30.03.2010

Benoît Hamon dénonce "l'hypocrisie la plus totale"

Le porte-parole du PS a dénoncé "l'hypocrisie la plus totale du gouvernement" en matière d'expulsions des étrangers après l'affaire de la lycéenne marocaine sans papiers.

Bernard Fragneau (AFP)

Bernard Fragneau (AFP)

Benoît Hamon, porte-parole du PS, a dénoncé lundi 29 mars "l'hypocrisie la plus totale du gouvernement" en matière d'expulsions des étrangers après l'affaire de la lycéenne marocaine sans papiers, soulignant que "le sale boulot continue à être fait sur tout le territoire". Le préfet du Centre et du Loiret, Bernard Fragneau, qui avait décidé d'expulser la jeune Najlae Lhimer, a vu sa décision annulée par Nicolas Sarkozy le 8 mars, ce qui a permis à la lycéenne de revenir en France. Désavoué par le chef de l'Etat, le préfet a demandé à être relevé de ses fonctions. Le préfet a "fait le sale boulot et après il se fait taper sur les doigts", a réagi Benoît Hamon lors d'un point-presse au siège du PS. "La réalité c'est que le sale boulot continue à être fait sur tout le territoire aujourd'hui en matière d'expulsions des étrangers, et ce préfet souligne juste l'hypocrisie la plus totale du gouvernement en la matière", a-t-il fait valoir.

"Pour des raisons humanitaires"


Bernard Fragneau avait décidé d'expulser Najlae Lhimer, une lycéenne marocaine sans papiers, décision annulée par le président Nicolas Sarkozy à l'occasion de la journée de la femme, le 8 mars.
Le préfet, en poste depuis novembre 2008, a écrit au ministère de l'Intérieur pour demander à "être relevé au plus tôt de ses fonctions", estimant qu'"il ne peut plus exercer ses fonctions dans le Loiret", un geste exceptionnel au sein du corps préfectoral.
Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a affirmé lors du point de presse hebdomadaire de son parti que le préfet Bernard Fragneau avait "pris acte d'une erreur d'appréciation et en a fait référence à sa hiérarchie. C'est une question qui le concerne lui et sa hiérarchie. Ce n'est pas à l'UMP de faire des commentaires". "Tous les étrangers en situation irrégulière sur notre sol ont vocation à être ramenés dans leur pays d'origine. C'est le principe. En même temps, au cas par cas, et à l'appréciation de l'administration, il y a la possibilité pour des raisons humanitaires de faire exception à ce principe", a-t-il dit.

Rendre "service au débat"


Le chef de file des sénateurs UMP, Gérard Longuet, a jugé lundi sur Canal + que le préfet du Centre et du Loiret, Bernard Fragneau avait rendu "service au débat" en demandant à être relevé de ses fonctions dans l'affaire de la lycéenne marocaine sans papiers Najlae Lhimer. "Chacun est dans son rôle: pour la journée de la femme le président de la République a voulu faire un geste; le préfet applique la loi, a eu le sentiment d'être désavoué, il en tire à titre personnel des conséquences", a dit Gérard Longuet. Mais "qu'un préfet ait eu le courage de dire 'c'est compliqué', ça rend pas service à sa carrière mais ça rend service au débat", a ajouté le sénateur. "Ce qui m'intéresse c'est la réponse du ministre Hortefeux, je l'attends avec impatience", a-t-il ajouté, pour trancher le débat entre "comment écrire l'exception" d'un côté et de l'autre "accepter un geste symbolique et au profondément humain" sous le sceau de "la raison d'état".

Si, Georges Tron vit bien en HLM

INTOX

A l’heure où nombre de familles sont confrontées à des problèmes cruciaux pour se loger, la révélation par le Canard Enchaîné, de l’occupation par Georges Tron, nouveau secrétaire d’Etat à la Fonction publique, d’un logement social à prix minoré ne pouvait que susciter une vive polémique. D’où la réplique immédiate de Tron : «Il ne s’agit pas d’un appartement HLM mais d’un appartement ILN [immeuble à loyer normal], ce qui signifie qu’il n’y a aucun système de conventionnement, aucun seuil, ni plafond de loyer à l’entrée dans les lieux», s’est-il défendu, ajoutant pour contester les affirmations du Canard (qui parlait de 1 200 euros de loyer hors charge) : «Le loyer principal se monte à 1401,88 euros et les charges sont d’un montant de 591,63 euros. Cela fait apparaître un loyer plus charges de 1993,51 euros mensuels.»

DESINTOX

En jouant sur les mots et sur les sigles (il oppose les ILN aux HLM), Georges Tron tente de se protéger derrière un écran de fumée. Mais son argumentaire ne résiste pas à l’analyse. Le cadre réglementaire régissant l’immeuble qu’il habite prouve qu’il est bel et bien locataire d’un logement social. Le propriétaire de ce bâtiment est la société HLM-Domaxis. Et contrairement à ce qu’affirme le secrétaire d’Etat, les loyers dans son immeuble sont plafonnés. Ils sont encadrés par la réglementation HLM. Ils ne peuvent pas dépasser un certain niveau.

En la circonstance, l’appellation «immeuble à loyer normal» est d’ailleurs totalement galvaudée. Le loyer de 1401,88 euros, pour un appartement de 118 m2 plus terrasse, n’a rien à voir avec les prix du marché dans la capitale. Georges Tron paye 11,88 euros du mètre carré (sans compter la surface de sa terrasse). Or dans le XVe arrondissement, où se trouve son appartement, le niveau des loyers dans le privé est de plus de 20 euros du mètre carré. Comme il est facile de le voir en consultant les annonces publiées dans les journaux ou les sites internet : les rares offres de location d’appartements de plus de 100 m2 dans son quartier s’affichent à des tarifs souvent supérieurs à 2400 euros hors charges. Dans le privé, pour 1400 euros hors charges (le loyer payé par Tron) on trouve au mieux des appartements de 70 m2 à 75 m2.

Le secrétaire d’Etat paye donc bien un loyer intermédiaire social. Les organismes de HLM proposent ce type de logements (appelés aujourd’hui PLS) aux ménages «trop riches» pour prétendre à un loyer social minoré, mais «trop pauvres» pour se loger dans le privé. Ce qui n’est pas le cas de la famille Tron. Mais il est vrai qu’il y a un vide dans la législation HLM. Les ILN ne sont pas soumis à plafonds de ressources (contrairement au PLS qui les ont remplacés). Donc Georges Tron peut effectivement prétendre qu’il y a droit en dépit de ses revenus très confortables. Cette situation anormale a d’ailleurs amené depuis plusieurs années la Ville de Paris à instituer des plafonds de ressources dans les ILN appartenant à son office de HLM et ses sociétés immobilières municipales.

Georges Tron a obtenu son logement en 1992 à l’époque où il travaillait comme chargé de mission à la mairie de Paris, auprès de Jacques Chirac. Cet ILN lui a été attribué sur le contingent du maire de Paris, preuve supplémentaire qu’il s’agit d’un logement social. Comme le confirme d’ailleurs dans un communiqué la SA-HLM Domaxis. Les «146 logements de cet immeuble sont réservés au profit de la Ville de Paris […] et de divers CIL».Les CIL sont les organismes du 1 % logement qui aident les salariés d’entreprises cotisantes à se loger pas trop cher dans le parc locatif réglementé.

Enfin, ultime preuve que Georges Tron vit dans un logement social : les ILN sont comptabilisés dans le quota des 20 % de HLM, qu’impose aux villes la loi SRU.

Pour clouer le bec du Canard enchaîné, Georges Tron a aussi indiqué qu’en plus de son loyer de 1401,88 euros (et non 1 200 euros), il payait 591,63 euros de charges. Soit un total de 1993,51 euros. Problème : dans les charges, il comptabilise (mais en se gardant bien de le mentionner) les loyers de ses deux parkings pour un montant total de 171,96 euros, ce qui n’a rien à voir. En ce qui concerne les charges proprement dites, elles comprennent l’eau chaude et le chauffage. Chauffé, logé, garé pour moins de 2000 euros par mois: Tron s’en sort très bien comparé aux prix du privé.

Cap

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Nucléaire : le scandale des déchets enfouis sous nos pieds

(Du Touquet) L'ingénieur promène son compteur Geiger sur le parking du stade de Gueugnon. La machine pousse son cri strident, qui va crescendo : les tribunes et le parking sont situés sur des déchets radioactifs de l'ancienne usine de la Cogema. La moitié des régions françaises abritent ainsi 300 millions de tonnes de résidus nucléaires.

Lauréat du prix spécial du jury au Figra, le film « Mines d'uranium : le scandale de la France contaminée » est de ceux qui font peur. Peur quand les journalistes qui l'ont réalisé, Emmanuel Amara et Romain Icard, marchent avec des citoyens engagés contre ce scandale qui leur disent ne pas vouloir rester trop longtemps dans un pré ou un bois par crainte d'être contaminés.

Peur encore quand on voit que les supporters de Gueugnon, et une bonne partie des habitants de cette ville bourguignonne, ont pu être irradiés en assistant à des matchs de foot ou en faisant leur footing, puisqu'un parcours de santé avait aussi été créé sur les 30 000 tonnes de déchets nucléaires enfouis… (Voir la vidéo)


 

Au total, l'usine de la Cogema (aujourd'hui Areva) de Gueugnon a planqué ainsi 220 000 tonnes de déchets avant sa fermeture, en 1980. A deux pas du centre-ville. Des dizaines de cas similaires existent en France, où 210 sites ont été exploités. La plupart du temps, ces résidus sont des « stériles » (déchets radioactifs, mais modérément).

Mais dans le film d'Amara et Icard, un ingénieur de la Criirad, le seul laboratoire indépendant de mesure de la radioactivité, découvre du yellowcake (concentré d'uranium) sur le parking d'un club de ski de fond…

Les journalistes nous emmènent aussi à Saint-Pierre (Cantal), village entièrement construit sur un site d'enfouissement. Et dans un coin de la Loire où la Cogema vendait à vil prix du remblai aux habitants, ravis de l'aubaine. Aujourd'hui, ils déchantent : on s'aperçoit que même des maisons sont radioactives.

A Limoges, une partie des habitants boivent de l'eau contaminée. C'est la grande ville française la plus touchée, puisque le Limousin concentrait le plus grand nombre de mines.

L'enquête édifiante d'Amara et Icard pose beaucoup de questions. Elle a suscité quelques réponses au moment de sa diffusion dans l'émission de France 3 « Pièces à conviction », en février 2009 : tentative de censure de la part d'Areva, procès de la ville de Limoges, et engagement solennel du ministre Borloo (non respecté). (Voir la vidéo)


 

Tant que les ingénieurs de la Criirad et les citoyens engagés n'auront pas fini leur travail de fourmi, on aura du mal à connaître la réalité de la contamination en France : tel qu'il est actuellement organisé, le contrôle de la radioactivité n'est pas indépendant d'Areva. Notamment parce que les ingénieurs qui l'effectuent sont presque tous issus du corps des Mines, comme les dirigeants du groupe nucléaire.

 

29.03.2010

Comment l'Allemagne tue la croissance française

Le blogueur Eugène se penche sur le fameux "modèle allemand". Une économie puissante qui s'est construite sur une marché du travail plus souple et un coût de la main d'oeuvre plus faible afin de mieux concurrencer les économies étrangères.



Alors que les polémiques sur l’Allemagne, sa compétitivité, ses bas salaires vont bon train, j’ai voulu en savoir plus sur le système Allemand avec l’exemple concret d’un ami travaillant dans l’industrie automobile-outre-Rhin.

Travaillant dans l’industrie automobile, c’est le puissant syndicat de la métallurgie « IG Metal » qui régit une bonne partie des contrats de cette industrie. Première surprise lorsque l’on est embauché dans ce secteur, suivant son niveau de responsabilité, on peut se voir proposer deux types de contrats.

Grilles salariales négociées

Une de deux possibilités de contrat est dite « au tarif ». Dans ce cas, le travail est payé à l’heure et la grille salariale est négociée et gérée par le syndicat. Il y a douze niveaux de 1 à 12 ayant chacun deux sous niveaux A et B. Au bout d’un an et demi de sous niveau A, l’employé passe automatiquement en B. Les sous niveaux sont donc des niveaux d’ancienneté.

Pour chaque niveau et sous niveau un salaire correspond. Les augmentations de la grille sont négociées par le syndicat chaque année normalement. Si pour 2010 ils n’ont pas négocié d’augmentation étant donné la crise économique, pour 2011 l’augmentation de la grille sera de 2,7%.

Les employés au tarif peuvent être embauchés à 35h ou 40h. Dans le cas d’un contrat à 40h le salaire est plus élevé de 12,5% pour tenir compte du nombre d’heures travaillées en plus. C’est l’employeur qui décide. En revanche, en Allemagne, lorsque l’on parle de 35h ou 40h ce sont de vraies heures car les syndicats passent dans les bureaux et usines pour « vider » les éventuels récalcitrants. Une badgeuse est obligatoirement mise en place afin de traquer les heures qui dépassent. Nous pouvons compter sur la rigueur Allemande pour faire respecter à la lettre les horaires.

Pour chaque niveau, une fiche de définition de poste est obligatoirement définie, elle permet de définir précisément les tâches et périmètres de chaque poste.

En plus de ces subtilités de contrat une autre subtilité vient se glisser : Le contrat de travail peut être annuel ou mensuel. Une des principales différences est le nombre de mois de salaires prévus (12, 13, 14 mois par an). Le montant de la grille en tient compte.

En plus des salaires prévus dans la grille, deux primes annuelles sont possibles. Une prime personnelle correspondant à une récompense pour une performance exceptionnelle. Cette prime est assez rare. Le deuxième type de prime est une prime graduelle qui diminue si la grille augmente pour finalement s’équilibrer.

Des contrats payés à l'objectif

Dans ce cas l’employé n’est plus payé à l’heure mais à l’objectif. Le salaire est donc le résultat d’une négociation personnelle et le nombre d’heures n’est plus décomptabilisé et ne donne donc pas droit à des récupérations. Il y a tout de même une limite légale de 10h par jour maximum mais peu vérifiée, le syndicat se désintéressant un peu de cette catégorie supérieure.

Contrairement à la France, pour tomber dans cette catégorie avantageuse pour les entreprises, et afin d’éviter les abus, un salaire minimum est définit : il s’agit du salaire de la tranche 12B +35% pour les contrats annuels et 12B +30,5% pour les contrats mensuels. Ainsi par exemple un contrat annuel 12B de 35h est à 73 629€ (84147€ pour 40h).

Pour pouvoir être au forfait comme le sont les cadres en France, il faut donc au moins avoir un salaire annuel de 73 629 + 35% = 99399 K€ ! De plus, toute augmentation de la grille « pousse » automatiquement les salaires plancher des hors forfait, les augmentations sont donc également au minimum garanties d’être au même niveau que celles des employés au tarif.

France-Allemagne, le match économique

En France, il n’y a pas de grille négociée dans la métallurgie. Une tentation forte de mettre tout le monde « cadre » afin de passer le personnel en hors forfait a pour conséquence de dévaloriser le titre de « cadre » et de rendre corvéable à merci des catégories entières d’employés mal payés. Il y a bien une jurisprudence en cas d’abus d’horaires associés à un salaire normal (ou faible) mais cela ne s’applique éventuellement lors d’un passage aux prud’hommes, donc lorsque le conflit est plus ou moins irréversible.

En Allemagne, il y a un salaire minimum élevé afin de pouvoir basculer dans la catégorie des corvéables à merci. C’est d’ailleurs assez frappant, les bureaux Allemands sont désert vers 16H30 tandis que certaines rares personnes restent tard ce sont les « hors tarif ». Une des dérives du système est de proposer à des personnes au salaire proche du 12B un contrat hors tarif, mieux payé en apparence, mais lorsqu’on le reporte à l’heure réellement travaillée, il est souvent moins avantageux. Le phénomène existe en France entre privé et public.

Si les salaires semblent plus rationnellement gérés en Allemagne et plus hauts également (plus ou moins 25% à fonction égale), les impôts sont aussi plus importants pour un employé. C’est difficile à comparer mais on peut considérer que les impôts sont entre 30 et 100% plus élevés qu’en France. Le prélèvement de l’impôt sur le revenu est effectué sur le salaire brut. Les écarts de salaires suffisant pour que, même à impôts plus élevés les Allemands gagnent souvent un peu plus que les Français.

Coût du travail 12% moins cher outre-Rhin

Pour l’employeur allemand, c’est l’inverse, il paye tout compris 12% de moins qu’en France !

Le cadre de vie est bien meilleur qu’en France, le respect des 35h (ou 40h), la propreté des villes, la richesse apparente du pays, le dynamisme des petites villes où petits commerces côtoient activités sportives nombreuses sont un plus. Si l’Allemagne est le pays de Lidl, Aldi et autres Schlecker, cela reste des points de ventes à taille humaine et les hypermarchés n’ont manifestement pas tout envahis comme en France maintenant en vie les centre ville de toutes les villes du pays, y compris les toutes petites. Ce dynamisme des petits commerces est sûrement un bouclier contre le chômage également.

Nous entendons souvent que l’Allemagne est un pays cher, ce n’est pas vrai en général, cela dépend en fait des régions. Globalement le coût de la vie est similaire voir parfois plus bas qu’en France. Les restaurants sont moins chers par exemple. En revanche la taxe automobile (vignette régionale) existe toujours et n’est pas donnée (exemple 330€ par an suivant les régions).

La mutuelle peut être privée ou publique avec des tarifs et modes de fonctionnement très différents. On ne peut pas cumuler les deux ni passer de l’un à l’autre après un choix initial. La mutuelle publique permet l’accès a des prix bas (exemple un détartrage de dents à 55€ au lieu de 300€ avec la mutuelle privée) mais génère des dérapages. Ainsi une personne qui tente de prendre un rendez-vous médical se voit systématiquement poser la question de la mutuelle privée ou publique.

Si la mutuelle est publique, il faut parfois attendre des mois, si la mutuelle est privée c’est beaucoup plus cher mais le rendez-vous est obtenu sous quelques jours. C’est un peu la même dérive qu’en France lorsque dans un hôpital nous voulons prendre rendez-vous avec un professeur dans le cadre de l’hôpital ou en consultation privée mais généralisé à tous types d’actes sans choix possible (autre que le choix initial privé/public).

Si la mutuelle publique protège toute la famille, la mutuelle privée ne protège que le souscripteur et il faut donc payer en plus pour femme et enfants. La mutuelle est globalement plus chère qu’en France bien que ce soit difficile de comparer. Un prélèvement de 200 à 300€ par mois pour une mutuelle privée est l’ordre de grandeur.

Encore des atouts français

Si ces données ne concernent que le secteur de la métallurgie, dire que les salaires sont plus bas qu’en France est sûrement faux. Le niveau de vie est clairement plus élevé et pour s’en convaincre il suffit un peu de voyager dans le pays. L’industrie n’y est pas décimée comme en France, et les nombreuses usines et sites industriels qui jalonnent la campagne allemande témoignent de la grandeur actuelle de son industrie.

Les raisons de cette situation florissante sont nombreuses : nombreuses PME solides, grosses industries tenues principalement par de riches familles qui manifestement respectent plus l’industrie locale que les actionnaires. Les droits de succession sont aussi beaucoup plus raisonnable ce qui évite de morceler le patrimoine et d’éviter que de nombreuses entreprises familiales tombent aux mains d’actionnaires juste pour payer ces droits.

Le type d’industrie à faible concurrence et forte valeur ajoutée est également un atout. Ainsi, nul besoin de fustiger l’Allemagne pour améliorer notre performance mais d’en copier les principaux atouts : Droits de succession faibles, aide au développement de toute les PME indépendamment de leur taille au détriment des grosses entreprises, favorisation de la recherche, aide à l’export…

Nous avons de nombreux atouts que l’Allemagne n’a pas : sécurité sociale pour tous à un prix raisonnable, plus forte démographie (l’Allemagne manquera bientôt d’ingénieurs et de main d’œuvre)…


Le PS offensif contre la "régression territoriale"

Réunis à La Mutualité, les cadres du PS ont adopté un calendrier de travail pour préparer la présidentielle, et s'en sont pris à la réforme territoriale que prépare le gouvernement.

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, écoute les discours aux côtés de l'ancien Premier ministre Laurent Fabius, du numéro deux du parti Harlem Désir, et de l'adjointe au maire PS de Paris Anne Hidalgo, le 27 mars 2010 à La Mutualité à Paris (AFP)

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, écoute les discours aux côtés de l'ancien Premier ministre Laurent Fabius, du numéro deux du parti Harlem Désir, et de l'adjointe au maire PS de Paris Anne Hidalgo, le 27 mars 2010 à La Mutualité à Paris (AFP)

Les socialistes ont affiché leur volontarisme, samedi 27 mars à Paris : pas de divisions, pas de petites phrases assassines… il s'agit maintenant de transformer l'essai après le large succès des régionales, sans retomber dans les querelles de personnes. Et pour faire l'unanimité au PS, rien de tel que de critiquer l'action du gouvernement.
Devant les 1.300 cadres et élus du parti rassemblés à La Mutualité, les orateurs s'en sont pris à la "régression territoriale" qu'est, à leurs yeux, la réforme territoriale prévue par le gouvernement.

Refus du "triomphalisme"


Martine Aubry a félicité les socialistes pour la victoire des régionales, en les exhortant à la mobilisation car "l'heure n'est pas au repos ni à l'auto-satisfaction", mais également à tempérer leur enthousiasme -"aucune raison de faire du triomphalisme".
"Beaucoup d'hommes et de femmes souffrent. Ils attendent d'abord de nous des réponses immédiates", a lancé la maire de Lille, appelant les socialistes à "être au rendez-vous du travail sur le terrain mais aussi de la réflexion".
"Un espoir est venu. Il est encore fragile. Rien n'est joué", a-t-elle prévenu, se targuant du rassemblement "dans la clarté" de la "gauche solidaire". "Unis, nous pouvons beaucoup. Divisés, nous ne pouvons rien", a-t-elle dit.
"Etre forts et avoir des partenaires forts que nous respectons, c'est une des clés de notre future victoire", a insisté son bras droit, François Lamy.

Des conventions pour préparer 2012


Mais, a prévenu Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn, "il ne faut pas se tromper dans le tempo". "La chasse à la présidentielle n'est pas ouverte", a-t-il lancé alors que des ambitions pour 2012 commencent à s'afficher au PS.
"Avant 2012, il y a 2010 et 2011", a martelé Martine Aubry qui a donné la feuille de route du PS pour cette année, votée à l'unanimité du Conseil national (Parlement).
Pas moins de quatre conventions de mai à décembre sont au programme: nouveau modèle de développement économique, rénovation (3 juillet) du parti sur le non-cumul des mandats et les primaires pour 2012, l'international et l'égalité réelle.

"Où est la démocratie dans cette réforme?"


Mais le sujet du jour était la mobilisation contre "ce scandaleux projet" de réforme territoriale, selon l'expression de Martine Aubry.
En présence de plusieurs présidents de région, dont Martin Malvy très applaudi et de Pierre Mauroy, le maire de Paris Bertrand Delanoë a lancé la première salve: "N'ont-ils rien de plus urgent à faire que de s'attaquer à ce qui marche?".
Et la députée Elisabeth Guigou de poursuivre: "Nous sommes réunis et mobilisés pour lutter contre les désordres que la droite a l'outrecuidance de baptiser de réformes".
Coordinateur du combat, l'ancien Premier ministre Laurent Fabius s'en est pris "à la régression territoriale" préparée par le gouvernement, à ce projet "scélérat" et à cette "contre-réforme anti-démocratique".
Principale cible, le président de la République: Laurent Fabius a ironisé sur le "psittacisme sarkozien -ils répètent tous la même chose" et Martine Aubry a fustigé son "revirement de plus" sur la taxe carbone. La première secrétaire s'est dite "ébahie" d'entendre le chef de l'Etat se dire "le tenant d'une république irréprochable". Pour elle, un "insupportable mensonge", une "véritable supercherie".
Si le mode de scrutin avait été modifié, Martine Aubry a assuré que "la droite serait à la tête de huit régions métropolitaines au lieu d'une". "Où est la démocratie dans cette réforme? C'est un véritable rapt démocratique".
Et Laurent Fabius a même cité, en allusion à Nicolas Sarkozy, le dictateur "Arturo Ui" de Bertolt Brecht et "Napoléon le petit" (Napoléon III) de Victor Hugo qui "ment comme les autre hommes respirent".
La réforme territoriale prévoit la suppression des conseillers régionaux et des conseillers généraux. Ils seraient remplacés par des conseillers territoriaux, siégeant dans les deux collectivités (régions et départements). Pour les désigner, le gouvernement envisage un scrutin majoritaire à un tour (le candidat en tête au premier tour est élu), plus une dose de proportionnelle. Les adversaires de cette réforme y voient une façon de favoriser l'UMP, et dénoncent une atteinte à la parité hommes-femmes.

Sarkozy au plus bas depuis 2007

La cote de popularité de Nicolas Sarkozy perd six points en un mois, selon l'Ifop, avec seulement 30% de satisfaits. A l'inverse, François Fillon fait 49% de satisfaits.

Nicolas Sarkozy (AFP)

Nicolas Sarkozy (AFP)

Avec seulement 30% de satisfaits, le président Nicolas Sarkozy enregistre une baisse spectaculaire de 6 points par rapport à février, selon le baromètre Ifop paru dans le Journal du dimanche du 28 mars. La cote de popularité de Nicolas Sarkozy atteint ainsi son niveau le plus bas depuis son élection à la présidentielle en 2007.
Au total, 30% des personnes interrogées se déclarent plutôt et très satisfaites de Nicolas Sarkozy comme président de la République, contre 65 % plutôt et très mécontentes (contre 63% en février).
5% des sondés ne se prononcent pas contre 1% le mois précédent.

Fillon perd 1 point


Les indications de ce baromètre, avec une cote de popularité de Nicolas Sarkozy la plus basse depuis son élection, reflètent la même tendance observée par d'autres instituts les jours derniers.
La cote de popularité du Premier ministre passe sous la barre des 50% qu'il avait atteinte en février reculant d'un point à 49 %. 45% des personnes interrogées se déclarent plutôt mécontentes ou très mécontentes de François Fillon, en baisse de 3 points par rapport à février. 6% ne se prononcent pas (+4 points)

- Sondage réalisé sur un échantillon de 1.872 personnes, âgées de 18 ans et plus, représentatives de la population française, interrogées chez elles par téléphone du 18 au 26 mars 2010).

Augmentation du prix du gaz

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Vingt et un présidents de gauche contre la réforme territoriale

Forts du résultat du second tour qui a assuré à l'opposition 23 des 26 régions - à l'exception de l'Alsace, de La Réunion et de la Guyane -, les présidents de gauche, sitôt élus ou réélus, sont repartis en campagne. Dans une déclaration, adoptée dans la foulée de l'installation des exécutifs, 21 d'entre eux demandent au gouvernement "de renoncer immédiatement au projet de réforme des collectivités locales, de retirer le projet de loi du Grand Paris", qu'ils jugent désavoués par le vote des électeurs.

Leur prise de position s'achève par la menace de "remettre en cause certains de leurs engagements envers l'Etat", au premier rang desquels le plan campus, le transfert des routes nationales, voire la réalisation des lignes à grande vitesse.

TAXE PROFESSIONNELLE

Alors que le mandat des assemblées pourrait s'achever en 2014 avec la réforme des collectivités territoriales, les présidents de gauche ont profité de l'installation des nouveaux conseils pour attaquer le gouvernement sur la réforme de la taxe professionnelle et des finances locales. Les dispositions retenues devraient, en effet, priver les régions de leur autonomie fiscale.

S'il a, dès mardi, abandonné la taxe carbone, le gouvernement n'entend pas revenir sur la réforme, l'un des projets emblématiques du quinquennat. Après le Sénat qui l'a adopté en première lecture, l'Assemblée devrait examiner, fin avril ou début mai, le texte de création des conseillers territoriaux. Ces élus siégeront à la fois dans les assemblées régionales et départementales. Dans la foulée, devraient être précisées les modalités de vote, selon un mode de scrutin uninominal à un tour avec une part de proportionnelle.

Alain Marleix, le secrétaire d'Etat aux collectivités locales, s'est aussi engagé à présenter à l'automne un texte sur la répartition des compétences entre les collectivités. Un autre motif d'affrontement avec les présidents, farouchement opposés à la suppression de la clause générale de compétences qui leur permet d'accroître leur champ d'intervention.

28.03.2010

Sarkozy ne pense plus qu'à sa réélection en 2012

Mardi, François Fillon reconnaît : « nous avons subi une défaite électorale. Cela veut dire que nous n'avons pas su convaincre ». Nicolas Sarkozy n'aurait jamais prononcé un tel aveu. Trop fier, trop sanguin, trop narcissique. Le Monarque ne parle pas. Depuis dimanche, il agit, pour son camp, c'est-à-dire pour lui-même.

Le choc de dimanche

Par sondages interposés, Nicolas Sarkozy est prévenu quelques heures avant la clôture des votes dans les grandes villes. L'UMP va subir une vraie débâcle, un double affront : la gauche sort avec 18 points d'écart contre l'UMP - un record historique. Et le Front National a amélioré son score d'un tour à l'autre, preuve que des électeurs anciennement Umpistes sont allés gifler dans l'urne le Monarque. La séquence fut ensuite à la hauteur : le message est calé dans le bureau de Sarkozy, dimanche vers 18h45. On faut reconnaître la victoire de la gauche, accuser la crise, mais on ne changera pas de politique. Le soir même, les perroquets de Sarkofrance répètent les messages présidentiels.

Lundi, Sarkozy s'affronte avec Fillon, qui souhaite un large remaniement. Sarkozy veut consolider sa base, et couper l'herbe sous le pied à Dominique de Villepin. Il vire Xavier Darcos, promeut Eric Woerth à sa place au ministère du travail, et fait entrer deux trublions de l'opposition antisarkozyste à droite : François Baroin file au Budget, lui qui n'aimait pas le bouclier fiscal. George Tron arrive à la Fonction Publique, lui qui suggérait en 2002 de ne plus remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Eric Besson voulait changer de ministère. Il restera à l'Indignité Nationale, avec ordre de ne pas réitérer son débat sur l'identité française. Il réapparaît sur les plateaux. Lundi, il ne supporte pas une chronique humoristique de Stéphane Guillon, ... qu'il n'avait pas entendu.

Ecologie enterrée
Mardi, les députés UMP se sont lâchés. Ils ont peur. Nombreux ont été ceux qui ont vu leur circonscription basculer à gauche. Un grand défouloir était nécessaire. « Les critiques étaient là », sur tous les sujets, a commenté le député villepiniste François Goulard. Ce show était préparé pour la galerie des électeurs déçus à droite, et pour Nicolas Sarkozy. Il fallait qu'il se taise, qu'il écoute « sa » majorité. « La marmite est en train de bouillir » a commenté le député UMP Bernard Debré. On critique tout, la personnalité du président, Hadopi, la taxe carbone, le bouclier fiscal, les franchises médicales, le rajeunissement soudain des listes UMP aux régionales, ou le découpage territorial. Jean-François Copé, le président du groupe UMP, synthétise en demandant un changement de méthode et un retour aux fondamentaux qui ont fait le succès de Nicolas Sarkozy. Il demande aussi le report de la taxe carbone et « la fin de l’ouverture », un épouvantail bien facile pour cacher les difficultés politique du parti unique de la droite. Copé et les députés UMP auront gain de cause. Cette semaine fut donc l'abandon de deux ambitions écologistes : la première, conquérir l'électorat d'Europe Ecologie, s'est brisée dimanche soir. Le grand écart politicien - du FN aux écolo-centristes - de l'entre-deux tours régional - n'a pas payé. Mardi, la seconde ambition - celle d'une politique « d'écologie populaire », un fumeux concept développé par Chantal Jouanno suivant les ordres du Monarque élyséen, s'est achevée dans la déclaration de François Fillon : fortement applaudi mardi lors de la réunion des députés UMP à l'Assemblée, le premier ministre a leur a annoncé que la taxe carbone française était abandonnée. On attendra les calendes européennes pour l'appliquer en France car sinon, les entreprises françaises seraient pénalisées. La boulette est énorme. La presse retient que la taxe carbone est enterrée. Pire, Chantal Jouanno se dit désespérée de ce recul. Deuxième boulette. Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée lui passe un savon. Vendredi, le coup de grâce. Nicolas Sarkozy, lors d'une conférence de presse à Bruxelles vendredi, tacle sévèrement son inutile secrétaire d'Etat à l'Ecologie : «Je n'ai pas apprécié ces propos (silence, sourire nerveux). J'ajoute que les ministres n'ont pas à être désespérés. Ils ont à faire leur travail. Il y a une stratégie, elle a été fixée par François Fillon et par moi même. Que chacun s'y tienne ».

En quelques phrases, la secrétaire Jouanno est enterrée vivante. Nicolas Sarkozy est excessivement agacé par ces couacs monumentaux. A l'issue du Conseil européen, il annonce que l'Europe va étudier un projet de taxe carbone en juin. Le président français s'avance trop vite. Il n'y a en fait aucun projet en préparation de taxe carbone aux frontières. `

Qu'importe si les Français souffrent. Mardi, des centaines de milliers de Français manifestent dans les rues. Poste, hôpitaux, transports publics, Air France, et l’éducation nationale, quelques 400 000 (selon la police) à 800 000 (selon la CGT) personnes se sont ainsi rassemblées, avec un taux de grévistes de 20 à 40% dans la Fonction Publique.

Sarkozy obstiné
Mercredi, Nicolas Sarkozy parle une grosse dizaine de minutes devant les caméras. L'horaire est improbable (11h45), le Monarque fait semblant d'avoir le courage de parler. Il est comme ça Nicolas, un faux courageux sous des airs de caïds. Mercredi donc, le Monarque s'est donc exprimé, calé derrière un pupitre pour lire un discours, filmé trop large, le visage fatigué, le verbe lent, collé à un mur comme acculé par la réalité. Il répète le même message que ses perroquets de l'UMP depuis 3 jours: il reconnaît le signal national, mais rappelle son contrat de mandature et fait de gros clins d'oeil aux clientèles principales de l’UMP (médecins, agriculteurs, frontistes). Rien ne changera en Sarkofrance, pas même le discours du président qui se croit toujours candidat : pas d'augmentation ds impôts (qu'importe les déficits), gros cris d'orfraie sécuritaire, et, luxe suprême, un peu de valeurs républicaines. Après l'Epad, l'augmentation de salaire présidentiel, les nominations de proches aux têtes de quelques banques et grandes entreprises, ou celles des patrons de l'audiovisuel public, les voyages privés financés par les contribuables, voici le retour de la « République irréprochable » ! Sarkozy ressert et ressort un vieux discours de campagne présidentielle: sécurité, travail, mérite, laïcité, égalité, autorité, protectionnisme. Tout y est. Sarkozy annonce la couleur: sa réforme de l'année sera celle des retraites. Eric Woerth a prévenu que la réforme sera "protectrice" pour les Français. La sauvegarde du régime des retraites sera-t-elle l'enjeu de victoire de Sarkozy en 2012 ? Madame Carla Bruni n'a de toute façon pas envie que son époux se représente. Ce serait mauvais pour sa santé, a-t-elle expliqué au Figaro Madame. Elle en est la rédactrice en chef, le temps d'un numéro, photos retouchées à l'appui. Il faut commencer à semer le doute dans l'esprit des Français sur l'éventuelle candidature de Nicolas Sarkozy. Le monarque, maintenant honni, aimerait se faire désirer. C'est une question d'orgueil.

La France en crise
Jeudi, la nouvelle était grave. les prix du gaz pour les particuliers vont augmenter de 9,7%. C'est une commission « indépendante », la commission de régulation de l'énergie, suivant une formule de calcul « stupide » (dixit UFC Que Choisir) qui l'a décidé. Avant la réforme de 2009 puis la privatisation de GDF, le gouvernement avait le dernier mot. Plus maintenant. En décembre dernier, Eric Woerth avait décidé que GDF négocierait directement ces inflations avec la dite commission. La hausse, déconnectée du renchérissement réel des prix du gaz, sera de 85 euros en moyenne par an et par famille cette année. C'est la plus forte hausse depuis 5 ans.  Le bénéfice de GDF-Suez est annoncé à 4,47 milliards d'euros en 2009.

Vendredi, l'INSEE révise ses prévisions de croissance à la baisse. l'institut n'attend que +0,2% et +0,3% aux premier et second trimestre 2010. On est loin du +0,6% du dernier trimestre 2009, célébré par Sarkozy et Lagarde. Il faut avouer que le pouvoir d'achat fléchit. En 2009, il avait cru de 2,2%, grâce à une inflation quasi-nulle et des salaires qui progressaient en tenant compte plus ou moins bien de l'inflation de l'année précédente. Pour 2010, le paysage est sombre. l'inflation repart (déjà +1,3% en rythme annuel), les salaires ne progressent plus, et le chômage s'est envolé de 25% depuis un an (encore +33 000 en février dernier ).

Sarkozy s'en fiche. 2013, c'est loin. Il pense à 2012. Il a réexpliqué mercredi que les impôts n'augmenteraient pas. Et il a fait nommer un ancien fidèle collaborateur comme directeur de cabinet de Français Baroin. Ce dernier est bien épaulé. Au cas où.

Ces mauvaises nouvelles n'arrangent pas le discours de la France vis-à-vis de l'Europe. La commission européenne avait critiqué les prévisions trop optimistes de croissance du PIB en 2011-2013 et l'absence de plan d'économies budgétaires alternatif. Voici que la croissance n'est pas là comme prévu dès 2010 ! Jeudi, Sarkozy a failli faire croire qu'il avait convaincu Angela Merkel d'aider la Grèce. En fait, les chefs d'Etat européens ont accepté de prêter de l'argent à la Grèce, au prix du marché (donc à des taux aujourd'hui prohibitifs),  et "en dernier recours". La Grèce est bien avancée.

En quelques jours, Nicolas Sarkozy est apparu autiste (dimanche, sur les résultats des élections), obstiné (lundi, sur le faible remaniement), menteur (mardi, sur la taxe carbone), trouillard (mercredi, avec son discours masqué), évasif (jeudi, à Bruxelles), agacé (vendredi, contre Jouanno). Jeudi, son grand rival Villepin a lancé son mouvement. Et Martine Aubry est donnée gagnante contre lui dans les sondages.

Fichue semaine !

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