11.03.2010
Aubry appelle les Français à donner un "score extrêmement élevé" au PS
Martine Aubry, première secrétaire du PS, a appelé jeudi soir à Paris les Français à ne pas s'abstenir et à donner un score "extrêmement élevé" au PS pour mettre un frein à la "politique inégalitaire et injuste" de Nicolas Sarkozy.
Lors du dernier grand meeting du PS à trois jours des régionales, le maire de Lille a dit: "Nous pouvons, nous devons gagner toutes les régions, parce que les Français en ont besoin".
Mme Aubry était venue soutenir Jean-Paul Huchon, président sortant d'Ile-de-France, et elle a lancé cet avertissement: "Rien n'est gagné, rien n'est joué. Nous le savons bien", tout en reconnaissant que les sondages semblaient admettre l'avance du PS.
La patronne du PS a martelé: "Il faut le dire aux Français : si vous vous abstenez, le Président de la République ne va pas s'abstenir", évoquant le "coup de bambou" après les élections, notamment la taxe carbone, la TVA sociale.
"Le 14 mars, il faut que la gauche gagne les élections et que le Parti socialiste ait un score extrêmement élevé". Le "PS doit être au plus haut" et "cela entraînera une grande dynamique de rassemblement de la gauche", a-t-elle lancé devant quelque 1.700 personnes au Cirque d'Hiver.
En allusion aux Verts, le maire de Lille a lancé: "Quelle que soit l'excitation des derniers jours de campagne, ne vous laissez pas aller aux petites phrases". "Soyons responsables!" en évitant "ce petit jeu".
Aux commentateurs qui parlent déjà de la présidentielle, Mme Aubry a lancé "Ne nous parlez pas de 2012!" évoquant "les salariés au chômage" qui n'ont "pas le temps d'attendre".
Fustigeant la "politique inégalitaire, injuste" du Président de la République, elle a aussi déploré le "dernier reniement" de Nicolas Sarkozy par le non-respect de ses engagements envers l'environnement.
Condamnant la "campagne scandaleuse" de "calomnie" contre Ali Soumaré, tête de liste dans le Val d'Oise accusé à tort par l'UMP d'être un délinquant multirécidiviste, Mme Aubry a dénoncé un climat "pas digne de la France et de l'identité nationale de la France". Elle a aussi ironisé sur le chef de l'Etat qui voyant que la campagne de Valérie Pécresse, tête de liste UMP en Ile-de-France "prenait l'eau", a dit "le QG de Valérie Pécresse, je vais le mettre à l'Elysée".
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27.02.2010
Affaire Soumaré: la droite pressée de tourner la page
Point, à la ligne. Après une petite semaine d’intense polémique autour de l’initiative des deux maires UMP du Val-d’Oise qui ont mis sur le dos du socialiste Ali Soumaré cinq affaires judiciaires, dont un vol aggravé pour lequel un homonyme avait été condamné, la droite veut boucler cette affaire au plus vite.
Ainsi, François Fillon, jusqu’alors silencieux, a regretté qu’on «parle beaucoup trop» de la controverse, embarrassante pour l’UMP francilienne, au détriment «du fond». Voeu qu’avait formulé son collègue, ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, mercredi, appelant à un climat de campagne «calme, apaisé, de confrontation d’idées». Sur la démarche qui consiste à exhumer le passé judiciaire de ses adversaires, le Premier ministre ne trouve guère à redire: «les électeurs ont droit à la plus grande transparence. [...] Quand on est candidat, il faut être exemplaire, et ça vaut pour tout le monde», estime-t-il.
Pour le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, la situation est désormais «très nettement clarifiée» concernant la tête de liste PS du Val-d’Oise, le maire (UMP) de Franconville, Francis Delattre, ayant présenté ses excuses pour l’erreur de l’homonymie. Sauf côté socialiste, juge-t-il sur Radio Classique : «Il y a en revanche les autres sujets pour lesquels M. Soumaré aurait dû s’expliquer dès le départ.» Bertrand voit dans les suites données à cette affaire un contrefeu allumé par le PS pour «faire oublier la tragi-comédie» autour de Georges Frêche en Languedoc-Roussillon.
«Maintenant, c’est dit»
Jean-François Copé développe le même argument pour clore le chapitre Soumaré : «Il y a des fait avérés, maintenant c’est dit. Ça a été mis à la connaissance du public, maintenant il faut tourner la page», a expédié le chef de file des députés UMP, arguant à son tour qu’«il y a eu tout de même des condamnations avérées».
Le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, n’en démord pourtant pas: «Je continue de penser que quelqu’un de condamné n’est pas un exemple, je pense même que c’est stigmatiser la diversité», a-t-il blâmé, mercredi sur France Info, voyant dans l’investiture d’Ali Soumaré une première: «Aucun parti politique n’avait osé présenter quelqu’un de condamné pour des actes graves comme tête de liste.» Mais le porte-parole s’était efforcé de conclure la polémique, en appelant à «un avant Soumaré et un après Soumaré» et en proposant notamment que les candidats rendent désormais public leur casier judiciaire.
Pas si vite, semblent dire les socialistes. L’ancien premier sécrétaire du PS, François Hollande, considère, dans un entretien jeudi à Aujourd’hui en Fance/Le Parisien, que «ceux qui ont diffamé deviendront à leur tour des délinquants» et rappelle le principe selon lequel «une fois qu’une condamnation est prescrite, elle est oubliée». Mais se radoucit au sujet de la chef de file de l’UMP en Ile-de-France, Valérie Pécresse, qui avait «condamné l’initiative de Francis Delattre»: «Quoique tardif, son démenti est le bienvenu. Je lui accorde la bonne foi quand elle dit qu’elle n’a jamais été avertie. Mais elle n’aurait jamais dû tolérer un tel procédé», a-t-il estimé.
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26.02.2010
L'affaire Soumaré «est l’expression d'une campagne qui n’accroche pas sur le fond»
Stéphane Rozès, président du cabinet CAP (Conseils, Analyses et Perspectives) et enseignant à Sciences-Po et à HEC, voit dans les polémiques de la campagne le signe d'une «crise de leadership à gauche et à droite».
Qu’y a-t-il de nouveau dans la controverse autour d’Ali Soumaré ?
Les attaques personnelles ont toujours existé lors des campagnes, mais il est très étonnant que le passé judiciaire d’un candidat ait pu être recherché et mis en avant. Notre construction républicaine, qui n’est pas la tradition anglo-saxonne, sépare en principe la vie privée de l’exercice public.
Si les hommes politiques sont portés par le fond, s’ils ont à offrir une proposition qui fait sens, il n’y a pas de raison que la vulgarité l’emporte. Mais les mises en cause, les attaques personnelles sont toujours l’expression d’une campagne qui n’accroche pas sur le fond.
Cette campagne est-elle particulièrement polémique ?
Les «coups bas» sont le lot de toutes les campagnes. Mais celle-ci peine à porter les préoccupations des Français et à expliquer en quoi le scrutin est un enjeu pour leur quotidien. Les formations politiques ont des difficultés à mettre en avant le contenu de leur projet.
Par ailleurs, nous sommes dans un contexte de crise économique et sociale, ce qui entraîne un repli sur les questions quotidiennes et sur la proximité: davantage la famille et le quartier que la région. Car malgré la décentralisation et le pouvoir réel des régions, celles-ci sont plus perçues comme des organes administratifs que comme des instances politiques. Et les Français ont besoin de se raccrocher à une personnalité politique: or, en votant pour une liste, il est plus difficile de s’approprier un élu.
Outre le mode de scrutin et la question du rôle de la région, pourquoi les politiques ne parviennent-ils pas à capter l’attention des électeurs sur le fond ?
Le moment politique explique aussi ce climat délétère. La droite est désordonnée, Nicolas Sarkozy qui a longtemps monopolisé l’attention voit aujourd’hui les Français se détourner de lui, sans que la gauche n’incarne une force de propositions alternatives crédible.
L’affaire Frêche et l’affaire Soumaré témoignent respectivement de cette crise de leadership à gauche – ce qui n’est pas neuf –, et à droite – c’est la nouveauté.
Dans aucun des deux camps, le personnel politique ne se sent pas porté par une perspective forte et se laisse aller à des mises en cause personnelles. Ce qui va entretenir encore le risque abstentionniste, surtout si les accusations portent sur le passé ou donnent l’impression de stigmatiser tel ou tel.
21:11 Publié dans Vu dans Libé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy
Les hommes gagnent plus que les femmes dès le début de carrière
Cherchez l'erreur. Les jeunes femmes ont beau être plus formées que les hommes de leur âge, elles gagnent moins d'argent... Dans sa dernière enquête publiée , l'Insee se penche sur les différences entre hommes et femmes en début de carrière.
Reprenons. Au cours des 25 dernières années, les femmes n'ont cessé de creuser l'écart avec les hommes en matière d'études. En 1984, 19% des garçons et 20% des filles (entrés dans la vie active depuis moins de six ans), avaient un diplôme de l'enseignement supérieur. En 2008, elles sont 51% contre 37% de garçons.
Parce que mieux formées, les filles accèdent plus facilement à des emplois qualifiés. En 2008, 48% des jeunes filles occupent une profession intermédiaire ou un emploi de cadre, contre 43 % des garçons.
Si l'on compare les taux de chômage
Elles sont également un peu plus protégées du risque de chômage que les garçons. Soit un taux de chômage de 14% pour les femmes entrant dans la vie active contre 16% pour les hommes. Mais, quand on place le curseur à niveau de diplôme égal, le taux de chômage des femmes reste souvent plus élevé... Elément d'explication de l'Insee: «les spécialités de formation qu'elles choisissent ne correspondent pas toujours aux besoins du marché du travail».
Elles ont aussi plus de chance d'être en situation de sous-emploi. «En 2008, 11 % des débutantes occupant un emploi souhaitent travailler davantage contre seulement 4 % des débutants...»
Si l'on compare les salaires
Autre constat: les femmes gagnent moins que leurs collègues hommes dès le début de carrière. L'écart est de 10% en comparant le salaire médian (la moitié des actifs gagne moins et que l'autre moitié gagne plus). Il s'élève à 1380 euros par mois (salaire net) pour les hommes et 1260 euros pour les femmes en 2008.
Et les écarts de salaire sont plus élevés encore aux deux extrémités des niveaux de diplôme (sans-diplôme et diplômés du supérieur long). «En moyenne entre 2003 et 2008, les hommes non diplômés gagnent en début de vie active 23 % de plus que les femmes de même niveau. Chez les diplômés du supérieur long, cet écart est de 21 %. Mais il se réduit à 7 % parmi les titulaires d'un diplôme de niveau bac + 2.»
Le temps partiel explique en partie ces différences de salaires, selon l'Insee. Une jeune femme sur cinq travaille à temps partiel, contre seulement un jeune homme sur quinze. Sauf que «chez les diplômés du supérieur, le temps partiel est peu fréquent et n'explique qu'une faible partie des écarts salariaux...»
Rappelons que tous âges confondus, l'écart de salaires en faveur des hommes est plus important : + 19 % tous emplois confondus, + 12 % à temps plein.
12:30 Publié dans Vu dans Libé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy
25.02.2010
Le chômage repart à la hausse
Le chômage «est en train de se retourner» avait déclaré Sarkozy, fin janvier sur TF1, «face aux Français». Mauvais diagnostic. Le nombre des demandeurs d'emploi sans aucune activité a de nouveau augmenté en janvier en France métropolitaine de 0,7%, soit 19.500 personnes (2,66 millions au total), alors que celui des personnes exerçant une activité réduite a cru de 15.900 (3,86 millions au total).
Sur un an, par rapport au mois de janvier 2009, le nombre de chômeurs sans aucune activité inscrits à Pôle emploi a progressé de 370.400 (+16,1%).
En incluant les personnes ayant exercé une activité réduite (catégories A, B et C), le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi a progressé de 0,4% sur un mois, atteignant 3.865.100 en métropole et 4.103.100 avec les Dom. En un an, il a augmenté de 543.800 en métropole (+16,4%).
En janvier, le nombre de demandeurs d'emplois en stage, en formation ou en maladie (catégorie D), qui comprend les licenciés économiques en Contrat de transition professionnelle (CTP) et en Convention de reclassement personnalisé (CRP), a augmenté de 4,7% sur un mois et de 31,4% sur un an.
L'augmentation des inscriptions au chômage sur un mois a concerné toutes les catégories de demandeurs d'emplois en janvier, à l'exception des jeunes (-0,2% en catégorie A; -0,8% en A, B, C à 643.000).
Le mois de janvier a confirmé la persistance de deux points noirs, les seniors et les chômeurs de longue durée. Les inscriptions des plus de 50 ans ont à nouveau augmenté sur un mois (+1,1% en A; +1,4% en A, B, C à 659.900). Le nombre d'inscrits à Pôle emploi depuis plus d'un an, y compris ceux en activité réduite, a dépassé 1,3 million (+2,8% sur un mois, +29,4% sur un an). L'ancienneté moyenne des demandeurs d'emploi toujours inscrits, qui n'a cessé de s'allonger ces derniers mois, était de 407 jours fin janvier.
Environ un tiers des demandeurs d'emplois étaient ainsi inscrits au chômage en janvier depuis plus d'un an. Un certain nombre d'entre eux risque de se retrouver en fin de droits à l'assurance chômage dans les prochains mois.
Les entrées sur les listes de Pôle emploi ont globalement diminué (-0,8% en catégories A, B, C sur un mois), avec notamment une baisse des inscrits après un licenciement économique (-16,6%).
Les premières inscriptions au chômage ont cependant augmenté en janvier (+6,1%), de même que les inscriptions pour fin de CDD (+1,7%) et fin de missions d'intérim (+1,8%), qui représentent près d'un tiers des entrées sur les listes de Pôle emploi.
Les sorties des listes de Pôle emploi ont reculé (-0,2% sur un mois), avec notamment une baisse «inhabituellement forte» de celles pour reprise d'emploi déclaré (-16,2% sur un mois).
Rare point de satisfaction: en janvier, les offres d'emploi collectées par Pôle emploi ont progressé et les offres d'emploi satisfaites ont aussi crû «de manière inhabituellement forte», indique l'organisme.
06:21 Publié dans Vu dans Libé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialiste, hamon, ps, reconquetes, sarkozy
24.02.2010
«Retraités, oui, maltraités, non!»
Des milliers de retraités ont manifesté ce mercredi dans plusieurs villes pour réclamer une hausse des pensions et un renforcement de l'assurance maladie au profit des malades les plus pauvres.
A Paris, entre 900 (selon la police) et 3.000 manifestants (selon les organisateurs) ont défié le mauvais temps pour se rassembler devant l'Assemblée nationale, en présence notamment de Marisol Touraine (PS) ou Marie-George Buffet (PCF).
«Les dividendes et les stock-options s'envolent et les retraites s'étiolent», a regretté Daniel Delabarre (CFE-CGC), l'un des représentants syndicaux ayant pris la parole lors du rassemblement.
«On assiste à une remise en cause de tout ce qui a été conquis depuis 1945»
A Toulouse, ils étaient entre 600 et 3.000. «Avant de remettre les retraités au travail, de faire travailler les vieux, il faudrait s'attacher à donner du travail à ceux qui sont au chômage» a déclaré Hubert Dandine, secrétaire des retraités CGT Haute-Garonne.
Pour Dominique Grimoux, 63 ans, retraitée d'Air France, «il faut plus de reconnaissance des retraités: on nous présente toujours comme un coût alors que nous sommes une richesse».
A Bordeaux, de 600 à 1.500 personnes ont défilé derrière une banderole proclamant «On l'a gagnée, on veut la vivre, notre retraite». «On assiste à une remise en cause de tout ce qui a été conquis depuis 1945», a regretté Serge Ezquerra, 71 ans, présent dans le défilé.
Dans plusieurs villes, des banderoles et pancartes demandaient «une retraite digne du 21e siècle», comme à Marseille, où ont défilé de 500 à 1.500 personnes. Les manifestants étaient entre 400 et 800 à Toulon et quelque 400 à Avignon.
Dans l'est du pays, ils étaient de 150 à 300 à Metz et entre 560 et 1.000 à Strasbourg, dont nombre de retraités CFDT venus de Moselle, à défiler derrière une banderole proclamant: «Pour la défense du pouvoir d'achat et des régimes de retraite».
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09.02.2010
Huchon pointe l’absentéisme de Pécresse au conseil régional
Intervenant sur RCJ, le président de région socialiste a répliqué à la candidate de l’UMP en Ile-de-France, Valérie Pécresse, qui a vu, cette semaine, dans le programme de son adversaire «un copier-coller» de celui de 2004. Jean-Paul Huchon s'est demandé comment Pécresse pouvait «penser qu'il n'y a rien de nouveau (dans le programme PS), ou alors ça s'explique par son absence constante et répétée au conseil régional». «On l'a vue trois fois en six ans, c'est pas beaucoup. Pareil pour Mme Kosciusko Morizet» (tête de liste UMP en Essonne), a-t-il balancé. Et le socialiste de rendre hommage à… Roger Karoutchi, candidat malheureux à la primaire UMP pour les régionales. «On peut lui faire tous les reproches qu'on veut sur le plan politique mais au moins, M. Karoutchi s'intéresse à la région, il est présent et il travaille», a jugé Huchon, vantant un «adversaire courtois».
Dray fait sa télé-réalité
La tête de liste socialiste pour les régionales en Essonne, va filmer sa campagne et la diffuser, «en direct ou en léger différé», sur son blog et, dans un second temps, sur le site de campagne du chef de file du PS en Ile-de-France, Jean-Paul Huchon. Décidé à «créer le buzz», le candidat a souligné que la campagne essonnienne «n'est pas la campagne de Julien Dray, mais d'abord celle d'une équipe», qu’il juge «jeune, métissée et renouvelée». Celui-ci compte, par ailleurs, mener campagne au volant d’un «bus écologique» qui transportera les candidats à la rencontre des habitants.
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08.02.2010
Dans l'Essonne, Dray (PS) promet de «créer le buzz»
La tête de liste socialiste pour les régionales en Essonne, va filmer sa campagne et la diffuser, «en direct ou en léger différé», sur son blog et, dans un second temps, sur le site de campagne du chef de file du PS en Ile-de-France, Jean-Paul Huchon. Décidé à «créer le buzz», le candidat a souligné que la campagne essonnienne «n'est pas la campagne de Julien Dray, mais d'abord celle d'une équipe», qu'il juge «jeune, métissée et renouvelée». Celui-ci compte, par ailleurs, mener campagne au volant d'un «bus écologique» qui transportera les candidats à la rencontre des habitants.
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07.02.2010
Fabius redoute «un triple coup de bambou» après les régionales

Venu à Rouen soutenir le président sortant (PS) de Haute-Normandie, Alain Le Vern, Laurent Fabius, homme fort de la Seine-Maritime, a mis en garde, contre «un triple coup de bambou» que prépare le gouvernement pour l’après-régionales. Offensive, prédit l’ex-Premier ministre socialiste, sur le plan social: «les licenciements aujourd’hui différés, la précarisation de la Fonction publique et la remise en cause des retraites». Fiscal: «la nouvelle taxe carbone et plusieurs prélèvements supplémentaires». Et territorial avec «la suppression des conseillers régionaux et le nouveau mode de scrutin antidémocratique» dans le cadre de la réforme des collectivités.
Un responsable du Parti radical rejoint la liste PS
RHÔNE-ALPES - Coup de théâtre en Haute-Savoie. Le président du parti radical - allié à l’UMP - de la fédération, Gérard Périssin-Fabert, également maire du Grand-Bornant, rejoint la liste (PS) de Jean-Jack Queyranne. Celui qui figurera en sixième position a justifié sa décision par son souci du développement «des territoires de moyenne montagne et des stations».
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Statistiques ethniques : un rapport, deux critiques
Après maints reports, le comité pour la mesure de la diversité et des discriminations (Comedd), chargé de réfléchir sur la question controversée des statistiques ethniques, a remis ce vendredi son rapport (à consulter ici) au commissaire à l’Egalité des chances, Yazid Sabeg.
Le comité, présidé par le démographe François Héran, écarte l'idée d'une nouvelle loi et fait plusieurs propositions. Il préconise notamment de s’en tenir, pour les statistiques publiques courantes, à l’utilisation de données issues de l’état civil, comme le pays de naissance ou la nationalité des parents. Pour autant, il n’écarte pas totalement le recours à des critères ethno-raciaux, comme c’est déjà le cas pour des enquêtes ciblées réalisées par des chercheurs, mais avec un «contrôle accru» de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil).
Comment ce rapport est-il reçu ? Les réactions de deux acteurs aux positions contrastées dans ce débat.
«Il faut aller plus loin»
Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires (le Cran), milite de longue date pour des «statistiques de la diversité» (terme que le Cran préfère à celui de statistiques ethniques), pour deux raisons principales: mesurer la diversité permettrait de rendre compte de la discrimination «indirecte», tout au long d'une carrière par exemple ; et, en exprimant un signal fort de l'investissement des pouvoirs publics, «constituerait le meilleur outil contre le repli identitaire».
«Ce rapport clôt une phase scientifique et ouvre une phase politique. Au gouvernement, aux parlementaires de se saisir maintenant de ces propositions et d'aller plus loin.
Un point très positif: le rapport rappelle que les chercheurs ont déjà le droit, dans le cadre d'enquêtes ciblées, de recueillir le «ressenti d'appartenance» des enquêtés, le Conseil constitutionnel l'a confirmé. Réaffirmer cela signifie deux choses. D'abord qu'à cadre législatif constant, on pourrait faire plus. Ensuite que traiter ces données n'est pas incompatible avec les valeurs de la République. Pas plus que ça n’impose une marche forcée vers la mise en place de la discrimination positive.
Néanmoins, il faudrait aller plus loin dans la collecte de ces informations sur le ressenti. Je travaille avec Manuel Valls (PS) et d'autres députés à une proposition de loi en ce sens. Il n'est bien sûr pas question de remettre en cause le contrôle de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), au contraire. Ces statistiques doivent être anonymes, autodéclarées, facultatives.
En aucun cas il ne s'agit de constituer des fichiers ethniques, mais bien de nous donner un outil de connaissance dont nous avons besoin de manière urgente. Il n'est pas normal que dans notre pays nous n'ayons toujours aucun moyen de savoir si sur ces cinq, dix dernières années les discriminations ont augmenté ou diminué. N'attendons pas de sacrifier une génération pour faire bouger les choses.»
«On devine l'objectif de classement ethno-racial qui est derrière»
Jean-François Amadieu, sociologue à l'université Paris I et président de l'Observatoire des discriminations, laboratoire d'études et de mesures de toutes les formes d'inégalité des chances. Auditionné dans le cadre du rapport, il se positionne clairement contre les statistiques ethniques. Il a d'ailleurs créé avec plusieurs universitaires, au printemps dernier, «le Comité alternatif de réflexion sur les statistiques ethniques et les discriminations».
«Le fait de prendre en compte le pays d'origine et la nationalité des parents est une bonne idée. C'est une proposition assez consensuelle. Même si cet instrument de mesure ne suffit évidemment pas puisqu'il n'est valable que sur deux générations.
Plus inquiétante en revanche est la volonté de distinguer les rapatriés (d'anciennes colonies, ndlr) des immigrés. Sur quels critères ? Qu'est-ce qui les différencie ? Le rapport ne le dit pas... Mais on devine l'objectif de classement ethno-racial qui est derrière.
Autre préconisation complètement aberrante du rapport : vouloir comparer la situation de chaque entreprise en matière de diversité par rapport à son bassin d'emploi.... C'est n'importe quoi, la méthode est grossière et n'apporte rien. Je prend un exemple : pour savoir si un délégué syndical est victime de discrimination, il ne sert à rien de comparer sa situation par rapport au bassin d'emploi ! Il faut regarder son cas (salaire, évolution de carrière) par rapport à celui des salariés de l'entreprise qui sont au même niveau en termes de qualification et d'ancienneté.
De la même manière, demander aux entreprises un rapport annuel sur la diversité ne permet pas de lutter contre les discriminations. On voit la démarche : instaurer des quotas diversité dans les entreprise avec une politique d'objectifs et de sanctions... Ce n'est pas comme ça qu'on luttera contre les discriminations.»
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