hebdomadaire. François Fillon et Eric Woerth y sont très applaudis.

12h30. La direction de la RATP recense 22% de grévistes sur l'ensemble du personnel de l'entreprise francilienne. Un taux en hausse par rapport à la dernière journée d'action interprofessionnelle sur les retraites où 18% du personnel avait cessé le travail.

12 heures. Entre 16,93% des agents de Pôle emploi, selon la direction, et près de 25%, selon le principal syndicat, le Snu-FSU, sont en grève, soit plus que le 24 juin (12,26% et 22% respectivement).

11 heures. Près d'un cheminot sur deux en grève. La direction de la SNCF a recensé 42,9% de grévistes et la CGT 51,8%. Des chiffres en hausse par rapport à la précédente journée interprofessionnelle sur les retraites du 24 juin.

10h30. A Marseille, départ du cortège.

© Jean-Paul Pelissier / Reuters

10 heures. Les six raffineries Total en France sont au débit minimum, fait savoir la direction.

9h50. Un peu plus de 22% des postiers sont en grève selon la direction, contre 19,86% le 24 juin dernier. Les chiffres des syndicats ne sont pas encore communiqués.

Dans l'Education, 33,65 % des enseignants du premier degré (primaire) et  25,76 % dans le second degré (collèges et lycées) selon le ministère, soit 29,38 % en moyenne.

Les syndicats de la FSU chiffrent eux les grévistes à 60% dans le primaire et 55% dans le secondaire, soit davantage que le 24 juin, et même plus du double en collèges et lycées.

8h35. Thibault (CGT) prévoit une «journée exceptionnelle». Le secrétaire général de la CGT déclare sur Europe 1 que la mobilisation sur les retraites sera «peut-être l'événement social depuis plusieurs années». Et le syndicaliste de prévenir: «Si nous ne sommes pas entendus, il y aura des suites à la mobilisation et aucune forme n'est rejetée».

8h32.  «La mobilisation a l'air importante» juge Benoît Hamon (PS). Sur France Info, le porte-parole du Parti socialiste estime que «cette réforme est massivement rejetée par les Français» et juge que le gouvernement n'a «aucun courage à (la) mettre en oeuvre». Pour le socialiste, il faut «commencer par négocier», maintenir l'âge légal de départ à 60 ans et trouver d'autres sources de financement, notamment par le capital.

>>> A lire aussi nos témoignages et points pratiques sur les Libéville. Ce matin, LibéMarseille, LibéLyon et LibéLille.

8h30. Chérèque (CFDT) confiant. La journée de mobilisation contre le projet de réforme des retraites se présente «comme une réussite», a estimé sur RTL le secrétaire général de la CFDT François Chérèque. Ajoutant qu'il y aura «une suite» et espérant «des signes» du gouvernement «dans les jours qui viennent».


7h30. Le trafic ferroviaire est conforme aux prévisions, selon la SNCF, avec deux TGV et Transiliens sur cinq, un TER sur deux, un train Corail de jour sur quatre, ainsi que huit trains Thalis sur dix.

6h30. Pour les RER, la RATP annonce un train sur deux sur la ligne A, un trafic quasi nul sur la ligne B.

Les impostures du bouclier fiscal au crible des Pinçon-Charlot

La mise en place d'un bouclier fiscal, mesure-phare de la présidence de Nicolas Sarkozy, est devenu un « boulet politique » qu'il va devoir traîner jusqu'à la fin de son mandat.

Mais ce que démontrent implacablement les sociologues Michel et Monique Pinçon-Charlot, auteurs du « Président des riches », essai dont Rue89 publie les bonnes feuilles, c'est l'incroyable injustice qu'il introduit dans le système fiscal.

Le livre, publié à La Découverte, sortira le 9 décembre en librairie. Les deux chercheurs, spécialistes de la haute société, seront le 10 et le 11 au village du livre de la Fête de l'humanité. Rue89

Couverture du "Président des riches", de Michel Pinçon et Monique Pinçon CharlotDès l'été 2007, la loi dite improprement « sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat » (Tepa) favorise les favorisés. D'abord par la fourniture d'un attirail défensif : il s'agit de protéger les patrimoines les plus importants, harcelés par les voltigeurs du ministère des Finances.

Nicolas Sarkozy a dû regretter de ne pas être l'inventeur du « bouclier fiscal ». Devenu président de la République, il n'a pas su attendre plus de deux mois : urgence des urgences, il fallait en baisser de 60 % à 50 % le plafond.

La guerre des classes se manifeste dans la symbolique d'un vocabulaire martial. Les riches sont présentés comme agressés et mis dans l'impérieuse nécessité de se défendre. Aussi leur fournit-on un bouclier pour se protéger, mais de quoi ? De la rapacité d'un peuple avide ? D'un Etat d'autant plus insatiable qu'il dépense sans compter ?

Les « évidences » de Nicolas Sarkozy sont des impostures

« Est-il possible de demander à un contribuable de donner à l'État plus de la moitié de ses revenus ? Travailler deux jours et en donner un à l'Etat, pensez-vous que cela n'est pas assez ? », demande avec une fausse naïveté le président de la République selon lequel personne ne doit payer plus de 50% de ses revenus en impôts.

Trois remarques sont susceptibles de contredire le bon sens présidentiel, dont l'évidence n'a d'égale que la mauvaise foi :

  • Les revenus considérés ne sont que partiellement des revenus du travail. Pour l'essentiel, il s'agit des dividendes, plus-values et autres revenus du capital, qu'il soit mobilier (portefeuilles d'actions, parts de fonds communs de place ment…) ou immobilier (terres et immeubles…). Il s'agit donc du produit du travail des autres.
  • Ce n'est pas la totalité des revenus qui est mise à l'abri derrière le bouclier fiscal. Les revenus menacés par l'impôt sont ceux qui n'ont pu être escamotés par le passage dans les niches fiscales ou par leur placement au soleil des paradis pour millionnaires.

     

    Les vives protestations de contribuables que l'on pourrait croire étranglés par des fonctionnaires avides et implacables ne prennent pas en compte tout ce qui a déjà échappé aux rapaces. En recourant aux facilités des 486 niches fiscales où il fait bon mettre son blé au sec, le contribuable aura pu rogner la masse visible de sa fortune et de ses revenus.

    La grande richesse est un immense iceberg. Plus on en voit, plus il y en a de dissimulé aux regards importuns. Car, à côté des niches où va se lover l'argent, abris connus et un rien bonasses, il est d'autres havres dont certains ont des allures de repaires de pirates en des îles lointaines.

    Ces paradis fiscaux échappent à toute investigation. Dans ces niches et ces paradis, l'argent est comme le Saint-Esprit : invisible mais présent. Le fisc, qui aurait plutôt à voir avec le diable, y est interdit de séjour. Les grosses fortunes peuvent ainsi se présenter avec une taille de guêpe devant l'avide percepteur. Le seuil du bouclier en est d'autant plus vite atteint.

    Le taux réel d'imposition n'est pas de 60% ou 50%. Les revenus réels étant beaucoup plus élevés que ceux déclarés au fisc, le niveau d'imposition n'est que de 40%, 30%, 20%, voire moindre, ou même nul.

  • Impôts, taxes et contributions sociales entrent dans le calcul du bouclier. Celui-ci montre une fâcheuse tendance à prendre en compte tout ce qui passe par l'administration des impôts. Le calcul du bouclier fiscal à 60% comprenait l'impôt sur le revenu des personnes physiques, l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), la taxe foncière et la taxe d'habitation.

     

    Nicolas Sarkozy fait non seulement passer le seuil du bouclier de 60% à 50% à compter du 1er janvier 2008, mais, cerise sur le gâteau, il ajoute, au total des retenues à prendre en compte, la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) qui sont des cotisations sociales et non des impôts.

    Autrement dit, les 48% de ménages non imposables sur le revenu se voient prélever à la source, sur leur fiche de salaire, ces deux contributions sociales qui, pour les revenus élevés, contribuent à l'activation du bouclier fiscal.

La cote de confiance de l'exécutif chute

Nicolas Sarkozy et François Fillon perdent chacun deux points en septembre, à 32% pour le président de la République et 38% pour le Premier ministre, selon CSA.

Nicolas Sarkozy et François Fillon ( Sipa) Nicolas Sarkozy et François Fillon ( Sipa)

 Nicolas Sarkozy et François Fillon perdent chacun deux points de confiance en un mois en septembre, à 32% pour le président de la République et 38% pour le Premier ministre, selon le baromètre mensuel CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France paru dimanche 5 septembre.

Ces chiffres sont les plus bas relevés depuis juin 2007, selon le site internet du journal.

32% des personnes interrogées déclarent faire confiance à Nicolas Sarkozy "pour affronter efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays". Elles étaient 34% il y a un mois. Une forte majorité (60%, moins un point) est d'un avis inverse. 8% (+3) ne se prononcent pas.

Le Premier ministre recule également de deux points, à 38%. 53% ne lui font pas confiance (-1), 9% (+3) n'exprimant pas d'avis.

- Sondage réalisé par téléphone les 1er et 2 septembre auprès d'un échantillon national représentatif de 1.005 personnes âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas).

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