13.11.2008

Royal, «une candidature d'affrontement» ?

Si Ségolène Royal est candidate à la tête du PS, le congrès sera «le premier meeting de sa campagne présidentielle» de 2012, estime Michel Sapin, proche de François Hollande.

Le député PS de l’Indre et ex-ministre Michel Sapin a estimé ce matin qu’une candidature de Ségolène Royal au poste de premier secrétaire serait «une candidature d’affrontement». L’ancien ministre s’est dit convaincu que «si c’est Ségolène Royal» qui est candidate au nom de sa motion, «il n’y aura pas de rassemblement au congrès de Reims» et Reims sera «le premier meeting de sa campagne présidentielle» en vue de l’élection de 2012.

Ce proche du premier secrétaire François Hollande a préconisé «une autre solution» autour de la candidature de «quelqu’un qui serait issu de la motion de Ségolène Royal mais qui serait dans la coopération avec les deux autres motions» issues de la majorité sortante: celle de Bertrand Delanoë et celle de Martine Aubry.

«Il y a un risque d'affrontement bloc contre bloc»

Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, signataire de la motion Delanoë, explique pourquoi il est contre une candidature de Ségolène Royal à la tête du PS

Une réunion s’est tenue entre les signataires de la motion conduite par le maire de Paris. Qu’en est-il sorti?
Bertrand Delanoë fait le tour des signataires de sa motion, et ce n’est pas encore terminé. Pour l’heure, la motion A reste totalement solidaire de cette démarche collective et je le suis moi-même. Il est hors de question d’imaginer des débauchages individuels qui ne règleraient absolument rien.
 
Que préconisez-vous pour parvenir à un accord entre les motions en vue du congrès de Reims?

Personne n’est majoritaire, donc les responsables ont l’obligation de rechercher les voies d’un accord politique. Il faudrait que toutes les motions se retrouvent pour en débattre et parvenir à des convergences. Prenons les points les uns après les autres: les alliances, qui sont une question extrêmement importante, mais aussi l’Europe, la stratégie du parti et la manière de rénover, etc. Nous devons surtout éviter les affrontements de personnes et trouver un candidat de consensus qui permettrait de rassembler les socialistes sur des bases claires. Or, je constate que les noms avancés pour l’instant risquent davantage de déclencher un affrontement bloc contre bloc.
 
Serait-ce le cas si Ségolène Royal, dont la motion est arrivée en tête, se portait candidate au poste de premier secrétaire?
Je le crains. Mais une candidature de Martine Aubry pourrait provoquer le même phénomène. Nous devons donc continuer de discuter ensemble. Quand on est responsable, on cherche. Il y a urgence: pour ne pas mettre le PS en danger il est grand temps qu’il y ait un sursaut.

12.11.2008

"Ils nous traitent comme des chiens",

Quelles sont les conditions de vie dans un Centre de rétention administrative (CRA) où sont enfermés les étrangers en situation irrégulière en instance d'expulsion? Un petit livre répond à cette question. PubliéSanspapiersfiche1par les éditions Libertalia (1), proches de la mouvance libertaire très investie dans la défense des sans-papiers, il reprend un certaine nombre de témoignages de retenus enfermés à Vincennes. Ces récits ont été recueilli au téléphone par des militants associatifs proches de cette mouvance. Le 22 juin 2008, ce CRA, le plus grand de France avec ses 280 places, partait en fumée. Pour les associations de défense des sans-papiers, cet incendie allumé par des retenus n'était pas une surprise. Les six mois précédents, les migrants avaient multiplié les actes de protestation: refus de s'alimenter, d'être comptés, tentative de suicide, affrontements avec la police. A plusieurs reprises, la Cimade (association de défense des droits de l'homme) avait alerté l'administration sur la situation explosive dans ce centre. Le décès d’un retenu tunisien le 21 juin, à qui l’administration aurait refusé les soins appropriés, a été l’élément déclencheur. Des retenus ont allumé mis le feu.

Vendredi 14 mars
«Je viens de m’embrouiller avec un flic. Un homme parmi nous est gravement malade. Il a une pneumonie depuis 2003. Il est venu en France pour consulter un médecin. Ils l'ont arrêté le 20 février. Il a un certificat médical attestant qu’il est malade mais ils s’en moquent. Le médecin du centre lui a juste donné du paracétamol. Le monsieur n’arrive pas à respirer et ils ne veulent pas le soigner.»

« Cela fait douze jours que je fais la grève de la faim. Mon père est français. Il a été amputé de ses deux jambes. Je suis venu en France pour m’occuper de lui. La Cimade a écrit au juge, mais il a demandé que je reste encore quinze jours ici.»

Dimanche 16 mars
«J’ai dit aux flics que j’étais mineur. Je leur ai demandé de m’emmener dans un centre pour mineur, mais ils m’ont emmené à l’hôpital. Ils m’ont fait un test osseux pour vérifier mon âge. Le médecin a dit que j’avais 18 ans, mais moi, je suis mineur.»

«Ils ont ramené beaucoup de monde ce week-end. Ça a chauffé. Ils voulaient nous mettre à cinq par chambre. Les flics ont sorti leurs bâtons, l’un d’entre eux son pistolet.»

«Vendredi, on a tous déchiré nos cartes (d'identification, ndlr). On les a mises dans un sac que l’on a balancé à l’accueil. Suite à cela, ils ont mis deux personnes en isolement. Ils les ont prises au hasard, parmi ceux qui parlent bien français. Les flics m’ont dit que j’étais un meneur, parce que je leur parlais au nom de tous. L’autre jour, ils nous ont tous rassemblés dans le réfectoire pour nous compter. Il y avait beaucoup de flics et des chiens. On aurait dit qu’ils cherchaient quelqu’un qui s’est enfui (...). En ce moment, ils mettent beaucoup de coups de pression. Ils nous traitent comme des chiens. La nuit, ils passent dans les chambres sous prétexte de chercher des gens. Mais ce ne sont que des coups de pression et des provocations. Ils pourraient aller directement dans la chambre du mec qu’ils cherchent. Au lieu de cela, ils font toutes les chambres (...). Il est impossible de dormir. La nuit, ils claquent les portes. On entend les aboiements des chiens de la brigade canine à partir de 4 heures du matin. Le matin, c’est le micro qui nous réveille.»

Mercredi 9 avril
«Les gens et les flics se foutent de la grève de la faim. Ils se foutent des sans-papiers. Ils s’en foutent si on crève. Les gens bouffent des lames de rasoir tous les jours et l’on n’entend pas parler d’eux. Les petits trucs qu’on fait ne valent pas le coup. Il faut vraiment foutre le bordel pour leur mettre une vraie pression.»

«Pour refuser d’embarquer, un mec a eu une idée incroyable. Il s’est chié dessus. Il s’est tout étalé sur lui. Ils n’ont pas pu l’expulser. Ils l’ont ramené au centre. Le lendemain, ils sont venus le rechercher. Ils l’ont attaché avec du Scotch et ils l’ont enroulé dans du film plastique. Ils l’ont pris et ils l’ont expulsé comme ça.»

Lundi 14 avril
«Les flics nous donnent les rasoirs entre 8 heures et 10 heures du matin en échange de nos cartes. Pour pouvoir récupérer les cartes, on doit leur rendre le rasoir (...). Samedi, un mec devait être expulsé vers l’Algérie. Pour ne pas partir, il s’est ouvert la jambe avec la lame du rasoir, en allant prendre sa douche. Il a failli se couper une veine. Ils l’ont emmené à l’hôpital. Ils l’ont ramené hier soir. Je lui ai dit que c’était une connerie. Depuis que je suis ici, quatre ou cinq gars ont fait des tentatives de suicide pour ne pas être expulsés. Certains se pendent, d’autres avalent des pièces de monnaie. Ceux qui refusent l’embarquement sont ramenés au centre pour être expulsés plus tard. Si je suis expulsé, je vais accepter. Quand c’est la deuxième fois qu’ils tentent de t’expulser, ils te scotchent comme un animal et je ne veux vraiment pas partir scotché comme un animal.»

Jeudi 24 avril
«Un retenu a dit à la cuisinière qu’il ne mangeait que hallal. La cuisinière l’a insulté. Il a jeté son plat vers elle. Il ne pouvait pas l’atteindre car il y a un grillage entre eux. La cuisinière a dit aux flics qu’il lui avait craché dessus, 20 policiers l’ont tabassé en dehors du champ des caméras. Il fait un mètre cinquante ! Ils l’ont bien amoché à coups de rangers sur le visage. Ils ont même essayé de lui casser le poignet. Ensuite, ils l’ont mis une heure en isolement, avec les menottes très serrées. Il est sorti avec les poignets enflés.»

Jeudi 15 mai
«Depuis que je suis au centre, il y a eu au moins 10 personnes, toutes communautés confondues, qui se sont coupé les veines, entaillé les bras, les jambes, qui ont avalé des lames de rasoir ou des clous. Un mec a préparé et avalé une potion à base de savon.»

Vendredi 16 mai
«La pression psychologique et physique est énorme et permanente. Si on ne présente pas notre carte de retenu, on peut être violenté. Un jeune homme faisait du sport dehors à 6 heures du matin. Un policier est venu lui demander sa carte. Il lui a répondu qu’il l’avait laissée dans sa chambre. Le policier l’a attrapé par la nuque et l’a poussé au sol en l’insultant. Ils ne sont pas polis avec nous (...). Pour moi, on est une sorte d’expérimentation pour l’école de police. Ils font des expériences sur nous. Et puis il y a les chiens de l’autre côté du centre, ils aboient toute la nuit, comme si c’était un disque, c’est insupportable.»

(1) Le livre Feu au centre de rétention, est vendu 7 euros. Les bénéfices, moins le coût d'impression (1.4 euros par ouvrage), seront entièrement consacrés à la défense des six retenus inculpés suite à l'incendie du 22 juin.

 

 

deux tiers des Français sont contre

66% des personnes interrogées estiment que "c'est plutôt une mauvaise chose parce que cela entraînera à terme la remise en cause de l'âge de départ à la retraite" selon un sondage CSA

Près de deux tiers des Français estiment que le recul de 65 à 70 ans de l'âge jusqu'auquel un salarié peut refuser d'être mis à la retraite d'office est "plutôt une mauvaise chose", selon un sondage CSA réalisé pour le Parisien/Aujourd'hui en France à paraître ce lundi.

Les personnes sondées étaient interrogées sur l'amendement au budget de la Sécu, que doit examiner le Sénat à partir de mercredi, "permettant aux salariés qui le souhaiteraient de travailler jusqu'à 70 ans". L'âge de la mise à la retraite d'office est actuellement fixé à 65 ans.

Ils devaient dire de quelle opinion ils étaient les plus proches parmi les deux suivantes: "c'est plutôt une bonne chose parce que cela permet aux personnes qui le souhaitent de travailler après 65 ans et d'augmenter leurs revenus" ou "c'est plutôt une mauvaise chose parce que cela entraînera à terme la remise en cause de l'âge de départ à la retraite".

66% des personnes interrogées ont choisi la deuxième proposition ("mauvaise chose"), contre 31% la première. 3% ne se sont pas prononcées.

Parmi les sympathisants de gauche, 80% ont opté pour l'opinion négative, contre 17% pour l'opinion positive. 3% ne se sont pas prononcés.

Parmi les sympathisants de droite, 60% ont en revanche considéré que la mesure était plutôt "une bonne chose" contre 37% une "mauvaise chose". 3% ne se sont pas prononcés.

Le sondage a été réalisé par téléphone le 5 novembre auprès d'un échantillon national représentatif de 1.008 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas.

Georges Frêche réintégré au PS par Royal?

C'est en tous cas ce qu'a prétendu le bouillant élu Languedocien devant l'équipe de Canal +...

 

 

Je ne vous cache pas que je trouve le "démenti" de Ségolène Royal pour le moins emprunté et que j'attends avec impatience une prise de position beaucoup plus ferme sur le sujet.

Je rappelle ici que Georges Frêche avait été exclu (en janvier 2007) parce qu'il avait déclaré en parlant des footballeurs de l'équipe de France : « Dans cette équipe il y a neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s'il y en a autant, c'est parce que les Blancs sont nuls. J'ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze Blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine. ». Des propos tenus lors d’une réunion le 14 décembre 2006 et alors rapportés par le Midi Libre.

On oubliera pas, par ailleurs, qu'entre autres saillies, le sympathique Frêche avait traité les harkis de ”sous hommes“...

À suivre...

Star du P.S?

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«Nous sommes dans la démagogie sécuritaire»

Jean-Louis Borie, avocat au barreau de Clermont-Ferrand, prend aujourd’hui ses fonctions de président du Syndicat des avocats de France. Le SAF, créé en 1974, engagé et marqué à gauche, réunit depuis samedi 250 de ses membres à Montpellier à l’occasion de son 35e congrès.

Quels sont les objectifs de ce congrès ?

Il intervient dans des circonstances politiques plus que délicates, et est l’occasion de faire le bilan des combats menés en 2008. Sur la loi sur les peines planchers par exemple, nous avons organisé en interne la résistance des avocats, en les dotant d’outils techniques pour leur permettre de répondre au parquet. Nous nous sommes battus contre la loi de rétention sûreté, qui constitue un recul très grave de l’Etat de droit. Le SAF s’est aussi beaucoup engagé dans la défense des militants qui refusent le prélèvement génétique. Pour les fichiers Edvige et Cristina, nous sommes partie prenante de tous les recours effectués devant le Conseil d’Etat. Le SAF a eu gain de cause en attaquant, aux côtés notamment de la LDH [Ligue des droits de l’homme]et du Gisti, l’appel d’offres de Brice Hortefeux sur les associations qui interviennent dans les centres de rétention administrative [où sont enfermés les sans-papiers, ndlr].

Quelles sont les prochaines actions du SAF ?

Nous sommes dans la démagogie sécuritaire. Le nouveau projet de loi présenté par Rachida Dati sur l’enfermement des criminels dangereux réintroduit dans la loi ce que le Conseil constitutionnel avait censuré. Il vient d’être présenté en Conseil des ministres. Notre objectif est d’informer l’opinion et de se battre pour qu’il ne voie pas le jour. Sur la question du fichage, nous attendons Edvige 2 pour faire les recours, car les projets de textes sont presque aussi liberticides que les précédents. Une réforme de l’aide juridictionnelle est annoncée l’an prochain. Elle risque de se traduire par un désinvestissement financier de l’Etat, auquel nous nous opposerons. Nous dénonçons aussi la tendance lourde à diminuer ou à encadrer le pouvoir du juge. Plutôt que de combattre cette «déjudiciarisation», le conseil national du barreau propose la création d’une «grande profession du droit», sans en définir clairement les contours.

Quelle est la polémique autour de cette «grande profession du droit» ?

Le gouvernement a demandé à la commission Darrois, qui doit rendre son rapport au 31 décembre 2008, de réfléchir à l’organisation d’une grande profession du droit. Celle-ci pourrait englober les compétences des notaires, des huissiers, des juristes d’entreprises. Or, la déontologie de l’avocat consiste entre autres à ne pas intervenir pour deux parties qui auraient potentiellement un conflit d’intérêt. Il y aurait aussi pour les avocats la possibilité d’être salariés d’une structure extérieure à la profession. Une autre idée de cette commission est de pouvoir faire entrer dans un cabinet des capitaux là encore extérieurs à la profession. Cela porterait atteinte à l’indépendance des avocats, risquerait d’affaiblir le secret professionnel et aboutir à une déontologie à deux vitesses. On assiste à un renforcement de la logique de rentabilité économique, qui va rendre la défense plus difficile et détériorer la couverture géographique du territoire, déjà mise à mal par la réforme de la carte judiciaire. On nous parle marché du droit et nous répondons besoin de justice !

11.11.2008

Emmanuelli favorable à une alliance Aubry-Delanoë-Hamon

Le député, partisan de Benoît Hamon estime que Ségolène Royal a "une stratégie minoritaire" au PS en prônant une alliance avec le MoDem alors que Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon "qui restent fidèles au rassemblement de la gauche, représentent 70% du parti"

Le député des Landes, Henri Emmanuelli s'est prononcé lundi 10 novembre favorable à une alliance entre "les amis de Martine Aubry, de Bertrand Delanoë" et ceux de Benoît Hamon pour le congrès de Reims, car il estime que Ségolène Royal a "une stratégie minoritaire" au PS en prônant une alliance avec le MoDem. Dans un entretien accordé au Parisien/Aujourd'hui en France, Henri Emmanuelli, partisan de Benoît Hamon, affirme que "Ségolène Royal porte peut-être l'aspiration au changement mais aussi une ligne stratégique d'alliance avec le MoDem et elle réunit à peine 30% des voix".

"Stratégie minoritaire"

"Les autres motions, qui restent fidèles au rassemblement de la gauche, représentent 70% du parti. Une stratégie qui réunit 30% des voix ne peut l'emporter face à l'écrasante majorité des socialistes", souligne-t-il. L'ex-président de l'Assemblée nationale affirme que "l'unité ne peut se faire sur une stratégie minoritaire. Or, Royal a bien une stratégie minoritaire (...) Je ne vois pas l'avenir du PS dans une alliance avec le centre droit". Il "souhaite que "les amis de Martine Aubry, de Bertrand Delanoë et les nôtres s'entendent" car ils "sont d'accord sur l'essentiel : l'opposition à un contrat de gouvernement avec le centre". "Tous, nous voulons un PS qui soit ancré à gauche, sur des contenus de gauche". Interrogé sur Benoît Hamon, candidat au poste de premier secrétaire, Henri Emmanuelli a répondu qu'"il incarne le rassemblement de la gauche et le renouvellement" qui "est l'autre versant de l'aspiration au changement dans le vote" des militants sur les motions le 6 novembre.

Marianne LOUIS

Marianne LOUIS

 

 

 

Première secrétaire fédérale                     Evry, le 7 novembre 2008

 

Lettre  à mes camarades

 

Jean-Luc Mélenchon vient d'annoncer qu'il avait pris la décision de quitter le parti socialiste et de prendre un autre chemin.

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Je mesure combien j'ai appris à ses côtés en partageant ses combats. Mais la question à mes yeux n'est pas de savoir si le parti socialiste est un bon ou un mauvais parti.  C'est un grand parti politique national. Il a connu la liesse des victoires, le temps des espérances, l'usure du pouvoir, les doutes de l'époque.

 

Je me suis engagée au parti socialiste en 1993,  par révolte contre les injustices, par envie de participer au  combat pour une vie meilleure. La seule question qui me guide c'est «le parti socialiste, celui que je connais vraiment, les hommes et les femmes qui y sont engagés avec moi, partagent-ils cette volonté ?» Je le crois.

Evidement le parti socialiste n'est pas un «parti parfait». Loin de là. Nombre de ses dirigeants se sont usés dans des luttes intestines et ont, de renoncement en compromis, dilué nos idéaux.

Mais un mouvement s'y produit, l'explosion du traditionnel «bloc majoritaire», le désarroi de nombreux militants et dirigeants devant la crise, l'usure des «baronnies»,  les résultats inattendus d'hier soir, sont les signes que le parti socialiste n'est pas figé. Il peut muter. C'est une force politique majeure qui reste ouverte à de nouvelles analyses et un projet politique de transformation sociale.

Le parti socialiste peut être un outil puissant pour l'avenir. A 36 ans j'ai la conviction qu'il sera ce que nous en ferons.

 

Aujourd'hui à l'heure des choix,  j'ai 4 objectifs :

- Participer activement à la mobilisation de toutes les énergies pour faire face à notre responsabilité collective vis-à-vis des nôtres : les milieux populaires, les salariés, les retraités, les chômeurs, les précaires, les jeunes, les classes moyennes victimes du déclassement.

- Préparer les conditions de la reconquête du pouvoir avec tous les partenaires de la gauche et de la transformation sociale : partis, syndicats, associations.

- Refaire du parti socialiste une force de travail collectif à la hauteur de ses responsabilités. Je veux un parti qui retrouve le goût et la pratique du travail en commun, du militantisme de terrain, de la production intellectuelle et du respect des décisions collectives.

- Me battre avec acharnement pour que le parti socialiste rassemble toutes les cultures de la gauche et ne se résigne pas aux divisions. Qu'il soit le lieu du libre débat et du respect pour que toutes et tous y re-trouve leur place.

 

Tu l'auras compris, je ne me résigne pas, j'ai le cœur à gauche, je veux que parti socialiste continue de porter ma révolte et mes espérances.

O.THOMAS

Cher(e) Camarade,


Mon ami, Jean-Luc Mélenchon, vient d'annoncer son départ du parti Socialiste au lendemain du résultat de notre vote sur les orientations du Parti.
Je respecte sa décision personnelle et suis attristé qu'un camarade de cette valeur, qui a tant donné et apporté au parti, par sa pédagogie, sa culture politique et la force de son engagement, en soit amené à prendre cette décision.

Ceux dans le Parti qui se réjouissent de son départ, sont des imbéciles, car ils ne mesurent ni la qualité de cet homme, ni ce que cela signifie profondément sur l'état du PS.

J'ai travaillé honnêtement et fidèlement aux cotés de Jean-Luc, dans notre Fédération depuis plus de 20 ans, toujours dans le respect mutuel et surtout, surtout, dans le partage des convictions.

Aujourd'hui, notre vision commune de la société que nous voulons, ne varie pas, mais les chemins de notre action pour y parvenir, hélas divergent.

Aujourd'hui, comme hier, je me sens pleinement socialiste et veux continuer à débattre et à animer notre fédération et à servir, comme je l'ai toujours fait, le Parti Socialiste.

Le score de la Motion C, en Essonne bien sûr mais aussi au niveau national est au contraire, à mon sens, plein d'espoirs.

François Mitterrand disait que la première qualité pour un homme politique est d'être tenace.

Oui, je crois que la gauche du Parti, historiquement rassemblée et forte de près de 20 % des voix, est porteuse d'avenir pour le Parti Socialiste tout entier.

Oui, le Parti Socialiste a une responsabilité énorme, celle d'être la première force de gauche, celle d'être l'écho d'une société plus juste et plus redistributive.

Oui, je crois que notre Parti a besoin d'un renouvellement et de retrouver le chemin d'une ligne de gauche claire.

Jean-Luc m'a toujours dit que notre mission était de tenir la ligne gauche dans le Parti et d'essayer de construire, dans ce Parti, de l'intérieur, le plus grand rassemblement sur cette ligne.

C'est ce que j'ai toujours fait.

C'est ce que je ferai encore.
 

Amitiés Socialistes,
 
Olivier THOMAS
Mandataire fédéral de la motion C

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