02.09.2010

Rentrée, ce qui change, ce qui coince

Réformes du lycée et de la formation des maîtres, sanctions, journée partagée, sans oublier le sort des frites à la cantine... Revue des nouveautés.

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C.B.

Luc Chatel ce mardi.

Luc Chatel ce mardi. (© AFP Bertrand Guay)

A l'heure des derniers ravitaillements en cahiers à spirales gros carreaux, le climat n'est pas des plus détendus en cette rentrée. Rien d'inhabituel pour un début septembre, mais tout de même, on «accumule tous les problèmes», tempête le Snes-FSU, le principal syndicat enseignant des collèges et lycées. Une rentrée «sombre et pesante», «chaotique» renchérissent les autres (SE-Unsa, Fidl). Même les inspecteurs (SI-EN Unsa) y vont de leur «coup de semonce».

Signe de la contestation qui couve, une grève est prévue dès la deuxième semaine de classe, les lundi 6 (les collèges et lycées) et mardi 7 septembre, greffée sur celle des retraites. Et même dès la rentrée à Paris à l'appel de Sud Education. «Notre école a moins besoin de grand soir que de petits matins quotidiens», a rétorqué aux fâcheux le ministre Luc Chatel lors de sa conférence de presse de rentrée ce mardi. D'ailleurs, «citez-moi une rentrée où les syndicats ne parlent pas de difficultés!»

Celles de cette année s'appellent d'abord et encore suppressions de postes. 16.000 pour cette année, autant qu'en 2011. Pendant ce temps, les classes gonflent, ne manquent pas de rappeler les syndicats, avec 39.000 élèves de plus cette année dans le second degré.

Deuxième gros sujet de tension, la très contestée «masterisation», autrement dit la réforme de la formation des enseignants. Pour la première promo de recrues nouvelle mouture, l'effet est radical: propulsion sans transition dans le grand bain. Recrutés au niveau bac+4 contre bac+3 auparavant (et bac+5 en 2011), les 15.472 nouveaux jeunes profs stagiaires sur le pont dans deux jours passent directement des amphis à un poste à quasi temps plein en collège ou lycée. C'est-à-dire sans aucune pratique du terrain ou presque. De quoi donner des sueurs froides aux petits nouveaux. Une catastrophe annoncée, à entendre les syndicats. Une année «transitoire», le temps que la réforme prenne pleinement effet l'année prochaine, tempère le ministre.

Certes, les stagiaires sont censés être suivis par enseignants «tuteurs» du même établissement, mais les candidats ne se bousculent pas malgré une prime de 2000 euros. Certes, des temps de formation sont prévus (en stages pendant l’année, ou une demi-journée ou une journée dans la semaine), mais «ils sont deux fois moins importants» qu’avant la réforme, déplore le Snes-FSU, qui voit d'abord dans cette réforme une manière de supprimer mécaniquement des postes à bon compte. Lot de consolation: les futurs professeurs des écoles gagnent 157 euros par mois de plus, les agrégés 259 euros.

Un peu moins controversé est l'autre chantier mis en œuvre en cette rentrée, la réforme du lycée. L’idée est de toucher un peu à tout en seconde pour mieux faire son choix ensuite. Au tronc commun s'ajoutent donc trois heures «d’enseignements d’exploration», plus six heures d’options possibles, et deux d’accompagnement personnalisé, dégagées en rognant sur quatre disciplines (français, histoire-géographie, physique-chimie, sciences et vie et de la terre) (détail de ce qui change ici). Pour ces deux heures assurées par les enseignants, chaque lycée se débrouille comme il veut et comme il peut.

Les programmes ont été revus dans toutes les disciplines, à commencer par les sciences économiques et sociales (SES), ce qui vaut d'ailleurs un petit cafouillage de rentrée sur les manuels, les éditeurs ayant été pris de court. Nouveauté aussi, l'histoire des arts fait son entrée au brevet des collèges.

2010 a droit à son nouveau sigle, «Clair». Comme Collège et lycée pour l'ambition, l'innovation et la réussite, dispositif né des états généraux sur les violences scolaires. Soit 105 collèges et lycées «plus autonomes», où les chefs d'établissement peuvent notamment recruter leurs équipes. Pour renforcer l'égalité des chances, onze nouveaux internats d'excellence seront créés pour les élèves bosseurs mais défavorisés.

Côté sécurité, tour de vis général et sanctions à tous les étages. Il faut «remettre la règle au cœur de l'école», a répété Luc Chatel ce mardi. L'heure est à la «riposte graduée», comprendre l'utilisation de «toute l'échelle des sanctions» – sauf les expulsions de huit jours, jugées contreproductives – et des «mesures d'utilité collective».

En cas d'absentéisme répété, les parents pourront dire adieu aux allocations familiales. Et les élèves les plus durs, ceux dont les collèges ne savent plus que faire, seront envoyés dans les nouveaux «établissements de réinsertion scolaire» (ERS).

Les équipes mobiles de sécurité (EMS), moitié policiers moitié personnel de l'éducation, mises en place il y a un an, sont doublées dans les académies les plus tendues.

Tolérance zéro enfin pour les «violences verbales». Et les élèves devront se lever à l'entrée en classe du prof, c'est le ministre qui le dit.

Au rayon expérimentation, certaines classes de 124 collèges et lycées vont expérimenter la journée partagée: cours le matin, sport (ou activités artistiques) l'après-midi. C'était l'une de pistes retenues par le ministre dans le cadre du débat sur les rythmes scolaires. Une conférence nationale doit d'ailleurs plancher durant l'année sur cette question récurrente de l'organisation du temps des élèves. Rendue de la copie mi-mai.

Et comme l'école, c'est aussi la cantine, signalons que le menu 2010 aura interdiction de comprendre des frites plus d'une fois par semaine. Même portion congrue pour le poisson pané, les pâtes noyées dans le fromage ou la mousse au chocolat.

29.08.2010

«A toutes les femmes, levez-vous !»

«La Règle du jeu», le magazine «Elle» et «Libération» relaient la parole d'artistes, d'intellectuels, de lecteurs en faveur de Sakineh, cette Iranienne condamnée à la lapidation.

Sakineh Mohammadi-Ashtiani sur une photo non datée, fournie par Amnesty International le 9 juillet

Sakineh Mohammadi-Ashtiani sur une photo non datée, fournie par Amnesty International le 9 juillet 2010. (© AFP photo AFP)

J'ai envie de crier à toutes les femmes, celles que je croise dans la rue qui font les courses, qui s'occupent de leurs enfants, qui sauvent des vies dans les hôpitaux, qui apprendre dans les écoles aux enfants à lire, qui se battent tous les jours pour que leurs filles puissent participer à la marche du monde, a celles qui refusent de toutes leurs forces avec courage d'être assimilées à l'obscurantisme, j'ai envie de crier: Levez-vous, faites entendre vos cris de révolte devant la négation de tout ce que nous sommes!

La mort immonde de cette femme au pays de l'inhumanité sera une porte ouverte à l'horreur qui guette notre moindre faiblesse pour nous abattre.

Et merci à tous les hommes qui nous accompagneront.

28.08.2010

Martine Aubry condamnent la politique sécuritaire de Sarkozy

Alors que s'est ouvert vendredi l'université d'été du PS à La Rochelle, Ségolène Royal, dans une interview exclusive à Libération, estime «très grave» la dérive sécuritaire du gouvernement et dénonce «le système Sarkozy corrompu».

Décidée à s'inscrire «dans la durée»,  elle assure vouloir «tout faire» pour éviter que les socialistes se déchirent sur le choix de leur candidat pour 2012.

De son côté, Martine Aubry, numéro un du Parti socialiste, a dénoncé jeudi à La Rochelle un «été de honte pour la France», qualifiant les mesures sécuritaires de l’exécutif de «vaste opération de manipulation», ajoutant que «les Français ne s’y sont pas laissés prendre».

Arrivant au siège du PS de Charente-maritime à la veille de l’ouverture de l’université d’été socialiste, Mme Aubry a parlé de «cet été honteux, un été de honte pour la France».

Comme on lui avait demandé de commenter le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy sur la sécurité, elle a répondu: «Il n’y pas que le discours de Grenoble, il y a tout tout ce qui s’est passé et ce qui se passe sur les Roms».

S’exprimant devant les militants de la Fédération, en présence de plusieurs ténors du parti, notamment Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg Benoît Hamon, Claude Bartolone, elle a ajouté: «Les Français ne s’y sont pas laissés prendre».

Les Français «ont compris que cette vaste opération de manipulation qui bafoue les valeurs de la République, qui abîme notre République, qui salit notre pays à l’étranger, avait sans doute pour objet de masquer les affaires et d’abord son échec sur la sécurité», a lancé Mme Aubry en ciblant le chef de l’Etat.

«Quand on utilise de manière aussi honteuse cette violence dans les mots, ces procédés oratoires parce qu’on n’est pas capable de régler le problème, c’est indigne de la République», a dit la première secrétaire, dont le discours sur l’offensive sécuritaire de Nicolas Sarkozy était très attendu.

«Notre pays a une autre maturité, on ne lui racontera pas d’histoire, il attend que les valeurs de notre République soient à nouveau portées haut», a-t-elle ajouté.

L’ambiance de l’université d’été cette année est d’une «particulière gravité», a encore dit la patronne du parti, soulignant que la rencontre, qui marque la rentrée des socialistes, a «deux messages»: «D’une part de dire aux Français nous sommes avec vous» et «nous serons tous sur le pont pour la manifestation le 7 septembre» sur les retraites.

D’autre part, il s’agit de «montrer qu’un autre modèle est possible, que nous avons des propositions à faire». Le PS se met «coeur de la gauche» et fera des «propositions d’ici la fin de l’année», notamment sur «la sécurité et l’égalité» et «pour reconstruire une France qui ne soit pas dans le déclin, qui fasse porter haut la justice et l’égalité». «Les Français verront qu’une autre France est possible», a lancé Mme Aubry.

25.08.2010

Sarkozy serait battu par Aubry

De quoi plomber encore un peu plus la rentrée, déjà difficile, du président de la République, entre réforme des retraites, critiques contre sa politique sécuritaire et suites de l'affaire Bettencourt. Un sondage TNS-Sofres Logica pour Le Nouvel Observateur, publié jeudi, donne Nicolas Sarkozy battu à plates coutures, au second tour de la présidentielle, par Dominique Strauss-Kahn (59% contre 41%) mais également nettement perdant face à par Martine Aubry (53-47). Lire la suite l'article

Le chef de l'Etat arriverait en tête au premier tour, quel que soit son adversaire socialiste avec des scores à peu près équivalents: face à Martine Aubry (28% contre 22%), Ségolène Royal et François Hollande (29% contre 16%). Mais à 26%, Sarkozy ne devancerait que d'un point le directeur général du FMI, si ce dernier représentait le PS.

Au second tour, le Président sortant ne l'emporterait que sur son adversaire de 2007, Ségolène Royal: 51%-49%. Il ferait jeu égal avec l'ancien premier secrétaire, François Hollande (50-50). En revanche, il serait battu par la maire de Lille (53% contre 47, l'inverse du rapport de forces de 2007) et carrément laissé sur place par DSK: 59% contre 41%.

Dans toutes les hypothèses, Marine Le Pen, en championne du FN au premier tour, rassemblerait au moins 12% (face à DSK représentant le PS) ou 13% (face aux trois autres socialistes).

Au fil des hypothèses, Olivier Besancenot, pour le NPA, rassemblerait de 7 à 9%, Dominique de Villepin (UMP-RS) entre 6 et 8% et François Bayrou (Modem) entre 6 et 7%. Le président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, obtiendrait de 4 à 5% des voix du premier tour tandis qu'Hervé Morin, s'il devait représenter le Nouveau Centre, plafonnerait à 2%.

(Source AFP)

Sondage réalisé les 20 et 21 août auprès de 1.000 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus (méthode de quotas).

20.08.2010

La France et trois autres pays pourraient perdre leur note AAA

La France, les Etats-Unis, l'Allemagne et la Grande-Bretagne se sont encore rapprochés du moment où ils pourraient perdre leur note maximale "AAA", en raison de leurs difficultés budgétaires, a averti l'agence de notation Moody's Investors Service.

L'agence de notation estime dans un communiqué que «les défis liés aux ajustements budgétaires impliquent que le chemin à parcourir avant un abaissement de la note de ces pays s'est encore réduit».

Toutefois, Moody's rappelle que pour l'heure la note triple A, la meilleure possible, attribuée à ces pays reste solide et que leurs perspectives demeurent stables.

Le cas de l'Espagne, autre grand pays bénéficiant pour l'heure d'un "AAA", est à part, rappelle l'agence. Moody's avait prévenu fin juin qu'elle pourrait abaisser, d'ici fin septembre, de «un ou deux crans» la note souveraine de l'Espagne en raison de la faiblesse des perspectives de croissance de sa fragile économie.

De leur côté, les gouvernements français, américain, allemand et britannique font face, selon l'agence, à des défis légèrement différents de ceux auxquels ils étaient confrontés il y a encore quelques mois.

En effet, les pays européens «ont désormais tous commencé à mettre en oeuvre des mesures pour réduire leur déficit», reconnaît-elle. En revanche, la mise en place d'une stratégie de stabilisation de la dette n'en est qu'à ses balbutiements aux Etats-Unis, relève l'agence.

Parmi les nouveaux défis, Moody's met en avant la nécessité de relancer la croissance, alors même que ces pays ne disposent plus de marges de manoeuvre budgétaires pour soutenir l'économie. Ces pays doivent aussi mener des programmes d'assainissement des finances publiques et faire face au viellissement de leur population, souligne Moody's.

Alors même que leur dette bat des records, l'Allemagne et la France parviennent ces derniers jours à se refinancer à des conditions extraordinairement favorables sur le marché obligataire. Selon les analystes, les inquiétudes sur la solidité de la reprise économique poussent en effet les investisseurs à revenir notamment vers les obligations d'Etat notées triple AAA.

Cohen : le débat sur la sécurité n'est pas celui des laxistes de gauche contre les sécuritaires de droite

P-cohen-01nin Lever de boucliers. Le maire socialiste de Toulouse Pierre Cohen répond  dans Libé Toulouse à la proposition du ministre de l’industrie Christian Estrosi de sanctionner les maires défaillants sur les questions de sécurité. Entretien



LibéToulouse : En matière de sécurité intérieure, vous parlez "d’échec de la politique du gouvernement".

Pierre Cohen : Sarkozy ne parle que de délinquance et de renforcement de la répression. C’est une vision fausse comme il est faux de dire qu’il suffit de faire peur aux délinquants pour les empêcher d’agir.

En réalité, nous sommes dans un phénomène de violence généralisée. Les rapports entre les gens sont de plus en plus exacerbés, quelle que soit les générations et les origines sociales. En focalisant sur la délinquance dans les quartiers difficiles, on passe  à coté de la prévention et du traitement de cette violence.

Le renforcement de la sanction ne fera pas reculer la violence. Les grands délinquants savent très bien ce qu’ils encourent. Ils n’ont pas peur de la prison. Attention ! Cela ne veut pas dire que je suis contre la sanction. Celui qui commet un délit doit être puni. Mais ce n’est pas en construisant plus de prison et en installant plus de caméras de vidéosurveillance que l’on traitera les causes de cette violence.

Conseils Locaux de sécurité et de prévention de la délinquance, office de la tranquillité, police municipale, police nationale, justice, agents de médiation : la coordination entre ces structures est-elle efficace ?

Pierre Cohen : Pas suffisamment. Surtout lorsqu’il s’agit d’être réactif. Pour cela, nous avons besoin d’un pool d’élus et d’intervenants de l’Etat qui puisse agir dans l’urgence dés qu’un problème est identifié. Cette cellule sera mise en place dés la rentrée au sein de la Mairie de Toulouse.

"Chiche ouvrons le débat" : votre réponse à Christian Estrosi ne jette-t-elle-pas de l’huile sur le feu?

Pierre Cohen :
Non. Quand je lui réponds "Chiche, ouvrons le débat sur la responsabilité entre maires et Etat", c’est pour signifier que ce débat n’est pas celui des laxistes de gauche contre les sécuritaires de droite. En posant les choses ainsi on se détourne de la vérité et de la recherche de solutions efficaces

19.08.2010

Polémique entre la France et la Commission européenne sur les mesures anti-Roms

 

Une femme de la communauté Rom, le 7 août 2010, après la fermeture de son camp à Saint-Denis.

Une femme de la communauté Rom, le 7 août 2010, après la fermeture de son camp à Saint-Denis. (AFP Joel Saget)

Les mesures décidées par la France contre les Roms en situation irrégulière sont «pleinement conformes aux règles européennes», a déclaré mercredi le Quai d'Orsay, appelant la Commission européenne à collaborer à la réinsertion dans leur pays d'origine.

Le porte-parole de la commissaire européenne chargée de la Justice et des droits fondamentaux des citoyens européens, Viviane Reding, avait jugé que la France «devait respecter les règles concernant la liberté de circulation et la liberté d'établissement» des citoyens européens.

Les premières expulsions de Roms vers la Roumanie et la Bulgarie, depuis que le président Nicolas Sarkozy a annoncé fin juillet le démantèlement de campements illégaux, auront lieu jeudi.

«Les mesures décidées par les autorités françaises en vue de démanteler ces camps sont pleinement conformes aux règles européennes et ne portent en rien atteinte à la liberté de circulation des citoyens de l'UE, telle que définie par les traités», a dit à l'AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.

«Elles visent à lutter contre le dévoiement de cette liberté, dont l'exercice est régi par la directive 2004/38/CE qui prévoit expressément des restrictions au droit de libre circulation pour des raisons d'ordre public, de sécurité publique et de santé publique», a-t-il observé.

Paris demande une collaboration européenne

Paris appelle Bruxelles à collaborer à l'insertion de cette population: «la France compte sur le plein soutien de la Commission en vue de renforcer les programmes de lutte contre les discriminations dont sont victimes les Roms, et de favoriser leur insertion dans leurs pays d'origine», a conclu le porte-parole.

Interrogé par ailleurs sur les inquiétudes du ministre roumain des Affaires étrangères Teodor Baconschi sur les «risques de dérapage populiste» en France, Bernard Valero a répondu qu'il «importe de mettre en avant la coopération qui se met en place» entre les autorités françaises et roumaines.

Il a notamment rappelé que le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche, qui s'est rendu à deux reprises en Roumanie, et le ministre de l'Immigration Eric Besson iront prochainement à Bucarest.

Deux secrétaires d'Etat roumains Valentin Mocanu (Réinsertion des Roms) et Dan Valentin Fatuloiu (Intérieur) seront par ailleurs à Paris le 30 août «pour discuter de propositions très concrètes», a-t-il dit.

Il a cité trois «objectifs que les autorités roumaines partagent», et pour lesquels «tous les moyens possibles» doivent être mis en œuvre: favoriser l'insertion sociale des Roms en Roumanie, lutter contre la criminalité organisée dont sont particulièrement victimes les Roms, et œuvrer à la réinsertion de ceux qui ont quitté la France pour la Roumanie, notamment dans le cadre de l'aide volontaire au retour

08.08.2010

Tous les chemins ramènent les Roms

La politique du retour en Roumanie se heurte à la liberté de circulation dans l’Union.

«On ne peut pas dire que la politique française d’aide au retour soit vraiment un succès», soupire Ilie Dinca, président de l’Agence gouvernementale roumaine pour les Roms. En 2009, 8 000 Roumains, en majorité rom ont été «aidés» pour rentrer en Roumanie. Paris paie le billet d’avion et leur donne une petite somme, 300 euros par personne, pour leur «réinsertion». Dans la plupart des cas, les Roms prennent l’argent, passent quelques jours en Roumanie et… reviennent en France. «En fait, l’aide au retour est plutôt une aide aller-retour», commentait hier ironiquement sur RFI Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes.

Brochettes.«La France voudrait que l’on trouve un moyen d’empêcher les Roms renvoyés de repartir, or c’est impossible», explique sèchement un diplomate roumain. «La liberté de circulation ne peut pas être limitée pour les ressortissants de l’Union européenne», a insisté le ministre roumain des Affaires étrangères, Teodor Baconschi, qui voudrait des programmes européens assurant aux catégories défavorisées, dont les Roms, un meilleur accès a l’éducation et à l’emploi.

De telles solutions avaient déjà été tentées par la France pour les Roms roumains, avec l’octroi de 3 000 ou 4 000 euros pour les familles qui rentraient et exprimaient leur volonté de lancer une petite affaire. «Avec cet argent, on leur achetait quelques moutons, en espérant que les Roms allaient tous se transformer du jour au lendemain en agriculteurs. Cela n’a évidemment pas marché, car ils n’ont pas l’expérience. De plus, il était très difficile pour eux de trouver des pâturages», explique Ilie Dinca. Les moutons ont le plus souvent fini en brochettes et leurs propriétaires sont rentrés en France.

Que faire alors pour que les Roms, une fois rentrés, restent en Roumanie ? «Il n’y a pas de miracle, soupire Ilie Dinca. Il faut de la détermination et de la patience.» La Roumanie a mis en place plusieurs projets avec l’Espagne et l’Italie concernant l’éducation et la formation, qui ont bien démarré. «Avec l’Italie et l’Espagne, on discute plutôt avec les autorités locales et l’approche est donc beaucoup plus nuancée pour chaque projet», explique un officiel du ministère roumain du Travail.

«Stratégie». Ilie Dinca se veut optimiste : «Il n’y a pas de raison pour que les projets avec Paris ne fonctionnent pas, d’autant que l’ambassade de France y prête beaucoup d’attention. J’espère que d’ici à l’automne, nous allons adopter une stratégie commune.» En Roumanie - où résident officiellement 500 000 Roms, en réalité 1,5 million -, ce ne sont pas les plans d’action qui manquent. Il y a dix ans, Bucarest avait déjà approuvé un programme pour la communauté rom, qui prévoyait l’accès à l’éducation et l’emploi pour une majorité des Tsiganes roumains avant… 2010. Mais la moitié des Roms roumains vivent encore dans une grande pauvreté et à peine un sur quatre a officiellement un emploi.

Grippe A: comment les labos ont fait la loi

Il y a un an, on était en plein dedans. Des messages sanitaires à la télé rabâchant l'importance du lavage de mains, des boites de conserve stockées dans les entreprises à côté des piles de masques, des leçons sur DVD à diffuser en cas de fermetures généralisées des écoles... Sans oublier les quelque 94 millions de doses de vaccins anti-grippe A commandées aux labos pour affronter ce qui devait être l'épidémie du siècle.

Un an après, l'heure est au bilan. Dans l'exercice, le Parlement s'en donne à cœur joie, avec trois rapports publiés en l'espace de cinq semaines. Après l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, au tour des sénateurs de passer au crible la politique du gouvernement.

Rédigé par Alain Milon, sénateur UMP, le rapport publié ce jeudi (lire en intégralité, ici) pointe les maladresses et les erreurs d'appréciation du gouvernement. Il épingle aussi copieusement l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les labos pharmaceutiques. Revue en détail des principaux points soulevés par les sénateurs.

L'OMS vivement critiquée

L'organisation mondiale de la Santé est «une organisation politique qui peut commettre des erreurs techniques dans l'exercice de sa mission, en cas de crises sanitaires», rappelle le rapport. Et de citer, en guise d'exemple: la réaction de l'organisation «trop tardive pour le syndrome d'immunodéficience acquise (Sida) perçu de manière erronée comme ne frappant que l'Amérique ou des catégories limitées de populations.»

Autre critique développée en long et en large dans le rapport: les possibles conflits d'intérêts des experts, aggravés par le manque de transparence de l'organisation. Ainsi, plusieurs auteurs des recommandations de l'OMS en 2004 sur l'utilisation des vaccins et des antiviraux en cas de grippe pandémique avaient également des contrats professionnels avec des laboratoires pharmaceutiques, selon les révélations du British medical journal.

D'où cette proposition des sénateurs: inciter les Etats, et notamment la France, à s'impliquer davantage dans le contrôle interne et le fonctionnement de l'OMS. De la même manière, il est indispensable de garantir une plus grande indépendance financière de l'organisation. Car aujourd'hui, comme le soulignent les sénateurs, les financements privés ont une place prépondérante, de l'ordre de 80 % dans le budget de l'OMS.

La trop grande rigidité du plan gouvernemental

Le gouvernement a dégainé son plan «spécial pandémie» - dans les placards depuis la menace de la grippe aviaire - sans s'adapter à l'évolution de la pandémie au jour le jour.

«Manque de souplesse», ou «d'adaptabilité des plans», la commission regrette que les dispositifs prévus en amont n'aient pas été modulables. Et de saluer l'action des médecins libéraux, «ces acteurs de terrain» qui, eux, «ne se sont pas trompés, et ont mis en place spontanément une réponse plus adaptée à la réalité de la maladie». «Les médecins généralistes ont particulièrement bien géré la réponse à apporter à la pandémie, et ils ont su rassurer leurs patients, évitant un engorgement du système de soins», souligne le rapport.

Concernant le stock de vaccins et le rôle des labos

Sur l'ampleur des moyens mobilisés (notamment la commande surdimensionnée de 94 millions de dose de vaccin), la commission d'enquête rappelle d'abord, pour la défense du gouvernement, qu' «il faut tenir compte des incertitudes qui pesaient au départ sur la gravité de la pandémie».

Sauf qu'«à mesure que les incertitudes se réduisaient, la stratégie vaccinale aurait dû pouvoir s'adapter en conséquence». Problème: les contrats de fourniture de vaccin, signés avec les labos, ne permettaient pas de changement de cap. «Le gouvernement s'est trouvé enfermé dans une situation dont il n'a pu sortir que par la résiliation des contrats. Si la situation était devenue dramatique, il n'aurait pas obtenu en temps et en heure les vaccins nécessaires et se serait trouvé sans moyen de réagir devant une catastrophe sanitaire. Elle a heureusement évolué dans l'autre sens et la catastrophe n'est "que" financière.»

 

 

Le rôle et la rémunération des experts

Le constat, avec les précautions de forme: «Bien qu'aucun élément dont elle dispose ne permette à la commission d'enquête de conclure que des préconisations aient été faites en raison des liens d'intérêt de certains experts, elle ne peut que constater que la pandémie de grippe liée au virus H1N1 a été l'occasion d'une remise en cause sévère de l'expertise publique dans l'opinion en raison des liens d'intérêt de la majorité des experts avec l'industrie pharmaceutique.»

 

D'où cette nécessité de repenser le rôle des experts. «L'expertise ne peut pas être uniquement un devoir ou un honneur pour les scientifiques, elle doit être reconnue comme un véritable service rendu à la collectivité, et comme telle se voir valorisée.»

Selon les sénateurs, assurer une meilleure indemnisation - voire une réelle rémunération des experts - permettraient d'éviter des conflits d'intérêt potentiels.

05.08.2010

A Grenoble, le coup de filet se dégonfle

 Les quatre hommes placés en garde à vue après la vaste opération de mercredi ont été remis en liberté. Brice Hortefeux, en visite pour la troisième fois à Grenoble ce jeudi, maintient que «c'est un succès».

Trois des quatre hommes, qui se trouvaient toujours en garde à vue après une vaste opération de police à Grenoble, ont été remis en liberté jeudi en fin de matinée, «sans qu’aucune charge» n’ait été «retenue contre eux», a-t-on appris de source judiciaire. Le quatrième avait déjà été remis en liberté dans la soirée de mercredi.

Ces hommes, âgés de 15 à 24 ans, avaient été interpellés mercredi dans le cadre d’une information judiciaire liée au braquage du casino d’Uriage (Isère) qui avait débouché sur la mort d’un des malfaiteurs, Karim Boudouda, lors d’échange de tirs avec la police dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble.

Les jeunes hommes interpellés à la Villeneuve «n’ont pas participé au vol à main armée du casino d’Uriage et aux fusillades qui ont suivi», a-t-on souligné de source judiciaire. La juge instruisant l’enquête a donc décidé de lever leur garde à vue vers 11h30.

Déjà, la plupart des personnes interpellées dans le week-end qui a suivi les violences dans le quartier de la Villeneuve n’avaient aucun lien avec les violences urbaines des jours passés.

Les garde à vue de ce mercredi ont néanmoins «permis de recueillir des éléments permettant de faire avancer l’enquête», a-t-on assuré de même source.

Présent jeudi à Grenoble pour installer le groupe d’intervention régional (GIR) de l’Isère, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a souligné que l’opération de police de mercredi «visait à mieux connaître l’identité du complice de Boudouda», actuellement en fuite. «C’est un succès», a-t-il affirmé lors d’un point presse à la préfecture.

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