12.03.2010

Les UMPosteurs en campagne

Pour éviter un gadin aux Régionales, l'UMP se raccroche à ce qu'elle peut et dénonce le bilan de la gauche dans les Régions. Oubliant les responsabilités du gouvernement en place. Une hypocrisie dénoncée par la blogueuse Lait d'Beu.



Cour d’école ? C’est à peu près le niveau. D’ailleurs à 20 Minutes, l’on ne s’y trompe pas et un article commence par cette phrase archi-connue des querelles enfantines : «C’est celui qui dit qui est !»… Tout à fait le niveau !

Désengagement de l'Etat

Le gros “Q.I” de l’UM/Posture – vous savez celui qui fit un « rodéo » à 140 km/h la nuit sur la route entre Pornic et Nantes et « même pas puni » ! – de nous ressortir l’antienne éculée de l’augmentation des impôts des Régions… «A part exploser la fiscalité locale qu’ont-ils fait ?»… il suffit de lire sur les avis d’imposition - taxe d’habitation ou foncière - la part microscopique qui va à la Région pour en mesurer le ridicule. Idem pour le Département.

Je rappellerais sans cesse que l’augmentation de la fiscalité locale est le résultat du désengagement de l’Etat qui transfère aux collectivités territoriales les missions qu’il assumait sans compenser financièrement les charges financières qui en résultent.

La situation sera encore pire avec la disparition de la taxe professionnelle ! Résultat : nous paierons toujours plus d’impôts locaux cependant que les multi-milliardaires du COUAC-40 non seulement ne paieront pas d’impôts sur le revenu par le double jeu du «bouclier fiscal» et des «niches fiscales» mais se verront reverser une part substantielle des impôts auxquels ils auront échappé ! Illustrant à merveille l’aphorisme de Montaigne : «Le profit de l’un est dommage de l’autre»…

Je devrais ajouter le détour par les «paradis fiscaux»… une enquête des plus sérieuses venant de démontrer récemment que proportionnellement les PME sont plus taxées au titre de l’impôt sur les sociétés que les grandes entreprises du COUAC-40 précisément parce que celles-ci profitent des avantages fiscaux des places off-shore.

Donneurs de leçons

Quand je vois Xavier Bertrand, je ne peux m’empêcher de penser à quelque Raminagrobis, «vivant comme un dévot ermite (…) faisant la chattemite. Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras, arbitre expert sur tous les cas (…) Grippeminaud, le bon apôtre, jetant des deux côtés la griffe en même temps, mit les plaideurs d’accord en croquant l’un et l’autre»…

D’après ce que je lis ce matin, toujours sur 20 Minutes – leur newsletter, bien nommée « La Matinale » tombe en premier sur ma boîte de lève-très-tôt vers 5 heures – je vois qu’Hervé Novelli – tête de liste de la Région Centre, ex facho de chez facho, quand bien même chercherait-il à occulter et faire occulter ce passé dans les médias - ne craint « nullement » d’ajouter du ridicule au ridicule en adressant un «triple zéro» à la gauche…

Sa critique se résume facilement dans une phraséologie toute droit sortie de derrière les fagots de l’extrême droite – l’exécutif « socialo-communiste-écolo » semble lui suffire comme argument puisque sauf à dire qu’il mérite un triple zéro nous ne saurons pas plus des griefs qu’il avance… C’est dire le niveau !

J’adore la droite : quand elle veut tirer partie de sa politique – ou de sa place dans l’opposition - au niveau national, elle ne craint pas de «politiser» les élections locales. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy était tellement sûr de son fait après la débâcle des socialistes aux européennes le 9 juin 2009 que d’emblée, qu’il a donné un caractère national au scrutin régional…

Las ! Au fur et à mesure que nous avancions vers le scrutin, c’est la débâcle de l’UMP qui se profilait. J’entends hier soir sur France Info que désormais Sarko minimise l’ampleur d’une défaite, disant que cela n’empêcherait pas le gouvernement de poursuivre les réformes… Comme si nous pouvions en douter ! Sarko est un bulldozer fou que rien ne peut arrêter.

Démolition sociale

Or donc, Novelli invite les électeurs à «ne pas se tromper d’élections» et souhaite recentrer l’enjeu du scrutin à l’échelle régionale, «La question aujourd’hui n’est pas de sanctionner la politique du président de la République et de son gouvernement»… C’est quand même bien cela que les électeurs s’apprêtent à faire !

Or, il tenait ces propos à Nogent-le-Rotrou, charmante petite ville du nord de l’Eure-et-Loir à la limite de la Beauce et du Perche, à l’occasion d’une réunion publique sur la désertification médicale dans cette ville que je connais pour avoir séjourné dans un petit village à une quinzaine de kilomètres. La seule chose qui y prospère ce sont les grandes et moyennes surfaces implantées à sa périphérie qui s’y livrent une guerre acharnée…

La désertification médicale est le résultat de la politique désastreuse des gouvernements successifs depuis 1995, avec notamment la fermeture des hôpitaux ruraux. Pas assez rentables ! Par ailleurs, je signalai il y a peu que Nogent-le-Rotrou avait aussi perdu son tribunal d’instance, l’Eure-et-Loir étant par ailleurs rattachée à Versailles depuis l’inepte réforme de la carte judiciaire voulue par Rachida Dati – et bien entendu avec l’aval de Nicolas Sarkozy… que dis-je, l’aval ! selon ses instructions…

Comment ne voudriez-vous pas que les électeurs de Nogent-le-Rotrou comme en bien d’autres lieux ne sanctionnassent point la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement ?

Merci aux UM/Posteurs de cesser de nous prendre pour des cons ! Vous payez cash le résultat de cette politique de « chantiers de la démolition sociale ». Et ne vous plaignez pas… C’est encore bien peu cher payé.

Sarkozy, le porte-guigne

Nous devrions vous faire une gentille reconduite, non seulement avec les plumes et le goudron mais encore plus avec les piques et les fourches de 1789. Le peuple détestait « l’Autrichienne » Marie-Antoinette. De l’ancien empire austro-hongrois de jadis, il ne reste que « le Hongrois » qui devient aussi unanimement détesté.

Le plus rigolo étant sans nul doute que plus Nicolas Sarkozy s’immisce dans la campagne pour soutenir tel ou tel candidat ou les «recadrer» comme Valérie Pecresse et les têtes de liste de l’Île de France, plus il plombe la campagne de l’UMP.

Réjouissant de voir réduite comme peau de chagrin et même pire ! l’influence du Troll de l’Elysée qui faisait la pluie et le beau temps dans les médias… Il redevient la « lose », le porte-guigne qu’il fût en son temps au RPR. Curieux alchimiste qui transforme en vil plomb l’or de tout ce qu’il touche. Il est archi-responsable du climat franchement délétère de cette campagne… Il voulait du «gros rouge qui tache» bien dégueulassement populiste pour tenter de conquérir les derniers bastions de l’électorat populaire du FN. Nous avons bu la coupe jusqu’à la lie.

L’affaire Ali Soumaré en a sans doute été l’exemple le plus tonitruant. Quand j’ai lu tout à l’heure «triple zéro» j’ai vu l’occasion de placer ce qui démangeait mes petits doigts depuis longtemps : dans le Val d’Oise nous avons un «triple Axel»… Poniatowski. Le saut était plus que périlleux alors qu’il ne semble au demeurant guère mieux doué que Brian Joubert à Toronto : se prenant les pieds dans le piège qu’il avait voulu tendre à notre ami Ali, il s’est lamentablement cassé la gueule ! :)


Le super plan Chatel: remplacer les profs par n'importe qui

Décidément, il est trop fort ce Luc Chatel. Pour régler le problème des profs absents, il propose de les remplacer par des retraités, des étudiants, des mères de famille. Et pourquoi pas des éleveurs de lévriers? Jean-Paul Brighelli revient sur cette réforme contre laquelle les enseignants manifesteront vendredi prochain.



Luc Chatel s’est exprimé hier mardi 9 mars (1) sur la douloureuse question du remplacement des enseignants absents.

En même temps, le ministre reconnaît que nous ne sommes pas plus absents que les autres catégories socio-professionnelles. Contrairement à ce qu’affirme la PEEP, qui lance en même temps sa croisade annuelle de démagogie appliquée, il n’y a pas d’absentéisme enseignant — j’en profite pour expliquer aux apprentis en langue française qu’absence n’est pas absentéisme : l’absence est un fait, l’absentéisme une décision. On est absent dans l’enseignement parce qu’on est malade — ça arrive —, parce qu’on est en sortie scolaire (j’ai déjà dit dans la Fabrique du crétin ce que je pensais de l’abus des sorties pédagogiques — mais peut-être faudrait-il changer de pédagogie), ou parce qu’on est en stage — c’est chronique : on envoie les profs faire une foultitude de stages à droite et à gauche, pour assimiler rapidement de nouveaux programmes, pour apprendre à faire du yoga avec Sébastien Clerc, pour former les formateurs et les futurs formatés, pour écouter les conférences pédagogiques d’inspecteurs pédagogiques régionaux qui n’ont pas forcément quelque chose à dire mais qui doivent bien légitimer leur fonction, et j’en passe.

Que propose le ministre aux abois ? Délocaliser les TZR (Titulaires sur Zones de Remplacement, je le signale à ceux qui, comme ce journaliste qui m’a appelé hier, ignorent les appellations contrôlées de la cuisine interne du ministère), qui pourront désormais prendre le TGV pour aller effectuer des remplacements dans des provinces éloignées ; suggérer aux « jeunes retraités » de rempiler ; et recruter des Licenciés en Fac — ou, variante, des « mères de famille » (2).

Monsieur le Ministre, vous devriez le savoir : à force de fonctionner à flux tendus, à force de supprimer des postes de titulaires, des TZR, il n’y en a plus, ils sont tous déjà en poste annuel instable.

Monsieur le Ministre, vous pourriez le savoir : des étudiants recrutés (par petites annonces souvent) pour remplacer des profs, cela se fait depuis vilaine lurette. Inutile de s’interroger sur le niveau effectif desdits étudiants : il est insuffisant. Je sais bien que la Licence est officiellement « Licence d’enseignement ». Je me rappelle ce que m’avait dit un conseiller de Darcos — « si les facs délivrent des diplômes d’enseignement à des étudiants incompétents, elles n’ont qu’à assumer » : la Licence était jusqu’à cette année la condition nécessaire pour passer les concours de recrutement, mais le simple fait de préparer un concours permet souvent de monter son propre niveau, et de façon notable souvent. Mais jeter des étudiants en pâture à des élèves qui n’en demandaient pas tant, est-ce bien raisonnable ? Confier des enfants à des étudiants, est-ce bien intelligent ?

Monsieur le Ministre, un homme qui comme vous s’efforce de faire des économies de bouts de chandelles ne va pas embaucher des « jeunes retraités » — cela coûte très cher, un retraité, parce que ça se paye sur son dernier taux horaire — au sommet de son grade, en général.

La réforme du lycée, en supprimant des heures de-ci de-là (3), a fait de son mieux — mais cette solution est exsangue avant même d’avoir servi. Peut-être pourrions-nous envisager la solution américaine : un élu de l’Utah, qui est en cessation de paiements, suggère de supprimer le 12th grade, comme ils disent là-bas — c’est-à-dire la Terminale (4). En voilà une idée qu’elle est bonne !

Et l’arrivée sur des postes pleins de néo-titulaires dès septembre prochain, dans le cadre du « nouveau CAPES » (mais qui lâcheront leurs classes pendant quelques semaines — il faudra les remplacer — avec qui ?) ne va pas arranger les remontées acides des organisations de parents…

Vendredi, la plupart des organisations syndicales non-scélérates (5) appellent à manifester contre les lubies ministérielles : comment leur donner tort ? Nous en sommes à deux doigts d’un démantèlement global de l’Education Nationale, qui n’aura plus rien de national, et qui n’enseignera plus grand-chose.

Ah, j’allais oublier : les enseignants sont absents parce qu'ils font grève ! Mais Monsieur le Ministre, renoncez à des initiatives malheureuses, ouvrez de vraies discussions, envisagez sérieusement une refonte du système, à commencer par une révision générale des pédagogies, et tout le monde sera enchanté de faire cours — nous sommes là pour ça !

Aucun cataplasme sur jambe de bois ne remplacera une formation rigoureuse (pas une mastérisation à la va-vite, mais un enseignement repensé de la Maternelle à l’Université dans un objectif d’ambition efficiente). Aucun expédient désespéré, aucun remède héroïque, comme on disait autrefois, ne peut se substituer à un recrutement pensé sur plusieurs années. Aucune heure de soutien ou d’accompagnement éducatif ne remplacera les heures supprimées dans nombre de matières. Cela coûte cher ? Allons, Monsieur le Ministre, il est bien des manières de faire des économies sans trancher dans la viande ! Pensez un instant au nombre infini d’administratifs haut placés, de toutes farines et de toutes incompétences, que vos services rémunèrent grassement, et depuis des années !
1)    leparisien.fr... L’info a été reprise dans le Monde  :
(2)    On ne le sait pas assez : avoir trois enfants donne depuis des années la possibilité d’enseigner dans le Primaire — si ! La compétence est dans les ovaires — ça, ça va faire plaisir à Eric Zemmour !
(3)    http://pascettereformdeslycees.org
(4)    http://washington.blogs.liberation.fr/great_america...
(5)   Et je regrette que Luc Cedelle, dans le Monde, obnubilé par la défense tous azimuts des pédagogistes et de ceux qui les soutiennent, en arrive à applaudir la réforme Chatel, et à critiquer, in fine, le SNES et le SNALC qui s’y opposent, contrairement au SGEN et au SE-UNSA qui ont décidé d’aller à la soupe : http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/03/09/lycee-pa...

11.03.2010

Sarko: le discours du vide

Sarkozy, président ou candidat ? Pour le blogueur Juan, les faits sont clairs : le président Sarkozy n'agit plus, c'est le candidat pour 2012 qui a pris le relais. Et sa stratégie est rodée

Plus le mandat présidentiel se consume, plus les mythes se dévoilent pour ce qu’ils sont : des mythes. L’efficacité sarkoyenne contre l’insécurité a vécu, tant les résultats sont mauvais. Le slogan « travailler plus pour gagner plus » est un vieux souvenir. On n’en a conservé que les défiscalisations des heures supplémentaires, coûteuses pour le budget de l’Etat, inefficace pour l’emploi. L’accession à la propriété grâce à la défiscalisation des intérêts d’emprunt et la mise en œuvre de « subprimes à la Française » n’est restée qu’un vœux pieu. La revalorisation de l’identité nationale a été minée par deux ministres extrémistes et des polémiques nauséabondes. Près de 150 semaines après son élection à l’Elysée, Nicolas Sarkozy n’agit plus que pour son compte. Il fait de la politique, mais n’agit plus en président. A Paris, ses « collaborateurs » réagissent à l’actualité comme des pompiers sous pression par des incendies de forêts à répétition.

Sarkozy n'agit plus que pour sa campagne

Nicolas Sarkozy poursuit sa tournée électorale « clandestine ». Les faits sont têtus : depuis janvier, il se rend une à deux fois par semaine en région, sans prétexte national. Samedi, il s’exprimera dans les colonnes du Figaro Magazine, la veille du 1er tour de scrutin. Cette fois-ci dans le Haut-Doubs, il est accompagné de sa tête de liste UMP Alain Joyandet, qui bataille pour décrocher la région Franhe-Compté. En tant que Secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet n’a rien à faire dans ce voyage. Son patron se déplace d’ailleurs pour parler formation professionnelle, une compétence partiellement dévolue aux … régions. Le Monarque a expliqué à son assistance : « Vous allez avoir des choix à faire (...) Ce sont des choix importants. Vous allez devoir choisir l'équipe qui va diriger votre région ». Suprême culot, le Monarque a même osé déclarer « Mon rôle de chef de l'Etat n'est pas de rentrer dans une campagne, qui est régionale et qui aura des conséquences sur l'équipe régionale qui dirigera la région ». Inutile d’y rentrer, il y est déjà ! Maintenant, il veut minimiser l'impact du scrutin. Courageux mais pas téméraire !

« C'est un grand problème français que de confondre tout le temps les échéances. A élections régionales, conséquences régionales. A élections nationales, conséquences nationales. 

(…)
Il faut arrêter avec cette instabilité ministérielle où on change les ministres tout le temps, où dès qu'il y a un petit événement on vous demande des initiatives politiques, c'est pas une initiative politique qui vous donne du travail, qui vous donnera la sécurité, qui vous donne une formation»

(...) « Moi j'ai à travailler pour cinq ans. Je dois être à votre écoute mais je ne dois pas confondre les rendez-vous
»

Effectivement, le Monarque ne confond pas les rendez-vous. Il ne pense qu’au sien, en 2012. Une sévère défaite au scrutin régional l’handicapera pour la nouvelle séquence électorale qui démarrera au lendemain du 21 mars, celle vers l’Elysée en 2012.



Samedi déjà, sa visité au Salon de l'Agriculture a fait choux blanc. Il est venu trop tard (le dernier jour), trop tôt (avant l'ouverture), et quasiment caché. Cette video rappelle l'ampleur du vide, la répétition des promesses. Nicolas Sarkozy est un tel un lapin Duracell qui s'épuise.

Des ministres en réaction

Justice, éducation, identité, agriculture, les sujets ne manquent pas où l’on voit des ministres accourir pour réagir tant que faire se peut.



Nicolas Sarkozy aurait pu recevoir des représentants de la profession judiciaire, dont une vingtaine d’organisations ont appelé à la grève et manifestaient mardi à Paris. Ces dernières ont signé un appel unitaire sobrement intitulé « sauver la justice ». Le ras-le-bol est général. Les difficultés matérielles perdurent, l'indépendance de la justice est menacée. La « diarrhée législative » - une expression de Virginie Duval, de l'Union syndicale des magistrats – engorgent tribunaux et prisons. La Garde des Sceaux a reporté l’examen de la réforme de l’instruction. Et les changements annoncés en matière de garde à vue ne règlent pas les excès constatés ces dernières années. Le personnel pénitentiaire critique le manque de moyens et le remplacement des surveillants par des caméras. La video-surveillance semble être la seule réponse (et encore !) en Sarkofrance : quand les effectifs de police et de gendarmerie baissent, le gouvernement tente de répondre par une loi truffée de dispositions « électroniques » (la fameuse LOPPSI II), avec ses caméras, ses mouchards, ses fichiers et autres extensions liberticides. « Madame Alliot Marie ne veut manifestement pas dicuter du fond de la réforme qui est la suppression du juge d’instruction sans évolution du statut du parquet et on nous laisse les miettes pour la concertation. Ce qui nous intéresse c’est de parler du cœur du projet :  l’indépendance des magistrats qui vont faire l’enquête » justifiait Christophe Régnard, président de l’Union syndicale des magistrats au micro d'Europe 1 mardi 9 mars.


Le 4 mars dernier, Brice Hortefeux et Bernard Kouchner se sont résolus à signer une circulaire destinée aux préfets, aux ambassadeurs et aux consuls « visant à faciliter les démarches administratives pour obtenir un passeport ou une carte d’identité nationale. » Le gouvernement entend ainsi répondre aux critiques formulées à l’encontre des tracasseries administratives rencontrées par nombre de Français cherchant à renouveler leurs papiers d’identité. Sur son site, il reconnaît, enfin, ces situations ubuesques : « Ainsi, pour leur première demande ou pour un renouvellement de carte d’identité, les citoyens français rencontraient de nombreux obstacles, notamment, celui de prouver leur nationalité, pour peu qu'ils soient nés à l'étranger ou de parents étrangers. » Mais l’assouplissement n’est que partiel: pour obtenir une nouvelle carte d’identité, un passeport biométrique « suffit »…Ce type de passeport n’est attribué que depuis deux ans… Eric Besson, lui, se cache. On parle un peu du retour de Najlae Lhimer , cette jeune Marocaine expulsée manu militari quand elle était venue se plaindre des violences de son frère. Un autre exemple d'une politique du chiffre à bout de souffe.


Lundi, Bruno Le Maire a présenté son plan d’aide aux ostréiculteurs et aux agriculteurs frappés par la tempête Xynthia en région Poitou-Charente. Le ministre de l’agriculture a détaillé l’utilisation des 20 millions d’euros promis la semaine dernière : une première enveloppe de 5 millions d’euros est dégagée pour prendre en charge les cotisations sociales des agriculteurs concernés ou remplacer du matériel Pour le reste, il se contente de « mobiliser » le Fonds national de garantie des calamités agricoles. C’est tout ? C’est tout.
 


« Il est temps de décréter la mobilisation générale à tous les échelons de l'Éducation nationale ». Il a raison, le ministre de l’Education nationale. On se demande qui gouverne depuis 2002. Luc Chatel est secoué par une cinquantaine de recours déposés par des parents d’élèves qui menacent de porter plainte contre l’Etat à cause de manque de remplacement de professeurs… Pour le gouvernement du « travailler plus », c’est un comble ! En mai 2008, Xavier Darcos expliquait déjà qu’il voulait créer une « agence nationale de remplacement des enseignants » ; une idée enterrée par Luc Chatel l’an dernier. Qu'importe ! Mardi 9 mars, le ministre a donc proposé de recourir à des jeunes retraités et des étudiants pour pallier au manque de profs. Il veut ainsi mettre en place un un fichier de contractuels associés qui complèterait à celui des professeurs non titulaires. Cette douteuse proposition émane d’un ministre solidaire des réductions du nombre postes dans l’Education nationale (16 000 en 2010) au motif que ces derniers seraient trop nombreux compte tenu de l’évolution de la population scolaire. Rappelez Xavier Darcos, son prédécesseur. En 2007, il expliquait, pour justifier les suppressions de postes : « En 2008, je suis convaincu qu'il est possible d'améliorer de manière significative le système des remplacements, en particulier pour les personnels enseignants affectés sur une zone de remplacement, mais aussi de résorber rapidement les surnombres d'enseignants dans les disciplines qui n'attirent que peu d'élèves. La combinaison de ces deux mesures donnera naissance à un système plus efficient et permettra, là encore, d'économiser plus de 2 000 emplois. »



Justice : Sarkozy fait l'unanimité contre lui... ou presque

Avocats, greffiers, magistrats, surveillants de prisons. Au total, une vingtaine d'organisations syndicales du monde judiciaire manifestent aujourd'hui pour dénoncer la misère du monde judiciaire mais aussi les réformes de la procédure pénale.



Avocats, magistrats, surveillants de prisons, au total une vingtaine d’organisations unies pour dénoncer un diagnostic du monde judiciaire. La justice est dans la rue. Le monde judiciaire bat le pavé. Le fait est suffisamment rare pour être relevé. Ce matin, Jean-Pierre Elkabbach recevait Christophe Régnard, président de l’Union syndicale des magistrats et Mathieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature. Comme l'a dit le journaliste, il est très rare de voir ces deux organisations (90% de la profession en terme d'élection professionnelle), totalement opposées sur le plan politique, associés comme elles le sont contre l’avant projet de la réforme de la procédure pénale par Michèle Alliot Marie. 

« Nous sommes pour une réforme de la procédure pénale, pas pour le statu-quo, simplement nous ne sommes pas pour cette réforme » explique Matthieu Bonduelle. Au cœur de la réforme, la suppression du juge d’instruction. La goutte qui fait déborder le vase.
« Madame Alliot Marie ne veut manifestement pas dicuter du fond de la réforme qui est la suppression du juge d’instruction sans évolution du statut du parquet et on nous laisse les miettes pour la concertation. Ce qui nous intéresse c’est de parler du cœur du projet :  l’indépendance des magistrats qui vont faire l’enquête » complète Christophe Régnard.

Une justice aux ordres ?

« Corporatisme ?» demande Elkabbach aux deux juges d’instructions en face de lui : « non ! le sujet est beaucoup plus vaste, il y a un démantèlement du service public de la justice que nous dénonçons ».
Commence alors le réquisitoire Elkabbach, porte-voix exemplaire du courroux des politiques en quête d’impunité.  L’exemple Gérard Longuet : « il vient de bénéficier d’un non-lieu intégral après 15 années d’instructions. Il a été humilié, écarté politiquement, sali. Quinze années d’enquêtes et de gâchis. Est-ce qu’il s’agit d’une faute professionnelle ? ».

« Quand on fait une instruction, au début, on ne sait pas ce qu’il passe, ça dure 5 ans, 10 ans,  cela dépend des moyens et des difficultés du dossier. Si l’on prend le cas de la commission d’enquête parlementaire sur Outreau, qui met en cause tout le système judiciaire, pas seulement les juges d’instruction. Elle a conclu que le juge d’instruction devait être maintenu à la condition qu’il travaille en collégialité. Nous attendons la mise en œuvre de cette réforme ».


 Retour au fond : « la suppression du juge d’instruction remplacé par un procureur qui est aux ordres pose un vrai problème démocratique » selon Christophe Régnard. « Déjà certains procureurs dans certaines affaires très médiatisées ont un comportement pour le moins suspect. Qu’en sera-t-il demain ? »
Sans évoquer  par ailleurs, le quotidien de misère d’une justice, moins médiatique celle-là, qui reste l’une des plus pauvres d’Europe.

10.03.2010

Électeurs UMP, restez chez vous: pour Sarko, c'est déjà plié!

Pour se protéger du vote sanction, Nicolas Sarkozy affirme qu’il n’y aura pas de remaniement. Mais s’il n’y a pas de grand chambardement à venir à la tête de l’Etat, c’est aussi et surtout parce qu’il y a peu de chance qu’un ministre se retrouve président de Région…

 


Incorrigible Sarkozy. Il n’a pas pu s’en empêcher. En déplacement à Pontarlier dans le Doubs pour parler « soutien à l’emploi » et « formation professionnelle », le chef de l’Etat y est allé de ses considérations sur le vote de dimanche prochain créant, au passage, quelques remous du côté de la présidente sortante socialiste de Franche-Comté, Marie-Guite Dufay : « Elections régionales, conséquences régionales. Elections nationales, conséquences nationales, a-t-il déclaré, Il faut arrêter avec cette instabilité ministérielle où l’on change de ministres tout le temps, où dès qu’il y a un petit événement, on vous demande des initiatives politiques. Mais ce n'est pas l'initiative politique qui vous donnera du travail, qui vous donnera la sécurité, qui vous donnera une formation. Moi j'ai à travailler pour cinq ans en essayant de m'entourer de la meilleure équipe possible. Je dois être à votre écoute, mais je ne dois pas confondre les rendez-vous ».
Electeurs de gauche et du centre, rien ne sert de vouloir infliger une claque à la droite au niveau local, ça ne changera rien au sommet de l’Etat. Le vote sanction, sachez-le, est une impasse. Tel est donc le message présidentiel à cinq jours du premier tour. Mais s’il n’y a pas de remaniement de grande ampleur à venir, c’est aussi et surtout parce qu’il a peu de chance qu’un seul des ministres – têtes de listes aux régionales décroche une présidence.

En somme, le message présidentiel pourrait être réinterprété dans un sens exactement contraire : électeurs UMP, dimanche 14 et 21 mars, restez chez vous, l’affaire est déjà pliée ! Avec un soutien de ce genre, on comprend mieux pourquoi les candidats de droite préfèrent avoir à leurs côtés en meeting un François Fillon qu’un Nicolas Sarkozy...

L'agriculture française en voie de délocalisation

La blogueuse CC s'insurge contre l'hypocrisie du Président Sarkozy qui se lève tôt pour saluer les agriculteurs du Salon parisien...Mais ne fait rien pour donner de la cohérence à un secteur en crise dont on détruit les emplois comme les formations et qui ne survit que grâce aux subventions européennes.



Nicolas Sarkozy n’y connaît rien en vache. Néanmoins, le 06 mars, il a cru bon de se lever avant l’heure pour célébrer cette fameuse France qui se lève tôt pour les traire.



Il s’est entretenu avec la FNSEA, le syndicat de droite des agriculteurs détenteurs de gros tracteurs dans les plaines riches où les maïs se ramassent à la pelle, ainsi que les grosses subventions de l’Europe.


Rappelons que les maïs, c’est une des aberrations de l’agriculture française, puisque ça demande beaucoup d’eau et que c’est souvent planté à des endroits où, justement, il n’y en a pas beaucoup - sauf dans les nappes phréatiques, préalablement souillées par les éleveurs intensifs de porcs, qui ont besoin, eux aussi, d’eau, qu’ils ont préalablement souillée grâce aux engrais qu’ils mettent sur le maïs, utile pour engraisser les porcs...On n’en sort pas.


Mais ça rapporte, puisqu’il y a des subventions européennes.



Comme pour tout, donc, Sarkozy a pratiqué une politique de classe : il a flatté les plus riches, ceux qui peuvent se payer des gros 4x4 et des rolex, comme lui...



Pas une seconde de réflexion sur une potentielle agriculture paysanne, possiblement créatrice d’emploi et de ressources, et surtout plus respectueuse de l’environnement.



Pendant ce temps-là, on détruit des emplois dans cette profession sinistrée qui ne vaut rien aux élections...Pendant ce temps-là, on détruit jusqu’à la formation pour ces métiers...



D’ailleurs, c’est là que le combat rejoint aussi celui de l’éducation nationale et du service public. C’est le ministère de l’agriculture qui gère les lycées agricoles et qui est en train de les détruire dans le silence radio le plus assourdissant.



Ce qui fait d’ailleurs penser qu’on est doucement en train de délocaliser l’agriculture, comme on fait pour l’industrie. Les produits de base ne seront bientôt plus du tout fabriqués en France.



C’est bien pour ça que Sarkozy s’en fiche comme de sa première paire de talonnettes.


09.03.2010

Dossier : Xynthia, une tempête avant l'ouragan politique

La tempête Xynthia a mortellement frappé la France. Une simple catastrophe naturelle ? Sur Marianne2, on s'est attaché à décrypter les leçons politiques du drame.



Dessin : Louison
« Xynthia, une tempête apolitique? » par Tefy Andriamanana
Toute la classe politique, au delà des clivages, se mobilise en faveur des sinistrés de la tempête Xynthia. On parle même de suspendre la campagne des Régionales. Mais le débat sur le bilan de loi littoral commence à point le bout de son nez par la voix de Philippe de Villiers. A l'inverse, Ségolène Royal préfère dénoncer la solidité des digues.

« Xynthia: petit manuel de catastrophisme à usage humain » par Seb Musset
Après avoir compté les morts et réparé les dégâts causés par la tempête Xynthia, il y aura des leçons à tirer de cette catastrophe. Notre blogueur associé souligne notamment les effets de la spéculation immobilière.

« Catastrophe : incompréhensible, dit Sarkozy ! » par Jean-François Kahn
Xynthia, la faute à "pas de chance" ?  Non, pour notre fondateur. Il note que dès 2007 un rapport de la Direction Départementale de l’Equipement de Vendée relevait les risques d'inondation à Faute-sur-Mer et l’Aiguillon-sur-Mer. Et on n'en a rien fait.

08.03.2010

La plan digues complètement dingue de Sarkozy

La tempête Xynthia a mis le problème des digues sur la table. Mais que peut bien préparer le gouvernement pour résoudre la question ? Exercice de politique fiction par Jean-Pierre Martin.



« C'est malheureusement la démonstration tragique que notre système de digues réparties sur tout le littoral n'est plus viable ». Si on en croit la ministre de l'Écologie Chantal Jouanno, la tempête qui a ravagé l'ouest de la France semble avoir sonné le glas des digues par répartition. Et le plan digue actuellement en préparation devrait proposer une réforme en profondeur de notre protection littorale. Une bonne tempête c'est aussi l'occasion de nettoyer sous les meubles

C'est Nicolas Sarkozy qui a tracé la voie de la réforme : « A vouloir protéger tout le monde des inondations, on n'a finalement protégé personne. Il faut imaginer un système plus souple, plus flexible, plus moderne ». Car le climat mondial a évolué plus vite que notre protection et les tempêtes d'aujourd'hui ne sont plus celles de 1945.

Libre circulation

Un constat qui appelle à changer de philosophie. « La volonté, légitime d'ailleurs, des Français de protéger leur famille des tempêtes ne doit pas nous enfermer dans un carcan. Les digues françaises sont non seulement inefficaces car délabrées mais elles remettent en cause la libre circulation des vents et des marées mondiales, qui est un principe démocratique avec lequel je ne transigerais pas ».

Hors de question donc de rénover les digues vieillissantes « qui sont un frein à notre compétitivité ». François Fillon entend réformer ce système archaïque en favorisant la digue particulière : « On va inciter les français à investir dans leur propre digue avec des aides du type déductions d'impôts. On favorisera aussi l'achat de pompes ». De plus, la gestion des ultimes digues collectives devrait être confié au secteur privé sous forme de concessions. En contrepartie du risque accru, les assureurs verront leurs prérogatives étendues et les assurances-vies deviendront « encore plus attractives ».

Le plan digue est bien sûr très loin de faire l'unanimité. L'opposition et les syndicats dénoncent une réforme qui « pénalise une fois de plus les classes populaires », même si le Parti Socialiste ne se dit pas « opposé par principe à une privatisation partielle de la protection littorale ».

Face à cette levée de boucliers, l'UMP, par la voix de son porte-parole Frédéric Lefebvre, est monté au créneau pour défendre le projet gouvernemental : « Les Français ont bien compris que la démographie en bord de mer ne nous permet plus de financer notre protection littorale. A moins d'augmenter les impôts bien sûr! ».

Devenons riscophiles !

Par ailleurs, Xavier Bertrand a rappelé que nous « sommes dans une ère de climat global. Pourquoi la France se paierait le luxe d'avoir des digues quand des pays émergents comme la Chine et l'Inde s'en passent. Ce serait une folie que de faire fuir les vents mondiaux avec des contraintes trop lourdes ».

De son côté, Laurence Parisot, tout en se félicitant du maintien du bouclier littoral pour les foyers fiscaux supérieurs à 800 000 euros - « un geste pour les classes moyennes » - a encouragé le gouvernement à poursuivre son effort : « C'est une réforme courageuse dont on ne peut pas faire l'économie. Il faut que les Français deviennent riscophiles, qu'ils acceptent une société, une vie un peu plus précaires mais créatrices de richesse. Bien sûr, ce n'est pas facile de retrouver mémé noyée dans son pavillon, mais si on peut gagner 1 point de croissance ».

Par contre, la présidente du MEDEF est restée discrète sur l'existence de « golden digues » pour les patrons du CAC : «On ne va quand même pas laisser les vagues balayer nos villas du bassin d'Arcachon comme de vulgaires caravanes ».


«L'avenir est aux paysans, pas aux industriels»

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris. L'économiste revient sur les dérives productivistes de l'agriculture française qui se soumet ainsi à une concurrence déloyale sur les marchés mondiaux. L'urgence est de revenir à un modèle plus «paysan» et plus respectueux de l'écologie.



Le salon de l’agriculture a ouvert ses portes, l’occasion de rappeler pourquoi une agriculture dynamique est indispensable à une économie dynamique. La France a des rapports très particuliers avec ses paysans. Souvenons-nous comment la Guerre de 14 avait saluée comme la victoire du paysan français sur l’ouvrier allemand.

Sans remonter aussi loin, en 1986, Jacques Chirac, avait nommé comme Ministre de l’agriculture le chef du puissant syndicat agricole la FNSEA, François Guillaume. On ne peut pas dire que ce monsieur ait laissé une trace immense dans les mémoires, c’est à lui que l’on doit la fameuse phrase sur le nuage de Tchernobyl qui épargnerait la France. Mais sa nomination permet de mesurer la toute puissance des agriculteurs dans un pays où le nombre de communes est le plus élevé d’Europe !

La faute au productivisme

La puissance économique de l’agriculture n’a jamais pénalisé l’industrie. Le décollage économique de la France s’est fait dans un monde rural et en même temps que la modernisation de l’agriculture. Mieux : le grand échec de l’URSS par rapport à la Chine – deux pays communistes, deux pays obsédés par la croissance et le développement, deux pays où les caciques du Parti ne demandaient qu’à s’enrichir – fut certainement l’échec de la politique agricole.

La Russie a détruit sa paysannerie, en remettant en cause la politique de Lénine peu avant sa mort, en axant tout sur l’industrie lourde. Et détruisant sa paysannerie, elle a fini par détruire le fondement de sa croissance. Les Chinois font tout le contraire.

Et la France a toujours protégé ses paysans. L’une des dernières victoires de Jacques Chirac est d’avoir obtenu le terme de 2012 pour la remise en cause de la Pac, la politique agricole commune, 55 milliards par ans - c’est pas rien. La PAC fut extrêmement favorable aux Français. C’est le seul, l’unique budget conséquent de l’Europe depuis des décennies ! Il n’a pas été consacré à la recherche, mais à l’agriculture.

Or le problème de l’agriculture française, c’est qu’elle a été tellement protégée, protégée de toute loi contre la pollution par exemple, qu’elle est devenue une simple industrie, une industrie productiviste, qui, tôt ou tard, devait se heurter à la concurrence de pays aux salaires moins conséquents.

Une agriculture verte

Les paysans sont devenus des industriels, ils sont devenus des industriels, ils se sont éloignés de la terre. L’hypermécanisation, l’utilisation à outrance des engrais, l’utilisation gratuite de l’eau, le déni de la pollution les a fait s’éloigner de la nature, et il est tout à fait frappant de voir les slogans proprement ahurissants qui sont affichés au salon de l’agriculture : « réconcilier les paysans avec la nature » ou encore : « retrouver une agriculture qui respecte la terre » etc.

C'est étonnant. Bien entendu le monde paysan est complexe, tous les paysans ne sont pas logés à la même enseigne, les producteurs de lait ont perdu plus de 50% de leur revenu en 2008, les fruitiers aussi, les céréaliers un peu moins, et sans doute les céréaliers bénéficieront d’un retournement du marché mondial tiré par les pays émergents, ces mêmes pays émergents –qui – comme le Brésil - leur taillent des croupières en cassant les prix.

L’avenir est aux paysans, et non aux industriels, et encore moins à la grande distribution. Vive la « terre aux vrais paysans » a-t-on envie de dire. Et si la France veut s’engager dans une économie verte et durable, on ne voit pas comment elle pourrait le faire sans une agriculture verte.


07.03.2010

Industrie : les calculs mesquins du Président

25% de croissance en cinq ans ! C’est l’objectif que Nicolas Sarkozy s’est fixé pour la croissance de l’industrie Française. Malheureusement, comme pour ses déclarations sur le chômage, contredites un mois après, la réalité risque d’être bien différente de ses promesses…
n fait, cela fera quatre ans cette année que Nicolas Sarkozy parle de politique industrielle. Il convoque fréquemment les grands patrons du secteur pour les sermonner. Mais au final, ses déclarations sont très souvent en décalage avec la réalité. Les dirigeants d’Arcelor-Mittal vont finalement faire ce qu’ils voulaient du site de Gandrange, comme Total avec la raffinerie de Dunkerque, et Renault ne produit déjà plus que 25% de sa production sur le sol national…


Un discours toujours volontariste, mais les faits sont têtus

Bref, il est difficile de ne pas accueillir sans scepticisme les déclarations du président de la République sur l’industrie. Certes, le moment choisi pour l’annonce est habile. La production industrielle a baissé de plus de 10% en 2009, donc l’Elysée considère sans doute qu’un simple retour à la normal permettra d’assurer 40% du chemin qu’il annonce vouloir parcourir. Et il vaut mieux car une croissance annuelle de la production industrielle de plus de 4% est un objectif ambitieux.
Pour être honnête, le président de la République a posé une très bonne question, à savoir le financement de notre système de sécurité sociale, qui en pesant sur le travail, favorise les importations et défavorise les exportations, notamment industrielles. Mais les autres propositions sont soit trop légères (budget) soit trop hypothétiques. La volonté de bâtir une politique industrielle européenne est totalement contradictoire avec l’ultralibéral traité de Lisbonne, voulu par un certain… Nicolas Sarkozy.

La TVA sociale oubliée

Un seul d’entre eux est évoqué (la question du financement de la Sécurité Sociale) mais de manière si sibylline et tardive que l’on peut douter des actes futurs du président. Dommage, la TVA sociale était une des meilleures idées du candidat Sarkozy. Malheureusement, cette proposition de réforme a été tuée entre les deux tours des élections législatives du fait de l’habileté de Laurent Fabius. Le président de la République n’a pas eu le courage de relancer le débat depuis.
Mais surtout, Nicolas Sarkozy semble avoir oublié ses dénonciations du niveau de l’euro, qui est pourtant une des causes majeures de la désindustrialisation de la France et de l’Europe. En effet, les économistes estiment qu’à parité de pouvoir d’achat, la monnaie unique européenne devrait coter entre 1,05 et 1,1 dollar. Cela veut donc dire qu’elle est encore surévaluée de 25% et que par conséquent, tout ce qui est produit en Europe coûte mécaniquement 25% plus cher qu’ailleurs, à salaire égal…

Enfin, s’il pointe les dangers du commerce déloyal depuis longtemps, il ne fait rien de concret pour encadrer un minimum les pratiques commerciales. Pourtant, comme le souligne une étude de la Direction Général du Trésor reprise par Marianne 2, 63% des destructions d’emploi dans l’industrie Française sont dues à la mondialisation.  Mais sur ce sujet, malgré le nombre grandissant d’économistes défendant un protectionnisme régional (Allais, Todd, El Karoui, Sapir, Gréau, Lordon…) rien n’avance.
Comme d’habitude Nicolas Sarkozy a fait un beau discours. Malheureusement, depuis trois ans, les Français ont fini par comprendre qu’il y a un fossé entre ce que le président dit et ce qu’il fait. Pire, ici, ses propositions sont déjà très légères

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