13.03.2010

Anne Hidalgo: «Il faut investir massivement sur l'offre de transport public»

Eric. Face à la crise et l'explosion du chômage, êtes-vous pour l'interdiction des licenciements et le partage du travail entre toutes les mains ?
Anne Hidalgo. D'abord face à la crise et au chômage je suis pour qu'on aide les salariés menacés par les restructurations, c'est ce que l'on propose de faire dans les régions. C'est également aider les jeunes en insertion, et soutenir les PME dans leurs difficultés avec, bien sûr, des contreparties sur le plan de l'emploi. Je ne crois pas que l'interdiction des licenciements soit la mesure la plus efficace, mais je suis vraiment pour que les syndicats, les comités d'entreprise aient leur place dans la question de l'évolution des entreprises.

Libadict. Qu'envisage le PS pour le maintien de la diversité des populations dans le Paris intramuros, les loyers sont tellement chers que se loger à Paris est de plus en plus réservé aux nantis?
C'est parce que les loyers sont très chers à Paris que, depuis 2001, avec Bertrand Delanöe et avec l'aide de la région depuis 2004, nous produisons du logement social. 30 000 nouveaux logements de 2001 à 2008, 40 000 nouveaux logements de 2008 à 2014. C'est en soutenant le logement social pour les plus faibles, les travailleurs précaires, mais aussi les classes moyennes que l'on contribuera à maintenir une diversité sociale à Paris. Mais je pense qu'il faudrait aussi des mesures pour encadrer les loyers, et ça c'est du ressort du gouvernement et du Parlement.

Esteban. Pensez-vous que Nicolas Sarkozy devra revenir sur son idée de Grand Paris et de pôles de compétitivité si la gauche remporte les élections en Ile-de-France?
L. Si Huchon est reconduit à la tête de la région, pourra-t-il s'opposer au projet du Grand Paris?
 Je pense que si la gauche est forte, notamment si Jean-Paul Huchon est fort dès le 14 mars, le président de la République ne pourra pas développer sa conception du Grand Paris, de façon autocratique, comme il le fait aujourd'hui. Pour nous, l'idée d'une métropole, ou d'un grand Paris passe d'abord par une solidarité entre tous les territoires de cette métropole. Ça passe aussi par des villes, des quartiers qui ne sont pas spécialisés dans une fonction. Il n'y a pas, d'un côté les quartiers où l'on habite, de l'autre côté ceux où l'on travaille et ceux où l'on va se divertir. La grand Paris doit être mixte socialement, mais mixte aussi dans les fonctions de chaque quartier.

Jef. Pourquoi personne ne parle de culture dans cette campagne, alors même que la région est un financeur majeur devant le recul des DRAC ?
 Nous, on a a beaucoup parlé de la culture, et merci de dire que la région est un gros financeur et que l'Etat recul sur les financements de la culture. La région Ile-de-France a beaucoup soutenu le cinéma et donc toutes les filières d'emplois du cinéma. La région Ile-de-France a soutenu très fortement le spectacle vivant, notamment les compagnies de théâtre, mais aussi les musiques actuelles. Je considère que la culture ça n'est pas simplement le petit supplément d'âme, c'est vraiment ce qui peut permettre de transformer une société en profondeur.

Eric. Soutenez-vous la lutte des salariés qui occupent l'AP HP? Vous engagez-vous à réouvrir tous les hopitaux fermés par la droite ?
Asclepieia. Que pensez-vous des restructurations annoncées à l'AP-HP. 4000 emplois dont la moitié de personnels soignants supprimés, centres IVG fermés, prise en charge du SIDA bouleversée, Trousseau fermé. Cela commence à faire beaucoup non? Que proposez vous pour la santé des franciliens?

 D'abord, je soutiens avec beaucoup de vigueur les travailleurs de l'AP HP. Je viens d'ailleurs de les rencontrer devant le siège de l'AP HP, ce matin. Il est inacceptable de fermer des services essentiels pour nos concitoyens, je me bats aux côté du collectif de l'hopital Tenon, contre la fermeture du centre IVG, c'est la mise à mal d'un droit fondamental, quand l'hôpital public ne met plus les moyens pour l'exercer. J'ai manifesté aux coté des personnels de l'hopital Trousseau pour contester la fin annoncée par le ministère de la Santé de ce grand hôpital pédiatrique. Nous ne pouvons accepter les 4 à 5000 suppressions d'emplois prévus, en Ile-de-France, et je pense que le résultat de dimanche pourra aussi aider à s'opposer à ces fermetures. Nous proposons, avec Jean Paul Huchon, de mettre 1 millard d'euros sur la santé des Franciliens avec, par exemple, la rénovation des services d'urgence, avec également l'aide à la mise en place de maisons médicales en secteur 1, dans les quartiers les plus difficiles qui sont devenus des déserts médicaux. C'est aussi la prise en charge de la mutuelle pour les étudiants qui aujourd'hui ne peuvent plus se soigner par manque de moyens, enfin c'est le soutien à la recherche médicale, notamment comme les maladies d'Alzheimer. La santé n'est pas une compétence de la région, mais nous voulons prendre notre part dans une politique publique essentielle pour les Franciliens.

MarieLem. Que comptez-vous faire pour résoudre les problèmes de transport dans la grande couronne ?

Il faut continuer à investir massivent sur l'offre de transport public. Jean Paul Huchon a proposé un plan de mobilisation pour rénover les RER, accroître les liaisons de banlieue à banlieue, pour prolonger des lignes de métro, pour faire rouler les métros et les RER toute la nuit du samedi à dimanche, et il faut dire que depuis trois ans que Jean Paul Huchon est président du syndicat des transport d'ile de France il a fait plus qu'en 30 ans de tutelle de l'Etat sur les transports.

Eubeub. La région Ile-de-France construit des commissariats mais l'Etat réduit les effectifs dans la police, idem pour les lycéens rénovés sans personnels de suveillance et moins de profs. Comment bien gérer une région quand l'Etat démissionne ?
 C'est extrêmement difficile, vous avez raison. Quand l'Etat n'est plus un partenaire, mais un adversaire des collectivités comme la région, qui essaye de maintenir les services publics à flot, que ce soit l'école, la santé, ou la sécurité. Nous prenons notre part dans ces politiques, mais je crois que le signal que les Français peuvent donner, dès le 14 mars, est essentiel. J'ai envie de dire à ceux qui veulent s'abstenir, que Nicolas Sarkozy, lui, ne s'abstiendra pas dans la destruction de notre pacte social et républicain.

Stef. Comment justifiez vous le choix de faire figurer Monsieur Romero sur votre liste alors que depuis 2007 vous combattez à juste titre la politique dite «d'ouverture» de Nicolas Sarkozy, qui a fait grand mal au PS et à la gauche en général ? Je ne comprends pas ce choix qui jette le trouble sur le PS Parisien.
 Je n'ai pas le sentiment que le PS parisien soit troublé par la candidature de Jean-Luc Romero, je constate que c'est un militant apprécié qui nous apporte beaucoup. Jean-Luc Romero est un homme de convictions, il se bat depuis longtemps auprès des malades du sida. Il se bat aussi au sein de l'association pour le droit de mourir dans la dignité, pour que chacun ait ce droit. Il a expliqué lui même combien aujourd'hui il se sent en phase avec les socialistes pour porter ses combats et je suis vraiment heureuse qu'il soit avec nous, car il est chez lui.

Paul. Comment allez-vous faire pour remplir deux mandats aussi important, vous êtes pour le cumul des mandats ?
 Je ne suis pas pour le cumul des mandats, notamment de parlementaire et d'exécutif local. Je suis conseillère régionale depuis 2004, et j'ai plutôt l'impression que le fait d'avoir été conseillère régionale et première adjointe au maire de Paris nous a permis d'être plus efficace collectivement, notamment sur des dossiers comme le grand Paris. Le tandem ville de Paris-région a de la puissance et est utile, je crois, à l'ensemble du territoire régional.

Jpe. Que comptez-vous faire pour relancer Paris comme ville nocturne, d'autant plus avec l'esprit très créatif de cette ville, pour concurencer les capitales européennes, bien plus festives (Berlin, Londres...) que notre vieillissante capitale ?
 Oui, il faut pousser Paris à garder sa place dans les villes où la nuit ça vit. Pour ça, nous avons plusieurs propositions, d'abord faire circuler les métros et les RER toute la nuit du samedi au dimanche c'est répondre à ceux qui font la fête, comme à ceux qui travaillent à Paris, la nuit, et ils sont nombreux. Nous proposons aussi d'aider les lieux de la nuit, les bars, les boîtes, les cafés, à insonoriser les lieux, je pense que l'identité de Paris la nuit ne peut pas mourir, nous avons aussi lancer, avec l'aide du conseil régionale, les états généraux de la nuit à Paris, qui seront l'occasion d'appuyer la vie nocturne à Paris.

Outremer. Le PS est-il prêt à des accords avec les autres partis de gauche pour le second tour? Et avec lesquels?
 Bien qu'on est prêt au rassemblement. Je pense que la gauche ne gagne pas si elle n'est pas rassemblée face à la droite. C'est aussi simple que ça. Pour les accords, il faudra partir de ce que les électeurs auront décidé au premier tour. Mais bien sûr qu'un rassemblement avec les Verts, avec le Front de gauche sont indispensables.

Je pense que le PS, loin d'une volonté hégémonique, a cette capacité à rassembler. C'est pourquoi je pense que le 14 mars, on choisi aussi celui qui aura cette capacité à rassembler. La situation dans notre pays est suffisamment dure pour beaucoup, pour qu'on ne se perde pas dans des débats politiciens. Pour moi, la gauche, est préférable à la droite.

UNE GARANTIE LOCATIVE POUR LES JEUNES DE MOINS DE 26 ANS

Le contexte

La crise du logement que traverse l’Ile-de-France touche en premier lieu les jeunes, qui cumulent les difficultés : les propriétaires louent de préférence à des personnes installées, disposant d’un travail stable et rémunéré. Résultat : l’âge moyen du départ du domicile familial est passé de 21 à 25 ans en dix ans. Peu concernés par l’accès au parc social, les jeunes ne bénéficient pas d’une offre spécifique suffisante (résidence sociale étudiante, foyers de jeunes travailleurs) et ce, malgré les efforts de la Région en ce sens.

Le bilan de la droite

Même si la récente réforme de la Garantie des Risques Locatifs (GRL) a permis de prendre tardivement en compte quelques revendications de longue date des acteurs du logement, le gouvernement a fait le choix d’une procédure complexe, coûteuse et peu à même de garantir des résultats probants. Par ailleurs, le nouveau dispositif est très peu adapté à la situation des jeunes, seuls ou en couple, qui présentent un risque supérieure à la moyenne. Enfin, ce dispositif est loin de faire l’unanimité. Ainsi, l’Union Nationale de la Propriété Immobilière a jugé que la nouvelle GRL « ne pourra pas survivre en l’état et ne peut qu’exploser en vol ».

Notre proposition

Pour tous les jeunes de moins de 26 ans qui ne bénéficient pas d’un autre dispositif, la Région garantira pendant les trois premières années du bail, le paiement des loyers et des charges jusqu’à 500 euros par mois pour un jeune seul et 750 euros pour un couple ou une colocation. De même, lorsque les jeunes ont dû emprunter pour verser un dépôt de garantie au propriétaire, la Région garantira à la banque le remboursement des mensualités de prêt pour 70% du total, et jusqu’à 900 euros pour un jeune seul et 1.400 euros pour une colocation. De cette manière, nous permettrons à tous les jeunes franciliens, qui peinent à trouver un emploi stable et correctement rémunéré, de louer des logements leur permettant enfin de vivre leur indépendance.

 

Passe le message à ton voisin !

Passe le message à ton voisin !

La campagne des régionales est en marche !

Les 14 et 21 mars approchent. Le PS veut permettre à chacun d'agir dans une grande action de proximité, «Passe le message

à ton voisin»: le gouvernement prévoit un troisième tour social, et si les électeurs s'abstiennent, Sarkozy lui ne s'abstiendra

pas.

Dimanche, les urnes seront son réceptacle.

 

Prisons

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Chômage : 320 000 emplois ont disparu dans le privé en 2009

La hausse du chômage, qui repasse le seuil symbolique des 10%, s'explique en partie par la disparition de milliers d'emplois salariés. En 2009, la a perdu 322 000 emplois salariés dans le privé (-1,8%) par rapport à l'année précédente, selon des chiffres définitifs diffusés jeudi par le ministère de l'.

Un tel volume de destructions nettes en un an, «je crois que ça n'a jamais existé, sachant qu'avant-Guerre on n'a pas de statistiques», s'inquiète le directeur des statistiques de Pôle emploi Bernard Ernst. 

 

11 500 postes ont disparu au cours du quatrième trimestre et 66 000 au troisième trimestre. L'économie a détruit l'an dernier beaucoup plus d'emplois qu'elle n'en a créés, environ trois fois plus qu'en 2008. 

Cet inquiétant recul s'explique par la récession qui frappe la France. «Les pertes nettes d'emplois en 2009 sont bien supérieures à la récession du début des années 1990. Ce n'est pas surprenant car le PIB a reculé de 2,2%, du jamais vu depuis l'après-Guerre», commente Bernard Ernst.

Christine Lagarde prévoit une stabilisation en 2010

L'industrie a été particulièrement affectée ainsi que les services et la construction. Fin décembre, la France comptait 17,72 millions de salariés fin décembre.

La ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde a, pour sa part, noté jeudi «avec satisfaction, le ralentissement important des destructions d'emploi à la fin de l'année 2009», y voyant le signe que la «stabilisation» du marché du travail devrait continuer en 2010.

«Cette évolution confirme la stabilisation en cours du marché du travail, qui devrait se prolonger en 2010», a estimé Mme Lagarde dans un communiqué, en notant aussi que le «fléchissement des destructions d'emplois dans l'industrie, pour la première fois depuis quatre trimestres» est «un encouragement à la politique industrielle offensive du gouvernement».

12.03.2010

«Jean-Paul, au fond, c’est l’anti-Sarkozy»

C’est Nicolas Sarkozy qu’ils veulent défier. Le vent des bons sondages dans le dos, les socialistes réunis, jeudi soir, pour leur meeting de fin de campagne, au Cirque d’hiver (Paris) – passé en 24 heures du vert d’Europe Ecologie au rose -, ont égratigné directement la politique du président de la République. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, son adjointe et tête de liste (PS), Anne Hidalgo, le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, et Martine Aubry se sont succédé pour jouer les régions «remparts» et «boucliers» contre la droite qui «divise, discrimine» - accuse Delanoë - et les sortants et leur bilan contre une flopée de ministres envoyés au front électoral. «La droite a proposé des listes aux couleurs du gouvernement, nous avons proposé des listes aux couleurs de l’Ile-de-France», s’enorgueillit Huchon.

Dans le Cirque d’hiver bondé, on mesure l’euphorie des militants - plus de 1800 - à l’agitation, aux balcons, des grands drapeaux rouges et blancs et des pancartes «La gauche avec Huchon». Les têtes de liste franciliennes font une entrée de rock star, avant de s’asseoir sagement sur deux rangs en fond de scène. A chaque orateur, standing ovation et re-frétillement des drapeaux. Neuf mois après la raclée des européennes, les socialistes profitent.

(Crédit:Jacky Naegelen/Reuters)

Comme Huchon qui raconte, comme un vieux souvenir, un démarrage de campagne plutôt incertain: «Il y a encore quelques mois, la droite avait fait d’une victoire en Ile-de-France une priorité, certains pensaient ravir la région comme un trophée.» Pris pour cible par Nicolas Sarkozy, le président de région ironise sur tant de considération, aussi de la part du patron de l’UMP, Xavier Bertrand: «C’est me faire beaucoup d’honneur que de parler du bilan d’un malheureux président de région.»

«Local de campagne de Pécresse à l’Elysée»

Il raille cette «débauche de moyens gouvernementaux» à la reconquête de la région qu’il dirige depuis 1998. Le quatuor féminin de ministres, censé le ringardiser, est à la peine? Voilà que Sarkozy «se comporte en directeur de campagne de Mme Pécresse», balance Huchon, qui dépeint sa rivale en doublure-lumière du Président missionnée pour vendre le Grand Paris, «porté à bout de bras par Nicolas Sarkozy». «Le local de campagne de Valérie Pécresse, Sarkozy l’a mis à l’Elysée», renchérit Martine Aubry. Allusion à la réunion tenue, la semaine dernière, avec le président de la République, la chef de file de l’UMP en Ile-de-France et ses têtes de liste, pour faire taire les divisions.

La dirigeante socialiste vante le profil de son champion francilien: «Jean-Paul, au fond, c’est l’anti-Sarkozy.» Lancée dans un discours fleuve, elle éreinte l’action du chef de l’Etat, ironisant sur ses volte-face, ses coups de sang, ses déplacements sous escorte. Tout y passe des «cadeaux aux plus favorisés» à «l’ignoble débat sur l’identité nationale» ou à sa venue, samedi, au Salon de l’agriculture: «Je vous rassure, il n’a pas eu besoin d’être accompagné de CRS, les agriculteurs étaient déjà rentrés!»

Face à une droite en quête d’un nouveau souffle, la campagne régionale n’a pas pour autant été un parcours de santé. Polémiques, dérapages, chicanes sur Twitter, bricolage d’antécédents judiciaires, etc. «Pourquoi une telle violence de l’UMP à l’égard des socialistes?», s’interroge Bertrand Delanoë, «on nous traite de "délinquant multirécidiviste", de Français pas assez "corps traditionnel"». Symbole de cette campagne au-dessous de la ceinture: la tête de liste du Val-d’Oise, Ali Soumaré. «On a voulu le briser, comme symbole de la jeunesse», accuse Huchon. «Nous, on est fiers de t’avoir avec nous», lui lance Aubry.

«Et la neige, c’est les 35 heures?»

Celle-ci moque un parti sarkozyste qui ressort ses basiques: insécurité et 35 heures. «Qu’est-ce qui est responsable de tout ce qui va mal dans ce pays? Les 35 heures! Faut pas avoir peur du grotesque. Et la neige à Perpignan, et l’équipe de France de foot? C’est les 35 heures aussi?»

Mais dans les dernières heures de campagne, les socialistes s’autorisent à savourer leur avance. «La victoire est à portée de main», s’emballe Huchon, qu’Aubry salue en «ancien et nouveau président de la région». Dans le risque d’une faible participation, chacun veut remobiliser en nationalisant les enjeux. «Ceux qui veulent envoyer un signal fort au gouvernement, on les comprend, on ne va pas les décourager», euphémise Anne Hidalgo. «Si vous vous abstenez, Sarkozy, lui ne s'abstiendra pas», prévient Aubry.

La première secrétaire se fixe l’objectif d’un «score extrêmement élevé» dès le premier tour, dimanche: «pour entraîner derrière nous le rassemblement de la gauche». Reste à convaincre Europe Ecologie qui, la veille dans la même salle, a mis en garde contre toute «tentation hégémonique» et refusé de jouer «les idiots utiles» du PS. Huchon, lui, veut croire à «des retrouvailles naturelles et [à] une unité qui ne sera pas de façade.»

Les UMPosteurs en campagne

Pour éviter un gadin aux Régionales, l'UMP se raccroche à ce qu'elle peut et dénonce le bilan de la gauche dans les Régions. Oubliant les responsabilités du gouvernement en place. Une hypocrisie dénoncée par la blogueuse Lait d'Beu.



Cour d’école ? C’est à peu près le niveau. D’ailleurs à 20 Minutes, l’on ne s’y trompe pas et un article commence par cette phrase archi-connue des querelles enfantines : «C’est celui qui dit qui est !»… Tout à fait le niveau !

Désengagement de l'Etat

Le gros “Q.I” de l’UM/Posture – vous savez celui qui fit un « rodéo » à 140 km/h la nuit sur la route entre Pornic et Nantes et « même pas puni » ! – de nous ressortir l’antienne éculée de l’augmentation des impôts des Régions… «A part exploser la fiscalité locale qu’ont-ils fait ?»… il suffit de lire sur les avis d’imposition - taxe d’habitation ou foncière - la part microscopique qui va à la Région pour en mesurer le ridicule. Idem pour le Département.

Je rappellerais sans cesse que l’augmentation de la fiscalité locale est le résultat du désengagement de l’Etat qui transfère aux collectivités territoriales les missions qu’il assumait sans compenser financièrement les charges financières qui en résultent.

La situation sera encore pire avec la disparition de la taxe professionnelle ! Résultat : nous paierons toujours plus d’impôts locaux cependant que les multi-milliardaires du COUAC-40 non seulement ne paieront pas d’impôts sur le revenu par le double jeu du «bouclier fiscal» et des «niches fiscales» mais se verront reverser une part substantielle des impôts auxquels ils auront échappé ! Illustrant à merveille l’aphorisme de Montaigne : «Le profit de l’un est dommage de l’autre»…

Je devrais ajouter le détour par les «paradis fiscaux»… une enquête des plus sérieuses venant de démontrer récemment que proportionnellement les PME sont plus taxées au titre de l’impôt sur les sociétés que les grandes entreprises du COUAC-40 précisément parce que celles-ci profitent des avantages fiscaux des places off-shore.

Donneurs de leçons

Quand je vois Xavier Bertrand, je ne peux m’empêcher de penser à quelque Raminagrobis, «vivant comme un dévot ermite (…) faisant la chattemite. Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras, arbitre expert sur tous les cas (…) Grippeminaud, le bon apôtre, jetant des deux côtés la griffe en même temps, mit les plaideurs d’accord en croquant l’un et l’autre»…

D’après ce que je lis ce matin, toujours sur 20 Minutes – leur newsletter, bien nommée « La Matinale » tombe en premier sur ma boîte de lève-très-tôt vers 5 heures – je vois qu’Hervé Novelli – tête de liste de la Région Centre, ex facho de chez facho, quand bien même chercherait-il à occulter et faire occulter ce passé dans les médias - ne craint « nullement » d’ajouter du ridicule au ridicule en adressant un «triple zéro» à la gauche…

Sa critique se résume facilement dans une phraséologie toute droit sortie de derrière les fagots de l’extrême droite – l’exécutif « socialo-communiste-écolo » semble lui suffire comme argument puisque sauf à dire qu’il mérite un triple zéro nous ne saurons pas plus des griefs qu’il avance… C’est dire le niveau !

J’adore la droite : quand elle veut tirer partie de sa politique – ou de sa place dans l’opposition - au niveau national, elle ne craint pas de «politiser» les élections locales. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy était tellement sûr de son fait après la débâcle des socialistes aux européennes le 9 juin 2009 que d’emblée, qu’il a donné un caractère national au scrutin régional…

Las ! Au fur et à mesure que nous avancions vers le scrutin, c’est la débâcle de l’UMP qui se profilait. J’entends hier soir sur France Info que désormais Sarko minimise l’ampleur d’une défaite, disant que cela n’empêcherait pas le gouvernement de poursuivre les réformes… Comme si nous pouvions en douter ! Sarko est un bulldozer fou que rien ne peut arrêter.

Démolition sociale

Or donc, Novelli invite les électeurs à «ne pas se tromper d’élections» et souhaite recentrer l’enjeu du scrutin à l’échelle régionale, «La question aujourd’hui n’est pas de sanctionner la politique du président de la République et de son gouvernement»… C’est quand même bien cela que les électeurs s’apprêtent à faire !

Or, il tenait ces propos à Nogent-le-Rotrou, charmante petite ville du nord de l’Eure-et-Loir à la limite de la Beauce et du Perche, à l’occasion d’une réunion publique sur la désertification médicale dans cette ville que je connais pour avoir séjourné dans un petit village à une quinzaine de kilomètres. La seule chose qui y prospère ce sont les grandes et moyennes surfaces implantées à sa périphérie qui s’y livrent une guerre acharnée…

La désertification médicale est le résultat de la politique désastreuse des gouvernements successifs depuis 1995, avec notamment la fermeture des hôpitaux ruraux. Pas assez rentables ! Par ailleurs, je signalai il y a peu que Nogent-le-Rotrou avait aussi perdu son tribunal d’instance, l’Eure-et-Loir étant par ailleurs rattachée à Versailles depuis l’inepte réforme de la carte judiciaire voulue par Rachida Dati – et bien entendu avec l’aval de Nicolas Sarkozy… que dis-je, l’aval ! selon ses instructions…

Comment ne voudriez-vous pas que les électeurs de Nogent-le-Rotrou comme en bien d’autres lieux ne sanctionnassent point la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement ?

Merci aux UM/Posteurs de cesser de nous prendre pour des cons ! Vous payez cash le résultat de cette politique de « chantiers de la démolition sociale ». Et ne vous plaignez pas… C’est encore bien peu cher payé.

Sarkozy, le porte-guigne

Nous devrions vous faire une gentille reconduite, non seulement avec les plumes et le goudron mais encore plus avec les piques et les fourches de 1789. Le peuple détestait « l’Autrichienne » Marie-Antoinette. De l’ancien empire austro-hongrois de jadis, il ne reste que « le Hongrois » qui devient aussi unanimement détesté.

Le plus rigolo étant sans nul doute que plus Nicolas Sarkozy s’immisce dans la campagne pour soutenir tel ou tel candidat ou les «recadrer» comme Valérie Pecresse et les têtes de liste de l’Île de France, plus il plombe la campagne de l’UMP.

Réjouissant de voir réduite comme peau de chagrin et même pire ! l’influence du Troll de l’Elysée qui faisait la pluie et le beau temps dans les médias… Il redevient la « lose », le porte-guigne qu’il fût en son temps au RPR. Curieux alchimiste qui transforme en vil plomb l’or de tout ce qu’il touche. Il est archi-responsable du climat franchement délétère de cette campagne… Il voulait du «gros rouge qui tache» bien dégueulassement populiste pour tenter de conquérir les derniers bastions de l’électorat populaire du FN. Nous avons bu la coupe jusqu’à la lie.

L’affaire Ali Soumaré en a sans doute été l’exemple le plus tonitruant. Quand j’ai lu tout à l’heure «triple zéro» j’ai vu l’occasion de placer ce qui démangeait mes petits doigts depuis longtemps : dans le Val d’Oise nous avons un «triple Axel»… Poniatowski. Le saut était plus que périlleux alors qu’il ne semble au demeurant guère mieux doué que Brian Joubert à Toronto : se prenant les pieds dans le piège qu’il avait voulu tendre à notre ami Ali, il s’est lamentablement cassé la gueule ! :)


LA PROPOSITION DU JOUR : DES TRANSPORTS EN HORAIRE DECALES

Le contexte

Prendre son poste au moment où la majorité des salariés quitte le sien, commencer ou finir sa journée de travail aux premières heures du jour, n’est désormais plus une situation marginale. 30 % de la population active européenne est aujourd’hui concernée par ces horaires de travail décalés. Outre les réminiscences de l’industrie lourde avec des équipes se relayant nuit et jour sur le modèle des 3X8, la désindustrialisation ne fait pas diminuer le nombre de salariés qui doivent commencer leurs journées avant 8 heures ou les finir après 19 heures. Nettoyage de locaux, services hospitaliers, plateformes aéroportuaires, chargement de fret et de marchandises sont autant de situations où la nécessité de se rendre sur son lieu de travail à des heures très matinales s’impose.

Le bilan de la droite

Travailler plus pour gagner plus… L’antienne de la dernière campagne présidentielle a montré ses limites. Les heures supplémentaires imposées aux salariés, la dérégulation des conditions de travail, en particulier des conditions horaires, n’ont été accompagnées d’aucune contrepartie salariale convaincante. Par ailleurs, le gouvernement a fait peser sur les collectivités locales, sans leur en accorder les moyens, la résolution des problèmes liés à cette modification de l’organisation du travail : modes de garde d’enfants, santé au travail, infrastructures de transport, etc.

Notre proposition

La circulation des bus du réseau Noctilien est une réussite appréciée de tous qui répond à des besoins particuliers, soit exceptionnels pour des personnes qui n'ont pas de véhicule (jeunes en particulier), soit au contraire tout à fait habituels pour des salariés travaillant avec des horaires décalés. C'est alors la seule alternative à la voiture. Cette offre sera renforcée, en particulier aux premières heures du jour, avant l'ouverture des réseaux lourds de RER, trains et métros en direction des bassins d'emplois où les horaires décalés s'imposent (aéroports, Rungis, etc.).

 

Un député PS saisit la Halde après les propos de Longuet sur Malek Boutih

Le député PS du Gers Philippe Martin a annoncé jeudi avoir saisi la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) à la suite des déclarations du patron des sénateurs UMP, Gérard Longuet, sur le futur président de cet organisme. «J'ai exercé mon droit de parlementaire, on verra si la Halde estime que ces propos (de Gérard Longuet) sont discriminatoires», a déclaré Philippe Martin à l'AFP, après avoir adressé par internet sa demande de saisine.

«Je souhaite saisir la Halde à propos de la déclaration faite par Gérard Longuet, sénateur de la Meuse, le 10 mars 2010 sur France-Info selon laquelle Malek Malek Boutih n'était pas "le bon personnage" pour présider la Halde et qu'il vaudrait mieux nommer à ce poste une personnalité issue du "corps français traditionnel"», déclare Philippe Martin dans sa demande à la Halde, dénonçant une «discrimination».

Chatel

10-03-10-chatel.jpghttp://www.leplacide.com/

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