18.07.2007
Et si le taux de chômage devenait une fourchette...
Hier se tenaient les états généraux des chiffres du chômage et de la précarité, impulsés par le collectif les Autres chiffres du chômage (ACDC), qui regroupe des statisticiens chargés de mesurer ces chiffres controversés. Après la polémique lancée lors de la présidentielle, les statisticiens planchaient : comment mieux mesurer le non-emploi ? Quelques pistes pour s'y retrouver dans le flou statistique.
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Ces chômeurs qui faussent les chiffres
La polémique sur les vrais-faux chiffres du chômage a été l'un des serpents de mer de la campagne présidentielle. D'un côté, le gouvernement qui affichait chaque mois, en grande pompe, une baisse du taux de chômage (8,3 % en mars). De l'autre, des statisticiens chargés de mesurer le nombre de demandeurs d'emploi qui se mettent en grève, et l'opposition qui explique la baisse du chômage par l'augmentation des radiations. En moyenne, en 2006, le taux de chômage émanant des chiffres de l'ANPE serait tombé à 9,1 %. Faux, disent les statisticiens du collectif ACDC (les Autres chiffres du chômage) : selon l'enquête emploi 2006 menée par l'Insee, le vrai taux de chômage sur l'année s'établirait à 9,8 %, soit exactement le même niveau qu'en 2005.
19:15 Publié dans Vu dans Libé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, ps, legislatives, sarkozy, hamon, politique, 91
Souffrir et mourir au travail
On n’en a jamais autant parlé. On n’avait jamais tenu ces comptabilités macabres. Six suicides depuis février chez PSA (dont cinq à Mulhouse), trois en quatre mois au Technocentre Renault à Guyancourt (Yvelines), six en trois ans chez EDF, dans les environs de Chinon (Loiret).
Rationnel. Troubles du sommeil, dépression, accidents cardiaques. La plupart des syndicats, des médecins et psychologues spécialisés dans le travail s’accordent à dire que la souffrance en entreprise est en augmentation. Les objectifs de résultat se font de plus en plus pressants (surtout quand la rémunération y est proportionnée), dans un contexte de chômage et de précarisation. Les méthodes de management individualisent les relations de travail. Le salarié est parfois isolé, dans un environnement toujours plus rationnel, voire impersonnel. C’était le cas au Technocentre de Guyancourt. C’est aussi le cas chez IBM, où un suicide est survenu l’an passé, et où les maladies professionnelles se multiplient, selon un rapport rendu par des médecins du travail que Libération s’est procuré (lire ci-contre). Certaines entreprises mettent en place, timidement, des politiques de prévention. Des consultants extérieurs «auditent» les salariés, les managers se forment à gérer les conflits. Mais peu remettent plus profondément en cause leur fonctionnement. Et elles n’y sont pas encouragées. «La pathologie psychique n’est pas reconnue par la législation, ni en accident du travail ni dans les tableaux de maladies professionnelles», analyse le docteur Olivier Galamand, médecin du travail chez IBM.
08:25 Publié dans Vu dans Libé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, ps, legislatives, sarkozy, hamon, politique, 91
Environnement: le Grenelle vire à la querelle
Le climat est loin d'être au beau fixe autour du Grenelle de l'environnement. Alors que les premières réunions de préparation se tiennent cette semaine, les points de crispation s'accumulent. Dernière anicroche en date: l'arrivée surprise de nouvelles personnes autour de la table des négociations, lundi, lors de la réunion du groupe Agriculture.
Après négociation entre toutes les parties, il avait été convenu de mettre en place cinq collèges de huit personnes (ONG, collectivités territoriales, syndicats, entreprises et Etat) dans chacun des six groupes de travail (Agriculture, Mode de développement, Climat, Démocratie écologique, Santé et Biodiversité).
Mais un nouveau collège dit de "personnes morales associées" s'est présenté. "Le ministère de l'Ecologie les a désignées de manière clientéliste, s'offusque Yannick Jabaut, membre de Greenpeace et porte-parole de l'Alliance pour la planète. Ca vient déséquilibrer le travail en collèges et ça minore la représentation des associations."
Sans concertation préalable, de nouveaux représentants de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) et même de la Confédération nationale des associations familiales catholiques étaient donc présents lundi autour de la table. L'Alliance pour la planète est toujours dans l'attente d'une clarification de la part du ministère sur ce point.
L'ambiance n'est pas non plus très chaude au sein même du "groupe des neuf" (WWF, Greenpeace, Amis de la terre, Ecologie sans frontière, Ligue de protection des oiseaux, Réseau action climat, Ligue Roc, Fondation Nicolas-Hulot et France Nature Environnement). FNE s'est notamment attiré les foudres de ses collègues en exigeant rien moins que la moitié des postes de représentation des associations, comme le rapporte l'association des Journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie (JNE).
Si FNE a ensuite revu ses prétentions à la baisse, la cohabitation n'est pas toujours facile pour Jean-Paul Besse, représentant de la Fondation Nicolas-Hulot:
Les coups viennent aussi de l'extérieur. En témoigne l'histoire mouvementée du lancement du site Internet du Grenelle de l'environnement. Le député des Verts Alain Lipietz a fait main basse la semaine dernière sur son adresse: www.legrenelleenvironnement.fr. Désormais, cette adresse mène tout droit au blog de l'élu écologiste. Le ministère de l'Ecologie a immédiatement réagi en déclarant que la véritable adresse prévue a toujours été www.legrenelle-environnement.fr et a mis son site en ligne lundi.
Pas de quoi rassurer le ministre. D'autant que, si Nicolas Sarkozy s'est, une fois n'est pas coutume, mis un peu retrait, la passation de pouvoirs entre Alain Juppé et Jean-Louis Borloo a provoqué "un trou d'air", selon l'expression de Sébastien Genest. Le président de France nature environnement relève surtout que "Juppé et Borloo ont deux caractères différents. Ils s'impliquent tous les deux, mais n'ont pas la même vision. Juppé était plus sensible à l'aspect négociations, alors que Borloo ne souhaite pas singer le dialogue social".
Toutefois, Jean-Paul Besse se refuse à imaginer l'organisation de ce qui reviendrait à un énième colloque sur le sujet, en lieu et place de réelles négociations:
La marge de manoeuvre est maintenant clairement délimitée. Les six groupes de travail ont jusqu'au 25 septembre pour faire émerger un plan d'action de 20 à 30 propositions, qui sera débattu lors du Grenelle de l'environnement prévu à la mi-octobre.
07:40 Publié dans lu sur Rue89 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, ps, legislatives, sarkozy, hamon, politique, 91
16.07.2007
Projet de loi sur l’emploi et le pouvoir d’achat
Le projet de loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat aura pour principal effet une dégradation des conditions de travail et un ralentissement des créations d’emplois, sans aucun effet sur le pouvoir d’achat des Français.
Seul un tiers des salariés pourra bénéficier de la détaxation des heures supplémentaires. Les salariés ne choisiront pas leur temps de travail, seuls les employeurs pouvant en décider, et la principale conséquence sera une intensification et une dégradation des conditions de travail de nombreux salariés. Cette mesure contribuera à asphyxier les régimes de protection sociale, employeurs et salariés étant expressément incités à sous-déclarer le temps réel de travail. Et elle jouera pleinement contre l’emploi, les employeurs étant financièrement incités à recourir aux heures supplémentaires plutôt qu’à embaucher.
L’abaissement du bouclier fiscal à 50 % des revenus constitue une course au moins disant fiscal qui s’opèrera au bénéfice exclusif des plus grandes fortunes. Destiné à remettre en cause l’impôt sur la fortune, il représente un cadeau fiscal de 45 000 euros pour les 13.000 foyers disposant d’un patrimoine supérieur à 7 millions d’euros qui capteront ainsi les trois quarts du bénéfice total du bouclier (810 millions d’euros pour 235.000 ménages). Les 90% de Français qui gagnent moins de 3000 euros par mois n’y gagneront rien alors même que les plus fortunés y gagneront près de 4 SMIC par mois : difficile dès lors de parler de revalorisation du travail !
La suppression de l’essentiel des droits de succession, alors que 75 % des successions échappent aujourd’hui à toute imposition, s’opèrera au bénéfice des 10 % de Français les plus fortunés qui détiennent 50 % du patrimoine du pays : difficile de parler de justice fiscale quand on subventionne les pires inégalités sur fonds publics !
La déduction de l’impôt sur le revenu de 20 % des intérêts versés pour l’achat d’une habitation favorisera la hausse des prix, dès lors que cette réforme ne sera pas réservée aux primo-accédants, et aggravera encore les inégalités puisqu’elle bénéficiera principalement aux plus gros emprunts. Il eut été plus efficace et plus juste d’utiliser ces 3 milliards d’euros à l’élargissement du bénéfice du prêt à taux zéro.
Au prétexte de favoriser la transparence dans l’octroi des « parachutes dorés », le projet de loi se borne à renvoyer aux conseils d’administration des grandes entreprises le soin de lutter contre les abus, ce qui revient à ne strictement rien changer aux pratiques actuelles. Elle est à mille lieues de la proposition de loi déposée par le Parti socialiste en 2003, à laquelle l’UMP s’était opposée.
Ces mesures, d’un coût total d’un minimum de 13 milliards d’euros, ne pourront être financées, de l’aveu même du Président de la République et du Premier ministre, sans une augmentation de 5 points de TVA. Elles reviennent donc à faire payer par la majorité des Français les cadeaux fiscaux accordés à une petite minorité d’entre eux.
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15.07.2007
Agacements après la visite de Cécilia Sarkozy en Libye
L'épouse du président de la République a rencontré à deux reprises le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, mais une seule fois les cinq infirmières bulgares condamnées à mort en Libye pour avoir inoculé le virus du sida à des centaines d’enfants, et les familles des enfants contaminés à Benghazi (1000 km à l’est de Tripoli). Elle a également discuté avec la fille du colonel Kadhafi, Aïcha, 29 ans, chargée de la condition féminine et des violences faites aux femmes, a précisé Claude Guéant.
La visite de «la première dame» de France, «non officielle» a précisé la présidence, est intervenue au lendemain de la confirmation de la peine de mort à l’encontre des soignants, qui crient leur innocence. Ce verdict sera soumis lundi prochain au Conseil supérieur des instances judiciaires, qui peut annuler ou commuer la peine capitale, après l’annonce mardi d’un compromis sur des compensations avec les familles des enfants contaminés.
Ce n'est pas la première fois que le nouveau président français, élu il y a deux mois, fait cavalier seul sans informer ses partenaires européens de ses initiatives diplomatiques. Le mois dernier, il a ainsi proposé unilatéralement lors du sommet du G8 en Allemagne un délai de six mois avant de se prononcer sur le statut futur de la province sécessionniste serbe du Kosovo, un dossier actuellement en pleine négociation à l'Onu.
Ce vendredi matin, Paris était «raisonnablement optimiste» sur le sort des infirmières et du médecin bulgares, condamnés à mort en Libye, a déclaré vendredi Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, rentré dans la nuit de Tripoli avec Cécilia Sarkozy.
Les infirmières Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valia Tcherveniachka, Valentina Siropoulo et Snejana Dimitrova, ainsi que le médecin Achraf Joumaa Hajouj, un Palestinien qui a récemment obtenu la nationalité bulgare, sont emprisonnés en Libye depuis 1999. Accusés d’avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants de Benghazi, dont 56 sont décédés, ils clament leur innocence, affirmant que leurs aveux ont été arrachés sous la torture.
19:35 Publié dans Vu dans Libé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, ps, legislatives, sarkozy, hamon, politique, 91
La gauche dénonce un «écran de fumée»
12:35 Publié dans Vu dans Libé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, ps, legislatives, sarkozy, hamon, politique, 91
Le point presse hebdomadaire du parti socialiste était animé par Benoît Hamon.
Le député européen est revenu sur le discours de politique général de François Fillon du 3 juillet après avoir souligné l'inégalité des Français devant les vacances en ce début de période estivale. Enfin, il a apporté toute la solidarité du PS au nouveau Premier ministre Britanique, Gordon Brown, après les attaques terroristes du week-end dernier.
08:02 Publié dans Information Section | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, ps, legislatives, sarkozy, hamon, politique, 91
A l’Assemblée, y a tout ce qu’il faut pour les cadeaux fiscaux
Un clivage droite gauche très marqué a continué à peser sur les débats vendredi à l’Assemblée nationale, qui a poursuivi l’examen du projet de loi Tepa (Travail, emploi, pouvoir d’achat), avec au menu des débats deux dossiers emblématiques : le bouclier fiscal pour les ménages les plus aisés, et la réduction de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). «Comprenez notre indignation et notre colère : nous défendons des valeurs qui ne sont pas cotées en Bourse», a lancé dès l’ouverture des débats Jean-Pierre Brard (PCF-Seine-Saint-Denis). La veille, la droite avait déjà voté pour 3,7 milliards d’euros d’exonérations fiscales au titre du crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunts (lire Libération du 13 juillet). Et aussi 1,8 milliard d’euros d’allégement fiscaux sur les successions-donations (lire ci-dessous).
07:36 Publié dans Vu dans Libé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, ps, legislatives, sarkozy, hamon, politique, 91
11.07.2007
Robert Ménard (RSF) : « demander à Nicolas Sarkozy de garantir l'indépendance des médias est très ambigü »
Pour le fondateur et secrétaire général de Reporters sans frontières, demander à Nicolas Sarkozy de garantir l'indépendance des médias, c'est se tromper d'interlocuteur. Interview.
Marianne2007.info : Le Forum permanent des société de journalistes, et la rédaction des Echos, ont interpellé Nicolas Sarkozy sur l'indépendance des médias. Pensez-vous qu'ils ont eu raison d'en appeler au président de la République ?
Robert Ménard : Non, mais c'est de bonne guerre. Depuis deux mois, on voit bien à quel point ce pays est hypercentralisé : tout tourne autour de l'Elysée. Alors, naturellement, la tentation est là, et c'est médiatiquement habile de s'adresser directement à Nicolas Sarkozy. Pourtant, je trouve très ambiguë la propension française à s'en remettre au politique. Même si le chef de l'Etat, de par sa fonction, est le garant de la constitution, on peut interpeller d'autres interlocuteurs : le législateur, la ministre et les acteurs économiques notamment.
Depuis deux semaines, Nicolas Sarkozy ne leur a pas répondu…
Effectivement. Il reçoit tout le monde, mais lorsqu'il s'agit de la liberté de la presse, il a l'air moins volontaire. Il est sûrement très occupé. On remarque cependant qu'il a le temps de déjeuner avec des intellectuels, mais qu'il n'a pas un moment pour recevoir les représentants des médias…
Comme l'a relevé le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, Nicolas Sarkozy est également accusé de vouloir influencer les médias. N'est-il pas paradoxal de lui demander de garantir l'indépendance de la presse ?
Voir Nicolas Sarkozy comme un prédateur de la liberté de la presse, c'est porter un regard partisan. Oui, il est interventionniste, oui, il est autoritaire et décomplexé par rapport à l'argent. Et on pourrait citer quelques exemples d'influence : pendant la campagne présidentielle, on sait que La Tribune n'a pas publié un sondage qui était favorable à Ségolène Royal. Mais ce type de pressions n'est pas le fait de la droite plus que de la gauche quand elle est au pouvoir ! Le problème est de se doter des moyens de résister à ces pressions-là.
Selon vous, que faudrait-il faire pour lutter contre ces influences ?
Contrairement à ce qu'on entend souvent, les médias français ne souffrent pas d'une concentration excessive. Ce qui menace leur indépendance, c'est que les groupes qui les possèdent ne sont pas des groupes de presse. Bouygues, Lagardère, Dassault, Arnault ou Bolloré ont tous d'autres activités. L'Etat est d'ailleurs souvent un de leur client important. C'est ce qui fait que si Bernard Arnault reprenait Les Echos, il pourrait y avoir un conflit d'intérêt entre les activités de son groupe, LVMH, et le journal. Cela ne veut pas dire qu'il faut interdire à ces gens-là de posséder des médias, mais cela pose des problèmes de transparence. Si ces groupes bénéficient de commandes de l'Etat, ils devraient être tenus de le faire savoir. Il faut aussi que les Sociétés de journalistes soient reconnues juridiquement et qu'elles puissent peser sur la nomination d'un directeur de rédaction.
Pensez-vous que les pressions actuelles menacent gravement la qualité de l'information en France ?
Il ne faut rien exagérer. En France, lorsqu'une information est censurée par un journal, comme le fait que Cécilia Sarkozy n'a pas voté au second tour (censuré par le Journal du Dimanche, ndlr), elle se diffuse malgré tout et prend même plus d'importance parce qu'on a tenté de l'occulter. Mais un doute est en train de grignoter les esprits, et ça c'est très grave. Les acteurs économiques, le législateur, Christine Albanel, la ministre de la Culture et de la Communication, et même Nicolas Sarkozy, ne devraient pas prendre les revendications des journalistes à la légère. Je comprends mal leur inaction.
21:05 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, ps, legislatives, sarkozy, hamon, politique, 91





